Où regarder un match du VI Nations ? Le saviez-vous ? A la Boucherie, on accepte tout le monde. Genre vraiment tout le monde, comme le laisse suggérer le profil de certains rédacteurs de l’équipe. En fait, pour être publié sur le site, c’est simple : il suffit de nous envoyer un texte drôle. Et c’est justement ce qu’a fait Thomas, qui nous donne quelques conseils pour trouver un endroit où regarder le Tournoi des VI Nations. Parce qu’il reste quand même deux matches, et le plus drôle est à venir. Bonne lecture ! C’est cette période de l’année où les jours se rallongent trop lentement. Las, les raclettes et les vins chauds ne réchauffent plus si bien le cœur, tout le monde reste mater Netflix chez soi après les excès des fêtes, les projets de vacances au ski se sont envolés loin de votre compte épargne vide. Vous n’avez pas trouvé de mec/meuf pour passer l’hiver au chaud et votre occupation habituelle du week-end – traîner avec votre bande de 40 mecs/meufs vaguement costauds en prétendant faire du sport – tombe littéralement à l’eau. En effet, les terrains aux airs de banquise qui font scrac sfrac ou de rizière qui fait sploutch sploutch sont déclarés impraticables un dimanche sur deux, alors que c’est là, quand c’est que le terrain est « bien meuble » – marécageux – que c’est le mieux. Enfin, c’est ce que m’ont toujours dit les vieux piliers reconvertis de la mêlée au comptoir du club house. Cette période, c’est celle du Tournoi, ode proustienne à la nature cyclique du temps et à l’éternel recommencement nietzschéen (je n’ai aucune idée de ce que je raconte). Le Tournoi, preuve définitive du génie commercial du peuple britannique, véritable pieds de nez aux concepts marketings du sport moderne à l’ère des Champion’s League, NBA et autres Coupe du Monde de Football à 48. Oui, il est possible de remplir des stades et des pubs dans un déluge de livres sterling avec un sport au règlement victorien, un logo MS Paint Rouge Vert Bleu et 6 équipes dont 4 alimentées par le même Etat à l’avenir douteux, accompagnées de 2 nations de neuneus qui aiment la bouffe pour faire le nombre et égayer les banquets. Le béni tournoi est là. Il vous berce. Il occupe vos samedi après-midi, moment bâtard de la semaine. Il fait prétexte à boire plus de bière sur des plages horaires plus étendues. Pendant 1 mois et demi, il y aura une quantité disproportionnée de rugby sur la télévision publique et de la lecture pour égayer le lundi matin. Dans un mois et demi, les beaux jours reviendront et le tournoi vous laissera sortir de votre hibernation en déposant un baiser sur votre bidou rebondi, comme un vieux camarade veille sur votre carcasse saoule en attendant les premiers métros. Mais il y aura des embûches. Des non initiés chercheront à vous gâcher ce moment, à vous traîner dans leur hiver ordinaire, sans buée sur les vitres et sans gaillards aux joues rougies et aux oreilles décollées. On vous empêchera de regarder le match ou à peine moins pire, on vous imposera de mauvaises conditions. Des choix s’exposeront à vous. Passons les en revue ensemble. Pendant une soirée Vendredi 21h. L’oubli classique: vérifier que le match n’est pas déplacé à un créneau de télé. Pas de bol, il y a une soirée, un anniversaire, des collègues, peu importe, il faut y être. Vous faites abstraction. Du regard en coin de votre partenaire alors que vous essayez de caler votre téléphone contre un verre. Ou de votre target qui essaie mollement de s’intéresser à votre sport mineur ringard. Vous les oubliez. Vous avez trouvé un copain. Chance. Il s’y connaît, il est sympa et fait quelques bonnes vannes. il vous aide à gérer les normies qui posent des questions sur Chabal et France – All Blacks 2007. ça change du relou de la dernière fois qui bouclait sur « les Fidjiens en équipe de France » et que « ça envoie plus de jeu en Fédérale 1« . Le frigo est plein d’IPA de hipsters, il n’y plus qu’à gérer votre débit pour éviter d’être trop bourré à 22h et donc de traiter Owen Farrell de « toy boy qui fait la page centrale de WaffenSS Magazine » trop fort devant des gens que vous ne connaissez pas assez. Le déplacement Malgré l’attrait évident d’un weekend dans le doux hiver romain, vous voulez voir un vrai match de rugby dans un stade vibrant et humide comme un sexe de femme. Vous êtes donc dans les îles Britanniques. Vous ne ressemblez à rien dans votre cape de pluie et vos pompes Quechua, les probabilités de s’encanailler ce soir avec des autochtones aguicheuses sont faibles, mais vous ressentez un peu de la satisfaction de l’aventurier qui a bien étudié son terrain. Le B&B est potable, le papier peint moche fait partie de l’expérience. Votre bande hétéroclite mêlant famille, coéquipiers, amis, collègues et supporters rencontrés dans l’après midi au pub a fière allure. Vous êtes intouchables. C’est ce que vous croyiez jusqu’à la 4ème minute et la première montée défensive de Yoann Huget. Dans le train Ce petit Italie – Pays de Galles que vous n’aviez pas prévu de regarder se rappelle à vous alors que vous rêvassiez mollement le regard perdu dans les vallons meusiens sur la route de chez Mamie. Béni soit le XXIe siècle et les réseaux 4G qui marchent mieux que le Wi-Fi. Au fond, la perspective de regarder Sergio Parisse tenter des enchaînements petit par dessus/drop n’est pas si déplaisante. Au Stade de France A chaque fois. Chaque année. Les anciens du clubs du Paulo, le CE à Didier Planchard de la Sogé, Clément et Camille qui ont eu des places pour Noël. Vous debriefiez sans conviction la dernière journée de BeIn Cup et ce petit 3/4 gallois de Newport ou Llanelli qui bouge bien. « Eh au fait, je vais voir France – Irlande, il reste une place, Foquart peut plus venir, ça te chauffe ?« . Le piège. On parlait rugby, impossible de refuser sans passer pour un thermo-connard snob : « Ouais grave ça peut me chauffer« . Non. Mensonge. Tu mens. Ca te chauffe pas du tout, au contraire tu es méga-froid, congelé à l’idée d’aller voir une défaite encourageante dans le vent polaire entouré de supporters apathiques. Bon, c’est même pas si cher. J’accepte avec un sourire hypocrite et je commence à me préparer mentalement pour le RER of Shame au sons des 5 supporters Irlandais bourrés qui ambianceront la rame. Chez ses parents L’ambiance était bonne. Ta petite soeur a décidé de se mettre à bosser à la moitié de l’année de Terminale, ton petit frère a commencé à comprendre qu’il pouvait rentrer de soirée à 6h plus discrètement, résultats immédiats : les parents sont moins stressés. Tout le monde a repris du rôti et des haricots, tu as apprécié le vin pour une fois que t’avais pas la gueule de bois. Défoncé à la mollesse du dimanche aprem, tu ne te rendras pas compte avant plusieurs minutes que tu es train de mâchouiller le reste de glaçage qui colle à ton doigt. Un Ecosse – Irlande remuant se termine en attendant de tester notre médiocrité face à l’Italie. Le beau-frère footeux commence à te poser de fausses questions innocentes sur la Coupe du Monde à venir. Peine perdue, tu es un pacha, imperturbable. Avant une soirée Samedi, fin d’après midi. Rassemblement chez le Guigui avant une grosse soirée dans la coloc de Mathilde. Match à la maison, on se prend à rêver d’accrocher les Anglais ou les Irlandais. Le coeur y est parce qu’il faut bien. A peine la bise claquée et le palier franchi, tel Kassovitz dans le Bureau des Légendes, tu captes instantanément des signes indiquant une mission à hauts risques. Une clameur t’accueille. Le salon est bien rempli : …5, 6, 7, 8 camarades, déjà forts guillerets. Le son du frigo qui s’ouvre s’accompagne d’une symphonie de « cling cling » dans le bac à bières. Le breuvage jaune dans le gobelet de Rémi est fort opaque. Le match commence, ça joue bien. Les packs de 1664 s’enchaînent facilement. C’est une victoire inespérée ! C’est trop rare, il n’y aura pas de modération ce soir. « La flemmeuh de se faire à manger, y aura à bouffer là bas normalement, on décolleuh » balance l’hôte des lieux. Tu te souviens que sur le coup, tu avais acquiescé avec enthousiasme et englouti ton pastis yaourteux. Après une soirée Il n’y a pas de match du 6 nations le samedi matin. Sois ton after a bien trop duré, sois l’excès de substance t’as fait oublié que c’est le mois de juillet et que tu es devant un match du Four Nations. Bonne astuce pour le USA – Tonga de cet automne cependant. Au pub Finalement, le lieu idéal à défaut des autres plans. On boira de la pression, et on essaiera d’impressionner des inconnus en balançant ses meilleures punchlines à la cantonnade. On branchera peut-être un anglais de passage pendant la pause clope. Mais où aller ? N’allez pas au Bombardier, c’est chiant, c’est moche, c’est trop cher, les bières sont tièdes, la rive gauche c’est ringard et les bonnes places sont déjà prises, je suis arrivé il y a une heure pour réserver la place à mes potes. N’allez pas au Highlander, c’est chiant, c’est trop cher, c’est petit, les bières sont tièdes, Saint Michel c’est le pire endroit de Paris et les bonnes places sont déjà prises, je suis arrivé il y a une heure pour réserver la place à mes potes. N’allez pas au French Flair, c’est chiant, c’est surcoté, les Triple Karmeliet tabassent trop fort, Pigalle ça craint c’est pleins de touristes et de putes et les bonnes places sont déjà prises, je suis arrivé il y a une heure pour réserver la place à mes potes. N’allez pas au Cork and Cavan’s, c’est chiant, c’est petit, ça parle à peine français, le canal saint martin c’est rempli de bobos qui aiment pas le sport et de sales jeunes qui prennent de la D, et les bonnes places sont déjà prises, je suis arrivé il y a une heure pour réserver la place à mes potes. Spécial Province : N’allez pas au Phoenix à Nancy, c’est trop cher, la moitié des gens regardent pas le match, l’autre moitié c’est des rugbyman en mousse d’école d’ingénieur, et les joueurs du NSR ont pris toutes les bonnes places.
