Retour sur France – All Blacks (18-38)
par Pierre Villegueux

  • 13 novembre 2017
  • 22

 

Par Pierre Villegueux,

 

Vous savez quelle est la différence entre le French Flair et Pierre Villegueux ? On les annonce tous les deux morts et enterrés depuis des années, mais il y en a un qui bouge encore. Et oui, qui de mieux que votre serviteur pour réaliser le compte-rendu de ce prestigieux France – Nouvelle-Zélande ? Je réponds à votre place : personne. Il n’y a plus personne d’autre.

 

Il faut dire que mes camarades Bouchers sont bien occupés en ce moment, pris dans la frénésie de leur tournée mondiale célébrant la sortie de leur deuxième crime contre la littérature. C’est bien simple, ces derniers temps les Bouchers sont partout, sauf sur leur site. On les a vu abandonner leur sacro-saint anonymat pour sortir deux-trois bons mots dans un journal dans lequel on peut trouver des posters détachables de Laurent Wauquiez. On a pu admirer leur physique de réformés du service militaire lors de séances de dédicaces servant surtout de prétexte pour se mettre des murges et choper les meufs bonnes (sur leurs photos de profil, du moins) de Twitter. Il paraît même qu’on peut les entendre de temps en temps sur Canal + ! Mais là je ne suis pas allé vérifier, puisque, comme toute personne de bon sens, je n’ai pas regardé la chaîne cryptée depuis que le porno est arrivé en accès libre sur internet.

 

Le pire dans tout ça restant sans doute l’adoubement par Télérama, dans un article branlette digne des meilleures critiques de films slovènes projetés dans la sélection « Un certain regard » du Festival de Cannes (avec une bonne dose de misogynie en bonus offensif). Vous allez me dire, Pierre, tu pourrais te réjouir pour eux, ils ont bien mérité de profiter de leur petite gloriole. Des clous ! Tout ce que je vois, moi, c’est que c’est le début de la fin. Quand on fait l’unanimité comme ça dans des journaux de droite comme de gauche, il ne peut qu’arriver des choses atroces par la suite (la preuve avec notre actuel président de la République).

 

À ce stade, tout retour en arrière me semble impossible. Et je ne vois plus que deux issues pour mes compères :

 

1) L’obtention d’un poste de chroniqueur dans « Les Tontons Flankers » sur Eurosport.

 

2) Un décès par overdose.

 

Sachant que la seconde option est de loin la plus souhaitable, il suffit d’écouter Jean-Baptiste Lafond pendant 6 secondes pour s’en convaincre.

 

Heureusement, pendant que la Boucherie se meurt à petit feu, je reste là pour garder la boutique ouverte. Seul, mais digne, comme l’orchestre de glandus qui continua de jouer pendant que le Titanic coulait après s’être mangé une percu de Tuisova. Il ne me reste plus beaucoup de temps, mais ce temps j’ai bien l’intention de l’utiliser pour vous rappeler ce que c’était vraiment la Boucherie, à la base : un site de merde, écrit par des connards, pour des connards. Alors, prêts pour 20 000 signes de pseudo analyse sur la nouvelle débâcle prévisible de la 8e meilleure équipe du monde dans un sport pratiqué par 12 pays ?

C’est parti !

 

La compo :

 

 

AVERTISSEMENT : IL VOUS RESTE 90% DE CE TEXTE À LIRE

 

Pour débloquer la suite, veuillez commander Boucherie Ovalie : guide de survie au pays du rugby sur le lien suivant.
Si vous ne le faites pas, vous pourrez toujours retrouver les meilleures vannes de ce texte dans « Le Mur Facebook du XV de France » d’Ovale Masqué, bientôt en ligne sur le Rugbynistère, dans un format plus court et plus visuel, adapté aux débilos qui font movember et qui postent des snaps d’eux à la salle de muscu.

 

 

Le contexte :

Je parlais de tournée promotionnelle plus haut. Ça tombe bien, il y en a d’autres qui sont en représentation à travers le globe en ce moment. En fait, ils le sont même toute l’année. Je parle bien évidemment des Adidas’s All Blacks ™®©, qui s’arrêtaient samedi à Paris pour une étape mineure de leur World Tour. Il faut pas se mentir : se prendre en selfie devant la Tour Eiffel ou avec Neymar (pour citer les deux seuls éléments de notre patrimoine mondialement connus) était probablement le principal objectif des Néo-Zélandais, sans doute déjà un peu éreintés par le Rugby Championship et la série de tests contre les Lions Britanniques et Irlandais. On notera d’ailleurs qu’ils ont soigneusement évité d’affronter l’Angleterre et l’Irlande cet automne histoire de pas trop avoir à se faire chier.

