Le XV du banc (des accusés) : les avants I fought the law and I won. Par Pilou Avec la complicité minime (comme son niveau de jeu au rugby) d’Ovale Masqué La partie 1 et les arrières, c’est ici 8. Sione Lauaki Le tribunal du bon goût capillaire vient d’épingler Sione pour la 17ème fois Bâti sur un profil de troisième ligne centre/trois-quarts centre/ailier, similaire à Chris Masoe, Lauaki est également capable de distribuer quelques pommettes à son vis-à-vis. Sélectionné à dix-sept reprises avec les All Blacks, Lauaki traîne également quelques casseroles typiquement rugby. En mars 2010, encore en Nouvelle-Zélande, il avait frappé un client d’un bar après l’avoir accusé de lui avoir volé son verre. C’était en fait un ami qui lui avait pris son verre (Lauaki n’est donc pas seulement doué en conservation du ballon ovale). Une blague à ne pas faire. En avril de la même année, le joueur a cette fois un accident au volant de son 4×4 alors qu’il n’était pas au-dessus de la limite d’alcool, mais quittant une bringue, il s’est endormi au volant. « Je pense que le plus gros problème que vous avez, c’est que quand vous buvez, vous ne pouvez pas vous contrôler et c’est une chose à laquelle vous devez penser », lui a lancé le juge du tribunal de Hamilton, en juin 2010. Sione Lauaki s’en tire avec des amendes atteignant le montant total de 1280 €. Les mauvaises langues murmurèrent même à l’époque que sa signature à l’ASM venait du fait qu’il avait perdu un gros contrat avec un club japonais, suite à sa condamnation. Pas étonnant qu’avec un profil de joueur/buveur/bagarreur, il ait intéressé Toulon. 7. Finau Maka I’m a slave for you Le triple champion d’Europe a traversé la dernière Coup du Monde en fantôme, arborant fièrement un panache frisé blond en guise de chevelure et reléguant par la même Shalke Burger et Richie Gray, au rang de faux blonds décolorés. Mais s’il intègre aujourd’hui ce XV, ça n’est pas pour ses talents de joueur, mais plutôt pour son goût en matière de relations humaines. Ainsi, en septembre 2010, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour esclavagisme moderne, suite à une plainte portée par un ouvrier sans-papiers que Maka aurait embauché puis maltraité. Aujourd’hui relaxé, il n’échappe pas à la vigilance de la Boucherie qui vient le plaquer à la maori, en le titularisant au sein de ce XV. OU 7. Mamuka Gorgodze Vous voyez qu’avec un peu de muscu, Kad Merad pourrait être crédible dans des rôles de méchant Gorgodzilla est un animal dans un corps d’homme, aussi à l’aise sur un terrain de rugby, que sur un ring de boxe. Il est en revanche beaucoup moins agile lorsqu’il s’agit de parapher des contrats de travail. Déjà coupable de s’être débiné en 2008 au moment de rejoindre le CA Brive, pour resigner deux ans à Montpellier (le climat sans doute), le joueur récidive en janvier 2011, mais c’est au RCT qu’il décide de mettre un raffut. Pas de bol, le Géorgien est tombé sur plus teigneux que lui, en la personne de Mourad Boudjellal : « On a lancé toutes les procédures juridiques pour être indemnisé et pour découvrir les éventuelles complicités qu’il y aurait dans ce dossier. Désormais, je veux savoir quand je serai payé » Le président toulonnais réclame donc la somme de 1 500 000 € (500 000 € par saison que le joueur aurait dû faire), soit le triple du PIB de la Géorgie. Cette affaire a le mérite d’avoir fait naître une série de contentieux entre ces deux clubs de la Méditerranée, sorte de derby factuel, dont il est toujours question au poste suivant de ce XV. 6. Rémy Martin et Olivier Missoup (avec la participation active de Mourad Boudjellal) Et là il me dit « Tu sais Lorie, je trouve que ton dernier single est pas terrible ». J’étais obligé de réagir ! Si le premier est bien connu pour ses vingt-trois sélections et son titre de champion de France, il l’est également pour sa capacité à écrabouiller ses adversaires, même si il lui arrive de se faire destroncher à son tour. De son côté, Olivier Missoup, peu connu des arbitres (et des tribunaux jusqu’alors), démarre une saison en bonne forme, après avoir souhaité la bienvenue au tout jeune Roussary. Lors du match Montpellier-Toulon, disputé le 30 septembre dernier, Martin aurait donc utilisé toute sa science pour agacer son vis-à-vis toulonnais et le faire déjouer. Les amateurs de rugby, ainsi que de boxe de rue (il y en), savent que depuis l’affaire Martin-Le Corvec (formé à Toulon), Rémy Martin a une assez grosse compétence en matière d’agacement, bien qu’il prenne parfois la foudre en fin de match. C’est d’ailleurs ce qu’il se serait également produit lors de la réception d’après match qui suivait cette rencontre. Les faux témoignages, comme les vrais, divergent, insultes et coups bas des deux côtés et en prime, deux présidents de clubs en rogne. Si sa sanction de quatre mois de suspension tient désormais Olivier Missoup à l’écart des terrains et des médias, son président n’en fait pas de même, en portant plainte à son tour et en révélant le « marchandage » que son homologue montpelliérain aurait voulu mettre en place. Il se crée donc une sorte de passif commun entre les deux clubs, auxquels viennent se greffer les dents perdues de Benjamin Thiéry, le scooter de Fabien Galthié et évidemment le huitième de finale perdu (ou gagné, c’est selon). Dans quelque temps, il sera possible de faire un XV uniquement sur les conflits entre ces deux clubs. 5. Marc Cécillon Qui aurait pu penser un tel homme capable de violence, franchement ? Joueur des années 1970 à 1990, Cécillon fait partie, selon le Times, des dix joueurs français de rugby les plus effrayants. Il est le symbole d’un rugby cassoulet devenu allégé, sauf que le grand Marc (190 cm pour 100 et quelques kilo) a toujours préféré rester à l’époque des troisièmes mi-temps qui durent et durent encore, jusqu’à ce qu’on ne se souvienne plus du pourquoi de la troisième mi-temps. A sa retraite sportive, en 1998, Cécillon hésite entre ennui, alcoolisme, dépression et médicaments pour finalement choisir les quatre, ce qui a la fâcheuse tendance d’accentuer son caractère déjà excessif. Le 7 août 2004, totalement rôti, Cécillon abat sa femme, alors que celle-ci venait de lui annoncer qu’elle souhaitait le quitter, ne supportant plus l’alcoolisme, la violence exacerbée et le harcèlement jaloux de son époux, par ailleurs fréquemment infidèle (broutilles donc). Il sera condamné à 14 ans de prison, mais n’en fera que la moitié. En liberté conditionnelle depuis juillet 2011, Cécillon vit avec sa nouvelle épouse, une visiteuse de prison, rencontrée durant son séjour au centre de détention de Muret. Une femme qui aime nécessairement le danger. On goutera toute l’ironie du titre d’un livre consacré à l’ancien rugbyman, écrit par Guy Leduc et intitulé « Marc Cécillon, l’homme tranquille du rugby français ». 4. Alain Estève Plus troublant encore que le look pré-Chabalien d’Estève, la présence de Jo Maso en arrière plan… comme Jack Nicholson dans Shining Né en 1946 à Castelnaudary, il doit à sa taille peu commune de deux mètres et son style de jeu pour le moins brutal (difficile de trouver mieux) une série de différents surnoms. A Béziers, il était surnommé le Grand et le Dindon, mais en équipe de France, il se faisait appeler le Citronnier. Pour Bobby Windsor, ancien talonneur de l’équipe du Pays de Galles, Estève était la Bête de Béziers. Pour la petite histoire, Estève aimait souvent murmurer lors des mêlées de doux « Bob-bee, Bob-bee » et lui balancer une bonne patate de forain en pleine mâchoire. Répliquant de suite, le Gallois le plantait dans le sol, parfois dans la boue et Estève se relevait ensuite, en lui adressant simplement un clin d’œil. A Toulon, en revanche, il aurait été surnommé le Meurtrier, depuis la finale de 1971, Toulon-Béziers durant laquelle il aurait pété plusieurs côtes à André Herrero. C’est tout de suite moins romanesque. Dernier surnom en date, qui en fait n’en est pas un, le proxénète. En effet, Estève purge actuellement une peine de prison pour proxénétisme aggravé. A la suite d’une descente de police, en 2004, il est arrêté dans sa boîte de nuit biterroise, le Moulin Rouge, en compagnie de quatre bombes anatomiques. Lors de leurs auditions, en garde à vue, les quatre jeunes femmes, dont deux Roumaines (les esthètes du premier samedi du mois comprendront cette précision), ont explicitement reconnu le caractère des services qu’elles pouvaient rendre à la demande des clients du Moulin-Rouge. Elles ont fourni de nombreux détails, sur les tarifs ou le rangement des préservatifs dans ce petit bar équipé de salons particuliers. Estève a dû aussi s’expliquer sur l’hébergement à son domicile de deux jeunes femmes d’origine bulgare connues pour des faits de prostitution. Dire que l’on aide des prostituées à s’en sortir en les plaçant comme entraîneuses dans un bar américain, c’est une ligne de défense pour le moins étrange et qui n’a pas évité à Estève un séjour au cachot, ainsi qu’une place dans ce XV. 3. Andrea Lo Cicero Lo Cicero posant avec un jeune fan Peu d’hommes portent des prénoms de femmes. A notre connaissance, un seul porte un prénom de femme en sus d’être un pilier international italien. Mais ce qui vaut à Lo Cicero d’être titulaire au sein de ce XV, c’est son contentieux avec le Stade Toulousain, en 2006. A l’époque, il avait été condamné à indemniser le Stade Toulousain, qui lui reprochait d’avoir participé avec la sélection italienne à un match contre l’Espagne, le 22 septembre 2003, alors qu’il était en arrêt maladie depuis le mois de mars pour une blessure à un genou. Une affaire de doublon. Impardonnable pour Guytou. 2. Phil Greening Hitman c’était quand même vachement mieux en jeu vidéo Greening aime la France (oui c’est bien Serge Betsen), à tel point que lorsqu’il croise un joueur de cette nationalité, il ne peut pas s’empêcher de garder un souvenir de la rencontre. Ainsi, en avril 2002, lors d’un match amical (l’expression peut faire sourire car tout le monde sait qu’en rugby, les matches sont tout sauf amicaux), il choisit d’emporter le larynx de Rougerie dans une manœuvre quasi chirurgicale qui consistait à piétiner la gorge du Lomu blanc auvergnat. Roro n’a pas apprécié (étrangement, ça se comprend) et a attaqué en justice le talonneur anglais pour obtenir gain de cause : 40 000 € de dédommagement. De quoi permettre à Rougerie de peaufiner son brushing ou d’acheter quelques slips (second instant Miaou pour les lectrices). 1. Christian Califano Démarre je te dis !! J’ai vu Guy Novès derrière nous !! Exerçant en même temps les nobles professions de motard en rally raid, trublion à la télé et consultant sportif, le Calife a, d’abord et avant tout, été un pilier comptabilisant plus soixante-douze sélections en équipe de France, six titres de champion de France et une fois champion d’Europe. Ces titres ont été glanés au sein du club qui lui a pratiquement tout appris : le Stade Toulousain. Etrangement, c’est aussi ce club qui lui vaut de figurer dans ce XV. En 2001, Califano décide de faire une parenthèse d’un an avec le Stade Toulousain, pour partir jouer une saison en Nouvelle-Zélande. Marqué par l’univers tribal maori (des gros bonhommes de cent vingt kilos, avec des tatouages jusqu’à la gorge) et fasciné par le rugby du Super 12, c’est son rêve. Avant de partir, il assurait partout dans la presse que la Nouvelle-Zélande n’était qu’une parenthèse d’un an et qu’il reviendrait ensuite au Stade Toulousain. C’est pourtant aux Saracens de Londres qu’il signe la saison suivante, club dans lequel il retrouve Thomas Castaignède. Stupeur à Ernest-Wallon, (deux anciens Toulousains dans le même club anglais, c’est presque pire que perdre un match à cause d’un doublon, voire même d’un triplon) et l’ancien pilier est attaqué aux Prud’hommes par le Stade Toulousain, qui lui réclame pas moins de 500 000 € au prétexte que le club avait été contraint de recruter un pilier droit pour le remplacer jusqu’au 30 juin 2005, date prévue de la fin de son contrat. En septembre 2005, le tribunal de Prud’hommes de Toulouse donna raison au club toulousain et condamna Califano à verser les 500 000 € demandés d’apaiser les pleurs toulousains. Bonus : L’encadrement Manager général : Bernard Laporte Non tu déconnes Bernie… t’as vraiment fait tout sans jamais aller en taule ? Bernie le Dingue a eu plusieurs casquettes rugbystiques, comme joueur et entraîneur, mais également plusieurs costards d’homme d’affaires : casino de jeux, campings, immobilier, restauration, etc. Apparemment, il serait également l’actuel entraîneur du RCT, quand il n’est pas consultant pour la télévision ou la radio. Avec une série de quinze perquisitions étalées sur douze mois d’enquête (record en cours), Laporte est un bon client du système judiciaire. Florilège de ses plus belles actions en la matière : Le Casino de Gujan-Maestras En mars 2007, un couple a déposé une plainte pour « favoritisme ». Gérants d’un casino à Arcachon, en Gironde, ils souhaitaient acquérir une centaine de machines à sous pour leur établissement. La demande a été rejetée par le Ministère de l’Intérieur, sous l’égide de Nicolas Sarkozy au prétexte qu’il y avait suffisamment d’offres de jeu. Bernard Laporte aurait alors contacté le couple. En échange de parts dans le casino, l’ancien entraîneur du XV de France leur proposait de rencontrer Sarkozy pour régler le problème. « Olé Bodega » 2007 encore. Un rapport de la Direction Nationale des Enquêtes Fiscales transmis au Parquet de Paris révèle que les « mouvements des comptes courants ne sont pas identiques selon que l’on examine le compte crédité et celui débité ». Le restaurant toulousain, placé en liquidation judiciaire dissimulerait « des recettes et des majorations artificielles des charges » et du « travail au noir ». De plus, le comptable qui gérait « Olé Bolega », Michel Barthelemy, via sa société MBD Gestion, a été reconnu coupable l’année précédente de blanchiment d’argent, abus de biens sociaux, faux et usages de faux (Barthelemy est également le comptable personnel de Bernard Laporte). Les rêveries du Lac En 2009, la résidence de tourisme basée en Isère (ou dans la Drôme parait-il), les Rêveries du Lac, a dû déposer les armes après avoir laissé une ardoise de 2 700 000 € d’impayés. L’établissement était géré par Génération LTB où le L signifie Laporte. Les propriétaires, qui s’estiment lésés, attendent pour déposer plainte d’avoir accès au dossier. A Toulon, c’est surtout le jeu de mots, très manuel, avec Laporte et Lapeyre qui fait rire. Entraîneur des avants : Tuala Mathew Vaea La déchéance pour Joe Pesci, réduit à jouer dans le prochain volet de Babe Note : Il s’agit bien du talonneur et capitaine samoan Mahonri Schwalger sur la photo, qui était trop belle. Lors de la