Virtua XV de France Simulator Des compositions d’équipe WTF, des défaites improbables, des éléments de langage absurdes, on a l’impression que les cerveaux derrière l’Equipe de France redoublent d’imagination pour nous offrir toujours plus de surprises et d’inattendu. Ceci risque de déboussoler le spectateur qui ne sait plus où donner de la tête. Heureusement, la Boucherie Ovalie veille sur vous. Nous avons pris de vitesse la FFR et vous avons concocté un générateur capable de prévoir l’imprévisible. Avec ça, vous serez prêt à tout. Enfin, on l’espère… De quoi ? récupérer du code et mettre à jour les images pour un article facile ? n’importe quoi… Préparez-moi au pire Encore ! Tweet #BoucherieOvalie
Procès Novès / FFR : le livetweet Jeudi après-midi a eu lieu le procès opposant Guy Novès à la FFR, au tribunal des prud’hommes de Toulouse. La Boucherie Ovalie s’est trouvé une petite place dans la salle et a commis ce compte-rendu live sur le réseau social Twitter, comme tout grand procès de notre temps l’exige, #Prudhommico. Voici la retranscription de cette pièce majeure du journalisme contemporain, pour les endroits reculés pas encore desservis par le réseau social au petit oiseau bleu, tels que le Puy-de-Dôme. Une copie papier sera adressée aux régions qui n’ont pas encore de connexion internet, comme le Cantal. Bonjour à tous et bienvenue pour ce live-tweet de l’audience tant attendue des Prud’hommes de Toulouse qui va opposer Guy Novès, ex-sélectionneur du XV de France à son ancien employeur, la Fédération Française de Rugby. Licencié pour « faute grave » en décembre 2017, Guy Novès réclame aujourd’hui 2,9 millions d’euros à la @FFR au titre de divers préjudices et indemnités et conteste les modalités et raisons de son licenciement. Du côté de la FFR, on se prépare à une rude empoignade et on tentera de faire requalifier le CDD du manager toulousain en CDI afin de minorer les indemnités. On annonce également la présence d’une personnalité surprise. Qui ne serait pas Alexandre Benalla selon nos informations. Chacune des parties a appelé des témoins à comparaître. Guy Novès sera défendu par Maître Julie Novès, sa fille, et Maître Laurent Nougarolis. Pour la FFR, ce sont maître Joseph Aguera et Serge Simon, pluriactif autodidacte qui officieront. Une manifestation se déroule à l’entrée du tribunal. Vêtus de tee-shirts à l’effigie de Guy Novès, porteurs de banderole réclamant ‘Justice !’ 200 personnes scandent des slogans hostiles à la FFR. Un portrait de Bernard Laporte est brûlé sous les vivats de la foule. La salle du tribunal est pleine. L’ancien entraîneur porte un survêtement de l’équipe de France siglé ‘Staff’. Il a apporté avec lui une partie de ses pièces à convictions : 10 Boucliers de Brennus, 4 Coupe d’Europe et un DVD des 13 derniers matches du XV de France. Le Président récapitule les faits et appelle le plaignant à la barre pour qu’il décline ses identités et profession. ‘Novès Guy, né le 5 Février 1954 à Toulouse’. ‘Et votre profession ?’ Les larmes aux yeux, Guy Novès prononce un poignant ‘Chômeur..’ puis s’effondre, foudroyé. On cherche un médecin. Serge Simon, avocat de la défense se précipite ‘Je suis docteur ! Je suis docteur !’ et se rue vers la victime inanimée au sol. L’entendant, Guy Novès se relève, écumant de rage en hurlant ‘Judas !’. C’est le premier incident de séance. Non sans mal, les gendarmes sont parvenus à séparer Guy Novès et Serge Simon. Le Président demande à ce qu’on nettoie le sang sur le sol de la salle. Le Docteur Serge Simon s’auto-recoud la jugulaire et enlève 3 dents de Guy Novès qui y étaient incrustées. ‘La séance peut reprendre’ annonce le Président. ‘Pour la bonne tenue des débats, je vous informe qu’un arbitre vidéo assiste à l’audience et qu’une commission de discipline pourra statuer sur tout évènement qui se produirait désormais’. Guy Novès est rappelé à la barre pour prêter serment et jurer de ne dire que la vérité. Il lève la main droite mais ne peut lever que son pouce, son index et son majeur. Il explique ne pouvoir déplier les deux autres doigts et présente un justificatif médical au juge. Des cris retentissent dans le fond de la salle, un petit homme dégarni tente de se frayer un chemin parmi la foule de journalistes. « Laissez-moi passer, bande de cloportes » hurle-t-il à l’encontre de ses ex-collègues. « Qui est-ce? » entend-on de toutes parts. « Moi aussi, j’ai été odieusement calomnié, vilipendé, souillé, licencié, humilié alors que j’étais au faîte de ma gloire. Ayant consacré ma vie au rugby français et à son retentissement, je veux du brouzouf, du pognon, du flouze, de l’attention et de l’amour ». Le trouble perplexe qui s’empare de l’assistance est levé par un petit vieux malicieux qui s’exclame : « Je le reconnais ! C’est le pénible qui commentait les matchs sur Antenne 2. Foutez-moi le dehors ! ». Pierre Salviac est expulsé de la salle sous les quolibets et les crachats. Un calme (précaire ?) semble revenu. L’accusation détaille ses exigences : une qualification de licenciement ‘abusif’ et tout un panel d’indemnités pour un montant total de 2,9 millions d’euros. ‘Et un Mars ?’ s’exclame Serge Simon, la gorge bandée d’un foulard Hermès comme strap. Le détail des sommes réclamées se poursuit. C’est assez technique, il y a les salaires non versés (900000€), l’indemnisation du préjudice moral et de notoriété (300000€) et le paiement de 1782 heures supplémentaires non perçues. Président : « À quoi correspondent ces heures ? ». « Au visionnage des 7 matches de #Top14 par week-end puis à leur analyse » répond Novès. Il y en avait pour 3 à 4h par match, c’était une tâche très chronophage. « Vous voulez dire que vous visionniez les matches plusieurs fois ??!! Du Top14 ?! Chaque semaine ? » Novès acquiesce. Le Président réclame une expertise médico-légale du plaignant , au motif « qu’on ne peut sortir indemne d’une telle épreuve ». Maître Julie Novès saute sur l’occasion et demande qu’on requalifie les heures supplémentaires en prime de pénibilité. Du côté de la défense, on tire la gueule. Maître Aguerra (surnommé la panthère pour la suavité de son timbre de voix) tente de reprendre la main. «Monsieur Novès, votre contrat a été signé sous le mandat de Pierre Camou n’est-ce-pas ?» Novès acquiesce. « Sauf que Camou n’est plus en poste, donc le contrat est caduc donc pas d’indemnités. Merci, au revoir tout le monde ! » l’interrompt Serge Simon, sous les lazzis de l’assistance. Maître Aguerra, effondré, demande à être dessaisi de la défense de la FFR. Une suspension d’audience laisse Me Aguerra quitter la salle. Il sort sur le parvis où il est immolé illico par les manifestants pro-Novès. Une délicate odeur d’avocat grillé se répand dans les airs, un blogueur immortalise l’évènement sur Instagram. #GuacamolePlusFortQueLaDouleur Guytou, aussi calme et sûr de lui qu’un pilard qui essaie de rentrer en boite à 3 grammes. (photo par David Saint-Sernin @dstsernin) Serge Simon assurera désormais seul la défense de la Fédé Française de Rugby. Dans une tentative de rush-défense, il annonce l’arrivée imminente à ses côtés de Bernard Laporte pour l’instant « retenu sur un tournage publicitaire d’équipements d’électro-stimulation ». A l’extérieur de la salle, un manifestant part chercher du petit bois et des bidons d’essence, « au cas où on en aurait besoin dans les