Mathieu Lourdot analyse Angleterre – Irlande

Le seul vrai match de rugby du week-end. Voire de l’année.

 

 

Par Mathieu Lourdot en direct de Cardiwydidyhinch.

 

Le Contexte.

Alors que j’étais de passage au Pays de Galles afin de commenter un match de rugby (entre une équipe en rouge et une en blanc, le Munster et Bordeaux je crois) avec mon POTO Fabien, nous avons été invités par mon AMI Sam Warburton, capitaine du Pays de Galles et de l’équipe de Cardiff. Alors qu’on papotait tranquillement au sujet d’une branlée que les Gallois avaient infligé la veille à une équipe dont je ne me souviens pas, l’équipe de Fabien jouait aujourd’hui mais France TV le payant mieux que son club, il avait décidé de ne pas rentrer à Montpellier.

Comme la conversation tournait un peu en rond (même s’il est super gentil et super fort, il est un peu rasoir, le Sammy), Fabien a proposé de regarder le match Angleterre – Irlande pour rigoler un peu. On voulait prendre une bière et des cacahuètes mais Sam ne boit pas d’alcool et ne mange rien de gras, il nous a donc offert des gâteaux qui avaient un goût et une texture proches du plâtre avec un verre d’eau (Sam Warburton : parce que le thé et le café ça énerve, et les sodas c’est bourré de sucre). Comme vous pouvez le constater, Sam interviendra dans cet article afin de limiter les débordements, de défendre le faible et l’opprimé (coucou Jérôme Porical), le tout, dans un français impeccable.

A ce stade de la compétition, les Anglais ont déjà loupé le Grand Chelem en se faisant battre par la Magnifique et brillante équipe de France et c’est bien fait pour leur gueule, ils se sont ensuite rattrapés face à l’Ecosse (enfin c’est pas difficile) en les mettant Fanny. Les Irlandais ont écrasé les Gallois et les Écossais et se retrouvent en super bonne position pour rater une nouvelle fois le Grand Chelem. Reste plus qu’à gagner contre les Anglais et les Italiens pour pouvoir perdre face à la France, lors de la dernière journée du Tournoi, c’est ça le Irish Flair.

Pour les Anglais, ce match est un moyen de démontrer une fois de plus leur pouvoir de chier à la gueule du Monde et d’obtenir de nouveau le droit d’être détesté par l’ensemble de l’Ovalie. C’est surtout le moyen de montrer leur suprématie sur leur ancien empire colonial, car oui, ils ont même été jusqu’à conquérir la Verte Erin (vous connaissez beaucoup de types qui se disent : « Tiens, si j’allais vivre dans un pays où il pleut tout le temps et peuplé à 80% d’alcooliques et de roux (parfois même de roux alcooliques) et pour lequel Michel Sardou a écrit une chanson ! » , faut vraiment être Anglais pour être aussi tordu. (note de Sammy : C’est pas très gentil, l’Irlande est un beau pays et les gens sont super sympa)

Du côté Irlandais, même si le doux Climat Anglais (car le climat est doux en Angleterre pour un Irlandais) et la perspective de quitter leur île pour jouer dans un club qui va leur apporter du pognon peut motiver les joueurs à se faire remarquer, c’est surtout la possibilité qui leur est offerte de marcher sur la gueule de l’envahisseur qui va en faire des machines de guerre. De plus la seule vue d’un rouquin en Angleterre aurait vite fait de signer leur arrêt de mort car seules l’Écosse et l’Irlande tolèrent encore ce genre de population (et le Stade Français avec Bonfils et Papé, on ne peut pas être trop regardant lorsqu’on joue en rose bonbon). (Sam Warburton : je n’ai rien contre les roux, leur vie doit déjà être assez difficile comme ça).

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La mêlée française fait l’amour à la mêlée anglaise.

Les Equipes.

Les Rouquins

En Irlande on sait faire honneur à son hôte, c’est pourquoi Joe Schmidt a décidé de titulariser une équipe à base de grosses crevures comme l’immense Paulo Quenelle, le géant roux, Jonathan Best le talonneur couillu de Gronoble, Peter O’Mahony, 3ème ligne spécialiste du cassage de couilles dans les rucks ou Jamie Heaslip, tendu comme un string au coup d’envoi, afin d’apporter une bonne dose de testostérone. Enfin Devin Toner tentera de foudroyer quelques Anglais dans les rucks, secteur où il excelle.

Attention, en Angleterre, on sait aussi faire honneur aux invités.