Coupe du monde, les Samoa ont échoué de peu aux portes des quarts de finale, perdant de justesse face aux Pays de Galles et l’Afrique du Sud, terminant troisièmes de leur poule. Leur manager général, Tuala Mathew Vaea, n’a pourtant pas eu le temps de savourer la bonne prestation de ses joueurs, car ils lui ont collé un gros bouchon digne de Brian Lima, en remettant un rapport au Premier Ministre du pays, expliquant l’attitude néfaste du directeur sportif sur le groupe. Accusé d’avoir été absent la plupart du temps (et au bar), manquant même la remise de maillots lors du dernier match, il a également été condamné par son village de Leauva’a, pour avoir terni la réputation de la communauté par son attitude. En conséquence, le chef du village, Sala Lose, lui a réclamé cent cochons. Au lieu d’amener physiquement les cochons au village, l’ancien sélectionneur a versé au village une amende de 2000 talas (environ 800 €), la valeur des truies, et s’est excusé auprès du conseil des anciens de la communauté. Ah… On m’informe qu’étant donné le temps passé à draguer les filles au lieu de rédiger des compositions de XV pour la Boucherie, je serai désormais payé en cochons, à compter de la publication de cet article. Entraîneur des arrières : Philippe Saint-André Allo Bernard ? T’es sûr que ces cons se doutent de rien ? PSA partage quelques points communs intéressants avec Bernard Laporte : ils ont joué au rugby (oui, c’était facile), ils ont été titrés avec les clubs qu’ils ont entraînés, ils ont entrainé l’équipe de France et leur nom apparait dans la même affaire de fraude fiscale. Ainsi Philippe Saint-André aurait bénéficié, au même titre que de nombreux joueurs professionnels, de pratiques frauduleuses qui suscitent les interrogations de la justice. Saisie en 2005 d’une plainte par la FFR qui aurait constaté « des anomalies, voire des infractions » dans certains transferts de joueurs, la justice française cherche à vérifier si ces pratiques constituent un vaste système illégal d’évasion fiscale et de rémunérations occultes. Elle s’intéresse tout particulièrement à Pascal Forni, agent de joueurs dont l’écurie a vu passer quelques stars du Top 14 comme l’Argentin Juan-Martin Hernandez ou les Français Dimitri Szarzewski et Olivier Milloud. La société Kenmore Management SA, domiciliée dans les îles Vierges britanniques, est au cœur de l’enquête. Pendant un temps, Bernard Madoff était pressenti comme manager général du RCT, mais il a préféré aller en prison. Spécialiste de la défense et du (close) combat : Richard Dourthe Ce ballon n’aurait jamais du chercher Richard Dourthe. Il va en payer de sa vie. Doté d’une compétence en matière de terrorisme infantile, Dourthe fils est également connu des tribunaux de Prud’homme. C’est en effet sur un autre style de terrain que Richard Dourthe et le club de rugby de Bayonne se sont retrouvés. L’ancien directeur sportif de l’Aviron Bayonnais a décidé de saisir le tribunal des prud’hommes suite à son licenciement en novembre 2009, dû à des mauvais résultats, ajouté à quelques tensions avec des joueurs, en demandant au club basque un dédommagement de près de 400 000 €. Il est intéressant de remarquer que Bayonne va probablement avoir à résoudre le même type de problème juridique, avec la mise au placard soudaine de Christian Gajan et Thomas Lièvremont. Il aurait pu y être, mais il n’y sera pas : Lucien Harinordoquy Si Lulu sourit sur cette photo, c’est parce qu’il est en train de fièrement piétiner le crâne d’un bayonnais Désormais source de blagues et ce pour les semaines à venir, l’intervention du paternel, ancien joueur, pour sauver son fiston de 110 kilos a prêté à débats. Elle a surtout été l’objet d’un dépôt de plainte par l’Aviron Bayonnais. Plainte qui sera retirée dans le but louable d’éviter une guerre civile basque et permettre ainsi aux Biarrots de se rendre, comme chaque année, aux Fêtes de Bayonne. Les bodegas (et l’honneur) basques sont saufs, c’est bien l’essentiel.
Le XV du banc (des accusés) : les arrières Faîtes entrer celui-là qu’est coupable. Par Pilou (également connu sous le nom de « Joe Van Niqueur » dans certaines soirées toulonnaises, mais chut) Avec l’aide d’Ovale Masqué, qui a pillé Google Images pour illustrer l’article. Allez-y foutez nous un procès, on craint personne. Non pas toi Rémy Martin ! Ca suffit ! Il est de coutume après une journée du Top 14 ou une semaine de Tournoi international de dresser un XV type. Le XV qui va suivre s’adresse aux gredins, aux canailles de peu de foi, aux fripouilles sentant le souffre et à ceux qui préfèrent casser des tronches à coups de Code pénal, plutôt que de le lire. En effet, si certains joueurs accumulent les titres, d’autres cumulent les convocations et séances devant les tribunaux. Démonstration : 15. Julien Caminati Malin, Julien lève bien les bras pour signaler à l’arbitre que ce n’est pas lui qui vient d’envoyer un prodigieux coup de pied dans les valseuses du 10 adverse Bras de lutteur gréco-romain, coup de pied de mammouth et capacité à égorger n’importe quel joueur au plaquage, Julien Caminati a tout pour plaire. Sur le papier. En effet, à 16 ans, il est viré de Narbonne à cause de ses excès. Surclassé en Reichels par le Castre Olympique, il écope d’une condamnation avec sursis et d’une suspension par son club, après s’être retrouvé en garde à vue, à la suite d’une bagarre en discothèque (déjà à l’époque). Le club de Cannes-Mandelieu lui offre la chance d’être titulaire à l’âge de 18 ans, mais à la fin d’un match, le joueur s’oublie en mettant de côté les valeurs de l’ovalie pour cracher sur un arbitre et le menacer. Bilan : suspension de trois ans par la FFR. Quelques mois plus tard, le sort est plus terrible que n’importe quel arbitre aveugle car un accident de scooter lui cause une fracture à la rotule (c’est sans doute pour éviter ce type de désagrément que certains rugbymen préfèrent rouler en voiturette de golf). Deux ans de rééducation et trois ans au Nice Rugby Club ont assagi l’arrière et c’est à Brive qu’il retrouve l’élite. Quand il ne prélève pas les scalps de ses victimes avec son ami Arnaud Mignardi, Caminati fait parler son talent, se taillant, à coups de poings, une place de titulaire au sein de ce XV. Julien s’apprêtant à dévorer les entrailles d’un malheureux adversaire 14. Tom Williams (avec l’aide de Dean Richards) Et si je faisais un clin d’oeil vers mon coach pile au moment où la caméra zoome sur mon visage ? Ouais, ce serait cool ! Clairement, le maillon faible de ce quinze flirtant avec la correctionnelle puisque le joueur en question s’en est tiré avec quatre mois de suspension. Lors de la rencontre de H-Cup entre les Harlequins et le Leinster, le 12 avril 2009, Williams reçoit l’ordre de mordre une capsule de sang pour permettre à un remplaçant potentiellement plus efficace d’entrer sur le terrain. Williams aurait scrupuleusement croqué ladite capsule pendant qu’il était enterré dans un ruck, afin de quitter le terrain, en imitant Bela Lugosi (les plus jeunes iront chercher de qui il s’agit). Evidemment, l’affaire a éclaté au grand jour, rapidement baptisée du nom de Bloodgate par la presse anglaise. Le club des Harlequins fut condamné à une amende de 250 000 € et Dean Richards, le manager général du club, écopa d’une suspension de trois ans pour laquelle, il déclara « Je suis surpris. Trois ans, c’est une longue période, mais j’y songerais pendant la nuit. » Tout ça, ou presque, donc pour faire à nouveau entrer en jeu Nick Evans. Ce qui n’aura servi à rien puisqu’il ratera le drop décisif dans les dernières minutes du match. A noter que Richards n’en était pas à sa première sanction, puisqu’il avait, en 1988, pris six mois de suspension, pour avoir joué au foot avec le trophée de la Calcutta Cup (prix remis en jeu à chaque rencontre entre Ecosse et Angleterre dans le cadre du VI Nations) et avec John Jeffrey (un flanker écossais) dans une rue d’Édimbourg. 13. Arnaud Mignardi Chuck Norris > Richard Dourthe > Arnaud Mignardi Le jeune Gersois partage avec son camarade Caminati un CV flatteur. Trois-quarts centre pour Auch, Agen puis Clermont et Biarritz, il a également été appelé deux fois en sélection nationale (ce qui n’est toujours pas le cas de Jean-Marc Doussain). Ayant le mérite d’avoir fait rire Mathieu Lartot lors d’un match de H-Cup en jouant le rôle du poids durant une tentative de lancer, Arnaud Mignardi attirait déjà les regards sur lui, par son hommage appuyé à un fameux sketch des Inconnus. Six minutes approchant le divin. Cadeau. Délaissant les affres du cinéma et de la comédie, le rugbyman s’est souvenu il y a peu, qu’il est un sportif de haut niveau, en se mettant à la boxe. Boxe de rue très exactement. Ainsi, après leur belle victoire sur le pré de Montpellier (12-28), certains joueurs brivistes se sont arrêtés à Toulouse pour fêter leur victoire. Vers trois heures du matin, Mignardi et Caminati se présentent devant l’entrée d’une discothèque et décident de doubler tout le monde dans la file d’attente. Une personne aurait alors protesté, manifestant son mécontentement avec une telle vindicte qu’elle reçoit, en guise de réponse de la part de Mignardi, un sublime coup de casque, qui lui offre un billet gratuit direction les urgences, avec une arcade ouverte et une dent cassée. Cet incident leur ferme curieusement les portes de l’établissement nocturne. Plus tard, sans doute dépités et revanchards, les deux brivistes dont le nom finit en « i » s’accrocheront avec deux passants dans la rue St Rome, leur délivrant également deux allers simples pour les urgences, qui n’en demandaient pas tant. Deux plaintes à l’encontre de Caminati et une à l’encontre de Mignardi ont été déposées au commissariat de police. Le CABC a ouvert une enquête interne sur le sujet, dont voici le communiqué : « Le CABCL continue à mener son enquête interne au sujet des incidents qui se seraient déroulés dans la nuit de samedi à dimanche derniers à Toulouse. A l’heure actuelle les éléments à la disposition du club font état de divergences avec les contenus diffusés sur certains sites internet. La justice est saisie. Le club prendra acte des conclusions et appliquera les mesures internes appropriées en fonction de ces conclusions. Jean-Pierre Bourliataud, Directeur Général du CABCL, a aussi rappelé à tous les joueurs et à tous les salariés l’importance d’être des Ambassadeurs de l’image du club à tout moment. » Cela donnera, sans aucun doute, aux jeunes mamans l’envie d’emmener leurs enfants sur les terrains de rugby et offre, au sein de ce XV, le poste de second centre à Arnaud Mignardi. 12. Mike Tindall Britain’s got talent Le beau Mike est encore là, avec son sourire carnassier et son nez en essuie-glace. La seule tête d’oeuf humaine dont on n’a pas envie de lustrer la surface sous peine de se faire dévorer cru, est toujours entravée par son affaire de plongeon dans un décolleté, lui aussi plongeant, un soir à Queenstown, durant une Coupe du monde que nous avons déjà pratiquement tous oublié, en termes de jeu (f**k Richie MacCaw), mais qui reste vive par les frasques qu’elle a engendré. La fameuse Coupe du Monde du jeu, donc. Récemment, Tindall avait été banni à vie de la sélection anglaise, avec passage obligé à la caisse pour le règlement d’une amende de 29 000 €. Le joueur avait fait appel de cette décision qui sanctionnait très certainement la possible tromperie de sa femme, Zara Phillips, petite-fille de la reine Elizabeth II et obtenu gain de cause. Si Mike, le désosseur, Tindall est à nouveau sélectionnable (et apparemment heureux en ménage), il y a fort à parier que son avenir rugbystique ne se conjuguera plus avec le niveau international. Heureusement (ou pas) Ashton, Hartley et Haskell, les trois gros cochons, sont là. 11. Max Evans Tiens, je vais poster cette photo sur mon facebook pour démentir les rumeurs sur mon homosexualité Les postes d’ailiers sont certainement les moins biens fournis en termes de fripons et autres sacripants de tout poil. Si Max Evans, n’a pas décidé de suivre la carrière artistique de son frère (instant Miaou pour les lectrices), il a, en revanche, pris le pli des quelques joueurs présents dans les lignes arrières de ce XV, en se battant en discothèque. Convoqué le 7 novembre pour violence sur autrui par le tribunal d’Edimbourg, le joueur est toujours en attente de jugement au moment de la rédaction de cet article, ce qui explique, peut-être, ses performances plutôt moyennes avec le CO. 10. Quade Cooper I… phone ?! Mais qu’est-ce que ça peut bien être… ? Déjà présent dans le XV des connards, Quade Cooper crève l’écran depuis 2007 avec les Queensland Reds. Joueur de génie, relanceur hors pair et boucher dans l’âme, il est également adepte du vol avec effraction. S’il n’a pas échappé à une période de garde à vue, il est aujourd’hui débarrassé de cette étrange affaire de vol, ce qui ne l’empêche pas de figurer dans ce XV. 9. Byron Kelleher Byron Kelleher a décidé d’adopter la french way of life à fond en s’habillant comme Rimbaud Joueur hors-normes (175 cm pour 95 bons kilos biens musclés), le Bison a déboulé en Top 14 en 2007, après une riche carrière internationale, forte de plus de cinquante sélections avec les All-Blacks. Pendant un temps, le compagnon de l’actrice X philippine Kaylani Lei (les plus cochons n’auront pas besoin de chercher qui c’est), Kelleher s’est également pointé en France avec ses excès. Ainsi, en septembre 2009, il est impliqué dans une sombre histoire de bagarre d’ivrognes, peu flatteuse, mais dont certains joueurs semblent s’être fait les chantres. La victime aurait quand même eu le temps de coller une branlée à Kelleher et de casser le nez d’un des deux hommes qui accompagnait l’ex All-Black. C’est l’occasion pour nous de rendre hommage à cet homme, un certain Brice Rostaing, toulousain, conducteur de porsche, sosie de Tom Cruise et champion du tae kwon do, l’homme idéal en somme. Bravo Byron, tomber sur Bruce Wayne un soir de beuverie, t’as vraiment choisi le bon gars avec qui te friter… La touchante défense de ces camarades (et de Guytou) n’y changera rien, Kelleher est récompensé par 2 mois de prison avec sursis et 3500 € d’amende. Il faut croire que les tribunaux lui manquaient, car Kelleher a, à nouveau, fait parler de lui, en début de saison 2011. Selon le New Zealand Morning Herald, Kelleher aurait joué les agents pour Bayonne du côté des Chiefs de Waïkato, son ancien club, en contactant plusieurs joueurs pour les faire venir à Bayonne (à ce moment-là, Kelleher avait signé un pré-contrat avec le club basque). Si cette affaire n’est plus d’actualité (tout comme le joueur), il était difficile de passer à côté d’une telle candidature pour le poste de demi de mêlée de ce XV. La suite et les avants, demain !