prochaines minutes ». Dans la salle les premiers témoins se rapprochent du pupitre. Vincent Clerc est le premier appelé : » Monsieur Novès est un homme bon et gentil mais depuis un an il est bougon. Lors des repas de famille, il ne veut même plus cuire les chipolatas. Une petite aide de la FFR pour qu’il achète un barbecue Weber pourrait lui redonner le sourire « Objection votre Honneur ! s’exclame Serge Simon. Le témoin entretient des liens familiaux avec le plaignant ! Je l’ai lu dans les journaux. Je demande sa révocation et l’annulation de son témoignage partial. » Et boum ! poursuit-il en direction du clan Novès. Le Président valide la requête et convoque le second témoin de l’accusation. C’est au tour de Bigflo & Oli : « Nous sommes très contents d’être ici. Merci à tous ceux qui ont rendu ça possible, notamment nos parents, qui sont dans la salle aujourd’hui pour ce moment spécial » Me Nougarolis proteste et dénonce une usurpation d’identité. « On avait demandé Zebda…» « Les Zebda de 2019, c’est nous ! lui répondent malicieusement les deux frangins toulousains ». Et ces garnements d’entamer un Tomber la Chemise où l’on voit que Guy Novès est toujours affûté. On se rhabille pour accueillir Yoann Huget. Mais le joueur refuse de s’avancer à la barre et reste dans l’arrière-salle. « Il faut que je couvre le fond de terrain, il ne faut pas que je découvre le fond de terrain. Aaaaah, je vois des coups de pied partout. » Le Président décide d’interner le jeune Ariégeois, manifestement dans un état de grand trouble. « Hey Guy, ta défense laisse à désirer » lui lance Serge Simon, goguenard. « Tu veux qu’on la compare avec celle de ton XV de France ? » lui rétorque le sorcier de Pibrac. « Tu vois ces mains, Serge ? Ce sont plus que des mains, ce sont des outils avec lesquelles j’ai construit ma maison. A mains nues, je l’ai construite la baraque. Et bien, avec ces mains, et alors que ce n’est pas ma spécialité, je te défie dans un octogone. Juste toi et moi ». Un silence glacial accueille ce défi prononcée d’une voix blanche par Guy Novès. Le Président juge urgent d’appeler le prochain témoin: Vincent Moscato et sa faconde inimitable. Vincent Moscato s’avance à son tour. «Moi, Bernard je le connais bien, je peux pas en dire du mal mais bon, vous voyez, c’est un ancien 9 mon Bernard. Il a gardé ce côté sacripant, sacripouille, sacré vaurien, fouineur, petite pute dont sont faits les demis de mêlée» « Je lui ai fait à mon Bernard, ‘mais qu’est-ce que tu t’es emmerdé à prendre ce casse-couilles de Novès. On pouvait pas rester entre nous, avec le gros Serge, le beau Denis et tous les copains ? On était pas bien là, à la fraîche ? Décontracté du gland. » Moscato poursuit : « Ca marchera jamais entre vous que je lui ai dit, ça va péter à la première défaite. Et vous savez ce qu’il m’a répondu, monsieur le Président ? -Je sais ! qu’il m’a dit. Putain le con. Il est trop fort Bernard. Il sait toujours tout à l’avance. » La tirade de Moscato continue : « Il m’a dit : « Je sais mon gros, tout est prévu, t’inquiète pas. » Mouvement dans la salle. « Qu’est-ce qu’il y a mon Serge ? Pourquoi t’es tout rouge ? Que je ferme ma gueule ? Y en a qu’ont essayé tu sais, z’ont eu des problèmes. Ah ah. » Serge Simon, en sueur, interrompt le témoin : « Euh, monsieur le Président, nous n’avons pas appelé Monsieur Moscato à la barre ». Du côté de la défense, un petit sourire rusé éclaire les visages. Le malaise est palpable dans la salle. Serge Simon en profite pour rappeler qu’il est docteur et qu’il peut intervenir. Son téléphone sonne : « C’est Bernard ! Un léger contretemps le retient à Paris mais sitôt l’enregistrement d’Hanouna terminé et il rapplique ! » Mourad Boudjellal est appelé à la barre, cité comme témoin par la Défense : « Monsieur le Président, en accordant de telles indemnités à un entraîneur licencié, vous créeriez une jurisprudence fâcheuse à même de mettre à mal le modèle économique du Rugby Club Toulonnais » « Et de l’Aviron Bayonnais ! » entend-on au fond de la salle. « Et du CA Brive aussi! », les exclamations commencent à venir de toute la salle. « Sans parler de l’USAP des années 2010 ! » rigole Marc Delpoux, assis au premier rang, des bagues en or à chaque doigt. « Et du Biarritz Olympique! » « Et de Bourgoin! ». Une réplique fuse dans le fond : « Ah, parce qu’il y a un modèle économique à Bourgoin ? ». Des rires éclatent dans la salle, les sourires se répandent, l’ambiance se détend. La misère d’autrui comme vecteur de son propre bonheur. Face au brouhaha qui s’installe, le Président décide d’une suspension de séance. Le public en profite pour sortir bronzer au soleil radieux de cette mi-février. On sort l’écran total et les journalistes parisiens souffrent sous les 24 degrés habituels sous ces latitudes. Reprise de l’audience : le Président annonce qu’il ne reste désormais que deux témoins à entendre avant les plaidoiries des avocats: Monsieur Bernard Laporte et un témoin surprise, inconnu de tous. Il demande à Serge Simon de lui annoncer le prochain intervenant. Serge Simon se lève : « Bernard Laporte a eu un léger contretemps. Entre ici et l’aéroport de Blagnac, il est passé devant le terrain du TEC. Figurez-vous que la main courante de ce stade était en si mauvais état que Bernard a entrepris de la repeindre au blanc d’Espagne. Car toujours, et dans n’importe quelle situation, Bernard n’aura eu de cesse de placer l’intégralité de ses actions sous le sceau de la défense, de la préservation et de la promotion du rugby amateur. Et on ne saurait en dire autant de tout le monde dans cette salle. Et toc ! » « Soit, je prends acte de cette absence. J’invoque donc la venue de la personnalité mystère » annonce le Président. La salle bruisse de 1000 rumeurs, on entend les noms de Fabien Galthié, de Christophe Urios, de Max Guazzini, de Jo Maso, de Pierre Villepreux, de Didier Codorniou. Dans un éclair étincelant et alors que résonnent les trompettes divines, on distingue une silhouette émerger d’un nuage arc-en-ciel. Une aura de bienveillance accompagne chacun de ses pas, son visage est la promesse du bonheur éternel. Le silence se fait. « Au commencement était le Verbe » entame une voix rocailleuse « et je peux vous assurer que si l’Éternel avait su ce qu’il serait advenu de cette parole, il aurait conçu l’Homme plus muet et stérile qu’une attaque italienne. Au cœur de cette salle ou la meilleure société rugbystique prend place, nous assistons au délitement d’un idéal de fraternité. Alors que la tunique Bleue devrait fédérer énergies et enthousiasme, nous voyons le contraire se produire. Le pourrissement toujours naît de la tête. Qui êtes-vous, petits hommes de peu, pour engager ainsi la destinée d’un sport aux yeux du monde sur la voie de la calomnie, du dénigrement, de la bassesse matérielle et d’une opprobre que l’on devine déjà utilisée par nos adversaires ? Des querelles d’hommes, de clochers, de paroisses, le rugby français en a connu des palanquées. On peut même penser qu’il s’en nourrit, les digère pour mieux grandir. Mais aujourd’hui, cette audience mortifère pourrait sceller le glas de nos espérances . Quelle que soit l’issue de cette mascarade médiatico-financière, les victimes seront bien trop nombreuses pour qu’on puisse les enterrer dignement. Et l’odeur du charnier ainsi abandonné ne manquera pas de faire