Les enjeux du match :
Il y a un an, le XV de France avait vécu le traumatisme ultime, l’humiliation suprême, que dis-je : le déshonneur national !
Battus d’un point au stade Flaminio, les Français voyaient dans cette défaite contre l’Italie, jugée indigne de s’élever (mollement pourtant cette fois) au niveau de ses crotteux ergots, le signe d’une crise voire d’une agonie.
Il s’agissait donc ce samedi de graver dans le verglas marbre la hiérarchie naturelle de l’un et l’autre côté des Alpes.
Chacune des deux équipes sur la patinoire le pré était coachée par un nouvel entraîneur qui devait faire oublier le glamour de son prédécesseur pour asseoir une structure plus sérieuse et moins affective. C’était d’entrée de jeu gagné, au moins sur le premier point, en voyant le reportage de France 2 qui lui est consacré et qui révèle une grâce dans le port du bonnet dont on n’espérait pas qu’il fasse florès après que Guy Roux ait raccroché les crampons, on pense beaucoup aux amis journalistes sportifs qui vont devoir faire des interviews de PSA. Pour les seconds points, voyons la suite.
Il fait -7°c et quelques dizaines de milliers d’inconscients de courageux supporters sont venus encourager leur équipe.
Le film du match :
Contrairement au règlement en vigueur, il y a 3 équipes en jeu : 15 Français, 15 Italiens et 15 pigeons qui brilleront par une vision périphérique du jeu, une présence sur tous les ballons décisifs, beaucoup d’initiative et d’audace dans les regroupements. C’est d’ailleurs l’ami des emplumés de tous becs qui s’est le mieux illustré pendant la suite du match !

Pendant les 20 premières minutes, la domination italienne est nette, même si c’est Dimitri Yachvili qui ouvre le score sur une pénalité à la 12e, égalisée par un drop de Burton à la 18e.
Les avants italiens font un boulot formidable, mais rien n’aboutit. La charnière est loin d’être rodée et ça grince un peu trop pour terminer quelque action que ce soit. L’essai marqué par Rougerie sur un formidable coup de chatte, malgré l’écran du XV du pigeon démontre que malgré une charnière rouillée, les portes de la défense peuvent s’ouvrir en grand !
A la 35e, re-belotte, c’est Malzieu qui récupère et entame une course épique jusqu’à planter un essai tout seul après avoir raffuté 5 Italiens.
La première mi-temps se termine sur un score de 15-9, on craint un peu que la domination physique de nos latins cousins (enfin surtout les miens) n’écornifle un peu trop leurs forces pendant la seconde mi-temps.
C’est la reprise, je pense au Stagiaire qui doit être en train de compter les doigts de pieds que le gel a bien voulu lui laisser.
Le XV de France surclasse la partie de manière plus évidente ( tout du moins au score) pendant la 2nde mi-temps, d’autant plus que les Azzuris font un véritable festival d’air-placages, et ne parviennent toujours pas à avancer avec le ballon alors qu’ils le possèdent à 60% du temps.
La team Saint-André, possède certes moins mais possède mieux, et continue à enfoncer avec insolence ses adversaires valeureux, sous les bruissements d’ailes moqueurs des pigeons streakers. Ces derniers finissent par devenir une source d’inspiration sur la piste de bobsleigh le terrain puisque c’est sur une action commencée par une “aile de pigeon” de Trinh Duc que Clerc plante le 3e essai à la 54e.
Le match se finit sur le score sans appel de 30-12, on n’entendra plus insulter les Italiens sur leur victoire prétendument indue de 2011.
L’image du match:

La tentative de défense du XV du pigeon sur l’essai de Rougerie
Les joueurs :
Les Français (enfin surtout les Clermontois)
Les nouveaux
Fofana marque son premier essai pour sa première sélection. Il a été plutôt convaincant sur l’ensemble du match. Un joli bizutage
Le presque nouveau Debaty, presque français aussi d’après ce dont on nous a rabâché les oreilles aussi pendant les jours qui ont précédé, a été complètement dominé par un Martin Castrogiovanni qui ressemble de plus en plus à Meatloaf
Les Clermontois pas nouveaux
Malzieux, ne s’affole jamais – d’ailleurs, on l’appelle Zen – et ça fonctionne plutôt bien avec des cannes explosives.
Rougerie, auteur d’un essai décisif sur celui de Clerc, le « Papa des lignes arrières » (on dirait un titre de dictateur subsaharien) sait être là pour ses petits !