 

La charnière est très classique avec Bill Murray et Jonathan Sexton (le Racingman) qui ne doit pas être trop fatigué par ses performances dans le 9-2.

Au centre, on retrouve D’Arcy et BOD pour une 1902514ème association en Equipe nationale, aux ailes Dave Kearney, le tee préféré de Paulo Quenelle, et Andrew Trimble. Rob Kearney, l’arrière le plus sous-côté au monde (car il est moche) portera le n°15. (Note de Sam : Rob Kearney n’est pas moche, c’est un garçon qui a un certain charme).

 

Les gros enfoirés qu’on a explosé il y a deux semaines.

Côté Anglais, la première ligne est classique avec Marler, Hartley et Dan Cole. Vunipola est titularisé en 8 aux côtés de Robshaw et Wood.

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Joe Marler vous salue !

 

A la charnière Danny Care et cet encul* d’Owen Farell. (Sam : Owen Farell est quelqu’un de charmant et c’est un très bon joueur)

Derrière, on retrouve toujours les mêmes à savoir May et Nowell sur les ailes, Brown à l’arrière, Twelvetrees et Burell au centre.

 

Le film du match.

Les équipes se mettent en place pour les hymnes qui seront interprétés par la célèbre Fanfare du Stade Marcel Michelin ©, célèbre pour ses interprétations du Petit Bonhomme en Mousse et des plus grands tubes Lady Gaga (c’est facile, il y en a deux). 

Tout d’abord l’hymne irlandais : Flower Of Ireland. Un hymne qui donne envie de se rouler des pelles et qui explique à quel point c’est trop cool d’être rouquin, de boire de la Guiness et de se faire marcher sur la gueule par les Anglais.

Ensuite vient l’hymne anglais : Gode save the Gouine. Un hymne à base de trucs tropédés qui disent que la reine est trop cool, qu’on domine le monde et qu’on va tous vous niquer (note de Sam : Moi je les aime bien les Anglais, même si c’est vrai qu’ils sont forts et parfois un peu arrogants).

5′ : A peine Farell a-t-il donné le coup d’envoi que les Irlandais partent à l’assaut. Première mêlée et lancement de jeu. Sexton tape à suivre pour BOD mais Brown récupère magnifiquement le ballon de volée. Il relance et est plaqué dans les 22 mètres. Les Anglais pilonnent et May aplatit. A la vidéo, l’arbitre refuse, car comme une petite pute, Murray fait perdre le ballon à l’Anglais.

10′ : Les équipes mettent beaucoup de rythme et envoient du jeu. Kearney tape à suivre mais c’est en ballon mort.

16′ : Sexton balance une passe au pied millimétrée pour Kearney qui remet inter pour Trimble. Celui-ci est plaqué à 1 mètre de la ligne. L’Angleterre met les Irlandais à la faute et se dégage.

20′ : Les Anglais se retrouvent dans les 22 Irlandais et jouent bien la touche, mais O’Mahony gratte le ballon.

21′ : Farell nous rappelle pourquoi on le déteste tant. En plus de se trainer une gueule de nazillon, il est en plus très con. Il charge Murray à l’épaule en étant hors-jeu mais il n’y aura qu’une pénalité.

24′ : Farell passe cette fois-ci une pénalité de 50 mètres. Ceci nous donne encore plus envie de le tuer.

Dans la tête de Paulo Quenelle.

 

31′ : Kearney rend un hommage à Florian Fritz en tentant le Drop des 50 mètres mais le ballon s’élève à 1 mètre du sol.

35′ : Joubert se rend compte que Kiani Lee triche comme un cochon en mélée et le pénalise. Farell loupe la pénalité.

36′ : Vunipola perce en mettant 4 Verts sur le cul mais se blesse sur l’action. Dexter Morgan peut entrer en jeu.

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Billy Vunipola, déçu d’avoir quitté ses partenaires, part faire un peu d’exercice pour décrasser.

 

Au citrons, l’Angleterre mène 3-0, on pourrait croire à un match du Vendredi soir mais en fait le match est superbe avec beaucoup de jeu et de vitesse des deux côtés. Les deux équipes manquent de réalisme © et vont devoir se dire des choses © afin de ce recentrer sur les fondamentaux © .

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Chris Robshaw a dit les choses ©, et ça va chier.