proliférer des moisissures à même de recréer une vie foisonnante. Je ne peux que vous inciter à poursuivre dans cette voie, que ce chaos puisse aboutir à la renaissance de notre sport. Poursuivez les propos indignes, les attitudes déplorables, que le fond soit atteint au plus vite. Je vous laisse, j’ai à faire.» Après cette envolée de DANIEL (car c’était bien lui), la salle s’est tue. Après une poignée de secondes, un sanglot a brisé le silence, rapidement accompagné d’un deuxième. Scène à peine croyable il y a quelques instants, l’ensemble de l’assistance a fondu en larmes. Chacun s’est levé de son banc et allé étreindre un inconnu, un ami, un adversaire. Car après avoir entendu la parole du Sage, il n’y a rien d’autre à faire que de s’aimer. Alors que Guy Novès était fixé dans une langoureuse accolade avec Serge Simon, le téléphone portable de ce dernier s’est mis à sonner. « Bernard ! » s’exclame-t-il ! Apercevant le visage tant haï sur le téléphone du Docteur, un rictus de haine s’empare de son visage. Il se redresse, retrouve ses esprits, et assène un grand coup de poing sur le smartphone ! Une générale confuse et violente s’est déclarée ici dans le tribunal ! Olivier Missoup et Pascal Papé, apparus d’on ne sait où, avoinent à tour de bras. Trevor Brennan, jusqu’alors avec les parties civiles, a enjambé la barrière pour frapper un membre du public. Il me semble que Novès a pris un KO, mais Florian Fritz assure qu’il peut continuer à se battre, « il en a pris des KO et ça va, il se tient devant nous » selon lui. Je pense aussi avoir reconnu Sylvain Nicolas qui a profité de la confusion générale pour escamoter un banc du tribunal. « Souvenir de Toulouse », a-t-il dit en partant. Le président siffle la fin de la rencontre et ordonne de rejouer le procès sur terrain neutre. La commission de discipline se réunira le 4 avril prochain afin de déterminer les sanctions.Les spectateurs quittent les lieux et s’en vont non loin de là à la buvette place St-Pierre. C’est bientôt l’happy hour en plus…
Le Petit Guildford Illustré, édition VI Nations 2019 Bon, on sait très bien que vous n’avez cliqué sur ce lien que pour aller voir l’image qui se trouve en dessous de ce texte. D’ailleurs, même si vous avez eu le courage de lire la première phrase, vous avez déjà dû vous dire que ces quelques mots d’introduction n’ont absolument aucun intérêt. Mais, avant que d’être responsables de votre alcoolisme, nous sommes des hommes de lettre. C’est pour ça que nous tenons à accompagner ce Petit Guildford Illustré d’un texte digne de ce nom. Et nous comptons même profiter de votre manque d’attention pour faire quelques confidences que nous avons envie d’avouer. De toute façon, encore une fois, vous ne lirez pas ce texte. Jak zaplatí obyvatelé Prahy za své nákupy? Česká banka ! Vous voyez-là, on vient de mettre une blague très drôle en tchèque, et personne ne va réagir. Après, c’est vrai que le Racing joue bien cette saison, on aimerait quand même bien que le la France gagne le Tournoi (même si on aurait moins de choses à dire) et probablement que Yionel n’a plus le niveau qui était le sien l’année dernière et que sa sélection ne serait pas méritée à ce stade. Et oui, avouons le une bonne fois pour toute : Castres c’est dans le Tarn. Ovale, si tu lis ça, tu nous manques et on attend ton retour. On en profite enfin pour annoncer que nous vendons une Renault Mégane édition XV de France couleur grise, 110 000 kilomètres, contrôle technique OK 12/2018, 7 300€ à débattre. Véhicule à récupérer à Oyonnax. Bref, maintenant on va mettre une dernière phrase bien chiante histoire que ceux qui ont sauté tout le texte pour juste lire la fin et faire croire qu’ils l’ont lu ne se doutent de rien. Et c’est pour toutes ces raisons qu’il est peu probable que le renouveau économique de la région d’Agen passe par un joint-venture peu en phase avec les investissement public du Q3 pénalisés par une croissance en berne et une politique économique libérale théorisée par Adam Smith ou Étienne Bonnot de Condillac. Bonne cuite !
Top 14 2018/2019 : Présentation du Castres Olympique Avant-propos: cet article a été rédigé par « Fidel Castro L’impie » , qui effectue son retour à la Boucherie après avoir publié son premier article en 2012, et son deuxième en 2014 — une régularité digne des performances de Jules Plisson. La rédaction de la Boucherie Ovalie décline toute responsabilité pour ce choix de pseudonyme douteux et présente ses excuses pour la publication de cet article qui traite du Castres Olympique. Note : vous retrouverez les présentations des 13 autres clubs du Top 14 si quelqu’un se motive pour les écrire. Donc ne comptez pas trop dessus. Après ce flirt de quelques semaines avec un sport étrange où l’équipe de France arrive à soulever un trophée en battant l’Australie et l’Argentine, les amateurs de commotions et d’arcades éclatées se retrouvent bien seuls face au vide rugbystique de l’été. C’est l’occasion de prendre un peu de recul pour s’attarder sur cette rumeur persistante, selon laquelle le Castres Olympique serait champion de France. Suivez le guide pour une enquête en immersion chez les Castrais, casse-bonbons officiels des grosses écuries du Taupe 14. Le club en un tweet Le petit club gallo-aveyronnais qui résiste aux envahisseurs tout-puissants, malgré ses moyens limités. D’ailleurs, pour aider le club à survivre, n’hésitez pas à envoyer vos dons à : Pierre-Yves Revol Stade Pierre (Antoine) Fabre 12100 Castres L’équipe pour le Taupe 14 2018/2019 Un groupe stable emmené par le rudoyant Urios, le vaillant Capo Ortega et le fulgurant Babillot. En renfort, des recrues qui ont les crocs (sans chaussettes) : — Des joueurs de Pro D2 et Fédérale 1 revanchards : le 3e ligne Kevin Gimeno, les piliers Tapu Falatea et Wilfrid Hounkpatin, sans oublier Paea Fa’anunu, qui est passé en deux mois de serveur à la buvette de Dax à joueur décisif en finale du Top 14. — Des joueurs confirmés revanchards : Camille Gérondeau, fraîchement renvoyé de Clermont pour des raisons aussi claires que le plan de jeu du XV de France, Yann David, qui on l’espère viendra avec ses genoux, ses épaules et ses chevilles, et un ancien d’Oyo, Marc Clerc, pilier robuste et dur au mal, soit les deux qualificatifs les plus utilisés pour décrire un pilier quand on ne sait pas trop ce qu’il vaut. — Un patriote revanchard : Scottie le Frenchie, qui après avoir été débouté par tous les organes d’arbitrage et de justice du pays, rejoint Kockott et Kotze pour peaufiner son accent Afrikaans du Sud-Ouest. — Un Espoir revanchard : Martin Laveau, jeune ailier prometteur de 21 ans qui a la haine contre son ancien club, estimant avoir été pris pour un jambon par les dirigeants bayonnais. Au rayon des départs, un seul titulaire s’en va, en la personne d’Afusipa Taumoepeau. Une petite déception pour les supporters, mais un grand soulagement pour le Speaker du stade. Yann David, c’est quand même bien plus facile à prononcer. Autre coup dur, l’arrêt de carrière de Damien Tussac, solide alternative à Kotze durant les deux dernières saisons. Les autres départs concernent des joueurs peu utilisés ou en fin de carrière (Lazar, Bias, Bérard, Sione), bien compensés par les arrivées. Sans doute le départ le plus préjudiciable est-il celui de Yohan Montès, véritable talisman pour les clubs où il a (peu) joué : avec 