[VI Nations 2015] Le XV type de la Boucherie Ovalie La vraie équipe de rêve du Tournoi des VI Nations 2015. Par Marcel Caumixe, Ovale Masqué et l’Affreux Gnafron, avec l’aimable participation de Peir Lavit à la compo. À l’heure où les rédactions de tous les sites rugby que vous devriez arrêter de lire vous livrent leurs XV types du Tournoi des VI Nations, avec les mêmes joueurs, les mêmes phrases toutes faites et les même statistiques débiles du type « il a battu 8 défenseurs comme même », la Boucherie Ovalie a décidé de ne pas faire comme tout le monde, ou plus précisément, de faire pire que tout monde. Voici donc notre XV idéal de la compétition, un XV complètement badass, complètement con et pourtant complètement bandant. 1 – Joe Marler Parce que c’est un des rares rugbymen anglais au monde avec qui on a spontanément envie d’aller vider une canette de Maximator sur les bords du Canal Saint Martin. Non content d’être très bon à son poste de pilier gauche, Marler a une bonne tronche de branleur qui ne se prend pas au sérieux, comme il l’a prouvé dans cette vidéo culte où il tente notamment de nous expliquer comment on fait rentrer une maquette de bateau dans une bouteille. 2 – Guilhem Guirado Lancé dans le grand bain international par Marc Lièvremont dès 2008, Guilhem Guirado a souvent été victime des colifichets, que ce soit à cause de sa gueule d’écureuil sous stéroïdes ou de ses talents présumés de pizzaïolo. Pourtant, le joueur suit une progression linéaire depuis ses débuts : excellent lors de ses deux dernières saisons à l’USAP, il a pris une nouvelle dimension en s’imposant directement comme titulaire à son arrivée dans le meilleur club de la galaxie. Explosif et habile ballon en mains, on l’a vu réussir deux « passes décisives » contre l’Angleterre, dont une en mode Sonny Bill Williams. Après avoir été éclipsé par Raphaël Ibanez et William Servat, la VDM de Dimitri Szarzewski pourrait donc continuer puisqu’il lui sera difficile de récupérer le N°2 d’ici le Mondial. Excellent joueur condamné à jouer le rôle de second couteau sous le maillot bleu, il est étonnant de constater à quel point le Tsar partage le destin international de son pote des années Béziers, Yannick Nyanga. Il faut dire que quand ton mentor est Jean-Pierre Élissalde, la lose te colle vite à la peau. Guilhem a quand même fait du chemin depuis cette pizza légendaire. 3 – Le chien de l’ami de Castrogiovanni Sans conteste la révélation du Tournoi. Capable en une seule action de provoquer le forfait du pilier italien aux 110 sélections pour les matches face à l’Écosse et la France, Il Bruto a profité de l’absence de la vidéo pour accomplir son œuvre. Redoutable à l’impact, efficace dans les duels, ne laissant pas sa part aux chiens en défense, l’Animal (un de ses surnoms) aura laissé sa marque sous la forme de 15 points de suture (soit pas moins de 3 essais d’un seul coup !) sur le visage du Toulonnais. Une performance remarquée qui lui vaudra sans doute désormais toute l’attention de la commission de discipline. 4 – Lionel Nallet Lors d’une journée de doublon, Lionel s’est donné en spectacle tel le clodo du coin qui gueule sur les passants. Hirsute, débraillé, en surpoids flagrant, il s’est mis à invectiver l’arbitre pour des décisions anecdotiques au regard d’un match qui s’est surtout joué sur l’incapacité de Lyon à prendre les points au moment opportun. Monsieur Péchambert, visiblement embarrassé par ces effusions quasi éthyliques s’est efforcé d’encaisser pour ne pas ajouter à la gêne de voir le spectacle d’une ancienne gloire éructant à la gueule du monde, l’humiliation d’une sanction. 5 – Courtney Lawes L’icône de la musique Crunch a encore prouvé qu’il aimait briser les os des plus petits que lui. Autant sur Parra, on était plutôt d’accord. Mais pourquoi Plisson ? Quelle pulsion sadique a bien pu le pousser à vouloir propulser l’ange blond nimbé d’innocence, respirant la bonté, vers un avenir en fauteuil roulant ? D’autant qu’il faisait déjà un match de paralytique ? Il mérite sa place dans notre XV pour son absence de remords, son côté psychopathe, en bref, pour redonner des lettres de noblesses au 2ème barre qui fait peur : pas le genre à rigoler, pas le genre à donner des tapes amicales, pas le genre à relever un adversaire à terre. En tout cas, on y réfléchira à deux fois avant de lui demander s’il est la femme de Kurt Cobaynes 6 – Yannick Nyanga Encore une fois, on aura refusé à Yannick Nyanga d’essuyer le banc de l’équipe de France. Pourtant, ses nombreux séjours en haute altitude ont à coup sur multiplié ses globules rouges, doublé ses airmiles, lui ont permis de passer gold et de choisir un mélange salé bien moins calorique que le snack sucré. Est-ce à cause des jambes lourdes causées par la position assise prolongée ou d’une douleur récurrente à la nuque contractée lors d’une sieste en classe éco ? Que peut-on reprocher à ce joueur si ce n’est une croute de salive séchée à la commissure gauche de ses lèvres ? Yannick est pourtant un des 3ème ligne les plus mobiles du championnat : regardez le nombre de kilomètres franchis sur ces dernières semaines. 7 – Chris Robshaw Parfois, on dit de Sergio Parisse que son seul défaut, c’est d’être Italien. On se demande si pour Chris Robshaw, ce n’est pas celui d’être Anglais. Sur le papier, le troisième ligne des Harlequins a tout pour lui : gendre idéal, sympa, travailleur infatigable sur le terrain, capitaine exemplaire. Et pourtant, malgré toutes ses qualités, il ne réussit décidément pas à emmener ce XV de la Rose vers les sommets, et devient peu à peu le symbole d’un XV de la Rose beau à voir jouer mais rarement vainqueur. De l’autre côté de la Manche, son leadership commence à être remis en cause et certains observateurs regrettent les insupportables têtes de cons qu’étaient Lawrence Dallaglio ou Martin Johnson, eux qui pour nous, incarnaient à merveille tout ce qu’on peut détester chez un Anglais. Oui, finalement, peut-être que ce pays ne mérite pas un type comme Robshaw. Loser jusqu’au bout, ce brave Chris s’est fait gronder par son papa en direct devant des millions de téléspectateurs. 8 – Damien Chouly Dans chaque équipe, il doit y avoir un chouchou de la classe, un joueur systématiquement aligné par le sélectionneur sans que personne n’arrive à comprendre ce que ce dernier lui trouve. Pour PSA, cela aura longtemps été Rémi Talès. Finalement relégué en tribune en attendant que le CO ne le soit en ProD2, Rémi sans famille a été remplacé dans ce rôle ingrat par Damien Chouly LE CATALAN. Damien Chouly, c’est le prototype même du joueur plutôt doué techniquement et intelligent, mais dont on ne sait pourtant pas vraiment quoi faire, puisqu’il ne semble pas avoir la puissance d’un N°8 de niveau international, ni l’abattage et les capacités de gratteur d’un vrai flanker. Lors des deux dernières journées du Tournoi, il a même dû subir une véritable humiliation en constatant qu’un type de la Rochelle qui ne joue presque jamais N°8 en club était bien meilleur que lui à ce poste. Si l’on ajoute à cela le lobbying intense des groupes Pro-Picamoles et Pro-Harinordoquy, on se dit que les chances du Clermontois de participer à la prochaine CDM deviennent de plus en plus maigres. Comme à la Boucherie on aime prendre le partie des outsiders et des mal-aimés, on apporte donc notre soutien à Damien, ce qui ne devrait pas manquer de lui porter la poisse. La seule photo au monde où Damien Chouly a du charisme. 9 – Bryan Redpath Comme un hippie sous acide resté bloqué dans les années 70 après avoir pris un trip de trop à Woodstock, Laurent « Doc Brown » Bellet nous a ramené dans les années 1990 en confondant Craig Laidlaw avec Bryan Redpath pendant 40 minutes lors du match entre l’Écosse et l’Italie. Pour les plus jeunes d’entre nous, comme le Stagiaire qui n’était pas né, rappelons que Redpath est tellement vieux qu’il a déjà accompli l’exploit de remporter le Tournoi des V Nations avec l’Écosse. Je vous jure, c’est arrivé, allez vérifier sur Wikipedia. Même que cette année-là, le N°10 du XV du Chardon jouait à Brive. Ça aussi c’est vrai. Et c’est une parfaite transition pour vous parler de notre N°10. Redpath c’est aussi un des rares mecs à avoir osé les mitaines avant Yannick Forestier et Brock James. 10 – Luciano Orquera L’Italie saura toujours nous faire rêver avec son réservoir de techniciens. A l’heure où la France cherche son grandisse, l’Italie cherche un type qui sache mettre des coups de tatane et vaguement donner la balle au type à côté. Rappelé pour la énième fois, Luciano est venu à nouveau traîner sa dégaine de Ross Geller dépressif sur les terrains du tournoi. Déployant la vista et la défense de fer qui avaient fait de lui une légende en Corrèze, il aura eu soin de peser le moins possible sur les résultats de son équipe. 11 – Vincent Debaty En 2012, Vincent Debaty avait commis un crime contre la confrérie des ailiers en empêchant un de ses plus brillants représentants, Vincent Clerc, de marquer un énième essai de pit en courant tout droit sur 10 mètres jusqu’à l’en-but. En 2015, il s’est définitivement fait pardonner en démontrant qu’il avait beaucoup plus de gaz que la plupart des des joueurs sélectionnés avec l’équipe de France de rugby à 7. Malgré ses 33 ans et ses 122 kilos, le Belge a sans doute marqué le plus bel essai de l’ère PSA. Un essai qui en plus n’aura servi à rien, ce qui fait parfaitement honneur au French Flair. 12 – Steve Walsh Pendant que tout le monde s’astique sur Jonathan Joseph « le nouveau Jeremy Guscott » ou encore Robbie Henshaw « le nouveau Brian O’Driscoll », nous avons décidé de ne pas trop prendre de risques et de se rappeler qu’avant d’être considéré comme un ersatz de Ludovic Valbon, Wesley Fofana avait également été surnommé « le nouveau Philippe Sella ». Et oui, tout va très vite dans le rugby. La preuve avec Steve Walsh : pour la première fois de sa carrière, l’arbitre le plus sexy de la planète est coupable de s’être retiré trop tôt. Un drame pour des milliers d’amateurs et d’amatrices de rugby. Une revanche pour Romain Poite, qui travaille son look de métrosexuel depuis des années pour ravir la place de Steve dans le cœur des groupies. Nous avons en tout cas décidé de rendre hommage à son arbitrage dans les rucks en le mettant de façon totalement aléatoire dans ce XV. Tu vas nous manquer, Steve. Romain, sens mon doigt. 