Toulouse – Toulon vu par les bouchers Le Stagiaire vs Jonny WillKillSoon. Il ne peut en rester qu’un. Par le Stagiaire et Johnny WillKillSoon, Samedi dernier à 14h, Ovale de Grace et Ovale Masqué n’ont pas pu regarder le choc entre Toulouse et Toulon, car ils étaient déjà entrain de se geler les miches au Stade de France, de peur de rater l’ahurissant show d’avant match post-Guazzinien du match Stade Français – Racing, et surtout l’apparition du légendaire Johnny Hallyday, qui est un peu le Aurélien Rougerie du rugby – ça fait 10 ans qu’on pense qu’il va crever et qu’il enchaîne les opérations, mais pourtant il revient toujours. Heureusement, nos larbins sont là : notre fidèle Stagiaire, fervent supporter toulousain, a analysé le match pour vous. Mieux, Jonny WillKillSoon, notre spécialiste du Erceté (avec Pilou et Daniele Rairault, attention d’ailleurs, les toulonnais quand il y en a un ça va, mais quand il y en a plusieurs…) s’est également mis à l’ouvrage. Nous vous proposons donc un double compte rendu et un double point de vu, que vous pourrez lire en vous fumant un double feuille pour un double plaisir. Le match vu par le Stagiaire : Lors de cette douzième journée avait lieu un « choc » au stadium de Toulouse entre le champion de France en titre et leader actuel du championnat et le 4ème, Toulon. Comme pour nous rappeler la coupe du monde, le match était programmé en tout début de journée, vers 14h. Le réveil n’y aura rien fait, j’ai raté les 20 premières minutes. Et encore plus fort, malgré les commentaires d’Eric Bayle, j’ai quand même pu resituer le contexte. Pour résumer, Mc Alister a raté une pénalité. Wilkinson a réussi une pénalité. Mc Alister a raté une pénalité. Genevois a foiré un lancer. Toulouse a fait un en avant. Poitrenaud s’est blessé. Médard est rentré. Novès a annoncé jouer le maintien. Elissalde a failli partir s’échauffer. Matanavu a marqué un essai. Wilkinson a réussi une pénalité. Toulouse a fait un en-avant. Genevois a foiré un lancer. Genevois s’est pris un carton jaune. Servat s’est dit que la concurrence ne serait pas trop un problème l’an prochain. Bref, c’est à ce moment là que j’ai allumé ma télé. La partie avait débuté 23 minutes plus tôt et Toulouse menait 7 à 6. Les Toulousains ne profiteront pas vraiment de leur supériorité numérique puisque Mc Alister n’inscrira que deux pénalités durant les dix minutes qui suivront. Wilkinson, quant à lui, permettra à Toulon de coller au score avec l’ajout de six points avant la mi-temps. A ce moment, les locaux virent donc en tête avec un tout petit point d’avance et ce malgré une domination plutôt nette. Mais leurs tentatives de jeux sont trop souvent avortées par un en-avant ou une passe mal ajustée. La présence de Florian Fritz au centre ayant beau réduire les risques sur ce dernier point, les Toulousains semblent, comme les semaines passées en coupe d’Europe, en manque de repères collectifs. Il faut dire qu’entre les blessés, les joueurs qui reviennent de blessure, les recrues à intégrer, les mecs qui rentrent de Nouvelle-Zélande, les petits jeunes qui ont besoin de temps de jeu et les éternelles doublures, c’est difficile de créer une équipe avec des automatismes. Soyons francs, un effectif comme ça, c’est pas la joie… Les Toulonnais quant à eux développent un jeu un peu rasoir et misent par conséquent avant tout sur Wilkinson pour rester dans le match. (Ceci n’était pas un message publicitaire). A la reprise, Luke Skywalister va rajouter deux nouvelles pénalités et permettre aux Toulousains de creuser l’écart, malgré l’expulsion temporaire de Johnston pour un très joli combo représentant tout ce qui est interdit dans le même plaquage : en retard, à la gorge, et juste avec l’avant bras. Juste après le retour de ce dernier, ils vont même inscrire un nouvel essai par l’intermédiaire de Jean Dridéal sur une passe au pied de Jauzion. On soupçonne d’ailleurs l’ailier toulousain d’avoir marqué pour rendre hommage à Shane Williams qui au même moment (à peu près), disputait le dernier match de sa carrière avec le Pays de Galles face à l’Australie au Millénium de Cardiff. Son équipe s’est inclinée 24-18 mais l’ailier de poche (à ne pas confondre avec cette grosse poche d’ailier qu’est Guildford) a inscrit sur la dernière action un ultime essai pour son pays, son 54ème en 87 sélections. Pour l’égaler, le toulousain devra tout de même marquer la bagatelle de 27 essais pour l’équipe de France dans les quatre prochaines années. Bonne chance. Mais revenons-en à nos moutons. Non, pas les néo-zélandais. Nos taupes quoi. Il reste 20 minutes et les visiteurs ont 14 points de retard. La messe semble dite et c’est à partir de ce moment que le match se débride un peu. Les Toulonnais sont en effet motivés par l’espoir d’un point de bonus défensif et leurs adversaires par le troisième essai synonyme de bonus offensif. Mais encore une fois, les rouge et noirs enchainent les imprécisions et les erreurs de mains alors que les Toulonnais ont toujours autant de difficultés en touche. C’est d’ailleurs après une énième touche perdue sur leur lancer que l’on va assister à un fait plutôt rare : un carton jaune pour Jean Bouilhou alias l’homme qui comptabilise à lui seul plus de matchs avec les rouges et noirs que l’ensemble des internationaux de cette même équipe réunie (doublon oblige). Une aubaine pour les toulonnais qui repartent à l’assaut du camp local. Mais ni leur détermination, ni l’expertise en matière de jeu offensif de leur entraîneur ne suffira à combler les erreurs grossières qui, comme leur adversaire, viennent constamment gâcher les intentions pourtant louables de l’équipe. C’est finalement dans les dernières minutes, au terme d’une action aussi aléatoire et confuse que les décisions de l’arbitre tout au long de la partie, que Burgess intercepte une passe de Giteau pour aller inscrire le dernier essai du match. Cette action aura été l’occasion pour le centre australien de nous montrer qu’il était sur la pelouse cet après-midi là (ce qui n’était pas évident à deviner au premier coup d’œil) et pour son compatriote demi de mêlée, encore très bon, de montrer que certaines intégrations sont plus réussies que d’autres. Doussain, néo-meilleur espoir du championnat et tout juste rentré, se la pète en transformant en coin. Score final : 33-12. On retiendra particulièrement : La blessure de Poitrenaud (entorse de la cheville) qui devrait l’éloigner des terrains pendant trois semaines (soit jusqu’à la fin de la saison pour Lequipe.fr Le point positif c’est qu’il aura plus que ça à foutre de faire notre questionnaire maintenant. La très bonne performance de notre Pokémon préféré Pikamoles qui a bien travaillé son attaque-charge et qui ne devrait pas tarder à évoluer. Bon par contre, va falloir lui apprendre à réceptionner un renvoi. Le nouvel essai de Matanavu La réussite retrouvée de Wilko au pied (comme quoi c’était vraiment la faute des ballons) Le look toujours aussi…euh, je cherche l’adjectif là… de Gunther La suractivité de Armitage, LA bonne pioche du RCT sur ce début de saison La coupe de cheveux so « Surfeur Australien » de Lapeyre La détente presque négative de Matthieu Bastareaud sous les chandelles. Le match vu par Johnny WillKillSoon : Le rugby est un sport qui se joue à XV contre XV avec plein d’arbitres, à la mi-temps il pleut et à la fin c’est le Stade Toulousain qui gagne. Je pourrais arrêter là mon compte-rendu du match mais je vous connais ça risque de ne pas vous suffire. Je vais vous faire un CR mais va falloir être indulgent car j’ai raté les dix premières minutes et je n’ai vu le match qu’une seule fois. Des tribunes. En latérale bas. Avec Ovalion devant moi. Sacré tignasse au passage ! On notera l’absence de Donguy côté stadiste et la présence de Bastareaud sur le banc des remplaçants, ce qui prouve que les deux équipes prenaient ce match très au sérieux. Le choc des Rouges et Noirs peut enfin commencer. On passe le premier quart d’heure, Toulon mène 3-0 et Clément « Twitter » Poitrenaud quitte ses partenaires, victime d’une entorse de la cheville. Lui qui s’excusait cette semaine de ne pas donner trop de nouvelles à cause de la charge de travail infligée par Guy Novès, aura désormais quelques semaines de temps libre pour se rattraper. Poitrenaud sort, Médart entre. Mauvaise opération pour les Toulonnais qui sont loin de gagner au change. Et deux minutes plus tard, l’impensable va se produire. Fritz va prendre un intervalle, faire une pass…ah non au sol puis relais de Picamoles, point de fixation, libération rapide et essai de Matonav…Motanav…bref l’ailier fidjien du Stade. Cependant il n’y a pas photo entre la meilleure attaque et la meilleure défense du championnat, les Toulonnais ayant décidé de se faire une petite après-midi air plaquage sur la pelouse du Stadium. En hommage au Téléthon, Genevois va également nous réaliser un air lancer en touche, d’après un concept très particulier qui consiste à ne pas lancer la balle afin de ne pas la perdre. Genevois qui réalisera le combo ultime en se prenant un carton jaune dans la foulée pour ne pas s’être replacé à 10m après une pénalité rapidement jouée. Toulon a des problèmes de plaquages, de lancers en touche mais aussi de coups de pieds (pas Wilkinson rassurez-vous) puisque respectivement Smith, Loamanu et Palisson vont prendre un malin plaisir à dégager directement en touche hors de la zone légale autorisée. Dans leur camp, sous pression et en infériorité numérique, le RCT va plier mais ne pas (encore) rompre. La mi-temps est sifflée sur le score de 13 à 12 ce qui n’est pas cher payé pour les Rouges et Noirs de la Garonne. Durant la pause, on revient sur les futures signatures au RCT et à Toulouse pour l’an prochain. Barcella pour remplacer vraisemblablement Emmanuelli et Lewis-Roberts sur le côté gauche de la mêlée. Tillous-Borde est content, il aura enfin un partenaire avec qui parler musculation à l’entraînement. Servat qui pourrait également rejoindre les bords de la rade l’an prochain. Il attend seulement le 24 décembre pour signer afin que le Var-Matin puisse titrer « Une Bûche pour Noël » (oui je peux aussi travailler à l’Equipe avec des jeux de mots aussi pourris…mais je ne veux pas). Si à Toulon, le menu est plutôt sucré, Toulouse se positionne sur du salé avec un excellent « Coq au vin » briviste élevé en Géorgie (VDM). Du coup les recruteurs stadistes ont eu pitié de lui mais pas trop puisque celui-ci va être prêté un an à … Brive. Dans le but de devenir JIFF et pour que les Toulousains puissent nous rabâcher les oreilles à nous dire qu’eux ont le mérite de recruter exclusivement français. Moué. Début de la seconde période, la pluie fait son apparition. Census Johnston, en bon Samoan, tente une décapitation à l’épaule sur Loamanu, Samson se venge sur Jean Dridéal et Luke « Sky » Alister convertit la domination toulousaine en six nouveaux points qui permettent au Stade de faire un premier break (19-12 à la 50ème). Paradoxalement, la deuxième période va être plus équilibrée, mais les Toulousains sont très bien en place en défense. Les Toulonnais vont se heurter à un mur et s’exposer à de nombreux contres. Finalement ils concéderont deux essais plus ou moins casquettes que seul le Bého et l’USAP sont capables d’en prendre cette année. Le premier sur une relance suicidaire de Lavabo qui va perdre le ballon au contact et qui va se transformer 3 passes plus loin en un coup de pied lobé de Jauzion pour Jean Dridéal dans l’en-but. Il aura fallu attendre 35 ans pour voir enfin un coup de pied bien dosé de Jauzie. Vieux motard que jamais. En même temps ce n’est plus avec sa vitesse qu’il va créer des situations d’essais (non je ne suis pas aigri). Le second est un exploit personnel de Giteau qui préférera se prendre un essai sur interception afin d’éviter une touche et ainsi offrir le bonus offensif (toutefois largement mérité) aux Toulousains. Il était, de toute façon, écrit qu’il ne pouvait rien arriver aux Hauts-Garonnais ce samedi après-midi puisque Jean Dridéal, sûrement galvanisé par l’élection des Miss France le soir même, a enfin réussi son petit renvoi aux 22 en cachette pour lui-même (sans opposition toutefois) qui lui permit de réaliser une petite chevauchée bien cochonne sur une cinquantaine de mètres. Le match se terminera par une Ola et des « Et ils sont où les Toulonnais ? ». Je ne réponds rien car je tiens à mon intégrité physique et m’éloigne du stade sous le crachin occitan.