 

Se prendre des Adidas’s All Blacks ™®© en mode touristes, ça aurait pu être une superbe occasion pour les Bleus, qui courent après une victoire contre les Tout Noirs depuis la finale de la Coupe du monde 2011, certes perdue au tableau d’affichage, mais remportée sur la note artistique. C’était sans compter sur la cascade de blessures qui a transformé notre équipe déjà pas bien intimidante en sélection de seconds couteaux n’ayant pas grand-chose à perdre en dehors de leur amour propre. Une sorte de Suicide Squad qui avait au moins le potentiel pour nous divertir bien plus efficacement que le navet du même nom.

 

Résultat ? On a bien rigolé, oui. Du moins jusqu’au moment où les Adidas’s All Blacks ™®© ont commencé à remballer le matos juste après l’entracte, préférant sans doute s’économiser pour leur prochaine représentation en Écosse. Professionnels jusqu’au bout, ils nous ont tout de même offert un ultime essai sur la sirène, en guise de rappel. Du travail bien fait, mais sans plus. On était malheureusement loin des sommets d’humour atteint à Cardiff un soir d’octobre 2015…

 

Imanol, constatant avant le coup d’envoi qu’il est toujours le meilleur joueur de rugby français présent sur la pelouse.

 

 

Le film du match :

 

Les hymnes : Après Yannick Nyanga en 2012 contre l’Argentine, c’est cette fois Mathieu Bastareaud qui nous offre le moment « Regardez ! Il est noir, mais il pleure pendant la Marseillaise, si seulement ils étaient tous comme ça ! » sponsorisé par Alain Finkielkraut. Rafraîchissant. Personnellement, je m’attendais plus aux larmes de Geoffrey Doumayrou pendant l’hymne néo-zélandais, un peu à la manière de Pieter de Villiers quand il a affronté l’Afrique du Sud pour la première fois sous le maillot bleu. Le néo-Rochelais est sûrement trop pudique, dommage pour l’émotion.

 

Le haka : Comme le veut la coutume, les All Blacks nous ont gratifiés d’un très beau Adidas’s All Blacks Haka ™®©, très bien chorégraphié et filmé. Ah, que c’est beau ces traditions maories ! Pendant ce temps, les Français étaient positionnés à 500 mètres de là, sagement placés derrière un cordon de sécurité pour ne pas déranger les performers. Ils ont tout de même fait mine d’avancer avec une once de défi dans le regard, mais en prenant bien soin de ne pas aller trop loin pour ne pas faire payer une amende à leur fédération qui a déjà suffisamment d’emmerdes en ce moment.

 

On regrettera cependant les sifflets du public du Stade de France durant cette séquence. D’autant plus surprenant que la moitié d’entre eux venaient probablement juste pour voir le haka.

 

C’est pas avec votre danse à la con que vous allez impressionner ces deux CHAMPIONS D’EUROPE EN TITRE.

 

1ère minute : Beauden Barrett donne le coup d’envoi du match et les Bleus se chient déjà sous le renvoi. On se prend à rêver d’un essai au bout de 15 secondes de jeu, mais les Blacks sont finalement pénalisés.

 

4e : Première mêlée du match, et bras cassé sifflé contre les Blacks. Les Français prennent la confiance et redemandent l’épreuve de force. Le pack noir recule et se fait pénaliser ! On se dit alors qu’on va peut-être réussir à les bousculer en les prenant devant, comme à la belle époque. Spoiler : en fait non.

 

6e : Crotty réussit à passer les bras dans l’intervalle pour SONIBI, qui transmet à McKenzie. Mais notre Bubulle national sort les cannes pour stopper le jeune arrière au sourire de psychopathe. Un temps de jeu plus tard, Sonibi retouche le ballon et fonce vers l’en-but, mais il est coffré par son compatriote Doumayrou.

 

9e : Cette fois ça y va, Barrett sert Coles dans l’intervalle, et le petit gros le plus rapide du monde inscrit le premier essai du match. On notera la sublime montée défensive de Guilhem Guirado, sans doute le plus beau geste kamikaze réalisé au Stade de France depuis deux ans. 0-7.

 

10e : Ioane et McKenzie combinent sur l’aile, puis le ballon revient à Aaron Smith qui croque comme un cochon et se fait plaquer par Dupont.