13- David Marty LE CATALAN Son absence aura cruellement fait défaut au Quinze de France tout au long du Tournoi. Redoutable en défense, attaquant avisé, joueur d’expériences (plongeons dans les rucks, coups de pied improbables, feintes de passes subliminales), le Catalan présente le profil typique d’un Papa des lignes arrières capable d’encadrer la jeune génération vers les sommets. Son association avec Maxime Mermoz a déjà fait ses preuves (Brennus 2009) et augure de lendemains qui chanteront l’Estaca. Pour peu qu’elle soit tentée par Saint-André. 14 – Yoann Huget À force d’imposer Yoann à l’aile, PSA a réussi un tour de force : il fait désormais partie du paysage. Yoann, c’est un peu comme le vieux piano chez ton papy : il sert à rien, il est lourd, il encombre, mais ça semble tellement impossible de le bouger que c’est trop pénible de n’en avoir que la simple intention. Alors tu commences à lui trouver des qualités : il est vintage, ça va bien dans la pièce, peut-être qu’un jour il va servir, et ce, même si tu te cognes le petit orteil dessus à chaque fois que tu entres dans le salon. Le statut d’indiscutable de Yoann s’immisce donc insidieusement dans l’esprit des observateurs les plus aguerris qui, eh bien, ne le discutent même plus. Pire encore, certains en disent du bien dans des proportions tout à fait surprenantes. Alors pourquoi pas nous : c’était le meilleur Français de la ligne d’attaque. Toujours à créer le danger, solide sur les ballons aériens, combatif, avec une barbe magnifiquement taillée et les bouclettes incroyablement soyeuses. 15 – Luke McLean L’indigence offensive a un nom, l’inefficacité défensive sa mascotte, La lenteur son parangon. Luke McLean met le « é » accent aigu à la fin de « Arrière ». On croit autant aux tentatives de relances de Luke qu’à celles de l’économie de son pays d’adoption. Celui que l’on surnomme « Luc pas clean » a un talent inouï pour provoquer les sous-nombres et dénicher les mauvais choix. En vertu de quoi Luke est-il indéboulonnable ? Qu’a donc fait sa grand-mère au président de la fédé ? On ne le saura sans doute jamais. Tu ne sais rien, Luke McLean. Même pas rattraper une vieille chandelle sans pression. Bonus. Meilleur entraîneur : Vern Cotter Pour son premier Tournoi à la tête du XV du Chardon, Vern Cotter aura réussi l’exploit de remporter son premier titre et gagne le droit de rentrer chez lui avec une superbe cuillère de bois, qui lui sera sans doute très utile pour préparer de l’aligot en souvenir du bon vieux temps. On pensait que les Écossais allaient redevenir dangereux après une tournée d’automne plutôt encourageante. Las, comme d’habitude, ils n’auront été dangereux que pour eux-même lors de ce VI Nations. Le pire dans tout ça, c’est qu’on sent que l’ASM va enfin réussir à gagner la Coupe d’Europe cette année. Un évènement qui devrait définitivement plonger Vern dans la dépression.
[VI Nations] Le bilan de la dernière journée du Tournoi La fin du Tournoi, c’est toujours triste. Par L’Affreux Gnafron et Ovale Masqué, La dernière journée du Tournoi des VI Nations s’accompagne toujours d’une mélancolie profonde. Comme lors d’une amourette de vacances qui se termine, on a le cœur qui saigne. La nostalgie de ces samedis après-midi à buller sur son canapé, affalé devant France 2 (et un peu France 3 maintenant) s’empare du téléspectateur assidu. Fini le « non, je peux pas aller faire les courses, y a Écosse-Italie qui commence dans 10 minutes et ça va être énorme ». Terminés les « je vais au pub avec les copains pour mater Irlande-Galles, m’attends pas pour manger ce soir, on regardera aussi le match des féminines ». Envolés les « silence, il y a Flower of Scotland qui va commencer à Murrayfield ». Disparus les « ah tiens, on est vendredi et la Boucherie Ovalie n’a toujours pas mis en ligne son compte-rendu de la dernière journée du Tournoi ». La vie reprend son cours normal, l’hiver laisse la place au printemps. Les arbres bourgeonnent, le soleil revient, les jours n’en finissent plus de rallonger et les jupes des filles de raccourcir, le Tournoi s’en va et Matthieu Lartot entre en hibernation en attendant les phases finales. C’est moche le printemps. Surtout quand tu n’as ni Canal ni BeIn Sport. Pourtant avant la morosité vient l’ultime épisode en guise de feu d’artifice. Et comme la vie est injuste, c’est une orgie de jeu qui viendra clôturer l’exercice 2015. On oubliera bien vite toutes les purges vues auparavant (ah cette première mi-temps d’Italie-France !) pour ne se souvenir que de ce florilège offensif. Les yeux remplis d’images de prises d’intervalles, de passes après-contact, de contre-rucks dévastateurs, on attendra avec impatience le retour du Tournoi, en février 2016 en oubliant même qu’il y a la Coupe du monde dès septembre. Il va falloir réhabituer nos yeux à la bonne vieille bouillie de pixels. En attendant que Canal + offre des abonnements gratuits à tous les membres de la Boucherie. Italie-Pays de Galles Jacques Brunel est l’homme des missions impossibles. Ramener le Bouclier de Brennus à Perpignan ? Facile ! Survivre plus de 6 années aux côtés de Bernard Laporte sans perdre sa santé mentale ? Tellement simple ! Porter avec classe et élégance cette petite moustache de mousquetaire gascon ? Haut la main. Pourtant l’Histoire retiendra que la longue liste d’exploits accomplis par le sorcier gersois se sera brisée face à l’inexpugnable inutilité d’un arrière venu d’au-delà les mers : l’Italo-Australien Luke McLean. Capable d’être déposé et battu à la course par Samuel Warburton, McLean est le symbole de la faiblesse du vivier de joueurs transalpins. Régulier dans sa médiocrité, ce joueur polyvalent peut aisément transporter ses lacunes aux postes d’ouvreur, d’ailier et d’arrière en conservant un jeu au pied déplorable et des qualités défensives douteuses. Il n’est pas seul à mettre en cause dans le naufrage italien de Flaminio. Comme face aux Français, les Italiens perdent leur demi d’ouverture sur blessure d’entrée de match. Et dans le mauvais remake d’Un jour sans fin, c’est Luciano Orquera qui s’y colle de nouveau et nous offrira une prestation digne de celle de la semaine précédente. Solides devant et excellents en mêlée, les Italiens atteignent cependant la pause avec un déficit d’un tout petit point (14-13). Un frisson d’espoir parcourt alors des millions d’échines françaises car une défaite galloise entrouvrirait les portes d’un succès des Bleus dans le Tournoi. Espoir rapidement douché par les Azzurri (la fameuse douche italienne). En 12 petites minutes, la messe est dite (en latin) et les Transalpins encaissent 4 essais entre les 48ème et 60ème. Le calice sera même bu jusqu’à l’hallali de cet essai de 100 mètres de Scott Williams, le huitième des Gallois, clôturant la seconde mi-temps sur un cinglant 47 à 7. Entre-temps on aura pu admirer un triplé de Georges North, la commotion cérébrale d’Halfpenny, le toujours gros abattage du revenant Mauro Bergamasco et la confirmation du talent de la charnière galloise Webb-Biggar. Pour sauver l’honneur, l’ailier Florent Sarto naviguera dans la défense adverse et parviendra à s’écrouler en terre promise en toute fin de match. Un essai tout sauf anecdotique puisque dans la lutte à trois avec l’Irlande et l’Angleterre, il coûtera aux Gallois leur seconde place dans le Tournoi au goal-average. Une fois encore, même blessé, Sergio Parisse aura été le meilleur Italien sur le terrain pendant que Jacques Brunel parlera d’humiliation et se prépare des « nervous-breakdown » en vue de la préparation d’un groupe pour la Coupe du monde. Au moins Dimitri Szarzewski n’est plus le seul joueur de rugby à porter une coupe de cheveux de chanteur de variété des années 80. Écosse – Irlande Quand il s’agit de faire chier les Anglais, on peut toujours compter sur la bonne vieille solidarité des nations celtes. Ainsi, au bout d’une minute de jeu, les 15 Écossais présents sur le terrain étaient déjà à 4 pattes, le kilt relevé, et bien résolus à se faire enfoncer une cuillère de bois dans le cul, pour un peu que cela leur assure que le XV de la Rose n’enrichisse pas son palmarès. C’est donc à une rencontre un peu bizarre que nous avons assisté à Murrayfield, puisqu’on a eu l’impression que les Écossais n’ont jamais vraiment eu envie de gagner ce match. En fait, on a un peu cette impression à tous leurs matchs d’ailleurs. Face à une équipe à la motivation incertaine, on a retrouvé l’Irlande qu’on connait depuis quelques mois : solide, sérieuse, appliquée et tous les autres synonymes que vous pourrez trouver pour dire « mortellement chiants ». Petits bras, les Verts n’ont marqué « que » 4 essais (pour un maigre total de 8 sur l’ensemble de la compétition) et ont plusieurs fois fait le choix de tenter les pénalités, ce qui nous a permis de constater que Jonny Sexton n’est peut-être pas près de récupérer la place de Benjamin Dambielle au Racing. On a également pu admirer la performance hors normes de Sean O’Brien, auteur d’un doublé et publicité vivante pour le livre de Pierre Ballester. Côté Écossais, même Stuart Hogg n’a pas réussi à marquer son essai syndical, la faute à un sauvetage de l’impossible de Jamie Heaslip, qui n’aura donc eu besoin que de deux semaines de convalescence après s’être fait briser trois vertèbres. Même Aurélien Rougerie aura du mal à faire mieux. Irish bukkake. Malgré un manque évident de panache, l’Irlande de Joe Schmidt remporte son deuxième Tournoi consécutif, et se pose comme l’équipe européenne la plus dangereuse en vue de la prochaine Coupe du monde. Ce qui doit bien faire rire la Nouvelle-Zélande. Ceux qui ne rigolent pas, par contre, ce sont les Français, incapables de battre le XV du Trèfle depuis 2011. Les hommes de Paul O’Connell auront donc un avantage psychologique certain lorsqu’on les retrouvera en phases de poule du Mondial. D’un côté, sachant que selon la logique du rugby français, on a bien plus de chances de battre les All Blacks que l’Argentine en ¼ de finale, ce n’est peut-être pas forcément une mauvaise nouvelle. En attendant, on se retrouve demain pour clore notre page VI Nations et vous révéler en exclusivité notre XV type de la compétition. Promis, il sera bien plus sympa que tous ceux des autres sites qui mettent tous les mêmes joueurs.