 

41′ : Dès le retour des vestiaires, Sexton trouve une belle touche dans les 22 mètres anglais. Elle est gagnée par l’Irlande. Rob Kearney vient croiser avec Heaslip au ras et passe la défense, il n’a plus qu’à aplatir. Sexton transforme. 3-7

42′ : Les Anglais réagissent, Twelvetrees devance Kearney sous le renvoi et sert May qui est stoppé à 5 mètres de l’en-but. Les Anglais se mettent à la faute.

46′ : Joubert nous gratifie de sa spéciale « arbitrage maison ». Sexton envoie une belle double sautée pour Trimble qui fume tout le monde à la course mais Joubert siffle un en-avant qui n’existe que dans son esprit tourmenté. (Sam : J’aime beaucoup Monsieur Joubert, c’est un arbitre qui est souvent décrié mais il est très sympathique)

49′ : Sexton ajoute une pénalité. 10-3

53′ : Lawes perce et amène les Anglais dans les 22 adverses. Burrel perce dans son style tout en finesse et ramasse une cartouche de d’Arcy à 1 mètre de la ligne. Les Irlandais se mettent à la faute. Guy Novès fait le signe des 3 points, Lancaster aussi. Ça passe 6-10.

55′ : Sexton rend hommage à François Trinh-Duc, son renvoi ne fait pas 10 mètres. Mêlée au centre. Twelvetrees trouve Brown à son intérieur, il met les gaz, fixe Kearney et donne à Care qui aplatit. Farell transforme. 13-10.

63′ : Mêlée à 5 mètres de l’en-but des Verts. Elle ne donnera rien et Kearney dégage.

80′ : L’Irlande tente le tout pour le tout mais un en-avant la condamne. Victoire des Rosbifs. (note de Sam : On en dit pas Rosbif, c’est péjoratif).

 

Le Bilan.

L’Angleterre s’impose au terme d’un match serré où les deux équipes ont mis beaucoup d’intensité. Il ont montré quelques signes de faiblesse en conquête et notamment en mêlée mais ont tout de même su tenir physiquement face à une équipe qui se fait un plaisir de pourrir tous les ballons adverses

La première ligne a souffert en mêlée, il est probable que Marler ait perdu quelques centimètres à cause d’un tassement cervical.

Marler, en difficulté en mêlée fermée, était tout de même content de la victoire Anglaise.

Le pack a dû lutter contre une équipe très chiante et souvent à la limite dans les rucks mais a été très solide en défense et plutôt discipliné.

La charnière a mis de la vitesse, ce n’est pas un jeu génial mais c’est tout de même très beau à regarder.

Les ¾ Anglais ont joué assez simple, ont été très costauds en défense et ont surtout misé sur la puissance de Burell. Le principal danger a été Brown qui a livré un match monumental. Les ailiers ont fait le boulot avec quelques belles relances.

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Mike Brown a été l’homme du match côté Anglais…

Côté Irlandais la défaite doit être amère.

Les gros ont été énormes en conquête et dans le jeu au sol en pourrissant de nombreux ballons et surtout très solides en défense.

La charnière a très bien animé le jeu en utilisant quelques belles combinaisons comme sur l’essai de Kearney.

Les ¾ ont très bien joué collectivement et chacun a fait son match.

 

Le mot de la fin revient à Sam : « Je serais super heureux si les Anglais pouvaient gagner contre nous, c’est une équipe tellement belle ».

VI Nations : Le Cuilleredeboissico, ou le Grand Chelem à l’envers

 

Par Talu,

 

Le contexte

Comme chaque année, c’est la course aux différents trophées pour les protagonistes du Tournoi des VI Nations. La France vient de laisser passer sa chance de Grand Chelem, trop habituée à s’emmerder le vendredi soir, et l’Irlande, seule encore en course pour cette récompense prestigieuse a perdu tout espoir d’une Triple Couronne en se faisant battre par la perfide Albion. Mais pour certaines équipes moins en vue telles l’Ecosse et l’Italie, le trophée accordé à l’ultime vainqueur n’est qu’une illusion, une simple farce. Ah oui au fait, on va parler du Italie-Ecosse, te fais pas chier à lire si tu n’aimes qu’envoyer des journaux en l’air au son du pilou pilou, les mecs viendront pas chez toi.

Ces 2 équipes ont pour habitude d’être les équipes « qu’il faut respecter”, c’est à dire que telle une équipe italienne ou écossaise en H Cup (tiens c’est marrant ça, y a peut-être une corrélation…), si tu leur mets pas 30 pions t’as raté ton tournoi. Seulement, entre trophée Eurostar, trophée Garibaldi, Millenium Trophy, Calcutta Cup, et autres Centenary Quaich, c’est bien la Cuillère de bois qui fait saliver nos amis transalpins et bouffeurs de haggis.