Les Italiens
Mention spéciale à la 1e ligne qui a été valeureuse jusqu’au bout.
Côté statistiques, les Italiens ont fait plus de passes que les Français, ont davantage possédé le ballon, en ont plus récupéré en touche… mais voilà, ça a servi à rien.
Malgré tout, les Italiens se sont fait pigeonner…
Crédit photo : les sites qu’on a pillés, les captures d’écran qu’on a foirées et Marie, merci à elle.
Le mot de l’envoyé pas si spécial que ça (enfin, le Stagiaire quoi… il est quand même un peu spécial) :
Les quotas de la Boucherie étaient respectés samedi puisque nous avions : une personne pour “livetweeter” le match et en faire un compte rendu (Ovale de Grâce), une personne pour suivre le match depuis les tribunes (moi), et le reste de l’équipe en train de se bourrer la gueule. Comme Mr Darty prévoyait une météo d’environ -8000 sur Saint Denis, vous vous doutez que je fus la personne envoyée pour couvrir l’évènement dans les gradins (aussi un peu parce que j’avais eu des places pour mon anniversaire mais je préfère jouer la carte de la victimisation, ça peut payer aux Prud’hommes dans quelques années). Le Stade de France était donc (à peu de choses près) plein pour ce 1er rendez-vous. Malgré les températures polaires, l’ambiance est chaleureuse, comme souvent pour ces matchs du tournoi. On se réchauffe d’ailleurs comme on peut, notamment en gueulant à l’entrée du stade puisque comme tout le monde arrive en même temps et que les contrôles de sécurité de plus en plus fouillés (au sens propre comme figuré), cela entraîne devant les portes une looongue file d’attente. Le temps passe alors, l’heure des hymnes se rapproche et les spectateurs bloqués devant les grilles grondent de plus en plus fort. Je me suis presque surpris à plaindre les quelques Italiens venus déguisés en légionnaires et dont les jambes dénudées sont pour le coup particulièrement exposées aux courants d’air (en même temps on les a pas forcés à venir en spartiates…). J’arrive pour ma part pile poil pour la Marseillaise et rate donc le pourtant joli fratteli di machin des Ritals. Les quelques essais français nous donnent l’occasion de nous lever et de nous réchauffer un peu, tout comme les quelques olas et Marseillaises traditionnelles pour ce genre de rencontres. Les “Allez les Bleus” seront toutefois plus timides que d’habitude (sûrement parce que la plupart des spectateurs n’étaient pas assez bourrés pour ne pas noter que les Français jouaient cette fois ci en blanc). Enfin, comme la majorité des téléspectateurs au chaud chez eux apparemment, le public de Saint Denis s’est amusé des quelques pigeons syndicalistes qui avaient décidé d’organiser un sit-in sur la pelouse pour protester contre le manque de moyens dont disposent les associations pour venir en aide à leurs camarades pigeons sans abris. Dès le coup de sifflet, je pris pour ma part mes jambes à mon cou et courais à petites foulées jusqu’au métro pour me réchauffer un peu… Un bien bel après-midi de rugby au final qui, malgré des températures aussi rugueuses qu’une charge irlandaise, ne m’aura pas donné l’impression de tant me faire pigeonner que ça…







Reportage au coeur du Castres Olympique.
Excellent article qui permet de comprendre à quel point il est important que le président soit auvergnat…
Rougerie président, Rougerie président!
Il me semble qu’on dit “rebattre les oreilles” ou “rabâcher” tout court. Je dis ça parce que je trouve qu’Ovale de Grâce est un peu sévère avec le Belge, qui, pour le coup, a eu un bizutage plus compliqué que le jeune Fofana…
Je rabats mes oreilles pour plus entendre ! Non mais l’AUTRE qui me contredit!!
Ra, Ra, Rabats ta queue
Traine…
(air connu)
ma photo de pigeons à la Boucherie… la fin du monde peut arriver, j’ai réussi ma vie !
mes doigts surgelés et moi-même vous remercions !
pour moi debaty c’était plus mi-figue mi-raison, tantôt il s’est bien fait bougé, tantôt il a bien bougé l’autre chevelu, amenant des pénalités ou de bonnes récupérations. On a quand même réussi à ne pas se faire pénaliser sur nos propres mélées, même s’ils nous ont bougé, mais d’un autre côté, les italiens n’ont assurés que 5 mélées sur 9..