Angleterre – France 1987 : Le jour de gloire est arrivé ! Par Thomakaitaci, Il est temps de clôturer cette rubrique éphémère, spéciale Tournoi. On en a traversé des espaces-temps, on en a eu des émotions, des grandes bagarres aux défaites héroïques, des coups de pute des joueurs aux coups de gueule des entraîneurs. Pendant que l’on rêvassait au volant de notre DeLorean, qu’on bavassait avec notre fidèle compère David Marty McFly, le présent du XV de France se faisait toujours plus tortueux. Comme si PSA et ses joueurs avaient déjà en tête de fournir aux futurs bouchers 3.0 la matière suffisante à leurs articles rétro. Oui, toi, jeune boucher, c’est à toi que je m’adresse, toi qui n’es peut-être pas encore né, mais qui, dans les années 2050, quand le rugby ne sera devenu qu’un combat de golgoths bodybuildés, élevés en batterie, un sport sans plus personne pour le regarder dans les tribunes, où chaque essai marqué sera fêté internationalement tant ils seront devenus rares. Oui toi, jeune boucher, tu te souviendras de notre époque, cette année 2015, tu vanteras la technique chaloupée de Bastareaud ou l’intelligence situationnelle de Papé. Tu te repasseras en boucle l’essai de Maestri contre l’Italie. Tu souriras à l’idée de voir une équipe aux mille nationalités, toi qui vivras depuis 10 ans dans une France gouvernée par le Front National. Et, au moment de finir ton article, tu diras, dans un dernier soupir, le rugby, c’était quand même mieux avant. Ca y est, tout le monde pleure. Grosse ambiance ce papier de la Boucherie. Cessons de nous lamenter. Il nous reste quand même un dernier voyage à faire. On règle la voiture sur le 21 février 1987, à Twickenham, le temple © du rugby anglais, à quelques mois de la première Coupe du monde. Le Crunch, le vrai. Le seul match que tout le monde attend. Si celui-ci est gagné, quelle que soit l’année, quel que soit le contexte, on pourra dire ce qu’on voudra, le bilan est positif. Il était tentant de prendre l’article à contrepied et de commenter les Angleterre-France du Tournoi 1415 à Azincourt ou encore celui du Tournoi 1815, délocalisé par Max Guazzini en Belgique à Waterloo à la manière d’un match de rugby. Mais, d’une part la vanne était rebattue et puis, merde, ce sont deux victoires anglaises. Flexion, touchez, jeu ! (On remarquera les essais déjà hasardeux de l’équipementier de l’équipe de France de l’époque) Twickenham, Londres – 21 février 1987 Dressons le tableau dès maintenant : nous sommes à quelques mois d’une Coupe du monde. Sur le terrain de Londres, s’apprêtent à s’affronter deux équipes totalement différentes, l’une en pleine accélération et qui impressionne par la vitesse et la précision de ses attaques, l’autre, moribonde, sur courant alternatif en matière de jeu et de résultats et qui mise tout sur le courage © de ses vaillants soldats pour faire bonne figure. Attention, il y a peut-être un piège. Le XV de France a entamé sa préparation pour la Coupe du monde depuis un an. Après une grande tournée estivale dans l’hémisphère sud (Argentine, Australie et Nouvelle-Zélande) où ils ne sont jamais ridicules, ils ont réussi à battre les All Blacks, en novembre 1986, à Nantes (16-3). On ne reviendra pas sur les circonstances de cette victoire, tout ce qu’on a pu entendre est faux, parole de Denis Charvet ! Il n’empêche que, dopés par cette victoire, les Bleus entament leur tournoi 1987 de la meilleure des façons en disposant des Gallois à Paris (16-9). De l’autre côté de la Manche, c’est pas les mêmes produits, euh… la même musique. Après un tournoi 1986 mitigé, les Anglais ont débuté l’édition 1987 par un fanny, un 17-0 à Dublin. Cela fait depuis 1983 que les joueurs de la Reine n’ont pas battus les Français. « I want my three points back ! » Margaret Guy Novès Thatcher Il ne devrait donc pas y avoir de souci pour les Bleus de Jacques Fourroux qui aligne sa meilleure équipe : 15. Blanco (Biarritz) – 14. Bérot (Agen), 13. Sella (Agen), 12. Charvet (Toulouse), 11. Bonneval (Toulouse) – 10. Mesnel (Racing), 9. Berbizier (Agen) – 8. Erbani (Agen), 7. Rodriguez (Montferrand), 6. Champ (Toulon) – 5. Condom (Biarritz), 4. Lorieux (Aix-les-Bains) – 3. Garuet (Lourdes), 2. Dubroca (Agen), 1. Ondarts (Biarritz). Chargés à bloc… euh, gonflés à bloc, les Bleus rentrent sur la pelouse londonienne avec une assurance méprisante qui énerve tant nos ennemis bouffeurs de fish and chips. Ces derniers viennent de prendre, durant toute la semaine qui a précédé le match, les critiques des supporters, de la presse, du Prince Charles dans la gueule. Avec un drop de l’ouvreur des Wasps, Rob Andrew et trois pénalités de l’arrière des Harlequins, Marcus Rose, contre un drop de Mesnel, les Anglais passent devant à la pause (12-3), dans un stade bondé et déchaîné. Sella, membre du lobby agenais, majoritaire dans le XV de France de l’époque On ne sait pas ce qu’ont pris… euh, ce que se sont dit, les Français dans les vestiaires, mais ce ne sont plus les mêmes en seconde période. La mêlée française reprend le dessus sur celle de son adversaire. Bientôt, les Français commencent à se faire des passes dans la défense anglaise, qui ne peuvent opposer que leur courage (et leur amour pour la provocation). A ce titre, le deuxième ligne Wade Dooley, et deux joueurs de Bath, le talonneur Graham Dawe et le pilier Gary Chilcott, se sont parfaitement distingués dans le domaine. Cela n’a pas empêché Blanco de réduire la marque par un drop rasant, puis Bonneval d’égaliser en inscrivant un essai à la suite d’une double croisée, 12-12. Il reste un quart d’heure quand Philippe Sella, dans une sorte de synthèse entre Huget et Fofana, intercepte le ballon, élimine deux défenseur anglais et vient planter un essai après une course de plus de 60 mètres. Haut les cœurs ! Formez vos bataillons ! Le French Flair a encore frappé ! (12-16, non transformé – on rappelle, pour ceux qui ont lu jusqu’ici, qu’à l’époque, un essai vaut 4 points, bande de Contepomi !) Bérot parachève la victoire en inscrivant une dernière pénalité. Et même si Rose répond quatre minutes plus tard par un autre coup de pied entre les perches, la France, – oui, messieurs-dames, la France – s’impose à Twickenham sur le score de 19 à 15. Alors voilà, cette victoire en a appelé d’autres. La France de Jacques Fourroux remporte le Grand Chelem cette année-là. Elle se positionne pour la future Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, compétition pour laquelle elle pourra dérouler son savoir-faire en matière de premier match laborieux contre l’Écosse, de victoire héroïque en demi-finale contre l’Australie et de défaite sans combattre en finale contre la Nouvelle-Zélande. Vingt-huit ans plus tard, on donnerait tout pour que les Bleus d’aujourd’hui battent les Anglais samedi et commencent à Twickenham, une belle aventure (c’est-à-dire, passer le premier tour, ce serait déjà pas mal, faire des passes, jouer au rugby). Pour que, dans quelques années, quand on repensera à Rory, à Wesley, à Matthieu, à Camille, à Pascal, aux Yoann, à Sofiane, à Uini et les autres mais aussi à Philippe, Yannick et Patrice voire Serge, on n’ait pas que des regrets… Putain, merde Scott… Scott arrête de pleurer, c’est fini !