 

12e : Lartot place un petit « il faut éjecter Romano » bien discret, mais qui, on l’espère, lui vaudra des représailles de la part de la communauté Rom qui a déjà beaucoup souffert des films de Christian Clavier.

 

En même temps, cette dégaine…

 

 

16e : On continue de prendre l’eau de partout, on croirait revoir les meilleures scènes de Dunkerque, mais avec les commentaires de Galthié à la place de la musique d’Hans Zimmer (perso je ne sais pas ce qui me stresse le plus entre les deux). Une pénalité est finalement sifflée contre les Français. Les Blacks font genre ils nous respectent et prennent les points. 0-10.

 

18e : La banda du Stade de France joue la Peña Baiona. Pour moi, c’est beaucoup plus grave que siffler le haka, mais bon…

 

20e : La mêlée française est pénalisée à plusieurs reprises devant son en-but, à cause de Slimani-le-tricheur. Là où une équipe française aurait fait le forcing pour faire rentrer De Pénalité, les Néo-Z préfèrent jouer. Barrett balance une longue sautée sur l’aile de Naholo qui va marquer en moonwalk. 0-17.

 

26e : Les Bleus se souviennent qu’ils ont également le droit de toucher le ballon de temps en temps. Les Kiwis ont l’air aussi surpris qu’eux de l’apprendre. Bastareaud charge et réussit à faire jouer après lui, le ballon passe entre les mains de Gourdon, Doumayrou et Ducuing, qui fixe parfaitement le dernier défenseur pour envoyer Teddy Thomas dans l’en-but. Bon, c’était pas mal ça. 5-17 après la transformation manquée par Belleau.

 

29e : Guirado met son habituel gros tampon, le truc qui fait généralement oublier qu’il fait quand même des matchs plus que moyens depuis un an.

 

30e : Au tour de Geoffrey Doumayrou d’alimenter sa compilation YouTube avec un sublime dégagement en touche qui se transforme en passe au pied lobée sur l’aile de Teddy Thomas. On est passé à deux doigts du coup de génie involontaire. Malheureusement, l’action ne donne rien.

 

 

35e : Slimani est pénalisé à nouveau et prend un carton jaune. Le mec qui a annihilé à lui seul la mêlée du Stade Français il y a trois semaines s’est donc soudainement transformé en gros boulet. Comme quoi, faut croire que le Top 14 et le rugby ce n’est pas vraiment le même sport.

 

37e : Les All Blacks déroulent tranquillement. Sonibi tape un petit coup de pied à suivre dans l’en-but, la couverture est absente et Crotty aplatit tranquillement. 5-24. Bon, bon bon…

 

40e : Sous une chandelle de Barrett, Ducuing dégueule magnifiquement le ballon. Derrière, ça envoie au large, Ioane déborde, sert McKenzie qui remet à l’intérieur pour Cane, encore un essai. 5-31 et il commence à pleuvoir. Une bonne nouvelle pour le XV de France qui va peut-être prendre un peu moins d’essais, une mauvaise nouvelle pour Yoann Huget qui va avoir des frisottis.

 

La double peine pour Guytou : le XV de France se prend une branlée et en plus Clémentine n’est plus là.

 

42e : Les Français reviennent du vestiaire visiblement enfin en possession des fameuses « intentions ». Une action intéressante permet de récupérer une pénalité. Belleau la passe, 8-31.

 

45e : Dupont découvre ce que ça fait d’être Wesley Fofana avec une superbe percée plein champ qui ne donne rien, puisque personne n’est assez rapide pour le suivre et lui offrir des solutions. Mais l’action se poursuit et après quelques temps de jeu, Belleau tape une diagonale dans l’en-but sur l’aile de Yoann Huget. SONIBI semble être mieux placé pour capter le ballon, mais il préfère l’envoyer en touche pour montrer qu’après le XIII et la boxe, il est également un excellent volleyeur. Ce clin d’œil à Jeanne et Serge lui vaut cependant un carton jaune. L’arbitre accorde également un essai de pénalité à la France, sans doute un peu par pitié. C’est gentil, ça fait plus que 15-31.

 

49e : Les Blacks commencent à enchaîner les fautes stupides avec un renvoi direct en touche et des en-avant à la pelle. Belleau en profite pour réduire encore l’écart, 18-31.

 

52e : Jolie action française avec Belleau, Doumayrou et Ducuing qui décalent Teddy Thomas le long de la ligne. Le Talent d’Or à vie dépose Damian McKenzie mais met le pied en touche juste avant d’aplatir sous le nez de Sopoaga. C’est con, on aurait pu les faire douter pendant au moins 3 minutes avant qu’ils nous en remettent un.