Et cette année, c’est la bonne ! Du côté de l’Écosse, on a profité de ses 2 premiers matchs pour prendre une longueur d’avance. Une première défaite encourageante face à une Irlande qui n’a pourtant pas foutu grand chose, parachevée par une vraie démonstration sans mettre un seul point face à l’Angleterre (la princesse Anne, comme chaque année dans les tribunes spécialement réfrigérées de Murrayfield aurait – mais ce sont des rumeurs – joui d’admiration au coup de sifflet final) ont permis à tous les observateurs de doubler leurs points “équipe revancharde” dans leurs papiers de présentation du match.

Côté italien, quelques doutes subsistent cependant. Certes, les fondamentaux sont en place et la Squadra Azzura (je suis à la fin de l’intro et j’ai déjà casé 3 appellations différentes, je sais pas comment je vais faire pour pas me répéter dans l’article…) a réussi à bien se faire respecter en 12 minutes par les Français. Seulement un essai de dernière minute et une mêlée dominatrice, doublés d’une défaite trop respectable en terres galloises, font craindre le pire. Seule consolation, la possibilité de bénéficier de la pression du public reste une grande source d’optimisme.

 

Le Match

Pour débuter ce Crunch à l’envers, le coup d’envoi est donné par Duncan Weir, alors que le monde entier préfère regarder Clermont tataner le MHR.

D’entrée de jeu, ce sont les joueurs de cornemuse qui se mettent en valeur. Profitant d’une bonne avancée de son pack et se retrouvant presque esseulé sur son aile, Tommy Seymour fait preuve de toute son intelligence situationnelle et tape un superbe coup de pied à suivre en ballon mort.
L’Italie enrage et sur le renvoi, quelques passes d’armes ont lieu entre les différents protagonistes.

Un peu plus tard, une bonne série d’avancées des Mozzarellans voit ces derniers se retrouver dans les 22 adverses. Un premier en-avant non signalé par l’arbitre, et Ghiraldini se decide à faire une “Huget” de 3 mètres (désormais punie), le but étant de permettre d’aplatir sans marquer et ainsi éviter les sanctions de l’IRB pour non combativité. Malheureusement pour les Blancs, il y avait pénalité aux 22. Parisse tente de jouer vite pour ne pas prendre le score mais l’arbitre lui signale qu’il faut pas trop se foutre de sa gueule quand même. Tommaso Allan s’y colle, et croyant bien faire, il enquille les 3 premiers points en la mettant au-dessus.

Les minutes suivantes verront les 2 équipes faire du large large en prenant bien soin de reculer de 10 mètres sur chaque lancement, et les jeux au pied approximatifs succéderont alors aux pertes de balle et divers en-avant. À noter que depuis le début, l’Écosse fait parler son expérience en matière de wooden spoon (12 depuis 1902 tout de même) et pratique la technique du rebrousse chemin sur toutes les mêlées.

On joue alors la 22ème, et après une longue séquence parfaitement inoffensive, Richie Gray tente un plongeon désespéré afin d’éviter que l’arbitre ne voie la faute italienne au niveau des 40 en face. Laidlaw doit malheureusement s’y coller et rate le poteau de peu. 3-3

Le jeu repart, et les Italiens jouent trop bien, perçant sur presque 60 mètres. Profitant d’une montée adverse rapide, Furno tente de redonner sa noblesse à la passe dite « volleyée » en réalisant un superbe smash sur un ballon de Parisse. L’arbitre indique faute de fil et met balle à rejouer sur mêlée. L’Écosse est une nouvelle fois la plus prompte à s’écrouler et rend le ballon à Tommaso Allan. Cette fois-ci l’ouvreur ne s’en laisse pas conter et estimant que c’était suffisamment en coin, respecte les consigne de Jacques Brunel et la foire lamentablement.