[Top 15] Résumé de la 20ème journée Par Capitaine A’men’donné, Merci à Gorpitsen et Philousports pour les vidéos. C’est le retour du doublon ! Chose curieuse cependant, le LOL est venu ce week-end de tauliers du Top15 et non de jeunes pousses à court de compétition supposément pas au niveau. Comme quoi, ça vaudrait peut-être le coup de réfléchir avant de pester contre les doublons, cette spécificité française (qu’on trouve aussi en Angleterre et en Ligue Celte, mais apparemment ça intéresse pas Richard Escot). Toulouse – Montpellier C’est toujours un plaisir de voir éclore un nouveau talent au Panthéon des comédiens burlesques. Les États-Unis avaient Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Laurel & Hardy. Le Royaume-Uni avait Marty Feldman, John Cleese ou Eric Idle. Pour la France, les grands noms sont Jacques Tati, Pierre Étaix ou David Marty. Tout ces gens capables de provoquer un fou-rire juste grâce à leur apparition à l’écran et leur gestuelle savamment ridicule. La Nouvelle-Zélande peut maintenant compter sur Rene Ranger dans son hilarant sketch de « j’attrape le ballon et à la fin Vincent Clerc marque un essai », digne du mythique « ministère des démarches idiotes » des Monty Python. 18-13, 2 points pour le Stade Toulousain, c’est pas mérité mais c’est gagné. http://boucherie-ovalie.org/wp-content/uploads/2015/03/CAETiIaUkAAdfmt.mp4 On peut aussi penser à un bon vieux sketch de Benny Hill. Bayonne – Castres Marvin O’Connor aussi fut pas mal dans le genre, se laissant bêtement piéger par le rebond pour l’essai castrais. Mais dans l’Aveyron, rien ne marche vraiment cette année. Se faire battre par un Bustos-Moyano de gala, c’est peut-être l’humiliation de trop pour le CO. 21-19, 2 points pour Bayonne, c’est pas mérité mais c’est gagné aussi. Clermont-Ferrand – Bordeaux Clermont n’est pas en reste dans cette folie du revival du comique burlesque. Abendanon, à qui on ne peut pas reprocher la maladresse, a lui aussi été très drôle. Dominés jusqu’à l’heure de jeu, les Clermontois ont néanmoins finalement repris le match en main, grâce à leur meilleure paire de centres vendredi, celle avec Domingo et Ulugia. Brock James fit le reste, et comme à Montpellier ou à domicile face à Toulouse ou au Stade Français, Bordeaux repart bredouille d’un match qu’il avait à portée de main. 31-23, 2 points pour l’ASM qui avait gardé ses pneus-neige malgré les conditions printanières. Drame des Skyblogs encore consultables : l’évolution physique de Baptiste Serin de l’endive vers l’asperge blanche suscite les soupçons des primeurs. Lyon – Toulon Toulon a eu 3 ballons dans le match. Pour 3 essais. Après, ils ont fermé boutique. Il faut dire qu’ils ont eu suffisamment de blessés comme ça en début de match. En face, Lyon a été courageux©, mais très naïf en attaque comme en défense. Au lieu d’appuyer là où les Toulonnais étaient en souffrance, c’est-à-dire la ligne de ¾ dont la configuration finale ne serait jamais venue à l’idée même d’un PSA défoncé au Tranxène-Camomille, les Rhodaniens ont insisté devant. C’est con, parce qu’avec un centre à l’aile, un troisième ligne au centre et un ailier à l’arrière, la défense varoise présentait un potentiel de LOL tout à fait intéressant. 14-22, 6 points pour les Toulonnais, mais ils peuvent dire merci à la stratégie lyonnaise. La Rochelle – Oyonnax Duel a priori déséquilibré entre un club jouant le maintien privé de ses internationaux, et l’autre jouant le haut de tableau avec son effectif au complet. Mais la logique et les clubs de ProD2, vous savez… Les Maritimes l’emportent largement au final, s’offrant même le luxe de lever le pied en fin de match. Le plus absurde dans tout cela, c’est quand même que ces deux clubs fassent partie des rares du Top15 offrant un spectacle digne à quasi chacune de leurs sorties. Et qu’il y ait encore des gens pour parler du jeu à la Toulousaine. 35-20, 4 points pour les Rochelais, c’est mérité et c’est gagné. Brive – Racing-Métro 92 Configuration plus classique ici. Un gros très affaibli en période de doublon face à un petit teigneux qui compte bien en profiter. À l’arrivée, un match à sens unique, où Jgenti n’a même pas éprouvé le besoin d’en rajouter. Décevant. 36-12, 4 points pour Brive, qui a su capitaliser au maximum (voir « les points-bouchers ») sur son adversaire affaibli. Stade Français – Gronob Lors de la précédente journée, Digby Ioane fut l’un des artisans de la victoire parisienne à Bordeaux (vous vous rappelez ? Bordeaux quand ça perd, Bègles quand ça gagne : Musard Rules). Il fit ainsi taire certaines critiques le concernant. Aussi, il a décidé d’offrir un essai à Grenoble, pour des raisons de cohérence globale. Globalement, tous les Parisiens étaient un peu apathiques. Comment expliquer sinon qu’Arnaud Héguy puisse être passeur décisif ? Dans ce duel entre les deux meilleures équipes du Top15 (d’août à février seulement), et malgré un excellent Danty (2 essais), ce sont les Alpins qui s’imposent largement au terme d’un match très agréable. 21-30, 4 points pour Gronob, la lutte avec Oyonnax pour le titre de champion de Rhône-Alpes fait rage. On a les combats qu’on peut. Les points-bouchers : Brive et Lyon Brive, nous l’avons dit, a profité à fond de ce doublon. Bonus offensif et point-boucher en prime, grâce à l’incontournable Arnaud Méla. Un doigté sans pareil, une technique irréprochable, une discrétion exemplaire, une provocation gratuite : Arnaud sait appuyer là où ça fait mal. En l’occurrence, sur la tête d’Adrien Planté. Alors que son coéquipier Koyamaibole aplatissait le deuxième essai briviste, Méla faisait de même avec la tête du bien nommé Racingman. Coup double et victoire à 5 points pour les Corréziens. La pression du haut vers le bas est évidente, le point est validé à la vidéo. Le rugby, c’est meilleur esprit que le foot qu’a pas de valeurs, c’est bien connu. Alors, quand un ancien capitaine de l’équipe de France pourrit longuement un arbitre en plein match, personne dit rien. Alors qu’un footeux (étranger de surcroît, et même pas originaire de son propre pays en plus) qui fait pareil, ça remonte jusqu’au plus haut de l’État. L’impunité, c’est très valeurs du rugby aussi. Pour les Lyonnais et Lionel Nallet, c’est un précieux point. Et soyons honnêtes, M. Péchambert est l’un de nos meilleurs arbitres, mais sa tête de Generalfeldmarschall de la Wehrmacht appelle ce genre de réaction. Comme un air de famille… Le classement Clique avec ta souris ou tout autre objet servant à cliquer, pour voir le classement en plus grand. Toulon prend le large grâce à sa victoire à six points en terre lyonnaise. Derrière, Clermont-Ferrand aussi prend le large et le titre devrait donc se jouer entre ces deux équipes, à six journées de la fin du championnat. Montiagut-Besse reste 4ème tout en n’ayant pas joué ce week-end et Brive-la-Gaillard se donne de l’air avec ses cinq points marqués samedi dernier, tout comme Grenoble. Pendant ce temps, Castres reprend ses bonnes habitudes et est distancé en fin de classement. Bâton de boucher : Peter Grant (La Rochelle) C’est bien évidemment l’événement rugby du week-end (quoi le Tournoi?). Après un hiver à Oyonnax, notre brave bout de bois va enfin avoir le droit au soleil ! Et à la pluie. Et ce chaque jour, climat océanique oblige. Car malgré les efforts des Haut-Bugistes, les Rochelais sont enfin parvenus à faire changer de main le trophée récompensant le rugby vrai. Un plaquage haut bien appuyé de Peter Grant sur Codjo, et La Rochelle relance une compétition où les ouvreurs se taillent bizarrement la part du lion.
[VI Nations] 4ème journée : Les autres matches Par Capitaine A’men’donné, Pays de Galles – Irlande Cela fait déjà une dizaine d’années que le dyschromatopssico est toujours attendu avec ferveur non seulement par les fans des deux équipes, mais aussi par tous les amateurs de rugby en général, et plus généralement par tous les gens qui prennent plaisir à voir des rouquins tenter de s’entre-tuer, et ils sont nombreux. Mais, comme son nom l’indique, le duel entre les Rouges et les Verts est depuis toujours le cauchemar des daltoniens. Néanmoins, samedi dernier, même les handicapés de la couleur ont dû accueillir avec un soupir de soulagement l’entame de ce match s’ils ont avant cela passé le temps en essayant de ne pas devenir totalement aveugles en regardant l’effroyable première mi-temps de Toulouse-Montpellier. Les doublons ont toujours cela de bon. Car ce fut un excellent match, l’un des meilleurs de cette cuvée 2015, et de loin le meilleur en ce qui concerne l’intensité. Comme quoi, même avec la pression du résultat, même lorsque les défenses prennent le pas sur les attaques, même avec un arbitrage manquant parfois de cohérence, et même lorsque l’homme du match l’est pour sa performance défensive, un match de rugby peut être spectaculaire. Cela pourra être utile à rappeler la prochaine fois qu’un staff du Top15 prendra ces excuses pour justifier un match aussi rébarbatif qu’un bilan comptable rédigé en Latin -chiffres romains compris. Les Irlandais furent colossaux en mêlée et dans la conservation ; les Gallois par leur abnégation et leur discipline défensive & collective. Et par un certain réalisme offensif, ce qui fit pencher la balance en leur faveur. Avec les Anglais, ces deux équipes sont encore en course pour remporter le Tournoi. La France aussi, mais outre le rocambolesque concours de circonstance qu’il faudrait aux Bleus, ça serait une insulte à ce jeu digne des pires Brennus du Biarritz Olympique. Ce fut aussi un gros combat d’hygiène dentaire, avec une large victoire pour l’Irlande qui justifie sa réputation de Roumanie de l’Europe de l’ouest. Angleterre – Ecosse Le Tournoi 2014 avait vu l’avènement de la French-Chatte. Cette année, pour trouver des innovations technico-tactiques, il faut chercher dans les cahiers de jeu de Vern Cotter. Fraîchement arrivé à la tête du XV d’Écosse, celui-ci a fait de la sélection calédonienne une redoutable & innovante machine à perdre. Ainsi, après deux bons matchs perdus face à la France et au Pays de Galles, puis un mauvais match perdu face à l’Italie, tout était en place pour la tactique de guerre psychologique la plus loufoque vue dans le Tournoi -depuis le replacement de Bergamasco en 9- mise en place samedi face à l’Angleterre. Le principe en est assez simple, mais il faut avoir du courage pour oser une telle stratégie de jeu. En effet, les Écossais sont entrés tambour-battant dans le match, mais à rebours. Effectuant 15 premières minutes d’un niveau qui ferait honte à un coach de Fédérale3b, tout en acceptant d’encaisser 10 points, on pensait le XV du chardon à la dérive. Mais les Anglais aussi le pensaient, ce qui était le but de Cotter. Passé le premier quart d’heure, l’Écosse s’est remise à jouer à son niveau réel (ventre mou de Prod2 à vue de nez), face à un XV de la rose en mode branleur-vas-y-que-je-tente-des-trucs-de-ouf-pour-mon-best-of-Youtube. Il n’en fallait pas plus pour que le match soit finalement serré, alors que l’écart de niveau entre les deux équipes ne fait aucun doute. Les Écossais, se sentant incapables de hausser leur niveau de jeu, ont donc tenté l’inverse : abaisser celui de l’Angleterre, et après 40 minutes, ce sont bien les Calédoniens qui virent en tête. Murrayfield est sous le choc, pas tant par le fait que son équipe mène d’ailleurs, que par le niveau grotesque de cette première mi-temps. Las, l’équipe d’Angleterre qui déjoue, ça reste quand même d’un meilleur niveau que l’Écosse amputée de certains de ses meilleurs éléments. Aussi, de 10-13 à la mi-temps, le score final fut de 25-13. Ainsi fidèle à son Histoire, l’Écosse n’a pas abdiqué, mais a perdu. On retiendra quand même leur force sur les rucks, y récupérant des ballons totalement improbables, ce qui fait que cette phase de jeu reste l’une des plus mystérieuses de ce sport. Y compris pour les arbitres d’ailleurs, car, eu égard aux plus élémentaires lois du rugby et de la physique, comment un ballon peut ressortir d’un côté alors que tout les éléments s’accordent à désigner l’autre ? Le temps que le directeur de jeu puisse résoudre cet épineux problème, il est évidemment trop tard. Ceci n’est pas à proprement parler une innovation technique, mais il faut saluer le grand retour du Bonneteau à l’Écossaise. Les Anglais et Monsieur Poite n’y ont vu que du feu, aussi nous leur déconseillons de s’aventurer du côté de Barbès lors de leurs prochains séjours à Paris. En fin de match, les hommes de Cotter nous ont aussi montré une innovation technique bien réelle celle-ci, le groupé retro-pénétrant. Sur une touche, on forme le maul, et, à la poussée, on perd 20 mètres sans se délier ni sortir le ballon. Alors là, on sait pas à quoi ça peut bien servir, mais ce fut superbement exécuté. Tel est le revers de la médaille de l’innovation, il s’agit avant tout de créer, et l’utilité n’est qu’une conséquence imprévisible. Néanmoins, tout cela prouve une fois de plus que Vern Cotter est un homme imprévisible et retors, aussi, il conviendra de se méfier d’un coach capable d’idées aussi perverses. L’Irlande est prévenue. Le XV du week-end, réalisé par un daltonien 1 – Plutôt un vert. 2 – Un rouge ou un vert, je sais plus. 3 – Plutôt un vert encore. 4 – Là, du rouge. 5 – Là, un vert pour équilibrer. 6 – On passe au rouge. 7 – Du rouge, définitivement. 8 – David Denton : On croyait tous qu’il était mort. 9 – Sébastien Tillous-Borde (France) : Son sens de l’humour tactique a sauvé la première mi-temps. 10 – Kelly Haimona (Italie) : Ce fut son meilleur match pour l’Italie de sa carrière. 11 – Jonathan Sexton (Irlande) : Même un mauvais Sexton, ça reste du Sexton (sauf au Racing). 12 – Jonathan Joseph (Angleterre) : Même en mode branleur il apporte plus à son équipe que Fofana en mode commando. 13 – Jonathan Davies (Pays de Galles) : Pour son raffut sur Sexton. 14 – Jonathan Wisniewski (France) : Même si ça n’a rien à voir avec le Tournoi ni le poste, pour le plaisir d’une ligne de 3/4 mono-nommée, et que du coup, c’est le prénom d’un avenir qui s’annonce donc flippant. 15 – Leigh Halfpenny (Pays de Galles) : Pour faire plaisir au lobby toulonnais. Ou se foutre de sa gueule, ça marche aussi.