 

60e : Gros temps fort de plusieurs minutes pour les Français qui pilonnent la ligne des Kiwis. Mais on ne joue pas en bleu marine pour rien : c’est aussi stérile qu’une attaque écossaise.

 

62e : Encore une maladresse de Beauden Barrett, qui n’a clairement plus envie de jouer depuis qu’il pleut et qui est probablement en train de penser à la murge d’anthologie qu’il va se mettre dans 20 minutes.

 

63e : Yoann Huget nous offre probablement l’action du match avec une de ses fameuses courses dite du « labrador qui cherche sa queue » suivie d’une tentative d’offload digne des plus beaux alley-oop de la NBA. Inutile de tenter de vous décrire ça avec des mots, rien ne vaut un bon vieux GIF. Perso, je le regarde en boucle depuis deux jours.

 

 

70e : Clément Maynadier rentre en jeu. Mathieu Lartot ne manque pas l’occasion de rappeler que ce brillant jeune homme a fait l’École nationale supérieure des Mines et possède un diplôme d’ingénieur. Enfin quand on sait qu’il remplace Guilhem Guirado qui a mis 22 ans avant d’arriver à attacher son bandeau tout seul, ça relativise un peu le niveau intellectuel général des rugbymen pro.

 

74e : Les Bleus squattent toujours le camp des Tout Noirs, qui enchaînent les fautes. On décide de ne pas prendre les pénalités et de continuer à ne pas marquer avec panache, ce qui après tout est une certaine idée de la France.

 

80e : Alors qu’on commençait à bien se faire chier, les Adidas’s All Blacks ™®© décident d’en remettre un petit dernier, histoire de bien montrer qu’ils peuvent nous en mettre un quand ils veulent s’ils le veulent. Score final, 18-38.

 

Le réal de France 2, incapable de cadrer une situation de surnombre correctement mais qui tient quand même à nous faire des plans fixes mélancoliques à la Blade Runner 2049.

 

La Guyguy’s army :

 

Jefferson Poirot : Je l’ai pas vu du match et à un moment il est sorti blessé. Du coup j’ai cru que c’était Eddy Ben Arous.

 

Guilhem Guirado : C’est toujours difficile de critiquer un mec qui a l’air d’être assez con pour mourir sur un terrain.

 

Rabah Slimani : Est-ce que c’est vraiment un tricheur, où est-il victime de sa mauvaise réputation parce qu’il a une tête d’Arabe ? Je ne saurais dire, je n’y connais rien. Je demanderais bien à notre spécialiste de la mêlée maison, Grégory le Mormeck, mais il a été remplacé par un robot qui ne fait que répéter « DAVID MARTY » et le « CATALAN » H24 sur Twitter. Remarque, c’est pas tellement pire que le compte officiel de la Boucherie qui fait la même chose avec « YIONEL BEAUXIS » (sérieux les gars, supprimez vos comptes et revenez écrire ici).

 

Paul Gabrillagues : Gabrillagues c’est le gamin qu’on aime tous parce qu’il a pas peur de dire « ta gueule » à son boss, parce qu’il en a clairement rien à foutre du rugby pro, et aussi et surtout parce qu’il n’a pas de compte Twitter pour RT tous les tweets de merde de la Société Générale. Presque un joueur amateur, quoi. Si on était méchant on pourrait dire qu’il en avait aussi un peu le niveau contre les Blacks. À revoir contre les Sudafs, dans un match où ça devrait aller un peu moins vite pour lui.

 

Sébastien Vahaamahina : J’ai mis plus de temps à essayer de me souvenir de sa performance qu’à écrire son nom. Un peu moins en galère que son compère mais on s’attend toujours à plus d’agressivité et d’impact dans le jeu de la part d’un type de son gabarit.

 

Yoann Maestri : Encore et toujours transparent…

 

Judicaël Cancoriet : On a pas vu le même joueur qu’à Clermont. Perd clairement du terrain sur Sekou Macalou et Yacouba Camara pour le titre de nouveau « Yannick Nyanga / Serge Betsen / Thierry Dusautoir ».

 

Kevin Gourdon : Par rapport à l’année dernière, ses performances semblent être au moins autant en déclin que son style capillaire.

 

ET VICE ET VERSAAAAAAAAAAAAAA

 

Louis Picamoles : KING PICA est revenu en Top 14 et s’est immédiatement réadapté à la façon dont on joue au rugby en France : c’est à dire mal. Quitte à avoir un n°8 transparent et qui n’avance pas à l’impact, autant prendre Damien Chouly pour ses qualités en touche.