Debaty, c’était plutôt mi figue que mi raisin… Tout juste passable à la pile (mais face à Castro, il n’avait pas l’avantage à l’impact) et un peu paumé dans le jeu courant (surtout en première mi-temps).
oui dans le jeu courant je suis d’accord, d’habitude il a plus de présence avec clermont. Mais je réagissais surtout par rapport à l’affrontement en mélée, où il était dit qu’il avait été dominé tout le match ^^
Beau résumé de la revanche frileuse!
Je me suis tout de même demandé devant le match si un des pigeons allait finir par se faire raffuter, ou carrément coller une cuillère à Rougerie…
Et petite remarque pour la prose du Stagiaire, toujours plaisante mais un peu entâchée par ce passage :
“Le temps passent alors, l’heure des hymnes se rapprochent”…
La conjugaison par -8 c’est pas évident!
Sorry ! En fait c’est plus la conjugaison à 3h du mat’ qui pose problème. Et comme j’ai tendance à vouloir modifier des bouts de phrase par ci par là, j’ai tendance à oublier de vérifier tous les accords qui vont avec…
J’avais corrigé, pas sauvegardé les corrections… suis assez minable comme mère en fin de compte!
Un peu déçu pour ma part, les petiots ont gagné sans jouer tels les rosbeefs de la meilleure époque, sans cependant les tentatives d’assassinats répétées sur l’arrière.
Déçu aussi par Pascal-générale starter-Papet, loin de son rendement habituel avec une seule demie faute et même pas une embrouille.
Va quand même falloir hausser le ton, surtout face à nos “amis qu’on leur a volé une finale” gallois.
C’est la raison pour laquelle on leur envoie le minot Maestri en 2ème pompe : placage cathédrale sur leur ailier à la 17ème + générale à suivre et on est quitte !
Je voudrais profiter de la tribune qui m’est offerte pour transmettre un petit salut amical à l’ailier italien…
Coucou Sgarbi !
J’applaudis.
un commentaire bon comme la-bas
Dommage !… Les pigeons méritaient au moins un essai… Ou la casserole.
Je me permets quand-même de vous faire remarquer que le XV du pigeon a magnifiquement assuré sa présence sur le terrain tout au long du match. On a notammeut eu droit à quelques belles images de ralenti du fameux quinze en pleine vol, en arrière-plan. Finalement ce qui m’a plus plus marqué, outre l’essai français à la zeub marqué après une bonne partie de football, c’est bien la ténacité des volatiles.
Je suis un peu surpris qu’une femme aussi lettrée qu’Ovale de Grace utilise des termes comme “coup de chatte”.
Pas tant que par ses qualités d’athlètes.
Ca demande un sacré coup de rein.
petite remarque: la course de Malzieu est superbe, mais tout part du travail en amont du pack puis de Picamoles, décisif sur l’action
Le seul vrai essai des petiots, parce que celui de Roro ce ne sont pas des air-placages mais carrément de l’air-défense, et celui de jean dridéal, même le psg est capable de le mettre(c’est dire).
“coup de chatte” et Rougerie dans la même phrase, y a tromperie, Ovale Masqué est passé par là et a pourri les corrections apportées par le Stagiaire… La Boucherie c’est comme le rrrru’by c’est un travail d’équipe! Suis surpris que personne n’ait autopsié les 3 pigeons décédés en fin de rencontre, pour s’apercevoir qu’ils avaient été plaqués par un Morgan Parra dépité.
Je suis un peu déçu pour les ramiers, avec leur très bonne occupation du terrain ils auraient mérités mieux…
D’ailleurs Trinh-Duc leur a rendu un bien bel hommage sur l’essai de Clerc avec une magnifique… aile de pigeon !
“Ces derniers finissent par devenir une source d’inspiration … c’est sur une action commencée par une “aile de pigeon” de Trinh Duc que Clerc plante le 3e essai à la 54e.”
Vous êtes super attentifs quand vous lisez, ça fait plaisir!
Oups… désolé!
Je m’en vais de ce pas faire pénitence: 5 tours de terrain et 50 pompes
Plains-toi… Moi on m’a dit que j’étais chiant et pas drôle…
Bin oui, mais pour moi, ce serait faux :D
C’est celle ki dit ki est
sympas le reportage. Néanmoins une mention pour Donald Duc et ses renvois à la Skrela (peut être une dedicace?).
Et Chabal au SF qu’en pense Ovale de Glace ?