PSA sélection manager La feuille de match contre l’Italie fut pleine de surprises, et pas de bol ils ont gagné. La tentation de Philippe Saint-André sera grande de « renouveler sa confiance » à ces « garçons qui ont montré de l’envie », etc… Ou pas en fait. Non, il faut se faire une raison et arrêter de chercher de la cohérence, PSA sélectionne 14 joueurs au pif (+ Loann Huget). La Boucherie Ovalie a mené l’enquête, et grâce à une indiscrétion dans les vestiaires de Sapiac vous présente en totale exclusivité l’outil utilisé par les têtes pensantes du rugby français pour créer les feuilles de match : le générateur de compo PSA. Après la machine à mêlée de Marcoussis qui devait nous faire gagner la Coupe du monde 2011, c’est cette merveille d’ingénierie qui nous fera gagner à Londres dans quelques mois. A vous de jouer donc, prenez-vous pour PSA (pensez à prendre une boîte de mouchoirs) et composez automatiquement votre équipe. Si la sélection d’un joueur vous étonne un peu, vous pourrez toujours la justifier en vantant ses qualités de puncheur. Sois PSA, crée ta compo !
[Top 15] 19ème journée Par les victimes qui traînaient par là ce week-end, Étant donnée la douceur printanière qu’a connue la France ce week-end et au vu de la programmation du match de Toulouse un vendredi soir, Ovale Masqué a décidé de réunir ses économies fièrement gagnées grâce à ses comptes-rendus des sketches du Stade Toulousain pour partir à Perpignan, afin de couper avec le rugby pendant quelques jours. Grâce à la connexion wi-fi de la maison qu’il a louée à Coullioure, entre deux orgies, celui que l’on appelle sur place l’étalon CATALAN a ordonné aux quatre mecs assez débiles pour rester enfermés de faire le CR de la dernière journée du Top 15, sans quoi ils seraient bannis à tout jamais de la commission bouchère. Et nous, comme des cons, on lui a obéi. Bref, après l’interlude « Le XV de France et ses starlettes » offert par nos Bleus préférés, le Top 15 reprenait ses droits ce week-end. Une 19ème journée riche en surprises puisqu’il n’y a pas eu que des victoires à domicile (ce qui n’arrive habituellement qu’une fois toutes les trois lunes et demi). Vous faites partie de ces gens qui ont une vie sociale et vous avez donc tout raté ? En voici un petit résumé pour pouvoir suivre les discussions au Club House en arrivant à l’entraînement mardi soir (de la semaine prochaine bien sûr, puisqu’on ne publie jamais un CR avant le mercredi). Oyonnax (8ème) – Toulouse (7ème) Pour fêter son retour, le Top 15 nous a mis à l’épreuve avec un match sponsorisé par Le Malin lui-même. Une rencontre probablement diffusée en direct sur « Voldemort TV » puisqu’elle se déroulait un vendredi soir, sur une pelouse défoncée, à Oyonnax, avec le Stade Toulousain, et sans ISABELLE. Le présage d’une soirée immonde s’est vérifié puisqu’au terme d’un match sans intérêt, les Oyomen se sont imposés sur un score ridicule. Si vous êtes Toulousains et que vous aviez de toute façon fait une croix sur votre dignité, c‘était devant le foot qu’il fallait passer la soirée, au moins, il y a eu du spectacle (défaite du Téfécé 6 à 1 face à l’OM). 9-3, 2 points pour les Ours. Bordeaux-Bègles (6ème) – Stade Français (3ème) Depuis le début de la saison, le déplacement d’un gros chez l’UBB est souvent la promesse d’un riche spectacle et d’une BRANLÉEEEEE au bout pour les visiteurs. Sous un grand soleil s’affrontaient donc deux des équipes les plus joueuses du Championnat. Un match à l’opposé de celui de la veille dans tous les domaines, puisque même ISABELLE avait vaincu sa grippe et était bien alignée sur le plateau de Canal, en complément de la dream-team Bayle-Lombard aux commentaires. Malgré toute leur bonne volonté, les Bordelais ont enchaîné les maladresses, accomplissant ainsi petit à petit leur rêve d’être des Toulousains comme les autres. À l’inverse, leurs adversaires du jour ont fait preuve de beaucoup de réalisme avec, c’est assez rare pour le souligner, un très bon match de Morné Steyn et Digby Loane. Grâce à une bonne conquête et des essais de Lakafia (pas le meilleur joueur du monde, l’autre) et Slimani (nous n’en rajouterons pas sur les détails, Lartot et Galthié ont déjà été assez humiliés), les Parisiens font la course en tête la quasi-totalité du match. Cependant, un essai en fin de match de l’excellent Louis-Benoît Madaule (le capitaine de l’UBB, sorte d’archétype du Bordelais, de son prénom à sa tête de gendre idéal) transformé par le seul et unique LIONEEEEEL BEAUXIIIIIIIIIS permet aux autochtones de faire le hold-up parfait. Mais voilà, les Bordelais ont encore un peu de travail avant de parvenir à se transformer en parfait petits Toulousains et à la dernière minute du match, après une longue séquence parfaitement menée, Jules Plisson passe le drop contepomiesque de la victoire pour les bobos-gauchisses-socialos-journalopes de la Capitale. 22-23, 4 points pour les Roses. Coucou PSA Clermont-Ferrand (2ème) – Bayonne (12ème) Clermont n’est pas réputé pour être l’équipe la plus prenable à domicile (principalement parce qu’il ne viendrait pas à l’idée de quelqu’un de proposer de disputer une finale à Clermont-Ferrand). Autant vous dire que les Bayonnais étaient passés en mode YOLO pour disputer cette rencontre. Valeureux comme des Italiens, réalistes comme des Écossais, vicieux comme des Irlandais, les Bayonnais ont fini par perdre… comme des Français. 28-16, 2 points pour le Gang des Pneus. Montpellier (10ème) – La Rochelle (14ème) S’il y a un domaine où l’on ne peut reprocher à Montpellier son manque de régularité, c’est quand même le potentiel comique. Il faut dire qu’être submergées par des maritimes, c’est un peu une tradition pour les installations sportives montpelliéraines. Pourtant peu brillants, les Charentais ont été battus en médiocrité par le gros combat de dilettantisme imposé par les Héraultais. En même temps, au MHR, un René Ranger est systématiquement titulaire alors que dans le même temps, un Artru qui s’est toujours montré irréprochable dans son engagement est prié de faire ses valises. Le message envoyé aux autres joueurs est clair. Ben Lucas, qui a encore sauvé ce qui pouvait l’être pour Montpellier, a donc du souci à se faire. Match nul qui porte bien son nom, à l’exception des 10 minutes où les Charentais se sont rappelé qu’ils étaient là pour jouer au rugby. 15-15, 1 point pour l’équipe la moins pire samedi dernier. Racing Metro (5ème) – Gronoble (9ème) Sur le papier, le match de la peur. La peur de se faire chier entre un Racing Metro au jeu souvent restrictif et un FCG plus plaisant, mais beaucoup plus irrégulier aussi. Les préjugés ont pourtant volé en éclat, car le match s’est avéré agréable. Gageons qu’il a même dû être palpitant pour les supporters isérois et le supporter alto-séquanais. Les Grenoblois étaient venus avec des intentions pour faire un coup, et la rencontre était arbitrée par Laurent Cardona, donc tout était possible. Et patatras ! Sans doute soucieux de faire taire les polémiques dont il a pu faire l’objet, Pipasse a finalement accordé l’essai litigieux de la victoire au Racing cette fois-ci. 34-29, 2 points pour la #TeamChandailSurLesEpaules. Toulon (1er) – Brive-la-Gaillarde (13ème) Pour les Toulonnais, l’arrivée du CAB sur la Rade aurait normalement dû leur en toucher une sans faire bouger l’autre, vu la BRRRRRANLÉE infligée en terre Coujou au match aller. Mais après le match contre l’UBB où le RCT avait subi une poussée de fièvre jaune et bleue (vous savez, cette maladie étrange qui vous pousse à vous saborder alors que vous avez le match en main), il fallait se remettre en question. Enfin un peu. C’est donc une équipe de Brive « valeureuse » et « respectée » qui a débarqué à Mayol pour assister à une démonstration de David Smith qui s’est offert un quadruplé, devenant le meilleur réalisateur avec 12 essais en seulement 13 titularisations. David Smith qui rappelons-le devrait quitter la Rade à cause des manipulations du lobby JIFF. David Smith qui rappelons-le également est sélectionnable en EDF. Un match fou fou fou où un Basta méconnaissable a enchaîné des gestes techniques comme un petit coup de pied à suivre ou une passe sur un pas. Si ça c’est pas un signe que la fin des Temps est proche ! 34-11, 4 points pour les Rouge et Noir. Mourad en train de comparer les ratio salaire/résultats de Bryan Habana et David Smith Castres (15ème) – Lyon (11ème) Le meilleur pour la fin. L’Aveyron accueillait un véritable match de Pro D2 ce week-end : un carton rouge en début de match, 0-7 à la mi-temps, puis deux cartons jaunes pour les Lyonnais qui devaient trouver ça trop facile à 15 contre 14. Bref, du grand art. Au milieu de tout ça, il y a eu Rory Kockott, qui semble avoir retrouvé son niveau de 2013 et qui est donc prêt à redevenir mauvais avec le XV de France. Le demi de mêlée a animé le jeu de son équipe et a même passé la pénalité de la victoire face à des Lyonnais qui ne peuvent s’en vouloir qu’à eux-mêmes. Mais leur entraîneur s’en fout, il va diriger une des meilleures équipes de France l’an prochain pendant que son futur prédécesseur ramera en Aviron Aveyron. 23-20, 4 points pour les locaux low-cost. Le point sur Montaigut-Besse, l’équipe dont il faut se méfier © L’Auvergne : « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » #Bryce Il serait presque temps de faire le bilan sur la 1ère année de la Boucherie Ovalie comme partenaire majoritaire d’un club de rugby de Top 15. Le club de Montaigut-Besse, dont on vous reprécise qu’il n’a pas été choisi au hasard, avait pour but de prouver qu’il pouvait atteindre les sommets de son championnat tout en respectant impérativement quelques critères, bien rrrrrrougby, ordonnés par son nouveau propriétaire. A quelques journées de la fin, les joueurs du RCMB se devaient donc encore de prouver qu’ils étaient de vrais bouchers sur un terrain de rugby. On s’attendait à voir ainsi des distributions de cartons rouges à tire-larigot, des échanges d’amabilités et de mandales pendant la purée-mimosa, de la BAGARRRE© quoi, mais toujours rien de tout ça. Est-ce la médiatisation omniprésente du club dans la presse rugbystique qui a poussé les Jaune et Noir à trop bien se tenir sur les champs de patates cet hiver ? Le fait est que même avec de bons résultats, ils décevraient presque par leur gentille attitude et l’étalage de leur bon rugby. Il ne manquerait plus que Lady Gaga et le bon son de la Banda de Cournon et on se croirait au Stade Michelin. Enfin ça c’est pour les matches à domicile. Le 1er Mars, le RCMB recevait « gentillement » Commentry en les atomisant 80 à 0 en réserve et 43 à 3 en équipe 1. 