5 titres, il est le joueur en activité ayant remporté le plus de boucliers de Brennus. À votre place, je miserai une petite pièce sur le SUA cette saison. Heureusement, tel le légendaire Pierre-Gilles Lakafia, Ludo Rado, double champion de France en titre, sera toujours là pour veiller sur la bonne étoile du CO. Le geste de la saison passée qu’on aimerait revoir cette année Sans discussion possible, le magnifique crochet du doigt d’Urios à Fabien Galthié. Sauf que cette année, sur le banc du RCT, il y aura un certain Patrice Collazo. On ose à peine imaginer ce moment, qui ferait instantanément tomber le combat Ali – Foreman aux oubliettes. Rumble in the Jungle of Aveyron Le fou Dans une interview, Benjamin Urdapilleta se définissait lui-même comme étant « plus fou que Kockott ». Et quand on le voit, avec ses 80 kg tout mouillé, plaquer plus que toute sa troisième ligne réunie, on comprend mieux. Peut-être le meilleur ouvreur du Top 14, mais toujours boudé par sa sélection nationale. En finissant tous ses matchs en sang et le visage tuméfié, il détonerait quand même un peu au milieu des danseurs de tango gominés qui œuvrent dans les lignes arrières des Pumas. Le fou furieux Aussi indécis que le résultat d’une tournée d’été du XV de France en Nouvelle-Zélande, ce titre tant convoité revient à Julien Caminati, dit Bob l’éponge, pour sa propension à porter le bob et sa capacité à bien absorber certains liquides. Le Jean Dridéal Choix difficile entre Armand Batlle LE CATALAN, élève modèle et chouchou du professeur Urios, Christophe Samson, allumeur de mèches sur le terrain mais pompier volontaire dans le civil, et Loïc Jacquet, chantre de la non-violence. Une mention spéciale pour ce dernier, qui n’a pas hésité à prévenir et protéger ce jeune fan devant la violence de ce sport assez proche du MMA, célèbre acronyme de Maltraitance du Montpellier d’Altrad. – Ca va Manu ?– Euh… Oui Monsieur Jacquet, merci bien. Le mec avec qui tu partirais bien en vacances Dur de faire un choix tellement #legroupevitbien. Mais on serait quand même bien content de partir avec Thibault Lassalle. Enfin, à la condition qu’il embarque son père avec lui. Imaginez un instant le départ en vacances avec les Lassalle, entonnant des chants béarnais les vitres de la C6 baissées et la bouteille de Jurançon sur l’accoudoir du milieu… Alors non, vous n’aurez pas beaucoup de place pour les jambes, mais avouez quand même que ça promet de beaux moments. Le mec que tu n’aimerais croiser ni dans une ruelle sombre, ni sur un boulevard en plein jour Bien qu’il ait l’air fort sympathique, le « petit » nouveau Wilfrid Hounkpatin a de quoi effrayer par son physique. Des mensurations impressionnantes (1,92m, 132kg) et surtout un taux de masse graisseuse plus proche de Chris Froome que de Mathieu Bastareaud. Mais ce qui fait le plus peur, ce sont les mots du boucher émérite Méla, empreints d’admiration et de terreur, qui un jour a vu ce mec au physique « phénoménal déblayer un type d’une seule main sans bouger ». Wilfrid Hulkpatin Le mec qui jouait déjà à l’époque du Burger Quiz Saison 1 A l’heure où la France découvre le Burger Quiz, célèbre jeu où les questions ne portent pas sur la vie de Jacques Burger, le jeune Rodrigo Capo Ortega pose ses valises en terre castraise. Si les débuts ne sont pas faciles, avec notamment quelques kilos en trop, celui qui partage ses initiales avec son futur club de toujours troque bientôt son amour de la mayo pour celui du maillot. Quand on regarde ses performances à 37 ans après 16 années passées au club, où il aura toujours été incontournable malgré la concurrence des Papé, Nallet, Gray, Tekori ou Colin Gaston, on comprend mieux l’adoration que lui vouent les supporters castrais. Le jeune Français prometteur qui a montré toute sa polyvalence à la fois en tant que porteur d’eau et coupeur de citrons Après trois saisons prometteuses à Biarritz, qui l’ont vu notamment intégrer la liste développement du XV de France, Yohan le Bourhis arrivait à Castres avec l’ambition de franchir un cap. Mais point de cap, ni de cape, hormis peut-être celle d’invisibilité, pour celui qui n’est ni le frère, ni le cousin du grand Felix. En ayant joué un total d’une heure en Top 14, il est en revanche le joueur au salaire horaire le plus élevé de l’effectif. Grandisse ou saucisse, on espère le voir jouer plus souvent cette saison pour pouvoir juger. Le lauréat du trophée « J’ai dit mate » du mec qui veut toujours attirer l’attention Si vous avez, dans votre entourage, une personne qui vous insupporte, ayez une pensée pour les arbitres du Top 14 qui doivent se farcir le Kockott tous les week-ends. Les bras plus souvent en l’air qu’un agent de circulation, il possède ce don de faire dégoupiller tout le monde, que ce soit l’arbitre, ses adversaires, et même ses coéquipiers. À la mi-temps d’un match l’année dernière, un arbitre, n’en croyant pas ses yeux, était allé raconter à Urios que Kockott et Urdapilleta avaient passé toute la première mi-temps à s’insulter. Chouchou du public castrais, sa grande gueule ne ferait pas de mal à une certaine sélection en manque de leaders. Closer qui confond Omar Sy et Kockott, mais où va le journalisme d’investigation ? Le mec qui a creusé le trou de la Sécu à lui tout seul La palme revient au malchanceux Geoffrey Palis, qui aura joué 140 minutes en Top 14 cette saison, soit 20 minutes de moins qu’avec le XV de France durant le 6 Nations. Sans doute la politique de l’homme en forme. Désormais spécialiste du système ligamentaire du genou après ses deux ruptures, on espère le revoir au plus vite sur les terrains, ou a minima dans le staff médical. Le mec que tu pensais membre du staff tellement tu l’as vu sur le banc et qui a aujourd’hui le niveau d’un All Black (pas en pré-retraite) Sans doute le meilleur arrière du championnat la saison passée, Julien Dumora a surpris pas mal de monde, à commencer par Urios, qui a récemment confié cette anecdote à propos du Béarnais : « Quand il jouait à Lyon, il y avait de grosses oppositions face à Oyonnax. Et nous, à Oyo, nous étions contents quand il était en face ». Mais ça, c’était avant que le mayonnaise ne prenne avec Dumora. Le mec qu’on t’a vendu comme Beauden Barrett mais qui s’avère être son cousin, Bedaine Barrett Un temps spécialité locale avec Frank Bunce voire Sivivatu, le recrutement de stars à la condition physique douteuse n’est plus en odeur de sainteté sur les bords de l’Agoût. Impossible, donc, de trouver une grosse déception dans l’effectif qui a ramené le Brennus, même si on attendait mieux de la part de Robert Ebersohn, vice- capitaine en début de saison et tombé dans la hiérarchie des centres aussi vite qu’un ballon des mains de Bernard Le Roux. Bedaine Borat Un bel effectif, donc, qui pourrait permettre au CO de finir dans le ventre mou du championnat, voire d’accrocher une 6e place qui lui donnerait le droit de se faire laminer par les grandes écuries en phases finales. C’est en tout cas ce que les « spécialistes » annoncent chaque année, donc on va leur faire confiance, une fois de plus. Et malgré la décision de Christophe Urios de quitter le club en fin de saison, on va espérer jusqu’au dernier moment qu’il ne trouve jamais l’unique départementale qui lui permettrait de s’enfuir vers des contrées lointaines, où l’herbe et les billets seraient plus verts.