Fuck Flash Rugby #3 Par Thomas, Salut les bouchers, voici votre dose de la semaine. C’est aussi consistant qu’un banquet en Erythrée et intéressant qu’un livre de Michel Houellebecq mais faudra s’en contenter. Le fait de la semaine, comme vous le savez, c’est l’intrusion pathétiquo-comique de Lulu Harinordoquy sur le terrain d’Aguilera. La fable des temps modernes du père qui vient défendre son fiston. Ou comment faire le buzz de la semaine en créant des pages facebook débiles. Bref, les Biarrots ont marqué une pénalité à la dernière minute pour renvoyer les Bayonnais à leurs chères études. Aupapa BO. Tiens, tu ne t’y attendais pas à celle là ? A Biarritz, il y a beaucoup d’internationaux – bizarre d’ailleurs – alors on va parler de l’équipe de France. Cette semaine, le nouvel entraineur du XV de France a été intronisé dans ses nouvelles fonctions. Au détour d’un énorme banquet, cela va sans dire. On a hâte de voir la première liste de l’ancien entraineur toulonnais. Retour des anciens ? Nouveaux joueurs ? Bordel complet ? PSA, capitaine d’entreprise. PSA prend le volant. En voiture avec PSA. Normal quoi, la aussi fallait s’y attendre. PSA toujours, une petite décla de Mourad Boudjellal, toujours aussi drôle. On peut dire que ce type a le sens de la phrase juste : « C’est un être humain, il a des défauts comme tout le monde, a déclaré Mourad Boudjellal. Il ne supporte pas bien l’alcool, il mange beaucoup, il ne fait pas beaucoup de sport. Il s’énerve et ne supporte pas bien la pression. Il n’aime pas trop payer le café le matin mais c’est un être humain normal ». Le ventre, ça viendrait donc de là. En France, on a connu un bien beau mondial, au niveau des frasques extra-sportives. Mais les Anglais, ce n’est pas plus glorieux. C’est là qu’on retrouve le sourire, généralement. Après avoir viré Martin Johnson, la RFU se paye Rob Andrew, l’ancien demi d’ouverture du XV de la Rose. Rob était en charge de l’élite du rugby anglais. Par ailleurs, un entraîneur intérimaire devrait être nommé pour le Tournoi des VI Nations 2012. Soit les Anglais choisissent un coach de stature internationale, qui pourrait être Nick Malett, ou alors, ils s’orienteraient vers la préférence nationale, ce qui ferait l’affaire de Jim Mallinder (Northampton). Ouais… Ca nous avance pas plus. Repassons aux choses sérieuses avec quelques mots sur la journée de Top 14. Pas de doutes, on devrait s’amuser samedi après-midi. Ce soir, Brive se déplace à Bordeaux-Bègles, mais évidemment, tout le monde s’en branle. L’essentiel, c’est qu’on aura trois matches de très haut niveau, le lendemain. Pour commencer, Toulon se déplace à Toulouse, dans une rencontre qui sent la poudre et les stars internationales. Basta, Giteau, Palisson, Smith et Armitage seront là. En attendant d’embarquer Willie Servat ? Dans le même temps Clermont affronte Castres. Deuxième duel de haut de tableau. Deux clubs sages, pas trop médiatiques et qui affichent une régularité exemplaire. On terminera en beauté cette journée avec un derby tout en paillettes entre le Stade Français et le Racing-Métro (présentation ici même par François Trillo, hé ouais). Un club rose financé par le passé par la gay-pride et un club financé par l’UMP et Patrick Balkany. Si après ça vous ne comprenez toujours pas pourquoi les gens de la Boucherie seront au Stade de France, on ne peut plus rien pour vous. Allez, bisous. Thomas @thomasperotto & Rugbystiquement Votre
Bernard Pontneau (pdt Section Paloise) passe sur le grill Un président à la Boucherie… bon signe avant la campagne 2012 ? Vous vous souvenez sans doute de FééBuse, le Patrick Hernandez de la Boucherie Ovalie, auteur d’un unique article sur le site… mais quel article, puisqu’il s’agit du succès international « Comment battre les All Blacks, LA solution » toujours N°1 des charts de la Boucherie et relayé par Télérama en personne. Et bien aujourd’hui FééBuse a décidé de sortir de son silence quasi-monacal. Non pas pour nous délivrer un nouveau morceau de sa prose, mais pour offrir au tableau de chasse de la Boucherie son premier président de club : Bernard Pontneau, président de la Section Paloise. Un club mythique, ne serait-ce que grâce à Damien Traille. L’occasion également de mettre un peu en avant la ProD2, une semaine avant un match important pour la montée entre la Section (actuellement 6ème) et La Rochelle (7ème)… Bernard, attérré en lisant toutes nos âneries sur Damien Traille Intro Bernard Pontneau est le très sympathique président de la Section Paloise depuis plus de 4 ans. PDG d’une société de service parapétrolier (Varel Europe) il a « investi » à la Section. C’est le type même du supporter président. Après avoir sorti le club du rouge dans lequel il était suite à la relégation, il porte aujourd’hui un projet ambitieux dont le but est de réinstaller durablement la Section dans le top 8 national d’ici 3 à 5 ans. 1. Un club ? La Section Paloise, what else ? 2. Un technicien ? David Aucagne 3. Une équipe ? La bande à Fouroux 4. Un match ? Le 1/4 de HCup Section Leicester (novembre 1997, gagné par la Section 35-19 ndlr) 5. Une action ? La transversale au pied de Joel Rey pour Nicolas Brusque qui marque. Sur une mélée ouverte, Joel Rey alors talonneur extrait le ballon et tape instantanément sur l’autre aile (au Hameau contre le Stade toulousain saison 98-99) 6. Un geste ? La passe, comme une offrande 7. Un poste ? Demi de mélée 8. Un stade ? La Croix du Prince 9. Une victoire ? La demi finale de la WRC 1999 contre les Blacks 10. Une défaite ? La demi de Hcup à Bath en 1997. Merci à Mr Bevan, le gallois à la Rolex en or de Durban 95. 11. Devise de club favorite ? Ou devise tout court ? Fais toujours ce que tu dis. 12. Le joueur avec qui vous auriez aimé jouer sur le terrain? Didier Codorniou 13. Celui que vous n’aimeriez pas croiser sur le terrain, et encore moins dans une ruelle sombre et étroite ? Gerard Cholley 14. Celui avec qui vous ouvrirez bien un bar à putes à Bogota ? Gerard Cholley 15. Celui avec qui vous auriez aimé faire une 3ème mi-temps ? Jean Michel Gonzalez 16. Celui avec qui partir à la chasse à mains nues dans la forêt Amazonienne ? Thierry Dusautoir 17. Votre boisson préférée avant le match? Du rouge … Après le match? Du rouge 18. La première fois… … à la télé ? C’est trop loin mais c’était en noir et blanc. … au stade ? C’est trop loin mais c’était en couleur. … sur le terrain ? A 7 ou 8 ans à l’AS Soustons. 19. Thé ou Café ? Café 20. Levrette ou 69 ? Les deux 21. Il reste 10 minutes a jouer… cagade dans ses 22 qui offre 5 points à l’adversaire ou expulsion pour plaquage cathédrale? Expulsion pour plaquage cathédrale sans hésiter. 22. Se faire enfoncer en mêlée ou se prendre un cad’deb d’ecole? Se faire enfoncer en mélée 23. Damien Traille ou McGyver ? Damien Traille 24. Pour la 3ème mi-temps: Byron Kelleher ou Paris Hilton ? Paris Hilton. 25. Pour partager votre cellule ? Paris Hilton. 26. C’est qui le plus fort, Jamie Cudmore, Bakkies Botha ou l’hippopotame ? Jamie Cudmore, lui c’est un monstre. 27. Vous préférez vous faire plaquer par Chabal ou par votre petit(e) ami(e) ? Chabal 28. La chanson paillarde que vous aimez secrètement ? La bite à Dudule 29. David Marty ou Marty McFly ? David Marty 30. Expliquez la règle du plaqueur/plaqué sans utiliser de ponctuation. Le plaqueur ayant plaqué doit lâcher le plaqué pour piquer la ballon du sus dit plaqué une fois relevé sur ses deux pieds 31. Ca vous étonne Ovale Masqué qui mange un yaourt ? Oui, à son jeune âge les petits futés seraient plus appropriés. 32. Bon alors, c’est qui qui a pété la gueule à Bastareaud en fait ? Lolo Ferrari 33. Pourquoi avoir perdu votre temps à répondre à ces conneries, franchement ? Je pense que je passe trop de temps à répondre à des choses sérieuses 34. Un oubli ? Un mot à ajouter ? Honha Section ! 35. A qui voudriez-vous que ce questionnaire soit posé ? A Jérome Garcès ! FIN Note de Féébuse : Putain c’est long Plus sur Bernard et son projet de montée en Top 14 dans cet article de Sudouest.