19 essais marqués : un problème les Toulonnais ?! Le 7 Mars, les Montacutins-Bessard se déplaçaient à Bort-Les-Orgues où ils ont été défaits 21-15, avec seulement deux essais marqués. Ce qui fait donc 6 points de plus au classement pour les Auvergnats. Des nouvelles du protégé de Pastigo : Coudzy et son épaule en mousse. Le point boucher : Yannick Caballero (Castres) Ce ne fut pas une journée mémorable quant à la destruction. Néanmoins l’on sent chez les équipes en lutte pour le maintien une certaine volonté d’aller prendre des points là où il y en a. Ainsi, pour La Rochelle, Kevin Gourdon a tenté de joindre l’utile à l’agréable, abattant Benoît Paillaugue grâce à un déblayage juste ce qu’il faut dans la règle. C’était techniquement joli certes, mais un peu facile au goût du jury : ces énervantes petites choses que sont les demis de mêlée -il n’y a aucun mérite à taper dessus- sont là pour cela. C’est pourquoi il faut y mettre un peu plus de créativité. Le vrai beau geste du week-end est à mettre à l’actif de Castres, avec le coup de genou de Yannick Caballero, dont le geste a d’ores et déjà tapé dans le dos de Julien Puricelli L’INTERNATIONAL, en attendant de taper dans l’œil de PSA, la filiation du geste avec celui de Papé étant évidente. Le classement Cliquez pour agrandir (l’image, pas votre pénis). Toulon garde les commandes du Top 15 devant ses dauphins habituels que sont Clermont-Ferrand, le Stade Français et Montaigut-Besse, qui est toujours en embuscade. Oyonnax s’incruste dans le groupe d’équipes de la première partie de tableau dont Montpellier et Gronoble –fidèle à elle-même- ont été détachés. En bas de tableau cinq équipes se suivent de près, ce qui annonce une fin de saison alléchante d’un point de vue mathématique et non rugbystique, bien sûr. Le Bâton de Boucher : Benjamin Urdapiletta (Oyonnax) Si personne ne fait rien, Oyonnax va gagner un trophée cette saison. Vous aurez été prévenus.
Vers la fin du mythe d’Invictus ? Par Didier Kilkenny, La fédération sud-africaine de rugby a annoncé la semaine dernière qu’un quota de sept joueurs « non-blancs » serait obligatoire au sein des trente sélectionnés pour le mondial anglais de cet automne. Une mesure qui pose clairement la question de l’évolution du rugby et de la société sud-africaine, vingt ans après le titre mondial de 1995 considéré comme celui de la réconciliation nationale. L’image est entrée dans la légende, au-delà même du sport : le 24 juin 1995, l’Afrique du Sud remporte la Coupe du monde de rugby organisée sur ses terres. Évincée des deux premières éditions pour son régime politique d’apartheid, la désormais « nation arc-en-ciel » se retrouve sur le toit du rugby mondial. Nelson Mandela, l’homme du renouveau, le vainqueur de l’apartheid, remet à François Pienaar, capitaine blond comme les blés, la coupe Webb Ellis. Le rugby, sport de la minorité blanche, riche et oppressive, devient le symbole de la réunification et de l’Afrique du Sud nouvelle, qui l’eut cru ? Le conte de fées est tellement sublime qu’Hollywood en fera même un film : Invictus. 15 kilos de muscles en 6 mois : Mat Damon plus fort que Sébastien Tillous-Borde. Évidemment, comme toute bonne superproduction made in USA, Invictus (dont la critique rédigée par Ovale Masqué est consultable ici) occultera plus ou moins volontairement les aspects les moins avouables de l’histoire. Ainsi, en demi-finale, l’Afrique du Sud est opposée au XV de France, entraîné par Pierre Berbizier et l’emporte sur le score de 19 à 15 après certaines décisions contestables de l’arbitre gallois Derek Bevan. L’histoire aurait pu en rester là. Mais lors du banquet officiel de fin de compétition, Louis Luyt, président de la fédération sud-africaine, eut l’idée malvenue d’offrir, au vu et au su de tous les convives, une montre somptuaire à Bevan en le qualifiant même de meilleur arbitre du monde. Par respect des valeurs ©, Lapasset ne traduira pas sodomie arbitrale en afrikaans. D’autre part, les All Blacks, opposés aux Springboks en finale furent tous pris d’intoxication alimentaire l’avant-veille du match. Enfin, on peut aussi évoquer les soupçons de dopage plus ou moins évidents des membres de cette équipe (Pierre Ballester likes this). Joost Van der Vesthuizen en ayant profité pour passer de Invictus à un remake d’Intouchables. Bien que les charges soient trop floues pour pouvoir être retenues, il n’en reste pas moins que ce titre mondial, que certains voient presque frappé de la grâce divine, comporte une part de soufre occultée un peu trop facilement. À ces éléments, il faut ajouter la présence disproportionnée donnée à Chester Williams. Seul joueur noir de l’équipe au coup d’envoi de la finale, l’ailier est présenté comme l’idole des gamins des townships et la star de l’équipe. Seul hic, au coup d’envoi du mondial, Williams n’était même pas sur le banc car non retenu dans la sélection. Il n’obtint son billet qu’à la suite d’une bagarre, certes bien réelle, lors d’un match de poule, qui valut une suspension à son concurrent Hendricks. Mais, trop heureux d’avoir un joueur noir à intégrer à son conte de fées, le scénariste occulta encore soigneusement cet aspect de l’histoire. Tout comme il occulta volontairement aussi que certains de ses coéquipiers, notamment James Small, tenaient des propos racistes à son encontre quand ils l’affrontaient en club. Décidément, la volonté de transparence valorisation du produit © de Clint n’a d’égale que celle de Paul Goze. Mais au fond, l’omission volontaire la plus grave du scénario du film n’est-elle pas celle d’avoir laissé accroire au spectateur un peu trop crédule que la belle carte postale du vainqueur de l’apartheid remettant la Coupe du monde à un capitaine afrikaner se suffirait à elle-même pour régler tous les problèmes sociaux d’une Afrique du Sud qui ne savait pas vivre ensemble ? Pire, la décision récente de la SARFU a battu en brèche la légende un peu trop propre. Non seulement le rugby n’a pas suffi à tout régler, mais il symbolise plus que tout cette Afrique du Sud encore dominée par les Blancs sur les plans économiques et social. Car il est aujourd’hui évident que les Springboks n’ont pas changé de physionomie, au point que, vingt ans après le beau cliché de juin 1995, les dirigeants du rugby sud-africain en viennent désormais à adopter une mesure autrement plus radicale, dont rien d’ailleurs ne prouve qu’elle sera efficace sur le long terme. Certes, augmenter la part de joueurs de couleur dans l’équipe peut clairement susciter un effet de mimétisme chez les gamins noirs (vous savez, un peu comme les couillons qui croient que pour être un vrai rugbyman il faut avoir un tatouage comme Califano et Chabal ou picoler comme Byron) ; étant donné que la plupart d’entre eux ne portent aucun intérêt aux Springboks, et plus largement au rugby. Mais faute de politique d’accompagnement visant à amener ces gamins vers le rugby plutôt que vers le football, cette mesure ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. Car il faut être honnête, le recrutement actuel des Springboks, et plus généralement du rugby sud-africain n’a pas changé ses filières, surtout chez les avants. Des joueurs majoritairement blancs et costauds, soit issus des grandes universités, soit issus de grandes familles de propriétaires terriens. L’entre-soi social joue encore à plein. Et si l’apartheid a officiellement pris fin en 1991, il n’en reste pas moins que ses effets sociaux sont toujours bien visibles sur le rugby, comme sur le reste du pays. Il est donc tout bonnement illusoire d’imaginer des Springboks plus métissés alors que leur vivier de recrutement n’a pas changé, ou si peu. Les joueurs de couleur passant surtout, au-delà de leur valeur sportive souvent importante, pour des cautions données au public. Un peu comme avoir un joueur varois dans l’effectif du RCT pour faire cesser les #célafoteauzétrangers sur les forums de supporters. De plus, le statut social de certains joueurs noirs est un leurre. Il faut ainsi garder à l’esprit que, même métis, Bryan Habana est un fils de chef d’entreprise issu de la classe aisée, pas un gamin de township. Surmédiatisé et élu meilleur joueur mondial en 2007, l’intermittent du spectacle en Top 14 est l’arbre qui cache un peu trop avantageusement la forêt. La seule lueur d’espoir aujourd’hui étant le rugby à sept, où la mixité sociale est plus forte, et dont la star en Afrique du Sud est un Noir dreadlocké nommé Seabelo Senatia. Joueur qui a d’ailleurs intégré le squad des Springboks lors de la dernière tournée d’automne et qui envisage de participer au mondial anglais. Les Blitzboks, sans doute le plus bel hymne au métissage depuis la série Arnold & Willy. En gros, il est possible de s’apercevoir vingt ans après que l’image d’Épinal de Mandela et Pienaar fut certes un magnifique symbole… mais rien qu’un symbole. Et ces éléments font apparaître la réconciliation des diverses communautés via ce titre mondial comme une histoire à peu près aussi véridique que celle de Toulouse qui forme la moitié de son effectif. Si le rugby fut à l’origine du processus de réconciliation nationale de l’Afrique du Sud, il est aussi le miroir grossissant de son caractère inachevé voire inachevable.