 

SHOULD PICA STAY OR SHOULD PICA GO ?

 

Antoine Dupont : Il semble tellement fort qu’on se demande vraiment comment on va réussir pour lui ruiner sa carrière à celui-là. Restons méfiants tout de même puisqu’il faut se souvenir que par le passé, on a été capable de s’extasier devant les performances de Maxime Machenaud et Sébastien Bézy. Si l’on peut émettre quelques menues critiques, on remarquera aussi qu’il est plus à l’aise dans le duel que dans l’animation du jeu.

 

Anthony Belleau : Pas timide pour son dépucelage, parfois intéressant, mais souvent dépassé dès que le rythme s’accélérait. Plusieurs plaquages loupés à son actif notamment. Heureusement, les standards au poste de n°10 ont beaucoup baissé depuis quelques années en France, et l’on considère qu’un joueur a réussi son match si l’on estime qu’à sa place, Jules Plisson aurait fait bien pire. Mission accomplie pour Belleau, donc.

 

Yoann Huget : Que Yoann Huget puisse atteindre 50 sélections en équipe de France est sans doute le signe qu’on se rapproche petit à petit du niveau de l’Italie, où un Luke McLean approche sereinement les 90 capes.

 

Geoffrey Doumayrou : Il avait à cœur de donner raison à Greg Cooper en prouvant qu’il pouvait jouer avec les All Blacks. C’est réussi, puisqu’il les a aidés à marquer plusieurs essais en première période.

 

Mathieu Bastareaud : Il y a encore quelques mois, on ne voulait pas le sélectionner parce que « son style ne correspondait pas au jeu que l’on souhaitait pratiquer ». Un peu comme si je montais un groupe de rock pour faire des mariages et que je refusais Eric Clapton au motif qu’il me casse les couilles à faire des solos de 15 minutes. Parfois, ça peut être sympa de dégonfler un peu et de faire avec les rares talents qu’on a sous la main. Pas le match de sa vie, mais il a été un des moins ridicules.

 

Teddy Thomas : Soyons honnêtes, on était tous prêts à RT en ricanant le gif de Philousport après son premier plaquage raté. L’ancien Biarrot se savait sûrement attendu dans le secteur défensif et s’est montré étonnamment solide. En attaque, il est pas passé loin d’un doublé et d’un nouveau Talent d’Or. Une bonne surprise, mais ça ne l’excuse toujours pas de jouer au Racing.

 

Nans Ducuing : Sa réception de chandelle digne de Vidéo Gag qui aboutit au troisième essai néo-zélandais ne doit pas éclipser une évidence : en 80 minutes il a réalisé plus de gestes de rugby que Brice Dulin en 5 ans.

 

Conclusion :

 

Un match France – All Blacks, c’est un peu comme découvrir la vidéo « Two girls one cup » après tout le monde. On s’attend tellement à passer un mauvais moment que finalement, après visionnage, on se dit que c’était pas si terrible que ça. Alors, a-t-on assisté à une nouvelle défaite encourageante, digne des plus belles heures du mandat de Philippe Saint-André ? Pas vraiment, si on se souvient que l’année dernière, les Bleus n’avaient été battus « que » de 5 points par ces mêmes Blacks, à l’issue d’un match autrement plus abouti sur tous les points. Alors certes, « yavédéblessés », 4 puceaux titulaires au coup d’envoi, de la pluie, du vent, l’absence de Clémentine, le complot de World Rugby et d’Agustin Pichot contre la France… mais force est de constater qu’on ne progresse plus, voire que l’on régresse.

 

Le prochain match contre l’Afrique du Sud sera un vrai test, sachant que les amateurs de barbecue viennent de se prendre une belle taule contre les Irlandais, et que l’on a un petit contentieux à régler avec eux (et pas seulement parce qu’ils vont nous piquer la Coupe du monde 2023). Enfin, on sait aussi que le résultat de ce match pourrait sceller l’avenir précaire de Guy Novès. J’en profite donc pour lui envoyer un petit message : si tu cherches du boulot et que tu as besoin d’un endroit pour te défouler contre Bernard Laporte et écouler ton fiel, tu es le bienvenue ici. À la Boucherie, le vivier de rédacteurs est au moins aussi fourni que celui du rugby français au poste de n°10, et on ne crachera pas sur le renfort d’un petit jeune de 63 ans.