Quelle blessure clermontoise êtes-vous ? Par Bedaine Barrette, Le test BIBA boucher En cette période de grand tourment du rugby français, ce cher Taupe 14 nous dévoile chaque week-end toujours plus de scènes d’horreur physique où même un film de Tarantino passerait pour du Tchoupi à côté. Des ligaments se brisent, des cerveaux s’éteignent, des os se fracassent, des épaules se disloquent… Chaque match laisse ce frisson désagréable parcourir votre corps : « et si c’était MOI le week-end prochain ? » Il nous est tout naturellement apparu comme une divine évidence de prendre pour modèle irréfutable dans la déchéance physique cette bonne vieille équipe de l’ASM, toujours fidèle au poste quand il est question de malédiction ou de complot. Depuis le début de la saison, on en vient à se demander si l’intendant et le traceur de lignes ne vont pas finir titulaires tellement les têtes tombent à une allure effrénée. Afin de lever quelques-unes de vos sueurs nocturnes, la Boucherie vous offre ce test hautement psychologique afin de vous aider à déterminer à quelle blessure clermontoise vous correspondez (chose qui vous permettra d’appréhender plus sereinement le reste de votre saison). 1/ En 3ème mi-temps vous êtes plutôt : a/ Le casseur de glaçons : tout dans le front, rien dans la tête, vous fracassez ces cubes de glace sans jamais prendre conscience qu’à la fin, c’est forcément vous qui allez avoir mal. b/ Le roi du dance-floor : vous êtes resté au club-house dans l’unique but de ramasser la fille du coach à tout prix à la fin de la soirée, alors vous vous déhanchez tant bien que mal sur le son mélodieux de La Chatte à la voisine. c/ Le gouffre à bières : accroché au bar tel une moule à son rocher, vous levez le coude pour enquiller les pintes bien plus vite que vous n’êtes capable de déborder un pilier gauche pendant vos matchs du dimanche. d/ Mort ivre. Ou l’inverse. 2/ Dernière action du match, vous vous retrouvez ballon en main face à un défenseur : a/ Vous foncez pleine bourre, tête la première dans la ventrèche du mec qui vous attend épaule engagée sans que vous ne l’ayez remarqué. b/ Comme vous n’avez aucune personnalité et accessoirement aucun talent, vous tentez un pas de l’oie copié sur une attaque ratée de Teddy Thomas afin d’enfumer et déborder votre adversaire. c/ Dans un élan fidjien insoupçonné, vous armez votre bras le plus musclé, agrippez le ballon le plus fort possible de l’autre main et tentez un raffut. d/ Vous êtes déjà en route pour la clinique la plus proche. 3/ Jour de derby, le pilier adverse relève volontairement la mêlée, c’est le moment de LA BAGARRE : a/ Jamie Cudmore est votre idole, comme lui vous êtes toujours généreux et volontaire pour caresser les bajoues de vos adversaires avec vos poings saillants… et vous acceptez également qu’on caresse les vôtres en retour ! b/ Courage, fuyons ! Votre surnom dans l’équipe c’est « Gendre idéal », et vous voulez conserver ce titre (et votre joli minois) jusqu’à la fin de votre carrière, alors vous détalez vite fait bien fait vers le banc pour boire un coup d’eau en attendant que ça se calme. c/ Vous, la bagarre vous aimez bien regarder mais bon au bout d’un moment il faut quand même reprendre le match. Alors vous jouez les séparateurs et essayez de maintenir à bouts de bras Dédé votre Pascal Papé local loin de son vis-à-vis. d/ Vous finissez en PLS. 4/ Lors de la MUSCUUU, vous êtes plutôt : 5/ À quel GRANDISSE vous identifiez-vous ? a/ Jonathan Sexton : modèle de grande taille muni d’une belle tête de con, vous aussi vous feriez exprès de mal jouer ou de provoquer volontairement votre amnésie si vous aviez signé au Racing. b/ François Trinh-Duc : vous n’avez jamais vraiment eu de talent mais paradoxalement tout le monde vous a toujours vu comme le sauveur. Heureusement vous savez rappeler lors de vos sélections diverses que vous avez finalement plus été choisi par dépit que par envie. c/ Jules Plisson : vous avez une belle gueule, mais c’est le seul avantage dont la nature vous ait fait cadeau. Vos pieds carrés et votre maladresse à en faire rire un tétraplégique font de vous une légende urbaine dans tout le championnat régional. d/ Nicolas Laharrague. 6/ Dans votre sac de rugby, vous n’oubliez jamais : a/ Votre tout nouveau super beau casque Gilbert, double mousse frontale et protections latérales anti choux-fleurs. b/ 10 km d’Elastoplast répartis en 30 rouleaux, plus vous êtes momifié plus vous vous sentez en confiance sur le terrain. c/ Votre T-shirt à épaulières intégrées BLK avec lequel on penserait presque que vous avez une carrure à faire trembler la seconde ligne adverse. d/ Votre carte vitale. 7/ Quelle est votre vidéo YouTube favorite ? a/ LA COMPIL BIG TACKLE VIOLENCE RUGBY BOOM LOOOOL. 3 min 17 de plaquages à la glotte, percussions coudes en avant et de déblayages à coup de casque, le tout sur de la musique à lascars du 93. « Ah ça c’est pas des tafioles de footeux ! » https://www.youtube.com/watch?v=-YGHa0Me1u4 b/ Les highlights de Quade Cooper. Véritable joueur de compilation YouTube, son sens de l’esquive et ses appuis vous fascinent. Qu’importe que le mec se fasse croquer 9 fois sur 10, vous voulez tenter sa fameuse feinte de croisée. https://www.youtube.com/watch?v=BO4dApV2ScA c/ Les 38 plaquages de Dusautoir lors du quart de finale face aux All Blacks. Votre clavier d’ordinateur colle un peu plus après chaque visionnage. Votre rêve est d’imiter le Dark Destroyer, pensez juste à regarder sa technique de plaquage, ça pourrait vous être utile. https://www.youtube.com/watch?v=m_PZKtoVT_4 d/ Le défi Facebook de votre tonton Jean Aimé « Y a claqué s’tête » https://www.youtube.com/watch?v=N6Fbc6CHeAQ RÉSULTATS Majorité de a/ Vous êtes une commotion de Morgan Parra : Bien que votre cerveau ne vous ait jamais trop servi à grand-chose, vous avez quand même compris que pour continuer à pisser droit ou ramener la pinte à la bouche, il fallait éviter de cogner votre front trop souvent sur toute hanche ou genou traînant dans un regroupement. Mais parfois c’est plus fort que vous ! Vos instincts primaires vous imposent de foncer tête la première dans tout ce qui bouge en laissant échapper un gros filet de bave. Dans le meilleur des cas, vous verrez juste des étoiles tourner pendant quelques minutes, dans le pire vous vous réveillerez talonneur capitaine du XV de France. Si la commotion n’est pas une affaire de volonté, elle peut hélas parfois s’imposer d’elle-même compte tenue de votre physique de flûtiste privé d’hormones de croissance. En attaque non plus, tel Alexis « Babtou Fragile » Palisson, vous ne manquez pas de volonté ni de courage mais vous accusez bien souvent violemment le choc. En effet vos adversaires, eux, n’ont pas oublié leur shaker de protéines et ne vous ménagent pas. Majorité de b/ Vous êtes les croisés d’Alivereti Raka : Comme une gazelle essayant d’échapper à son prédateur en pleine savane, vous vous sentez fantasque tel un Fidjien. Chacun de vos membres est gorgé de confiance et un terrain bien gras ne vous fait pas peur ! Une fois la balle en main, tel un Teddy Thomas en retard plomberie, vous posez chaque appui sur ce bout de terre dégarni dans l’espoir que vos jambes deviennent légères et que votre sens du crochet vous propulse en terre promise. De fait, tout comme un Raka en plein espoir de recevoir sa première sélection pour le XV de France de Diktator Bern, vous vous lancez dans des courses effrénées à grand coup de changements de direction en mode Shuffle. Malheureusement, vous n’êtes pas né dans les îles de l’hémisphère sud, et les deux fils qui vous servent de connexion cérébrale ne sont hélas pas suffisamment puissants pour vous donner un semblant de coordination tête/jambes. Vos ligaments croisés apprécient moyennement ces torsions impromptues et se rompent aussi brutalement qu’un rideau défensif agenais. Comme Fofana, dame nature de l’ovalie vous a puni de ne jamais faire de passes, vous finirez donc danseur de moonwalk sur Twitter. Majorité de c/ Vous êtes la luxation d’épaule d’Arthur Iturria : Vous êtes jeune, vous êtes frais, vous êtes le tout nouvel espoir du peuple, Olivier Merle réincarné. Afin de rendre hommage à « l’homme et demi », vous ne vous économisez pas dans les zones de combats. Déblayage avec 10 mètres d’élan ou plaquages dans les genoux, vous n’épargnez pas votre grande carcasse. Et malgré vos 130kg au developpé-couché, vos épaules finissent par vous faire savoir qu’elles ne sont pas faites pour servir de pare-chocs. Elles ont vite cette fâcheuse tendance à se luxer malgré vos deltoïdes saillants. C’est très pratique si vous êtes Mel Gibson pour vous délivrer d’une camisole de force, mais sur un terrain de rugby, c’est légèrement handicapant. Un conseil, apprenez à plaquer correctement si vous ne voulez pas connaître le personnel du bloc chirurgical mieux que vos coéquipiers de club. Majorité de d/ Vous êtes Lopez, Fernandez, Lavernhe, Mc Allister, Pierre Richard, demi d’ouverture de l’ASM : Fracture, luxation, déchirure, hémorroïdes… ne cherchez plus, vous étiez prédestiné à l’infirmerie ! Certains superstitieux diront que le numéro 10 est maudit et responsable de cette déferlante d’handicapés notoires, d’autres crieront au génie de la nature d’avoir mis au monde l’enfant caché de Benjamin Fall et Pierre Richard, rien que ça ! Mais en fait vous n’avez juste pas de chance. La merde sur le trottoir, elle est pour vos chaussures. La plaque de verglas sur la route du ski, elle est pour votre bagnole. La prostituée trans en virée au red light district, elle est pour vous, La meuf vegan de la soirée, elle est pour vous… N’essayez plus de lutter, en plus de vous blesser, il pourrait vous arriver pire, une Benjamin Dambiellisation : on sait que vous existez, votre état civil en témoigne, on est capable de dire vaguement que vous avez eu un lien avec le rugby français, mais on sait plus si vous étiez ouvreur, gestionnaire de la bourriche ou coupeur d’oranges remplaçant. Et vous n’avez que 32 ans. Le plus sage est d’attendre que le tourment passe, ou devenir consultant à la télé.