Pendant ce temps en prodédeuh… Par Capitaine’A’men’donné, Pendant que le petit monde du rugby tourne, et toujours aussi improbable que cela puisse paraître, la Pro D2 continue. Le suspense y est même le maître-mot, même s’il ne fait plus grand doute que Pau sera champion en mai. Ils ont d’ailleurs commencé leur marché, à la toulonnaise. Il faut dire que la dernière rencontre entre les deux équipes avait été l’occasion de nombreux échanges dans la gueule, et chacun a appris de l’autre. Une belle leçon, que de voir que le dialogue peut être évité grâce à la violence. Pau recrute du vieux grand joueur, pas sudaf -chacun sa came- mais néo-zélandais, grâce aux gros sous générés par les hydro-garbures. Un recrutement bien ciblé, puisque cela permet d’obliger les médias à en parler, et ainsi de préparer tout un chacun à l’idée que la Section jouera le Top 15 l’année prochaine. Haters gonna hate, vous vous doutez pas à quel point. Néanmoins, si Bayonne descend, et que Biarritz ne remonte pas, ça risque de péguer gras boulevard des Pyrénées, et de fantasmer sur (enfin) un grand club du 64, mais béarnais, pas basque. Guerre civile la plus LOL de l’Histoire en vue. Donc, pas de suspense là, mais plutôt en-dessous. Ils sont ainsi 8 clubs encore bien placés pour les 4 places de qualifiés : Agen, Aurillac, Biarritz, Perpignan, Albi, Mont-de-Marsan, Montauban et Colomiers (dans l’ordre du classement britannique), plus Béziers, décroché, mais pas complètement largué. Alors là, vous comprenez le problème : mis à part Agen, Biarritz et l’USAP, à Canal, ils balisent grave d’avoir grassement craché au bassinet de la Ligue pour diffuser un pauvre Oyonnax-Aurillac. Et pourtant, force est de constater que le Stade (pas le seul, mais l’un des vrais) (enfin l’Aurillacois, quoi) fait tout bien comme il faut pour y parvenir (mais le Montois aussi, on y vient) (je vous emmerde avec mes parenthèses ?). Bon, il reste encore du temps et des matchs à leurs adversaires pour remettre un peu de bon sens dans tout cela. Et Agen semble tout de même un ton au-dessus. Mais le second ticket pour le Top 15 se joue sur des phases finales, donc Eric Bayle devrait commencer un cure de Tranxène sous peu. Ainsi que les rédacteurs de toutes ces pseudo-encyclopédies sur le rugby prévues en librairie pour la Coupe du monde et qui n’ont pas prévu de faire mention du club cantalou (tout ceci fonctionne en remplaçant Aurillac par n’importe lequel des autres clubs cités) (avec un bémol pour Montauban, qui risque à tout moment de décompresser comme souvent les promus) (mais attention, ils sont bons, hein). Le point fort d’Agen, c’est de compter dans ses rangs encore plus d’ex-Aurillacois que les 2 précédents vainqueurs des phases finales de Prodédeuh. 4 (N’Nomo, Fogarty, Marshall & Valdès), soit 1 de plus que Brive à l’époque (Ribes, Hirèche & Hauman) et La Rochelle l’an dernier (Van Vuuren, Héry & Marshall déjà, et sans jouer pour ce dernier). Alors, avec une logique comme ça, vous me direz qu’Aurillac a encore plus de chances, comptant dans ses rangs encore plus de joueurs ayant revêtu le maillot cantalou. Mais c’est justement peut-être un peu trop. Biarritz et Perpignan quant à eux tiennent mollement leur rang. La remontée directe sera dure. En même temps, quand on a affaire à des staffs qui pensent sérieusement pourvoir dominer la D2 avec David Marty ou Benoît Baby en chefs d’attaque, c’est leur rendre service de les empêcher de monter. Peut-être qu’au bout d’un moment, ils se remettront à réfléchir, puis à jouer au rugby, puis à être dangereux et finalement remonter. Pau, ça leur a jamais pris que 9 ans. Dax, ça leur prendra encore plus. Insolite ! Ces gens existent réellement ! Pour le maintien -parce qu’aussi étrange que cela puisse paraître, il y a des gens qui tiennent fort à rester en D2, c’est la cohue aussi. Massy, Bourgoin (à qui les 4 points de pénalité infligés par la DNACG coûtent très cher), Narbonne (cette équipe de cœurs tendres façon soap américain qui ne se remet pas de la perte de son Valentine) et Dax (qui joue juste vraiment trop mal, alors je vais pas en rajouter, mais jetez un œil, c’est marrant) (ça n’a rien à voir avec du rugby, mais c’est marrant) ferraillent dur. Tout ça pour avoir la chance d’affronter Carcassonne ou Tarbes l’an prochain (cette phrase devrait pouvoir remettre en perspective vos petits problèmes personnels de chômage ou de maladie, de rien) (et ça me permet de citer les seules équipes qui n’ont absolument plus rien à jouer dans ce championnat) (moi, j’aime bien les parenthèses, ça évite de devoir réfléchir à être un peu cohérent). Massy, donc, qui après une petite année en Fédérale 1, revient en Pro D2, et avec de plus solides arguments à faire valoir cette fois-ci. Le club des jeunes de banlieue surprend : on savait déjà que c’était le seul club francilien doté d’un centre de formation performant. Il est aussi le seul de cette région à pouvoir se targuer d’être desservi correctement par les transports en communs : 2 RER et un aéroport international. Pas trop jaloux, Jacky ? Et en plus, le club a un public. Par public, j’entends des gens qui sont là pour voir le match, pas les joueurs-de-la-télé, qui font du bruit en réagissant à ce qu’il se passe sur le terrain, et veulent juste passer un bon moment. Rien à voir avec les habitués de Jean-Bouin ou Colombes, donc. Pour preuve, aucun chandail sur les épaules, pas de rolex, ni de chaussures à glandus. Massy possède aussi des joueurs certifiés par nos services. Le mot de la fin sera pour Narbonne. Cette équipe joue admirablement bien au rugby, sauf pour un truc : la conquête. La greffe australienne a donc bien pris, mais la logique voudrait donc qu’ils descendent. Ça serait un peu dommage tout de même, même si sportivement mérité. Mais là aussi, avec une direction qui ne réfléchit pas dans le bon ordre, les joueurs peuvent bien faire ce qu’ils peuvent, ça donne pas grand chose. Mais voir la folklorique faune politique locale se pencher sur leur cas devrait faire frémir d’effroi leurs supporters. En cas de descente, en tout cas, ça leur fera des expériences à échanger avec le rival biterrois.