Grenelle du rugby – Marquer plus d’essais pour gagner plus Dans vos gueules Papé et Marty, Feneb lui a déjà son programme… Par Feneb, qui après nous avoir expliqué l’en-avant, a repris la drogue. GRENELLE DU RUGBY – MARQUER PLUS D’ESSAIS POUR GAGNER PLUS Afrique du Sud – Australie : 9 – 11 … Galles – France : 8 – 9 … Nouvelle-Zélande – France : 8 – 7 … Si on se penche sur les résultats de la dernière coupe du monde, les statistiques sont implacables : l’enjeu a pris le pas sur le jeu, les défenses ont pris le pas sur les attaques, bref, on s’emmerde … Les essais se font de plus en plus rares, les schémas tactiques se limitent désormais à mettre l’adversaire à la faute pour scorer sur pénalité, on gratte 3 points par ci par là sur des drops… Il est loin le temps où le député-maire de la Rochelle pouvait s’ébaubir : « la balle hallal, la vie est belle !», ou quelque chose comme ça. Ce problème n’est pas nouveau : par le passé le rugby a déjà fait évoluer ses règles à maintes reprises afin d’encourager les équipes à marquer des essais, notamment en en augmentant la valeur au détriment de celle de la pénalité ou du drop. Petit rappel sur l’historique du mode de calcul des points au rugby (ça ne fera de mal à personne…) A l’origine, jusqu’aux années 1870, l’essai valait 0 point et la transformation 1 point. Le drop et la pénalité n’existaient pas. Ainsi, si la Coupe du monde 2011 s’était déroulée en 1872, la France aurait remporté la finale sur le score de 1 – 0. Comme quoi, ça se joue à pas grand-chose. En l’espace de 30 ans, ça a pas mal tâtonné : l’essai est passé à 1 point, puis 2, puis 3 ; la transformation à 3 points, puis 2 points… Un sacré bordel, vous en conviendrez … Mais toujours pas de pénalité ou de drop. Les Anglais, les Argentins devaient être bien malheureux… Et de là à dire que Craig Joubert a arbitré la deuxième mi-temps de la finale selon les règles de 1895, il n’y a qu’un pas que d’aucuns franchiront, peut-être. Cela les regarde. C’est seulement au début de XXème siècle (1906) que ces deux règles (pénalité et drop) apparaissent ; le score était alors calculé ainsi : – Essai : 3 points – Transformation : 2 points – Drop : 4 points – Pénalité : 3 points Dès lors, le règlement n’a fait qu’évoluer pour encourager les essais au détriment du reste : dès 1948, le drop ne valait plus que 3 points. En 1973, l’essai passe à 4 points, puis 5 points en 1992. Certes, on est loin des niveaux d’inflation au Zimbabwe, mais quand même… En résumé, décompte selon le règlement actuel : – Essai : 5 points – Transformation : 2 points – Drop : 3 points – Conduite en état d’ivresse manifeste : 6 points – Pénalité : 3 points La règle du point de bonus Malgré l’essai à 5 points, les équipes ont vite eu tendance à retomber dans leur travers … L’idée du point de bonus a alors germé, récompensant d’un point supplémentaire l’équipe inscrivant 4 essais (sauf en top 14 où il « suffit » de marquer 3 essais de plus que l’adversaire ; on appelle ça l’exception culturelle…). Cette mesure est globalement efficace, comme nous avons pu le voir lors de la dernière coupe du monde. En effet vous aurez noté que la règle du point de bonus ne s’applique qu’en phase de poule ; ce qui explique très certainement pourquoi on a eu droit à des scores fleuves au début du tournoi (Nouvelle-Zélande – Japon : 83 – 7 … Afrique du Sud – Namibie : 87 – 0 … Australie – Etats-Unis : 67 – 5), avant que les scores s’étriquent dès les quarts, lorsqu’il n’y avait plus de point de bonus offensif à distribuer. Je ne vois pas d’autre explication. Toutefois, ces mesures restent largement insuffisantes ! Il est temps de repenser complètement le règlement, faute de quoi nous sommes condamnés à subir des scores de tennis (6-3, 6-7, 6-0) à très court terme. Sous la houlette de notre nouveau ministre des Pièces Jaunes et du Judo, un Grenelle du Rugby a été organisé en toute urgence, dont nous sommes en mesure de vous livrer les conclusions aujourd’hui. GRENELLE DU RUGBY : 7 PROPOSITIONS CONCRETES POUR REDYNAMISER LE JEU Proposition 1 : revoir le barème des points Cela fait 20 ans que le règlement n’a pas évolué à ce sujet ; il est urgent de revoir le barème des points. En revanche, de même qu’une hausse modérée du prix du paquet de cigarettes n’a aucun effet sur la consommation de tabac, la modification doit être nette et tranchée, alors n’y allons pas avec le dos de la cuillère en bois. Ainsi, le Grenelle propose le nouveau barème suivant : – Essai : 29 points – Transformation : 8 points – Drop : ¾ points – Pénalité : 1.5 points Avantages : – L’écart très marqué entre les points de l’essai (37 points si transformé !) et la pénalité ou le drop s’avère suffisamment dissuasif et découragera toute velléité à s’enfermer dans du jeu au pied trop restrictif. – La France aurait été championne du monde sur le score de 37 à 30.5. Cocorico. Inconvénients : – On redoute une augmentation massive du nombre de fautes, compte tenu du caractère peu dissuasif de la pénalité (1.5 points seulement, c’est pas cher payé…). – Les arbitres vont devoir faire de sacrés efforts en calcul mental pour arriver à suivre l’évolution du score pendant le match. Recommandation du Grenelle : Equiper les arbitres de calculettes, et tester ce nouveau barème durant la saison 2012-2013 de Pro D2, pour éventuelle application en Top 14 un an plus tard. Proposition 2 : revoir la règle du point de bonus offensif Le manque de progressivité de la règle du bonus offensif est moralement injuste : une équipe marquant 4, 8 ou 12 essais est créditée d’un seul point de bonus. On propose donc d’accorder 1 point de bonus offensif par essai marqué au-delà de 4, soit : – victoire avec 0 à 3 essais : 4 points – victoire avec 4 essais : 5 points – victoire avec 5 essais : 6 points – victoire avec 8 essais : 9 points -etc. Avantages : – L’équipe qui mène largement au score ne lèvera pas le pied en deuxième mi-temps, même si le 4ème essai a été inscrit dès la 35ème minute. – Le suspense resterait entier jusqu’à la dernière journée de championnat, puisque le dernier pourrait toujours se qualifier pour les phases finales, à la condition d’inscrire une trentaine d’essais lors du dernier match. Inconvénient : On risque d’assister à quelques matchs truqués, les clubs risquant de s’entendre en début de championnat (« Tu me laisses marquer 20 essais au match aller, je te laisserai en marquer autant au match retour »). Recommandation du Grenelle : Réintégrer Bourgoin en Top 14+1 durant la saison 2012-2013 et appliquer la nouvelle règle uniquement lors des rencontres disputées sur la pelouse de Pierre Rajon, en guise de test. Proposition 3 : rapprocher les poteaux Actuellement la distance entre les 2 poteaux est de 5m60. C’est trop ! Rapprochons donc les poteaux. Lorsque ceux-ci ne seront plus distants que d’1m50, soyez assurés que davantage de pénalités seront jouées à la main, et que Ronan O’Gara n’agacera plus l’Europe entière avec ses drops à la dernière seconde. Avantage : On devrait moins voir Jonny Wilkinson prendre sa posture ridicule avant de buter. C’était marrant au début mais là, stop! Inconvénients : – Il faudra scier toutes les barres transversales, devenues trop longues. – Ce pauvre David Skréla qui n’y arrivait déjà pas avec des perches éloignées de plus de 5 mètres risque de sombrer définitivement dans la déprime avec un taux de réussite négatif. Recommandation du Grenelle : Appliquer un écartement de 2m80 entre les poteaux, ce qui permet de faire exactement deux barres transversales aux nouvelles dimensions avec une actuelle, sans qu’il n’y ait de chute. Ainsi, pas de gâchis. Si Auxerre jouait au rugby, c’est Guy Roux qui serait content. Proposition 4 : agrandir la largeur du terrain Qui dit terrain plus large dit plus d’espaces, plus de prises d’intervalles, et donc plus d’essais… Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Quand je pense que ces mous du bulbe de pousse-cailloux se plaignent de ne pas voir assez de buts dans leur championnat minable et qu’ils n’ont jamais pensé à agrandir la taille des buts, je me marre. Soyons plus malins qu’eux… Avantage : Plus d’essais assurément. Les défenses seront bien plus perméables que par le passé. Inconvénient : A moins de reculer les tribunes latérales, les stades actuels ne sont pas adaptés pour accueillir des pelouses plus larges. Des travaux d’envergure seraient donc à prévoir pour mettre les stades aux nouvelles dimensions, ce qui ne manquera pas d’occasionner des frais plus que conséquents. Recommandation du Grenelle : Voir Proposition 4bis. Proposition 4bis : pivoter le terrain de 90° Afin d’éviter des travaux de remise aux dimensions des stades dont le coût serait probablement rédhibitoire, il est nettement plus simple de pivoter le marquage de 90° : la longueur devient la largeur, et la largeur devient la longueur. Exemple de terrain de rugby, avec la nouvelle orientation. Avantages : – Plus besoin de faire des travaux d’agrandissement des stades : il suffit de retracer les lignes, et replanter les poteaux. – Non seulement le terrain plus large permettra de créer plus d’espaces dans les défenses, mais en plus il sera beaucoup plus facile de remonter le terrain depuis son camp pour marquer, puisque celui-ci est plus court ! – Les dégagements au pied de poussin de Morgan Parra ne seront plus un handicap : depuis ses 22 mètres, il pourra facilement trouver une touche à proximité de la ligne d’essai adverse. Inconvénients : – Damien Traille ne pourra plus jouer en équipe de France : compte tenu de la longueur de terrain réduite, ses coups pieds de dégagement de mammouth finiraient inexorablement et systématiquement en ballon mort. Mais qui a dit que ce n’était pas vraiment un inconvénient ? – Le système de billetterie est entièrement à revoir, avec un manque à gagner probable pour les clubs. En effet, il y aura beaucoup plus de places derrière les poteaux (traditionnellement les moins chères), et beaucoup moins sur les côtés : les tribunes présidentielles seront réduites d’autant. Le trésorier va faire la gueule. Recommandation du Grenelle : Appliquer le nouveau marquage lors du Tournoi des VI Nations 2012 ; l’effet de surprise aidant, le XV de France devrait facilement remporter ses 3 rencontres à domiciles, dont le crunch contre l’Angleterre. Un grand pas de fait vers le grand chelem. Proposition 5 : déséquilibrer les confrontations Les grosses équipes ont compris depuis bien longtemps l’importance de travailler la défense ; ce sont des véritables murailles qu’il faut désormais franchir pour espérer marquer un essai… Alors pour marquer plus d’essais … jouons contre des nuls ! Rien de tel qu’un bon vieux Nouvelle-Zélande – Namibie pour voir du jeu de mouvement! Intégrons donc l’Italie parmi les équipes disputant le Tournoi, et – soyons fous – les Iles Tonga à la prochaine Coupe du Monde. A la clef, du beau jeu et pléthore d’essais pour l’équipe de France… Avantage : On va apprendre à situer de nouveau pays sur la carte du monde : on saura enfin répondre aux questions bleues du Trivial. Inconvénient : Renseignement pris, il semblerait que l’Italie joue dans le Tournoi depuis 2000, et que le Tonga a participé à la dernière coupe du monde. Pis, ces deux équipes n’ont pas joué le jeu en battant notre glorieux et valeureux XV de France en 2011. Salauds de nuls ! Recommandation du Grenelle : Punir l’Italie et les Tonga pour leur outrecuidance en les bannissant des prochaines rencontres internationales, et les remplacer respectivement par la République de Saint-Marin et par l’archipel de Tuvalu. Proposition 6 : restyling du maillot du Stade Français On n’en peut plus des maillots du Stade Français qui piquent les yeux ! Déjà, les éclairs bleus sur fond rouge, c’était limite, mais chaque année c’est la surenchère du moche et du mauvais goût ! Et qu’on ne me dise pas que c’est la faute de Max Guazzini : il n’est plus là cette année et ça ne s’est pas arrangé pour autant ! On propose donc d’obliger le Stade Français de jouer avec un maillot blanc. Oui, blanc, tout blanc, sans fioriture, sans fleur de lys, sans Blanche de Castille, Aliénor d’Aquitaine, Catherine de Médicis ou Linda de Souza, sans rien. A la limite, un petit éclair, tout petit, en haut à gauche, discret, et encore… Nouveau maillot du Stade Français. Sobre… Avantage : Un soulagement indéniable pour les adversaires, les spectateurs et les téléspectateurs qui n’auront plus à endurer ces improbables tenues bariolées. Inconvénient Soyons francs : même en étant d’une mauvaise foi totale, il est peu probable que cette proposition ait un impact quelconque sur le jeu et favorise les attaques… En même temps, elle ne devrait pas avoir d’effet négatif non plus … Alors pourquoi s’en priver ? Proposition 7 : refonte complète et radicale des règles du jeu Ne nous voilons pas la face : l’ensemble des propositions ci-dessus amélioreront peut-être la situation, mais seule une réforme en profondeur des règles permettra de sortir des schémas de jeu sclérosés qui gangrènent le rugby de l’ère moderne. Pourquoi ne pas revoir complètement les règles, en supprimant celles qui tuent le jeu. On propose donc de : Supprimer la règle du hors-jeu : cette règle n’aurait jamais du exister, trop complexe et soumise à interprétation Supprimer la règle de l’en-avant, trop restrictive diminuer le nombre de joueurs, pour réduire la taille du rideau défensif. 7 joueurs de chaque côté semble un bon compromis réduire la longueur du terrain, pour permettre une remontée plus rapide de celui-ci (voir proposition 4bis) remplacer le ballon ovale par un ballon plus petit et rond, beaucoup plus facile à maîtriser (rebonds plus prévisibles) et à contrôler interdire le jeu au pied, pour favoriser le jeu à la main, à l’exception de l’arrière qui pourra toujours se servir de ses pieds remplacer les poteaux par des buts et des filets abandonner le terme « rugby », à trop forte connotation anglo-saxonne et parler désormais de « jeu à la main » (ou « handball ») Avantages : – L’équipe de France est quadruple championne du monde, double championne d’Europe et championne olympique en titre. – Contrairement à Pierre-Yves Revol, le nouveau Président de la Ligue Nationale de Jeu à la Main (ou handball), Philippe Bernat-Salles, y entend quelque chose à ce qu’on appelait jusqu’alors le rugby. Sans parler du cas Camou. Inconvénients : – Les nouvelles règles risquent de favoriser l’émergence de nouvelles nations, telles que l’Allemagne, l’Espagne, la Croatie, la Suède… – De même, au niveau national, Chambéry risque de remporter le bouclier de Brennus ; non merci… – C’est quand même vraiment chiant à regarder, le handball… Recommandation du Grenelle : Laisser tomber la proposition 7, dont les conséquences sont trop imprévisibles. Feneb, chargé de communication au Ministère des Pièces Jaunes et du Judo