Le Petit Guildford Illustré, Édition VI Nations 2018 D’après les sollicitations que l’on a à chaque fois, la sortie du Petit Guildford est la chose que vous attendez le plus chaque année après Noël et votre anniversaire. Vous allez donc être comblés si vous êtes nés un 2 février car la nouvelle édition, spéciale VI Nations 2018 est arrivée ! Servie avec grâce et élégance par la patte artistique de notre cher Peir, cette nouvelle version devrait largement combler vos besoins en alcool (en attendant celle pour le Tournoi féminin qui arrivera la semaine prochaine). Comme tous les ans, on remercie au passage l’excellent @WelshDalaiLama qui a eu cette brillante idée il y a quelques années et si vous regardez les matches en Angleterre, vous pouvez avoir sa version ici. Au passage, on rappelle à ceux qui ne l’ont toujours pas que notre deuxième bouquin est disponible ICI MÊME et que le premier est toujours en vente LÀ (avec une version Top 14 du Petit Guildford à l’intérieur, pour ceux qui veulent jouer toute l’année). Objectif : récolter 35 millions d’euros pour Ovale Masq… euh, le rugby amateur. Cliquez sur l’image pour l’ouvrir dans un nouvel onglet.
Les yeux dans le jaune, une journée dans la vie de René Par Peir Lavit (qui nous a envoyé ce texte entre deux tournages à L.A), Paris, 19 janvier 2018. 10h15 : Le réveil sonne. René (le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité, ndlr) tend péniblement le bras afin de faire cesser la sonnerie stridente qui s’échappe du maudit appareil. « Encore cinq minutes », peut-on discerner dans un râle prolongé. 11h37 : René parvient tant bien que mal à passer en position assise et non sans effort, il finit même par se lever de son lit. D’une démarche chancelante, il se dirige vers les toilettes afin d’assouvir ses besoins matinaux. Encore une belle journée pour être en vie. 11h49 : Le petit-déjeuner, c’est l’un des moments préférés de René. Au petit matin, il aime prendre le temps de se ressourcer, réfléchir au sens de la vie et faire le plein d’énergie afin d’affronter avec aisance les tribulations du quotidien. Méticuleusement, il verse ses céréales dans son bol. Céréales qu’il arrose généreusement d’un « lait végétal » (sic). Il s’agit en réalité d’une boisson parfumée à la réglisse et à l’anis qu’il surnomme affectueusement « mon Riri ». 12h25 : Le petit-déjeuner avalé, pas le temps pour la toilette. René ne veut pas être en retard au travail ! Il travaille peu et met donc un point d’honneur à être toujours à l’heure. C’est la moindre des choses et cela fait partie des Valeurs© qui sont profondément ancrées en lui. Il saute donc dans son plus beau costume et quitte son duplex. 13h10 : Un premier arrêt s’impose. René pousse la porte de Chez Burette. Une céphalée persistante l’empêche d’avancer davantage. Malgré tout, à aucun moment il ne perd sa bonhomie légendaire : il répète à qui veut bien l’entendre qu’il faut « relancer la machine » et « soigner le mal par le mal ». Les actes valant mieux que les paroles, René commande alors un verre de Suze, agrémenté de tuiles au paprika. 13h18 : Très vite, il sympathise avec les clients accoudés au comptoir. Beaucoup sont des habitués, comme lui. La parole se libère, les débats sont tellement passionnants et passionnés que l’on se croirait sans peine sur le plateau d’une émission de RMC. Politique, écologie, philosophie, numismatique ou astrologie, tout y passe. René se sait brillant et a un avis éclairé sur bon nombre de sujets. 15h07 : Les verres s’enchaînent, les tirades aussi : « Et le Premier Ministre là, Philippe Edgar où je sais pas quoi, quelle pipasse celui-là ! Et Macron, Macron… J’ai beaucoup de respect pour lui mais quand même… C’est pas aux Français de payer son incapacité à mener une politique décente ! C’est pourtant simple putain, moins de fonctionnaires, moins d’assistanat, moins d’immigration, on n’a qu’à permettre aux entreprises de faire du blé et le plein emploi reviendra, je vous le dis moi ! » – Comme tu y vas René ! Quelle verve, quel talent ! C’est quoi ton petit secret ? – Ah mais y’a pas de secret mon petit, pas de langue de bois ! Moi je suis libre de tout, mais en espagnol. » Silence gêné dans l’assistance. René termine son énième « Riri » et quitte ses camarades. 16h31 : Il grimpe dans un taxi. Les conversations enjouées tournent autour de la piétonnisation de la rive droite de la Seine et des bobos mangeurs de graines du Canal Saint-Martin. 16h57 : Le taxi dépose René devant les locaux d’un grand média national. Il s’avance avec assurance mais le vigile gardant la porte d’entrée le retient d’un signe ferme de la main. « Monsieur, vous-êtes ? – Je suis consultant rugby, je viens pour l’émission ».
Jacques Brunel : faut-il y croire ? Un article proposé par Taupe en colère, qui nous livre son premier (et sans doute dernier) effort sur la Boucherie. Accueillez-le comme il se doit. Dans le dernier article publié par la Boucherie il y a plus d’un mois (*), Pierre Villegueux, aussi désespéré qu’un XV de France dont il se proposait de raconter le premier match perdu face à la Nouvelle-Zélande, déplorait être le dernier membre du cénacle disposé à publier un texte sur le site internet, les autres étant trop occupés à faire des montages vidéo rémunérés par Bolloré, ou encore l’autopromotion d’un livre autoproclamé #MeilleurGuideDuMonde. Et puisqu’il s’agit du dernier compte rendu publié par la Boucherie (alors même que les autres matchs de la tournée garantissaient une bonne dose d’humour), on est en droit de s’inquiéter de la pérennité du site, visiblement abandonné par son dernier Jedi. (*) Sitôt mon texte achevé, je tombe sur le tout nouvel article de la Boucherie. L’art du timing. Alors j’ai décidé d’intervenir. Aussi inspiré dans mes choix que Brock James à quinze minutes d’un titre de champion d’Europe, avec autant de flair que Guy Novès décidé à prendre la tête du XV de France, j’ai tenté, un soir de solitude parsemé de doutes sur le remplissage de ma vie, d’attirer l’attention des quelques bouchers qui font encore semblant d’être actifs sur Twitter, alors même que ça ne rapporte pas d’argent. C’est plutôt facile : YIONEL par-ci, BEAUXIS par-là, et avec un peu de chance vous trompez la lassitude d’un des membres, qui n’a rien d’autre à faire que vous répondre, si ce n’est attendre la sortie d’un troisième opus, peut-être futur #MeilleurPrixGoncourtDuMonde. Alors l’un d’eux, voyant dans ma personne l’occasion idéale d’alimenter sans le moindre effort un site internet laissé à l’abandon, a fait semblant de m’offrir un joli cadeau de noël, qui fait rêver tout amateur de rugby sans talent : ÉCRIRE UN ARTICLE POUR LA BOUCHERIE OVALIE. Alors voilà. Cette fois, on peut le dire : la Boucherie, c’était mieux avant. À l’époque, même la Boucherie ne se doutait pas que traiter quelqu’un de Guy Novès serait aussi drôle. Il y en a eu un autre qui a eu un beau cadeau avant l’heure, c’est Guy Novès. Alors même que Bernard Laporte était prêt à épargner son réveillon en fixant l’annonce des « décisions à prendre […] autour de l’Équipe de France » au 27 décembre, tout le monde, depuis le 21 au soir, est au courant de la destitution de l’actuel sélectionneur et de son remplacement par Jacques Brunel. Personnellement, je suis assez déçu : j’attendais avec impatience la conférence de presse où Novès rappellerait aux journalistes ses quatre coupes d’Europe et ses dix Brennus gagnés comme entraîneur, à la fin d’un Tournoi terminé à la sixième place. À la place, en guise de consolation, on pourrait voir Brunel rééditer son exploit de 2013 : faire perdre le XV de France contre l’Italie. On peut s’interroger sur le choix de Laporte quant à la nomination du nouveau sélectionneur. Certes, les deux hommes ont déjà fait du bon boulot ensemble à la tête de l’Équipe de France (quatre Tournois gagnés entre 2001 et 2007, alors que Brunel était entraîneur des avants). Mais à l’heure où l’on parle de renverser la table, où l’on réclame de la fraîcheur, de nouvelles têtes, la solution Brunel peut faire sourire. On voit difficilement comment le premier entraîneur à avoir perdu une finale contre Clermont peut réussir là où vient d’échouer le « plus beau palmarès de France ». Quand le nouveau mec de ton ex se fait larguer encore plus vite que toi. Mais en bon supporter naïf, j’ai envie de croire que Jacques Brunel est bel et bien l’homme qu’il faut au XV de France ; l’homme qui va battre les Anglais à chaque Tournoi et nous amener sur le toit du monde en 2019. (Oui, ok, c’est très drôle, mais avouez qu’on l’a tous un