Casier judiciaire : Bakkies Botha
par Capitaine

  • 17 février 2012
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Après les portraits de Grégory Le Corvec et Paul O’Connell, Capitaine nous présente un Dieu parmi les Dieux. Personnellement, je n’adhère pas à la conclusion de son texte, j’ai trop peur de prendre une mandale.

Cet homme est une légende vivante parmi les Bouchers que nous sommes. Un homme qui mériterait une statue dans les locaux de la rédaction. En attendant qu’on ait des locaux, on se permet de remettre les choses au clair sur sa vie.

Age : 32 ans mais pas toutes ses dents.
Taille : 202cm
Poids : 124kg
Poste : 2ème ligne de devoir
Nationalité : Certains disent qu’il vient de l’Enfer, les officiels appellent ça l’Afrique du Sud.
Il aime : S’allonger pendant les nuits d’été près d’un feu de camp et écouter, au loin, les cris des chacals. D’après ces propres dires.
Il n’aime pas : faire des passes, aller à l’école et laver le pare-buffle de son pick-up.

Bakkies Botha ne s’appelle pas vraiment Bakkies Botha. Son vrai nom étant John Philip Botha, on comprend qu’il préfère se faire surnommer Bakkies. L’histoire de ce surnom est tellement pourrie que je préfère vous donner ma version : « Bakkies » signifie « J’égorge un poulet tous les matins pour boire son sang » en afrikaner, chose qu’il exécutait étant petit. Depuis ses 16 ans, il est passé au porc mais a gardé son surnom.

Né à Newcastle, celle d’Afrique du Sud, en 1979, il débute le rugby dans une ville minière du côté de Johannesburg. L’histoire raconte qu’il aurait été placé à la mêlée pendant que son camarade Danie Rossouw occupait l’ouverture. Évidemment personne n’y croit et tout le monde comprend que ce n’est qu’une légende inventée par les deux protagonistes, qui ont toujours rêvé d’occuper un poste important. De nos jours, l’un achève les joueurs adverses dans les rucks pendant que l’autre les stoppe en pleine course de coups d’épaule assassins. Maintenant, vous y croyez à leur histoire de charnière ?

Il fera ses débuts rugbystiques en Currie Cup sous le maillot des Falcons où il sera repéré par une vraie équipe. Il rejoint donc l’année suivante les Blue Bulls pour évoluer à un niveau respectable et gagner des matchs. Il y remportera de nombreux titres, en Currie Cup comme en Super 14. Il fera le bonheur de ses coéquipiers, qui admiraient avec quel enthousiasme il supprimait les joueurs adverses, et la frayeur des autres. Botha devient rapidement l’homme le plus dangereux du rugby de l’hémisphère Sud, réputé pour clarifier la situation dans les rucks.

Il est par ailleurs ouvertement défini comme « a scary man »:

Il restera chez les Bulls une petite dizaine d’années avant de s’envoler pour le plus beau pays du monde : la France évidemment. Il atterrira sur la Rade, faute de carburant nécessaire pour monter dans un club parisien. Bakkies Botha est actuellement en cours de confirmation, il n’a encore blessé personne, c’est la déception dans les rangs de la Boucherie.

Notre jeune springbok a rapidement été sélectionné en équipe nationale où il est associé à son coéquipier de club : le magnifique Victor Matfield, formant ainsi la meilleure deuxième ligne au monde. Il sera titulaire sans équivoque jusqu’à la Coupe du Monde 2011, où son retour de blessure l’empêchera de contester pleinement un poste qui lui revenait de droit. Comme en club, il remporte plusieurs titres avec la sélection nationale : trois Tri-Nations et une Coupe du Monde, rien que ça. Comme en club, il se fait une réputation internationale de méchant, à l’image de ce « surplus d’envie » ?

Vous imaginez bien qu’un Sud-Africain né au fin fond d’une mine et élevé dans un pick-up, en lui inculquant le devoir et la violence pour en faire un deuxième ligne de renom, hé ben il est pas là pour jouer à Mickey et distribuer des dessins de Bambie ! Alors Bakkies Botha sombre dans une spirale de violence qu’il ne saura repousser et dont il se nourrit. Mais ce n’est pas qu’une bête sanguinaire, non, pas que. C’est aussi un artiste, un virtuose, un visionnaire. Il sait se servir aussi bien de sa tête que de ses avant-bras et repousse un tas de viande de 100kg avec la facilité d’un lève palettes couplé à la rapidité d’une Golf TDI. Il devient un érudit du placage à la fois dangereux et à retardement, et passe maître dans le déblayage illégal : avec ou sans les bras, oui. Sans plus attendre je vous laisse savourer cette anthologie, à partir de la marque des 2 minutes :

Attention, orgasme assuré.

En attendant, Monsieur Botha se remets de sa blessure et revient doucement dans le Top14 du côté de Toulon. Mais soit il a ramolli, soit il s’adapte doucement.
Alors John Philip, t’en es où ?