Présentation Taupe 14 : Aviron Bayonnais Parce que l’Aviron c’est aussi du rugby. Par L’affreux Gnafron, de retour après son excellente fiche sur l’USAP. Présentations précédentes : Toulouse Toulon Perpignan Clermont Biarritz Le club: Aviron Bayonnais Rugby Pro Histoire Né au sein d’un pays de pluie, de brouillard et d’aviron, le rugby à XV ne pouvait se développer qu’au sein du même type de contrée inhospitalière. Après un passage par le Havre, c’est tout naturellement au Pays Basque qu’il trouva un terreau fertile pour ce faire. Et c’est un certain Pierre Fabre (mécène du rugby s’il en est), Landais de son état (ce n’est pas sale), qui l’aurait ramené de Bordeaux à la toute fin du XIXème siècle. L’Aviron Bayonnais voit le jour en 1904 à la suite de la scission d’une partie de ses membres d’avec la Société Nautique de Bayonne. Ces soucis au sein de l’exécutif trouveront un écho plus d’un siècle plus tard ; à croire que sur les bords de la Nive, on Adour les souchis (dédicace à Gad Elmaleh-yeuxbleus-Bellinda). Ayant adoptés les couleurs bleu ciel et blanc (en opposition avec le blanc, rouge et vert de la Nautique), nos rameurs intègrent en parallèle le Stade Bayonnais Football-Rugby créé en 1905. Une section rugby qui fusionnera deux ans plus tard avec le club omnisports pour aboutir à la création de l’Aviron Bayonnais Rugby. Longtemps avant Biarritz, le rugby est donc implanté à Bayonne. Sous l’influence du gallois Harry Owen Roë, le club se structure et remporte son premier titre en 1913. Une performance remarquable pour la ville qui succède ainsi au palmarès à Paris, Bordeaux, Lyon et Toulouse. On parle alors de ‘jeu à la bayonnaise’ avec passes redoublées, jeu à la main ambitieux, vitesse collective et mouvement perpétuel. Un temps révolu.. Les années 20 étant celles de la domination toulousaine, les Bayonnais s’inclinent en finale à deux reprises contre les rouges et noirs en 1922 et 1923 (le fameux doublon toulousain). Il faut alors attendre 1934 pour voir les basques remporter de nouveau le Bouclier. Et cela valait la peine d’attendre car le finaliste malheureux n’est autre que le voisin Biarrot. Longtemps avant Biarritz, le rugby triomphe donc à Bayonne. Le prochain (et dernier) titre est décroché en 1943, aux dépens du SU Agen. Les plus numérologues parmi vous auront sans doute relevé l’étrange combinaison de chiffres qui marque les années de succès. 1913-1934-1943 13-34-43—-31—-13-34-43 Selon le calendrier maya, le Bouclier rejoindra donc les bords de la Nive en… 2031. Longtemps après Biarritz, le rugby perdurera à Bayonne. En attendant ces lendemains qui chanteront Vino Griego, l’Aviron aura connu une dernière finale contre Agen en 1982, un passage en ProD2 et un retour dans l’élite lors de son centenaire en 2004. Depuis cette date, Bayonne aura alterné entre le bon (une 7ème place en 2009), le brutal (la rétrogradation sportive suivi du maintien sur tapis vert montalbanais en 2010) et le truand (l’épisode Laporte/Kelleher des derniers mois). Pendant ce temps, le rugby triomphait à Biarritz. La vie est parfois injuste. Ville: Au confluent de la Nive et de l’Adour, à une portée de pelote de l’Océan Atlantique, Bayonne cultive avec l’élément aqueux une relation suivie. Si le climat y est pudiquement qualifié d’océanique doux et humide, c’est ce troisième adjectif qui doit retenir notre attention. La légende raconte ainsi que Marc Andreu n’a pu rejoindre l’Aviron en raison d’un veto médical interdisant aux joueurs de petite taille d’évoluer dans un contexte à fort risque d’inondation. C’est également pour cette raison qu’il y a peu de chances de compter un joueur asiatique dans l’effectif bayonnais. Les Basques forts et fiers n’ont cure de ces aléas climatiques et c’est dans les nombreux bars du petit Bayonne qu’ils occupent leurs longues soirées d’hiver, de printemps et d’automne en prenant leur revanche sur l’élément liquide, en râlant. L’été ils vont à la plage. Et râlent contre les touristes. Mais ne colportons pas de fausses rumeurs et rétablissons la vérité, le Basque ne râle pas toujours. Parfois il se contente d’être ombrageux comme le ciel (ou le videur) qui s’apprête à lui tomber dessus. Alors il rejoint le Txapatan, la Pétrolette ou le Jean Bart et trouve d’autres compères de récriminations basques en compagnie desquels il s’exerce en fin de soirée à diverses activités sportives de force basque. Il arrive parfois que des Landais s’égarent en ville. On les reconnaît aisément grâce à leur conduite automobile inventive (à leur décharge, pas facile de conduire avec des échasses) et à cette manie de commander systématique dans les boulangeries leur fameux pain des Landes. Certains osent même insinuer que Bayonne serait plus gasconne que basque. Ces impudents sont sympathiquement reconduits aux frontières nord de la ville, où leur département commence, juste après le panneau de sortie de Bayonne. Mais, hormis les Bayonnais, la ville conserve un caractère éminemment authentique et convivial. Tout le contraire de sa voisine du sud. Un Bayonnais vous le dira d’ailleurs tout net: ‘Biarritz, c’est très surfait’. Car le Bayonnais abhorre tout ce qui vient de Biarritz et honnit les couleurs rouges et blanches. A l’exception d’une demi-dizaine de jours lorsque, au coeur de l’été, toute la ville se pare de ces teintures pour célébrer les Fêtes. C’est alors l’occasion pour l’économie locale de se découvrir une xénophilie insoupçonnée et aussi la manifestation à la face du monde de l’une des dernières traces de communion festive intergénérationnelle. Pourvu que ç’Adour dirait le philosophe Patrick Sébastien. Et comme à Boucherie Ovalie, on aime les Basques, la fête et la gastronomie, mentionnons également la Foire au Jambon qui bien que moins fréquentée, n’en reste pas moins bien fréquentée. Faites donc un tour à Sagarmuin sur les Allées Marines (bientôt rebaptisées, présidentielles de 2012 obligent), découvrez la merveilleuse tradition du txotx à volonté, passez par Saint Esprit pour retrouver les vôtres et finissez au Ttiap pour recouvrer vos forces. Les moins exigeants d’entre vous finiraient presque à La Nouba pour la faire. Mais trêve de gaudriole et penchons-nous sur ces Bayonnais célèbres qui portent mieux que quiconque l’honneur de leur ville. Ils sont nombreux, les bonnes gens de Bayonne à exporter leur talent par-delà les monts et les vaux. C’est dans le domaine artistique que se trouvent les plus glorieux natifs de la ville. Si Gustave Parking et Eric Bayle savent nous délecter de leurs traits d’esprits les plus vifs et de leur humour le plus désopilant, François Gelez en son temps aussi, s’est essayé au comique. Quant à la chanson, quels meilleurs ambassadeurs intemporels que Francis Lalanne et Christophe ‘Seg’ Hondelatte pour représenter dignement la ville? Et l’on ne s’étonnera plus alors de la pluviométrie galopante qui sévit en ces lieux si charmants. Docteur House c’est pas Mickey Mouse, Rokoçoko c’est pas Joe le clodo… Le Stade Jean Dauger Anciennement nommé Parc des sports de Saint Léon, le stade est rebaptisée en 2001 en hommage à l’un des plus illustres porteurs du maillot ciel et blanc, enfant de Cambo et légende de ce jeu (bien que passé par le XIII; ce n’est pas sale). Sa statue de bronze trône d’ailleurs en bonne place surmontant un socle sur lequel on peut lire la maxime suivante ‘La passe est une offrande’. Un ancien patron du FMI appréciera. Le stade Jean Dauger est donc gentiment bordélique avec ses 46 chantiers d’agrandissement, ses 12 extensions de tribunes et sa piste d’athlétisme (qui permet à un ailier américain des environs de se sentir enfin à l’aise dans un stade de rugby). On compte également un mur à gauche accessible pour les amateurs de pala. Les supporters, quand ils ne sont pas occupés à en taguer frénétiquement les murs, garnissent abondamment des tribunes qui résonnent de leurs encouragements les plus fervents. Lorsque Franck Maciello arbitre, c’est jour de fête et le public se régale d’encourager la prestation arbitrale inventive et vivifiante de notre camarade. Une fois l’an, le voisin vient exercer une visite de courtoisie. Galamment, le Bayonnais lui rappelle la solidarité qui ne doit pas manquer d’exister entre gens de bonne compagnie et propose que chacun reste maître chez soi. Le Biarrot acquiesce. S’impose à domicile. Et en fait trop souvent de même à l’extérieur. Les mauvaises langues disent alors que le Biarrot a fait la sourde oreillons. Staff: Il se compose d’un triumvirat articulé autour de Christian Gajan en tant que ‘directeur rugby’, une dénomination qui ferait sourire mais permet de parfois rappeler le sport que pratiquent ses joueurs. Passé par Toulouse, Rodez, Castres, Trévise, attention ça se complique, reToulouse, reCastres, reTrévise Venise, la République Tchèque et Fukuoka, notre voyageur est dans la maison bayonnaise depuis Janvier 2010. Ce qui constitue un exploit de longévité pour un club qui pratiquait alors avec une certaine frénésie la valse des entraineurs. Ce ne sont pas Richard Dourthe et Didier Mentières qui démentiront. Il est épaulé pour les avants par Thomas Lièvremont, qui, la sucette à la bouche, s’efforce de ne pas s’étrangler de rage devant les innombrables traits de génie de Roumieu, Linde et autres poètes du pack basque. C’est à Fred Tauzin qu’échoit cette tâche pour les lignes arrières. Et comme il se passe toujours quelque chose à Bayonne, que les péripéties estivales autour de la guerre des chefs Caoucault-Salagoïty sont loin et que Sud-Ouest a besoin de doper ses ventes, Yann Delaigue a rejoint le staff bayonnais dans un rôle de consultant. Le mari de Cécile de Ménibus pourra crâner auprès de ses collègues du petit écran (Richard Dourthe, Olivier Magne, Thierry Lacroix, Jean-Pierre Elissalde, bientôt Jacques Delmas) car son activité au Pays Basque ne l’occupera qu’un jour par semaine. Pas sûr cependant qu’un seul jour hebdomadaire soit suffisant pour ‘résoudre les carences au niveau des lignes arrières’, sa feuille de route présidentielle. Faire venir Bernard Laporte ? Il est vraiment gueudin, Afflelou… Les joueurs clefs ‘A l’Aviron Bayonnais, on ne recrute pas, monsieur, les joueurs viennent d’eux-mêmes !’ Citée par Daniel Herrero, la phrase aurait été reprise récemment par Byron Kelleher mais on ne saurait l’affirmer avec certitude. Toujours est-il que le recrutement bayonnais estival a des allures de galactiques. Qu’on en juge avec la pléiade d’internationaux qui viennent de rejoindre les bords de la Nive : le gallois Mike Philips à la mêlée, les ‘néozélandais’ Neemia Tialiata au talon, Josevata Rokoçoko à l’aile et Sione Lauaki en 8, le français Cédric Heymans à l’arrière et le deuxième ligne australien Mark Chisholm constituent tous autant de titulaires en puissance. Mais les recrues ne sauraient être à elles seules les dépositaires de l’avenir bayonnais. Les tauliers Boutaty et Baget, qui portent déjà l’équipe depuis quelques saisons, auront encore un rôle déterminant dans la conduite du camion basque. Eh les nouveaux, voilà nos lancements de jeu derrière. Vous avez bien compris ?! Le boucher: Le départ de Fifita (5 saisons déjà) a laissé un grand vide dans la confrérie des bouchers bayonnais. A l’instar d’un Luc Lafforgue, le légendaire ailier tongien avait su porter la bannière de la boucherie la plus décomplexée jusque dans des lignes arrières qui manquent d’ordinaire de ce genre de valeureux combattants. Certes les secondes lignes ont bien tenté depuis de relever le gant mais malgré les passages de Louis Massabeau, Cédric Bergez, Thierry Cléda et Mike Tewhata, nul n’est parvenu à égaler la Référence. Même Rémy Martin n’y est pas parvenu! On pourrait de nos jours associer Rob Linde dans la continuité de ses glorieux prédécesseurs mais le guerrier sud-africain parvient à développer des qualités rugbystiques qui démente le titre de boucher en chef. Et on ne pourrait décemment associer Abdelatif Boutaty pour les mêmes raisons. Alors évidemment David Roumieu, formé à Grenade, dégoupille parfois mais même le bouillant talonneur ne peut éclipser Fifita. Dans la ville du jambon, il y a les charcutiers et le boucher: le seul, l’unique, l’intemporel pour des siècles et des siècles. Tu nous manques Pila. Reviens ! Le joueur au nom imprononçable: Josevata Taliga Rokocoko Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une star interplanétaire, désormais connu de tous, qu’il ne mérite pas de figurer dans cette catégorie. Et puisque le joueur souhaite désormais être appelé par son nom de baptême, qu’il en soit ainsi fait. Décryptons donc cet étrange patronyme et faisons acte de salubrité publique auprès d’Eric Bayle José: jusque là rien que de très facile. Prénom d’origine hispanique mais à prononcer sans la ‘Jota’. En même temps, vu le niveau de prononciation en espagnol des journalistes français, rien à craindre. Vata: A ne pas confondre avec le ‘casse-toi’ très usité jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat. Le ‘Vata’ intime à un quidam l’ordre (ou le conseil) de se retirer d’un lieu donné. Ta liga: Alors ça commence comme taloa et ça finit comme Bundesliga. Un truc bien lourd donc mais qui peut receler bien des saveurs. Rocco: est-il vraiment nécessaire de rappeler à nos lecteurs ce formidable acteur qui incarna avec un talent et un brio qui n’appartiennent qu’à lui, l’un des frères Parondi dans le chef d’œuvre de Visconti? Alain Delon himself. Soko: là, par contre, il faut rappeler à tout le monde l’inoubliable interprète du non moins légendaire ‘I’ll kill her’ qui plongea au détour de l’année 2007 le monde dans la dépression la plus intense. Crise dont il ne s’est toujours pas relevé d’ailleurs. Attention, risque de récidive courant février. Notons pour la petite histoire que Josevata Taliga Rokocoko n’est autre que le cousin de Sitiveni Sivivatu. Que celui qui vient de dire que les fidjiens sont tous cousins se dénonce. Et si c’est un Basque, il serait bien inspiré de ne pas trop la ramener en outre.. Pour les tenants du mauvais goût, c’est cadeau: La chanson qui reste dans la tête et dont on ne parvient pas à se défaire: Emblématique de l’Aviron, jouée par toutes les peñas de France et de Basse-Navarre, du Labourd, et de Soule, chantée au Stade de France, dans les boîtes de nuit et les karaokés, entonnée lors des mariages, bar-mitzva ou troisièmes mi-temps, massacrée à toutes ces occasions, il s’agit, vous l’avez deviné du Griechischer Wein que l’on ne présente plus. Car avant de porter fièrement partout un foulard bleu et blanc, le Vino Griego (les germano-hispanophones l’avaient déjà reconnu) se parait d’atours plus allemands. Ecrit et superbement interprété par l’autrichien Udo Jürgens, ce morceau que ne renierait pas Mireille Mathieu trônait au panthéon de la variété germanique des 70’s. Celle-là même que nous écouterions si les ricains n’étaient pas là. Abordant la nostalgie qui s’empare d’un immigré grec suite à l’absorption d’un verre de vin originaire de son pays natal (il n’y a vraiment qu’un autrichien ou un allemand pour associer vin et nostalgie), le morceau franchira les frontières, annexera les auditoires et sera traduit en de nombreuses langues. L’efficacité germanique en action. C’est une version portugaise qui sera adoptée et adaptée en 2002 par Dominique Herlax, ancien speaker de Jean Dauger. Évoquant des déplacements à Dax et Narbonne, mentionnant des évènements aussi incroyables qu’essais au large ou exploits à l’extérieur, le morceau conserve en ces temps difficiles un petit parfum d’anachronisme aigrelet. Face à l’incroyable succès du morceau, une proposition de loi interdisant le chant de la Peña Baiona en dehors des limites des Pyrénées-Atlantiques est d’ailleurs à l’étude dans le cadre de la loi Hadopi3. Encore plus émouvant et terrifiant qu’une blessure de Pepito Elhorga, la version originale: Mascotte: Il existe trois mascottes de l’Aviron Bayonnais: La bête à poils: Pottoka (à ne pas confondre avec son lointain cousin Pottofeu) Le bête à poils: Yoann Huget La bête à goudron et à plumes: Geronimo Scénario idéal: Le succès de la saison bayonnaise tient en deux prénoms: Yoann et Yann. Totalement blanchi par l’AFLD des accusations qui pesaient sur lui (suite à un test de QI), Yoann Huget s’impose en effet comme le meilleur marqueur d’essai du championnat. Bien qu’il en ait raté près d’un tiers. Sa complémentarité avec les autres arrières (Heymans, Rokocoko, Elhorga) fait des ravages. Sous la houlette de Yann Delaigue, le jeu de ligne bayonnais se dote d’une chatoyance et d’un éclat à nul autre pareil. Benjamin Boyet est appelé en équipe de France qui s’est enfin trouvée l’ouvreur qu’elle recherche. Les derbys sont remportés haut la main par l’Aviron et pendant que le BO échoue à la 7ème du championnat, Bayonne termine 4ème. Puis s’incline illico lors du barrage contre Perpignan. L’Aviron remporte tout de même l’Amlin Cup grâce à un drop de Mike Phillips dans les arrêts de jeu. Permettant l’accession à Biarritz en H Cup la saison suivant, ce drop scelle la réconciliation entre les frères ennemis. Dans l’euphorie de la victoire, de nombreux mariages mixtes sont scellés et la fusion entre les deux clubs est actée. Scénario catastrophe: N’ayant pas la chance d’affronter l’Usap toutes les semaines, l’Aviron enchaîne les défaites. La suspension pour 2 ans de Yoann Huget prononcée par l’Agence Française de Lutte Antidopage ne vient rien arranger. Dans le groupe, des clans se forment et Yann Delaigue laisse bientôt tomber sa mission. Il est aussitôt remplacé par Philippe Lucas qui amène Alain Camborde avec lui. D’une stérilité sidérante à l’extérieur, les Bayonnais proposent un jeu d’une restriction totale à domicile qui leur permet néanmoins de tenir plus ou moins la baraque. Mais la défaite lors du match retour face au Biarritz Olympique sonne le glas des espoirs de maintien. Elle ne permet pas toutefois au voisin de se maintenir non plus. Lors d’une intersaison agitée, la fusion est prononcée et c’est dans un ‘Pierre-Papier-Ciseau’ d’anthologie opposant les mécènes des deux clubs que se joue le nom de la future entité. Sur un Paf, paf, p’Afflelou, la création du Biarritz Aviron Bayonnais Olympique est prononcée. Le BABO ivre est né.
Fuck Flash Rugby N°2 Encore une semaine de merde. Pas Thomas de Rugbystiquement Votre, Deuxième semaine de « Fucking Rugby Flash » et toujours un programme alléchant. Le rugby, c’est la vie. On commence donc ce flash avec la présentation des trois matches de la soirée. Hé ouais, on est comme ça dans le Top 14, trois rencontres dès le vendredi soir. Perpignan affronte le Stade Français, pour un duel qui sent le « vieux », entre deux équipes habituées aux sommets et qui peinent à retrouver leur lustre d’antan. On reviendra sur l’USAP dans quelques lignes, d’ailleurs. Sinon, Bayonne-LOU, c’est à 20h. Le match est décalé pour permettre aux Basques de se reposer avant leur derby de mardi face à Biarritz, qui se déplace au Racing, avec l’ambition… de ne pas prendre plus de 30 pions. Justement, Bayonne et Biarritz, c’est la grosse info de ces derniers jours. Le serpent de mer fait son retour. L’histoire d’une fusion, d’un rassemblement, d’une entente, appelez ça comme vous voulez, cela n’a pas d’importance. Car dans les faits, le jour où Blanco et « Tchin-Tchin » Affelou lâchent la côte basque, il n’y aura plus personne. Du coup, l’idée de province refait son apparition. Mais, mardi, on espère voir tout autre chose qu’un sentiment de cordialité sur le terrain. De Biarritz à Perpignan, il n’y a qu’un pas, puisqu’on n’aime ni l’un ni l’autre. Jacques « motherfuckin’ » Delmas a du faire ses valises, remercié par Paul Goze, le président de l’USAP. Mais bon, Delmas a l’habitude et on ne se fait pas trop de souci pour lui. Après Biarritz et le Stade Français, le coach à la barbe grisonnante respecte la devise. Jamais deux sans trois. Si certains partent dans la froideur et l’aigreur, d’autres partiront sous les ovations et quelques larmichettes. La nouvelle est tombée il y a deux jours. Shane Williams ne sera bientôt plus un Diable Rouge. Il jouera son dernier match international le 3 décembre prochain, face à l’Australie. L’un des meilleurs ailiers de cette dernière décennie s’apprête donc à raccrocher les crampons. Ca fait quelque chose, quand même. En même temps, un nain qui se fait passer pour un diable rouge et qui a un poireau sur le maillot, ça pouvait plus durer. RIP. Récompensé du titre de meilleur joueur du monde en 2008, Shane Williams n’a probablement pas regardé la remise des prix des Oscars Midi Olympique. Ok, la transition est foireuse, mais tant pis. Bref. Vincent Clerc alias Jean Didréal est le meilleur joueur pour la saison 2010-2011. Titi Dusautoir se voit (ré)compensé par le titre de meilleur joueur du monde. Dans ta gueule, Ritchie. Mamuka « machine » Gorgodze a effrayé tous les membres du jury pour remporter l’oscar du meilleur joueur étranger de Top 14. Logique. Sinon, le reste, on s’en tape, on n’était pas invité. Sinon, on termine avec une petite phrase de réflexion. Libre à vous de participer. « Présentez vous. Présentez vous »
Le sociologue du rugby #3 Il est de retour et il est en forme. Par Brieg Ker’Driscoll Rappel Episode 1 Episode 2 La coupe du monde s’est terminée il y a maintenant un mois, et nous revoilà revenus à la dure réalité du top14. Les français sont rentrés au pays les mains dans les poches, fatigués, et sur les rotules. (Pour Morgan Parra, c’était plutôt: les poches sous les yeux, irrité, et sous les rotules (de Mac-Caw)). Après une coupe du monde comme celle-ci, parsemée d’exploits et d’échecs, où la honte et la fierté se sont côtoyées comme jamais, j’en suis ressorti aphone et mal à l’aise. Aphone, après cette action qui vit Dusautoir aplatir au paradis, et pour lequel j’ai dépassé en décibels le bruit du démarrage d’un avion à réaction. Et mal à l’aise, car cette équipe que j’ai décrié m’a fait vibré comme jamais, et que j’ai dû reconnaître, au moins une fois, que Rougerie avait bien joué en deuxième centre. Etais-je donc un bon supporter, moi qui ne croyais pas à la victoire finale ? Et par cet exemple de l’épopée française, doit-on se demander si le rugbyman est vraiment un patriote ? En tant que sociologue-ethnologue-franchouillard-porteur d’eau, je me suis mis au défi de répondre à cette interrogation, exposant mon laïus en un schéma clair et novateur : oui, non, peut-être. Il est évidemment beaucoup plus facile de faire foi de patriotisme au lendemain de cette belle finale. Les résistants, les “je-vous-l ’avais-bien-dit” pullulent d’un coup d’un seul. Comme dans les rues de Paris le 20 aout 1944, chacun a juste le temps de tondre une collabo et de tirer un coup de fusil en voyant arriver les chars français. L’occasion fait le larron . On ose même prétendre s’être fait voler la victoire contre les Alls blacks ! Quel magie ! Mais être patriote n’est pas toujours aussi aisé. Quand la France s’est faite balayée par les iles Tonga, il était difficile de se la ramener. Qui osait encore parler fort et montrer le bout de son nez ? La population tongienne n’étant pas très représentative en France, à part au SUA et chez les videurs de boite de nuit, les klaxons n’étaient pas très nombreux à résonner en France. Et j’ose espérer qu’il y a une moins une voiture et une route au Tonga pour pouvoir faire un peu le mariole. Et que dire de ce sentiment de honte après le France-Italie du dernier tournoi? “Non, je vois vraiment pas de quoi tu parles.. France-Italie ? Aucuns souvenirs.” Quelle honte ! J’en aurais presque arrêté les pâtes et les pizzas.(si j’avais autre chose dans mon frigo). Le patriotisme rugbystique est décidément un sentiment très particulier, que j’ai essayé d’analyser. L’évidence, c’est que le rugbyman est réellement patriote que lorsque son équipe est forte. Et quand la France perd, au lieu de céder à la pleurnicherie, on préfère adopter un discours clairvoyant et philosophe, du genre : « De toutes façons c’est tous des merdes ». Et, par amour propre, le français tentera de prendre de la distance avec l’événement. Les bretons diront : « M’en fous d’abord je suis pas français je suis breton » Le basque prétendra : « C’est qu’il y a trop de Toulousains. Ils ont aucun mental ceux-là, et en plus ils ont le plus gros budget, et ils sont pas beaux. » Les Toulousains « C’est parce qu’il n’y a pas assez de Toulousains dans l’équipe. Toulouse est meilleur que l’équipe de France, et nous on est 17 fois champions de Franc. Et Clerc il est trop beau ! » Les Lillois diront : « Ch’t équipe de Franche, elle est pourri, hein, biloute, elle arrive pô à marquer de but ». Et les Clermontois, Toulousains et Parisiens et Columérins se renverront la balle à qui aura David Skrela. Le patriotisme s’enterrera si profondément que l’on flagellera les idoles adulées. Même les catalans abandonneront la défense de David Marty, qui sera alors seul au monde. Le patriotisme est manichéen : tout est blanc ou tout est noir. On aime ou on déteste. Papé est un Dieu ou un imbécile. Mais je parle d’ailleurs là de patriotisme, alors qu’ il conviendrait mieux de parler de franchouillardise ! Tous les pays ne sont en effet pas logés à la même enseigne ! Voyez ces Argentins qui pleurent à chaque hymne national ! Quel amour du pays ! Bon, certes, j’ai découvert dans mes recherches que cela n’était dû qu’au fait qu’ils pleurent à chaque fois en pensant à la tristesse du match qu’ils vont proposer. Les irlandais et leur fighting spirit sont très aussi patriotes ! 