[Top 15] Résumé de la 18ème journée Par Thomakaitaci et Blondie On a bien senti que pour cette journée bâtarde, coincée entre deux journées du Tournoi des 6 Nations, les participants au Top 15 n’avaient pas trop envie de jouer au rugby. La plupart étaient en vacances pendant quinze jours et malheureusement, ils ont craqué : ils ont laissé le ballon de côté et se sont vautrés dans les appareils de musculation. On a même vu, à deux reprises, des joueurs refuser de sortir sur le terrain à l’heure du match – il faisait trop froid pour ces petits bichons qui s’acclimatent mieux à la doucereuse chaleur des clubs de sport. On a mis une heure à les pousser sur la pelouse. Tout cela est vraiment inquiétant. La Rochelle – Brive : 19-12. Chose étrange, ce match du vendredi soir, diffusé sur Canal +, se jouait à Paris, dans un stade couvert, avec des ballons parallélépipédiques en or. Mais rapidement, tout est revenu à la normale : le match a duré des heures, les spectateurs étaient affalés sur leurs sièges, terrassés par l’ennui et à la fin, des étrangers considérés comme français, ont gagné. Quoi ? On me dit que La Rochelle – Brive s’est joué en fait jeudi soir ? Ah désolé, pas vu. Bizarre d’avoir raté une telle affiche en semaine. Bon. Et du coup, y a eu combien ? 19-12 ? C’était bien ? Mouais, ok, on s’en fout. 2 points pour les Dalton bretons Bordeaux – Toulon 28-23. Les bons élèves de la semaine. Match dans un vrai stade, devant un public nombreux, avec des équipes joueuses, des essais, des gestes techniques réussis, des LOL foireux, du suspense. Même un Clermontois bas du plafond comme moi, regrette que les règles drastiques du Top 15 ne puissent récompenser les Toulonnais. Pourtant, ils ont dans leur ligne d’attaque le meilleur centre français (Maxime Mermoz, qui n’est même pas sud-africain), qui sait jouer dans les espaces, faire des passes et même appréhender un deux-contre-un. Mais il est vrai que la France regorge de ce genre de talents. C’est donc compréhensible qu’il ne soit pas sélectionné. Mais regarder Toulon, c’est un peu regarder le Tournoi des Légendes avec Noah et Leconte qui sautent par-dessus le filet. On a aussi un quota de n’importe quoi : aux premières loges, la polio de Sébastien Tillous-Borde (lui, sélectionné dans le XV de France, pour rappel) incapable de tendre le bras pour aplatir ou de rattraper une passe « géniale » de Alain Delon Armitage ou encore la passe de football américain signée Chilachava. Mais le meilleur de tous reste quand même El Mago, Juan Martin Hernandez qui, non content d’avoir signé une première mi-temps digne de Benoît Baby (touche directe sur renvoi, en-avant, dix minutes dans la poubelle des péchés comme disent les Rouquins), nous a gratifié d’un vol plané formidable, devant la très belle feinte d’appui de Sofiane Guitoune. Mais pour faire un bon match, il faut deux équipes. Et les Bordelais n’ont pas déçu, surtout en seconde mi-temps : jeu ouvert, combinaisons, prises de risque. Bref, tout ce qu’on aimerait voir pour TOUTES les équipes du Top 15. Mais ne souriez pas trop les Bordelais. Ça ne sert à rien de faire les super-héros à domicile (tel un Talebula qui se prend pour Superman après une course folle de cinq mètres et zéro défenseur battu) pour être dégueulasses à l’extérieur. Donc si un jour, vous voulez avoir un moment de gloire éphémère, comme Perpignan ou Castres, il va falloir apprendre à se sortir les doigts dès que vous traversez votre rocade. 4 points pour l’Ubébé Bayonne – Stade Français 23-6 Apparemment, les Parisiens n’en avaient pas grand-chose à foutre de ce match. Non mais c’est vrai aussi, après une telle performance contre Oyonnax à domicile la journée précédente, les Roses pouvaient très bien venir en touristes à Bayonne. Sauf que là on est dans le Top 15 les gars ! Y a pas de phases finales à la con, justes là pour emmerder les Auvergnats. Si tu veux être sacré à la fin de la saison, il faut te bouger le cul tout le temps ! Ok, je peux comprendre que la suspension de votre Pascal Papé d’amour a pu vous perturber, qu’il faut du temps pour se remettre d’une telle absence, mais là c’était Bayonne quand même… Alors, sous la pluie, dans le froid, Bayonne, grâce à un essai en contre d’O’Connor – qui prouve que même la technique pour aplatir le ballon correctement dans l’en-but, la base quoi, est balbutiante chez les joueurs professionnels français, un essai de Rokocoko sur une passe peu académique (mais une passe quand même, dans ce marasme, soulignons l’effort) de Scott le Français et un troisième sur un groupé pénétrant, remporte la victoire et même le point de bonus. Il va vraiment falloir mettre en place une commission artistique et technique au sein des dirigeants du Top 15 pour déterminer quels essais peuvent être comptabilisés. Parce que là, l’augmentation de resquilleurs est inquiétante. 4 points pour les Pottoka (mais ils ne perdent rien pour attendre à frimer avec leurs essais pourris Gronob – Montpellier 20-18 Le premier des deux matchs retardés à cause de la couardise des joueurs. Cela mériterait qu’aucune des deux équipes ne remportent de point. On est fin février, donc c’est déjà la fin de saison dans l’Isère. Par conséquent pour ce match sans enjeux, entre deux équipes en vacances, on n’a pas eu trop de surprises. Globalement, on s’est fait chier. On a même vu Caminator sortir sur blessure, signe que personne dans ce monde n’est infaillible. Et finalement, le pied de Wisniewski, ce joueur qui restera toujours dans l’ordinaire, permet à Gronob de gagner deux points dans l’indifférence la plus grande. 2 points pour les buveurs de Chartreuse Oyonnax – Castres 23-13 Le deuxième match retardé de la journée pour cause de frilosité aigüe de ces petites choses fragiles que sont les joueurs de rugby. On a donc dû attendre une heure que les 30 acteurs décident de jouer ce ChristopheUriosico, dans la boue et avec des Castrais sur le terrain. Autant dire que voir du rugby tenait du miracle. Finalement, du jeu d’avants, des caresses amicales à chaque regroupement, des mots doux échangés, des essais marqués sur des groupés-pénétrants. Si on rajoute l’odeur de la bière et des saucisses, l’architecture modeste du stade Charles Mathon, on avait tout le folklore des matchs de Fédérale 3, ce rugby vrai que l’on aime tant. Soyons honnêtes, Castres a marqué un bel essai sur une percée et une passe après-contact de son ailier Guy Grosso. Mais cela semble trop incroyable pour être vrai. 2 points pour les furturs-ex-joueurs-de-Christophe-Urios-futurs-joueurs-du-Top-15-l’an-prochain, 0 point pour les futurs-joueurs-de-Christophe-Urios-futurs-ex-joueurs-du-Top-15-l’an-prochain. Guy Grosso, acteur le jour, ailier de Castres la nuit Racing Colombes – Clermont 13-13 Toujours plus inventifs, les joueurs du Top 15 ont inventé le demi-match, c’est-à-dire, un match qui se joue dans un demi-stade, devant un demi-public et pendant seulement 40 minutes, la première mi-temps n’ayant tout simplement pas existé. Mais l’invention n’est encore qu’un prototype, on a bien senti que même la deuxième mi-temps a été un peu bancale. Il a donc fallu attendre longtemps avant de voir le premier éclat. Mais quel éclat ! Un coup de Frenchchatte© parfaitement menée par Marc Andreu, l’un des deux grands spécialistes en France de cette stratégie, avec Yoann Huget. Mais ce diable d’Andreu© n’évolue pas dans le même registre que son compère poilu : ici, pas de grande interception ni de course au long cours toute langue dehors, mais une propension à se faufiler et à profiter des rebonds de la balle ovale. A noter que sur le coup, Zac Guildford nous prouve une seconde fois ses talents de clown BennyHillesque, quelques mois après sa réception foireuse contre les Saracens. Ce dernier paragraphe s’adresse aux supporters clermontois qui pour la plupart ont coupé leur télé après cet essai, ne connaissant que trop bien la capacité de leur équipe à faire la différence en fin de match, à revenir dans la partie après un tel coup du sort. D’autant plus que la rencontre n’annonçait pas une orgie de jeu, vu le nombre d’en-avant commis par les deux équipes. La plupart de ces supporters ne savent donc pas que, miraculeusement, les Hommes Pains Jacquet ont réussi à marquer un essai en fin de match par Noa Nakaitachi (le plus fervent supporter du XV de France, toujours assis aux premières loges dans les tribunes). Ils auraient même pu remporter le match si Brock James avait réussi une dernière pénalité à la sirène. Mais, on ne va ternir une légende dans un vulgaire match à Colombes, ce n’est pas le sens de l’histoire. Petite note amicale à la poignée d’étudiants Erasmus irlandais bourrés qui, pendant toute la durée de ce demi-match, ont braillé le Ireland’s Call. Ca c’est rougby ! 1 point pour les Bibendums en short, pour leur match nul à l’extérieur. Toulouse – Lyon 23-20 Autre variante du demi-match, le demi-match alterné. Cette fois-ci chacune des deux équipes ne « joue » que pendant une mi-temps. Du coup cela donne un Toulouse très poussif mais qui mène largement 20 à 3 à la pause. Et une seconde mi-temps où Lyon remonte son retard. Mais heureusement, Toby Flood avait pris les trois points. N’empêche que, comme pour Bayonne, il va falloir vraiment se poser la question des règles. Car Toulouse en étant chaque semaine plus apathique, se maintient dans la première partie du classement. On soulignera la grande classe des joueurs qui ont manifesté leur mécontentent face aux quelques sifflets du public d’Ernest-Wallon. C’est intolérable de siffler de tels joueurs du Grand Stade Toulousain, 20 fois champions de France, 4 fois champions d’Europe et qui se sont défaits avec courage d’une formidable équipe lyonnaise. 2 pts pour Toulouse, déception pour Guy Novès, qui en avait demandé trois. Pendant ce temps-là en Auvergne, double dose : Saint-Yorre/RCMB Dimanche 15 Février, le RCMB s’est déplacé dans l’Allier pour aller jouer là où « Ça va fort, très fort » mais pour qui ou pour quoi ça va fort ? En tout cas pas pour les Aliénais ou le rugby en général. Au terme d’un match dégueulasse (et c’est un euphémisme), stoppé 30 minutes à 4 minutes de la fin pour cause de grosse blessure d’un joueur (chochotte) et alors que le score n’était que de 3-3, les Jaune et Noir se sont imposés au final 6-3, tout en sachant que le buteur montacutin-bessard a fait 100% au pied par temps gras. Un match… passionnant ! 4 points de plus au classement. « Coudzi, c’est de l’autre côté qu’ça se passe » RCMB/Blanzat Le dimanche 22 Février, le RCMB a reçu le club de Blanzat au stade de Montaigut-le-Blanc, en match en retard. Le retour des Jaune et Noir contre des Jaune et Noir aussi. Match définitivement à l’opposé de celui du week-end précédent. Déjà par sa météo ensoleillée, qui a fait sortir des maisons tous les villageois qui ne savaient même pas qu’il y avait un stade de rugby chez eux. Puis, par le déroulement du match : victoire par KO du RCMB 46 à 0. A noter l’essai (enfin !) de Matt Lafuente qui a dû s’y prendre à 3 fois pour marquer, 2 en-avant style Babylade© tout seul devant sa ligne d’essai. Le stade s’est enflammé pour ovationner son héros du jour ! (Tu mettra moins de gel dans tes cheveux et plus de colle dans tes mains !) 4 points de plus au classement. Voilà, pas de point boucher à décerner, les gars préfèrent gagner en restant sages, va falloir mettre les points sur les i ! Le Point Boucher : Jgenti (Brive) Si en matière de jeu, cette 18ème journée a été décevante, pour l’attribution du Point Boucher, il n’y avait que l’embarras du choix. Les Nommés sont : Rory Grice pour son plaquage à l’épaule délicat sur l’ouvreur montpelliérain Ben Lucas – trop classique, pas assez sanglant, le public bayonnais pour son chambrage sur Julien Dupuis « Bého, Bého ! » au moment où ce dernier tentait une pénalité – très drôle, mais totalement vain et inefficace, enfin Giorgi Jgenti, le pilier de Brive, auteur d’une provocation géniale sur son adversaire direct en mêlée, Thomas Synaeghel, en lui mimant des séances de MUSCUUU. C’est donc à ce troisième candidat que le point Boucher est décerné, avec Mention Delon Armitage pour son esprit facétieux et moqueur. En plus, les rares qui ont vu la rencontre estiment qu’il a un peu plombé le match de son équipe à lui tout seul. Tout ça est encore plus savoureux. Il permet à Brive d’empocher son quatrième Point Boucher de la saison, le meilleur total jusqu’à présent. Le Classement Superbe remontée de Montaigut qui est désormais 4ème de ce Top 15. Tous les espoirs sont permis pour les Jaune et Noir, et pourquoi pas remporter le premier Top 15 de l’histoire. Toulouse, malgré sa victoire, commence à redescendre au classement. Tout n’est pas perdu. Par contre, tout semble bien perdu pour Castres en bas de classement, mais qui s’en plaindra ? Le Bâton de Boucher : Benjamin Urdapiletta (Oyonnax) Bon ok, on avoue en fait on a pas vu le match. Mais on suppose qu’il ne s’est rien passé de particulier sinon Le Rugbynistère en aurait déjà fait cinq articles.