peu fantasmé quand Novès a été accueilli en 2015 comme l’enfant prodigue.) Alors au lieu de ressasser les mille raisons de croire que Brunel va se planter comme les autres, et que la FFR gagne du temps en faisant du sélectionneur en place le parfait bouc émissaire, je préfère énumérer les motifs d’espoir : 1/ LE DÉSESPOIR C’est bien connu : c’est toujours quand l’Équipe de France est au plus bas, qu’on attend plus rien d’elle à part peut-être une victoire de temps en temps contre une équipe comme le Japon (vous l’avez ??), qu’elle se met à faire des trucs de dingue. On arrive au bout du cycle perpétuel : Victoire retentissante – Nouvel espoir – Défaites encourageantes – Doutes – Défaites désastreuses – LA CRISE. Opportuniste, Brunel arrive peut-être au parfait moment pour faire illusion jusqu’en 2019 et même, qui sait ? remporter une victoire de prestige en poule contre les États-Unis. 2/ LA MOUSTACHE Quand tout va mal, l’histoire récente nous a appris que la moustache était parfois la solution inattendue : le dernier à avoir opté pour ce style pileux un peu douteux a bien failli troller tout le monde en passant à un tout petit point d’offrir à la France sa première coupe du monde. Fidèle à la moustache depuis au moins aussi longtemps que le XV de France ne s’est pas imposé face à une nation majeure, Jacques Brunel pourrait bien, grâce à elle, donner aux Bleus ce petit supplément d’âme qui lui fait défaut. Et puis si ça marche pas, dans deux ans, on peut toujours lancer José Bové. 3/ IL A CÔTOYÉ LE MEILLEUR Et par là, je fais évidemment référence à sa saison 2016/2017 passée aux côtés du GRANDISSE YIONEL BEAUXIS à l’Union Bordeaux-Bègles. Peut-être Brunel est-il ainsi le mieux placé pour connaître la véritable identité de l’ouvreur providentiel du XV de France…? J’en profite pour faire un clin d’œil au très aimable John Pils (même si c’est lui qui vient d’écrire l’article qui ruine complètement mon introduction), puisqu’il m’a bien conseillé : « Trouve tes propres vannes, ne fais pas un recyclage de la Boucherie, ça sert à rien de citer 8 fois Beauxis ». En fait, c’est surtout que je ne trouvais vraiment pas d’autre motif d’espoir. Malgré tout ça, j’ai hâte du début du prochain Tournoi des six nations. Parce qu’on aime quand même suffisamment le rugby pour regarder jouer l’Irlande ou l’Angleterre. Parce qu’on a envie de savoir quelles sont les sept charnières qui vont être utilisées en cinq matchs. Parce que ce sera un vrai challenge pour Brunel que faire aussi bien avec les Bleus qu’avec l’Italie (une 4e place, deux 5e place et deux 6e place entre 2012 et 2016). Parce qu’on continuera de toute façon à regarder les matchs de l’Équipe de France, même après une défaite encourageante contre l’Écosse. Et puis si vraiment ça marche pas, il sera toujours temps à Laporte, à Brunel et à ses joueurs de s’enterrer dans la Sépult-U Arena, après avoir creusé sa pelouse comme une taupe en colère.
Dan Carter et Neymar, destins croisés Une contribution proposée par un fidèle lecteur, Hugo Molasse. « Le rêve de tout catalan, c’est de devenir parisien. » C’est ce que j’ai réalisé ce matin en beurrant ma tartine : elle m’a glissé des mains, est tombée par terre côté beurre. Paf, loi de Murphy ! J’ai alors été frappé par les parallèles entre Neymar Jr et Carter Dan : deux monstres dans leur sport, issus des meilleurs clubs du monde, nés et formés dans les nations emblématiques de leur discipline, dont la belle gueule menace notre couple et notre hétérosexualité. La Catalogne incarnerait l’Alpha, tant que la capitale française serait l’Omega. Si vous ne savez pas ce que fout Olivier Olibeau sur cette photo, rassurez-vous : lui non plus. Sans m’étendre sur les dualités entre les discours des recrues et la réalité des clubs dans lesquels elles ont signés, permettez-moi de relever les points suivants : Neymar, quand il signe au PSG « pour gagner des titres », il est au courant que Montpellier et l’ASM ont déjà remporté le championnat à la barbe des Qataris ? Même en Top 14, ces clubs n’ont jamais gagné ! Carter, quand il signe pour l’ambiance, soit il est cohérent, soit on lui a pas tout dit : entre son âge avancé et son rôle de buteur, c’est peut-être bien le calme et le silence qu’il est venu chercher dans les Hauts -de-Seine Mon mauvais esprit ampute la réflexion de l’élément-clé du débat : pourquoi Paris après la Catalogne ? Ami lecteur, ferme les yeux et pense à la Catalogne. D’abord, des images de gitans et de bars à putes viendront à toi, puis ton imagination t’emmènera à Collioures, ses plages, le mont Canigou, les ramblas, Bayonne et St Jean de Luz. Tu auras une envie de sieste, de banyuls et de tapas. Tu prolongeras ton idylle dans les arcanes d’Aimé-Giral, tu y croiseras Paul Goze (jeune), Desclaux, Imbernon, Montgomery… l’accent de Dali t’accompagnera jusque dans les travées du Camp Nou pour y voir Figo, Rivaldo, Kluivert, Iniesta, Eto’o et Messi, bien sûr. Mais ton repos s’éternise : le soleil tape trop fort sur ton front qui transpire le rosé. Les images se brouillent : Paul Goze vieillit, Jean-Pierre Perez fait une apparition divine, le Barca met un sponsor sur son maillot, Montjuic 2011 cède à Montjuic 2014, la Pro D2 chasse le Top 14, tu restes à Barcelone, mais pour mieux chuter face à Madrid, tu es la dernière lettre de MSN… Le coup d’oeil, la vista, l’agilité : il y a assurémment du David Marty dans Neymar. Quand les sirènes parisiennes résonnent, c’est un vent de fraîcheur. Tu seras le trophée que ton Président brandira, le gigolo pour les sponsors, le Dieu aux yeux des supporters et tu te feras sucer tous les dimanches sur les plateaux télés ! A une nationalité près, tu devenais porte drapeau de Paris 2024, la vie est mal faite. Il faut temporiser les observations précédentes : la Catalogne n’est pas la seule victime des Parisiens. Les congés estivaux nous le rappellent cruellement : pourquoi venez-vous jouer ET GAGNER au beach volley sur NOS plages ? Pourquoi prenez-vous le badminton tant au sérieux, c’est un putain de jeu de plage ! Et surtout, pourquoi piquez-vous les plaques d’immatriculation des Corses ? On vous rayera vos bagnoles QUAND MÊME ! Pour rester dans le domaine rubystique, rappelons nous la belle époque où le Stade Français faisait les poubelles du RCT (qui s’est bien vengé depuis). Dans la presse aussi, avec le transfert d’Ovale Masqué depuis Toulouse vers Paris. Neymar, c’est 222 millions. Carter, c’est 1.8 millions. Ovale Masqué, c’est un deuxième bouquin et le lead role dans Justice League cet Automne. Le point commun le plus évidemment entre ces transferts : l’argent. Pour les amoureux du rugby clocher, je citerai ce proverbe que je viens d’inventer : « Quand on a pas de talent, on a de l’argent ! Et quand on n’a pas d’argent, on joue à Montauban ! » Amis bouchers, notre ballon arrondit dangereusement ses angles. Mais le polissage sera long… C’est quand on voit qu’il est capable de ramener des gens devant le stade Jean-Bouin qu’on comprend que le football reste largement supérieur au rugby. Jacky, la prochaine fois que tu signes une star, prends cette check list avec toi pour que ta pépite se rapproche un peu plus des canons marketing du football. Ton joueur devra : – avoir moins de 30 ans – n’avoir jamais joué en France / à défaut, jamais gagné de titre en France – être prêt à devenir ambassadeur pour une compétition ou un événement majeur à venir en Helvétie (Curling, Lutte Suisse, Salon du Jet privé à Genève) – être informé clairement que Colombes, c’est en dehors de Paris (tu peux alors t’appuyer sur l’argument suivant : « une fusion, c’est comme un attentat, vaut mieux pas être en plein coeur de Paris quand ça se produit ») – faire tourner l’économie française grâce aux cotisations sociales et impôts qu’il générera – NE PAS SE DOPER : ça porte atteinte à l’intérêt général du rugby ! (même si c’est une pratique courante dans les différents Racing de France) En relisant cette check list, je réalise qu’il en faudra des saisons avant que le rugby arrive à la cheville du foot. Et ce n’est pas plus mal : ça permettra encore à des petits clubs comme l’ASM de gagner des titres. Si la loi des séries que je propose s’avérait exacte, ça signifierait que l’USAP compterait parmi ses rangs quelques pépites… ainsi que les recrues parisiennes de demain ! Je ne connais pas assez bien la Pro D2 pour juger l’effecitf Perpignannais, mais ma thèse apporte un peu plus de cohérence aux branlées reçues par le Leinster et Bayonne en terre Catalane ces dernières semaines. Ca sent bon la reconquête…