100 ans qu’ils ne gagnent rien et ils en sont toujours aussi fiers ! Et les anglais ? De grands patriotes ? Encore une fois, la défaite rend les choses plus compliquées. Pendant cette coupe du monde, il était difficile pour eux d’être patriote. On ne parlait d’eux que pour les frasques retentissantes de leurs joueurs (qui se révélèrent mine de rien assez sympathiques finalement). Et le meilleur joueur anglais de la coupe du monde était… samoan… (Toutes les équipes ont d’ailleurs leur samoan : l’Angleterre avec Tuilagi, le Pays de galles avec Falatau, la France avec Lakafia… Mais ceux qui en ont quand même le plus, j’ai remarqué, ce sont les samoa. ) De manière générale, si être supporter et patriote consiste à nourrir une admiration sans faille à son équipe, aussi nulle soit-elle, alors, oui, le rugbyman n’est peut-être pas toujours le plus fervent supporter. Peut-être parce qu’il se sent bête parfois comme ce fameux lundi matin après avoir dit : « Les Tonga ? Pfff… Même ma grand-mère en slip elle leur marque un essai ! Tu verras ce que les francais vont leur mettre. Ils vont se faire dessus. Et d’ailleurs, je sais même pas ou c’est la tongie !». Ou alors peut-être parce qu’il aime prévoir les défaites, et dire après : « Je vous l’avait bien dit ! Quand vous connaitrez le rugby, vous reparlerez ! » Quoi qu’il arrive, durant ce mondial, je pense que nos actes de patriotes matinaux se résumaient à cela : – Gueuler la Marseillaise en portant le maillot déchiré de France 1999. – Justifier le carton rouge de Warburton. – Contester le carton jaune d’Estebañez – Assurer que les français ont marqué le plus belle essai de la coupe du monde (reste à choisir lequel) – Feindre de ne pas avoir remarqué que les gallois ont joué à 14. (tiens donc) – Dire que les Alls Blacks étaient dopés – Dire que les Tonguiens sont des tricheurs puisqu’ils font déjà 32 kg à la naissance – Dire que de toutes façons, les japonais sont pas tous Japonais dans l’équipe, et c’est tricher. – Dire que Médard est bien coiffé – Porter la moustache, même avec trois poils Oui, je pense effectivement qu’un vrai patriotisme se traduit avant tout par une mauvaise foi incroyable. Une mauvaise foi, qui pourra nous faire dire aussi que de toutes façons, nous, les français, on ne cherche pas les victoires, mais l’honneur et la gloire, qu’il vaut mieux être un vice-champion valeureux qu’un champion miteux. (ce que personne d’ailleurs ne peut contester). Mais ce dont je me souviendrai toujours, c’est ce V de la victoire avant la finale. Certains trouvent ça ridicule, voir ces colosses musculeux figés, main dans la main comme des écoliers. Mais quelle preuve de patriotisme ! Quel instant d’histoire ! Alors qu’une fois encore, nous nous apprêtions à regarder ce haka vu et revu, pendant lequel Ali Williams allait comme d’habitude se placer devant la caméra, où comme d’habitude il tirerait la langue jusqu’au menton, voilà que les français commencent un placement étonnant. (Mermoz étant le seul à ne pas savoir se placer, comme dans la ligne de trois-quarts). « Mais que font-ils ? » se dit-on. « Je sais pas mais passe-moi vite une bière » me répond-on. Et que voit-on alors ? Ces hommes fiers qui se tiennent la main dans une solidarité primitive ! Ce combat des yeux, ce regard de Dusautoir qui fait frissonner, cette ligne de front française qui s’avance pas à pas, la baïonnette au canon, cette arrogance toute française, bravant l’interdit et l’adversité ! Mais vive la France, messieurs dames, Vive la France ! Nous revoilà reparti comme en 14 ! (Pas le TOP14, la guerre. Non, pas la guerre Narbonne-Perpignan, la vraie guerre. Avec des morts et tout, des trompettes, des casques à pointe et des saucisses de francfort). On ne passera pas ! Verdun ! C’était Verdun ! Ah si j’avais été un poilu (muni d’une dérogation pour glabre), nul doute que j’eus suivi Thierry Dusautoir jusqu’en Enfer ! (enfin, jusqu’à ce que je croise Ma’a Nonu). Ah que ce fut magnifique ! Ces francais étaient beaux. Dommage que je sois breton…
Présentation Taupe 14 : Clermont Ferrand Un article qu’on a relu dix fois avant de le publier… Par Martin Quelsot & Capitaine Présentations précédentes : Toulouse Toulon Perpignan Le club : ASM Clermont Auvergne 63 L’histoire : L’Association Sportive Michelin est créée officiellement en 1912. La bonne fée, penchée sur le berceau du nouveau né jaune et bleu, lui donna en cadeau l’âme du plus célèbre des auvergnats: Vercingétorix, le mec qui gagne des batailles de prestige avec la manière, mais qui perd à la fin, parce que c’est plus classe. Le célèbre moustachu trônant place de Jaude devra attendra presque 100 ans avant de voir le Brennus en vrai, posé à côté de Bibendum. L’ASM, devenue entre temps l’Association Sportive Montferrandaise se construit une glorieuse histoire… de défaites. 10 finales perdues: contre Narbonne en 1936, à La Voulte en 1970 (le match du siècle, qui a laissé un score de légende et une chanson, « et un et deux et trois zéro »), sur les terres de Béziers en 1978, contre Toulouse en 1994, 1999 et 2001; puis 3 finales consécutives de 2007 à 2009 (Stade Français, Stade Toulousain, USAP). Vous noterez au passage la virtuosité nécessaire pour ne pas se répéter en trouvant 10 synonymes de « défaite contre… ». Finalement le Brennus arrive en Auvergne en 2010, ce qui arrache un sourire à Mario Ledesma, signe qui montre avec assez d’éloquence l’ampleur de l’événement. Club de losers mais quand même: 100 ans d’histoire, dans l’élite sans aucune trêve depuis 1925; 1 Brennus, 10 titres de vices champions, 4 Yves du manoirs; 3 challenges européens; 55 joueurs sélectionnés en équipe de France lors de leur séjour en Auvergne. Bref, une des grandes équipes du Taupe 14. La ville : Une cathédrale du XIIIe en pierre de Volvic, une Faculté ancienne, l’usine Michelin, le stade Michelin, les volcans d’Auvergne autour, et après on s’ennuie. Le Robert dit avec pudeur « la ville souffre d’être située dans une région de recul démographique ». Ah oui, on a oublié les 130 000 clermontois, qui s’avèrent très attachants. Le guide de voyage du boucher vous conseille à ce propos un voyage rugbystique, match de phase finale, puis beuverie… euh visite du patrimoine de la ville, et enfin gueule de bois au Formule 1 à 5 min du Stade, avec vue de la chambre sur le cimetière… (véridique) Le stade : Un temple du rugby. Marcel Michelin peut être fier du stade qui porte son nom, qui a acclamé les meilleurs équipes d’Europe, a vu son lot d’exploits et de héros magnifiques, de défaites sublimes, de marmites en tout genres; qui a vu les multiples expulsions de Jamie Cudmore et de Thibaut Privat, maîtres bouchers; qui a vu l’ASM marquer au fer rouge bon nombre de ses adversaires. Les auvergnats ont su faire de leur pré une forteresse imprenable sur laquelle baser le succès d’une saison, et explique en partie la régularité des résultats du club ces dernières années. Les supporters : Les plus moches en jaune et bleu dans la rue mais surtout les plus de mauvaise foi après les toulousains (mais eux ils gagnent, ça se voit moins du coup). Mais un des meilleurs publics de France (en fait le meilleur, même Eric Bayle se brûle la gorge à dire « public de connaisseurs »), qui reste fidèle et sait jouer son rôle de 16e homme avec ferveur, le tout dans un esprit bon enfant qui sent bon le rugby. Les joueurs clefs : Brock James. Il est le baromètre de Clermont. Quand Brock va bien Clermont marche mieux, comme un bon pneu Michelin bonifie la conduite d’une Twingo. Les 3 finales consécutives correspondent au zénith du talent de buteur de Brocky, capable coups de génie et de passes aux pieds lumineuses. A l’inverse, il est capable de rater totalement un match, un exemple, totalement pris au hasard, un match face au Leinster ou l’australien de l’Auvergne laisse passer 27 points… à l’image d’une équipe de Clermont pas toujours apte à gérer les grands rendez-vous. La concurrence de Skrela va surement révolutionner la vie de Clermont… Aurélien Rougerie mérite son nom dans cette rubrique malgré son niveau lamentable au poste de deuxième centre où il a évolué ces derniers temps. C’est un peu comme si vous mettiez une F1 pour faire un rallye, ça n’a pas de sens, sauf pour Vern… Enfin bon, capitaine exemplaire, il est l’idole de la jeunesse auvergnate et sa chevelure au vent fait rêver les femmes clermontoises, je pouvais pas faire autrement que le citer. Le petit merdeux : Morgan Parra, le 9 le plus critiqué en EdF depuis… personne. Avant il n’y avait presque que des héros à ce poste. Pas de bol, il arrive dans « le creux de la vague ». Enfin ça le XV du volcan s’en fout, il sait surtout que Morgan fut une des clés de la victoire pour le Brennus. Arrivé très jeune à Clermont, il permet de décharger parfois Broke-pied-magique de la lourde charge de buteur, avec ça vous ajoutez un peu de filouterie et une bonne gestion de votre pack d’avants surpuissant et vous obtenez un Messie en terre volcanique. Les recrues : On se rappelle d’un Président clermontois dépité devant les millions € de budget qu’affichent les grosse écuries huppées comme le Racing-Métro, Toulouse ou encore Toulon. Ce même Président qui affiche tranquille pépère sa petite liste de recrutement : Gerhard Vosloo du CA Brive, qui rayonne à Clermont, Nathan Hines du Leinster qui s’affirme comme un patron, Mark Bennett de Glasgow, Daniel Kotze d’Aurillac, Benjamin Kayser du Castres Olympique, David Skrela du Stade Toulousain, Lee Byrne des Ospreys, Regan King des Scarlets et Sitiveni Sivivatu des Chiefs,.. rien que ça, de quoi prétendre à jouer le championnat et la H-Cup. Quel foutage de gueule. Le boucher : Jamie Cudmore est aux bouchers du rugby ce que la moutarde est à Dijon, un emblème. Il parait qu’il est capable d’abattre un homme de taille moyenne d’une taloche derrière la tête. Ce qu’il ne manque pas d’essayer sur des rugbymens pro tous les week-ends. Il est maître incontesté dans l’hexagone (pour le moment, Botha arrive pour mémo) avec ses 24 cartons jaunes et 4 rouges en 9 saisons. Le joueur au nom imprononçable : Ludovic Radosavljevic. Tous ses coéquipiers sont ravis qu’il s’appelle Ludovic. On pense aussi à Kini Murimurivalu. Le staff : René Fontes, président du club, directeur du comité de la LNR depuis cette année. Jean-Marc Lhermet, ancien joueur aussi véreux sur un terrain que dans un bureau, manager sportif avec Neil Mc Ilroy ; Franck Azéma venu de l’USAP, entraineur adjoint avec Alex King (ancien international anglais auteur d’un passage anonyme comme doublure lumière de Brock James). Et bien sûr l’entraineur béni, que son nom soit sanctifié, Amen, Vern Cotteur, le vrai, qui tape à la porte des blacks. N’en déplaise au Merdol, qui snobe le staff jaunard dans ses récompenses, l’ASM a bien l’un des meilleurs encadrement de la France de l’ovalie. Les objectifs : Le bouclier de 2010 a achevé un cycle, un peu comme si les chevaliers de la table ronde avait enfin trouvé le Sacré Graal. Le championnat est toujours dans le viseur, surtout pour les 100 ans, mais l’envie n’est plus la même, les bougnats n’ont plus rien à prouver pour être respecté en France. La coupe d’Europe paraît constituer un challenge à la hauteur du club, pour prendre une nouvelle dimension et une autre envergure, au-delà de l’hexagone. Scénario idéal : Profitant de l’excellent début de saison des jeunes pousses asémistes, les internationaux viennent peser de toute leur expérience. L’équipe déroule. va s’imposer 100 à 0 à Brive pour le centenaire. Après avoir survolé la phase régulière, les jaunes et bleus écrasent leurs adversaires en phases finales. Le stade Toulousain est battu au stade de France 34 à 12, avec un drop et deux essais de Julien Bonnaire qui va faire un bisou à la fin du match à Titi pour le consoler. Aurélien Rougerie devient ministre de la Santé de David Marty, profitant de son expérience en la manière.. L’ASM bat une seconde fois Toulouse en finale de H-Cup. Clermont-Ferrand prend son indépendance, et remporte la coupe du monde 2015. Gerhard Vosloo est béatifié par le Pape. Scénario catastrophe : Les volcans d’Auvergne entrent en éruption. Les restes de la ville sont fusionnées avec Brive. Morgan Parra perd la vue suite à une agression dans son sommeil par un voyou habillé en noir, Rougerie est arrêté dans une affaire de dopage (on découvre sur une radiographie son ossature en titanium), Gerhard Vosloo se coupe les cheveux, Julien Pierre part vivre dans une réserve africaine avec Alain Bougrain-Dubourg, Julien Bonnaire se retire dans une abbaye cistercienne. BF-Goodrich rachète le club, qui est relégué en Pro D2 avec le Bého. Pronostic : Saison à l’image de la précédente. Ne passera pas les poules en H-Cup et perdra en demi du Top 14. Bonus : L’indispensable blog de Vern Cotter