On ne verra plus grand chose avant la 29ème, et une percée écossaise de 45 mètres sur un ballon rendu par Barbieri. Weir en profite pour faire parler sa vista en s’écroulant comme une merde sans même être touché grâce à un fameux crochet-tombé (masterisé en son temps par Christophe Dominici contre ces mêmes adversaires). Sur la contre-attaque, les Blancs ne flairent pas le piège et Wilson en profite pour s’étaler dans le camp adverse. Allan, qui attend tout de même son transfert vers une obscure équipe de CFA 3 comme tireur de coup franc histoire de gagner un peu plus de thunes qu’à l’USAP, tente le tout pour le tout et la passe. 6-3

Sur la remise en jeu, les Ecossais vont profiter d’un coup de pied de pupille asthmatique pour récupérer la balle. Au bout de 6 minutes d’une action à 24 temps de jeu entre les 40 et les 22 italiens, ils parviennent enfin à battre le record de non-dangerosité du Tournoi qu’ils avaient laissé depuis 2003 aux Gallois. Le stade est debout et l’arbitre, à la limite de l’endormissement, décide d’accorder une mêlée pour fêter ça.

Coup de pied italien à suivre et les 2 équipes s’engagent avec plongeons des 2 côtés. Pénalité à 30 mètres pour les Ritals qui ne l’avaient pas vue venir, vu qu’ils étaient 2 de plus sur les mains. Jacques Brunel ne se laisse pas avoir, et tel un Guy Novès génétiquement modifié, il montre les 7 doigts. Du coup touche foirée par les Italiens et les Ecossais se retrouvent avec la balle.

Pas fous, ils la laissent aussitôt échapper vers l’avant. Sur la sortie de mêlée suivante, Parisse prend exemple sur les charges picamolesques de la veille et se plante la tête dans le gazon. Le jeu rebondit et voyant le large surnombre à l’extérieur, Allan fonce dans le tas. Évitement sage de la défense au ras et l’ouvreur italien ne peut que s’écrouler dans l’en-but, bien aidé par le retour de Hogg qui le force à aplatir. À l’écoute des directives IRB sur le manque de points dans le meilleur Tournoi du Monde©, Steve Walsh ne prend pas le risque de la vidéo et accorde l’essai entre les perches. Transformation assurée en drop du talon, et l’Italie se retrouve avec un handicap de 10 points aux citrons.

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Parisse explique à ses joueurs qu’il ne faut pas parler à l’arbitre

 

Sur le coup d’envoi de la 2ème mi-temps, c’est la fête dans le bar. Bon c’est lié à Faf du Plessis (avec un nom pareil vous aurez deviné d’où il vient hein) qui vient de se faire caught behind et qui accorde donc un 3ème wicket aux Australiens. Bah oui, je regarde le match depuis Brisbane, et de toutes façons les commentaires étant assurés par Abeilhou et Cazalbou, peu de chances de bénéficier des points Lartot. Ça rend le challenge Guilford plus tranquille mais c’est pour la bonne cause.

Retour sur l’épisode de Derrick, dans lequel les Écossais bien déterminés décident de prendre les Italiens au football. Grosses séquences de jeu donc, et à la 46ème, Castrogiovanni se décide à ne plus s’en remettre à des plongeons qui restent généralement non sifflés et préfère assurer en tentant un étouffement au sol. 30 mètres en face, Laidlaw fait la moue et l’Écosse se retrouve à portée d’un essai transformé.

Nouvelle séquence de jeu, et nouvelle pénalité pour l’Écosse aux 45 mètres qui préfère assurer en partant en touche. Et là c’est l’explosion ! Lampard trouve John Terry à la 92ème qui assure le succès de Chelsea face à Everton. Mourad prend son téléphone et appelle Mourinho pour se renseigner sur ce jeune joueur international de 34 ans qui a l’air d’avoir pas mal d’affinités avec les femmes de ses collègues.

Du coup je rate un peu l’action, je recommande une bière vu qu’un Anglais taquin en a profité pour se farcir la mienne sur son t-shirt, et l’Écosse obtient une pénalité à 22 mètres en face. Poursuivant la logique, on joue vite pour ne pas prendre les points. Walsh est dépassé et ne peut que constater les dégâts quand il s’aperçoit que le Chardon en a profité pour faire un nouvel en-avant. C’en est trop pour cette Italie revancharde, qui va alors jouer son va-tout. Elle tente de relancer de ses 22, et tel un vulgaire footballeur, Gori s’écroule en tentant de prendre un trou au ras. L’Écosse fait quelques passes sur la largeur et se retrouve à devoir courir tout droit et aplatir par l’intermédiaire de Dunbar.

Laidlaw évite tout de même de revenir au score, mais se retrouve désormais sous la menace du moindre scoring. 13-11 pour l’Italie qui revit.

Les 20 minutes suivantes ne montreront pas grand chose, hormis un concours de coups de pied en touche directe entre Weir et Hogg. Les 2 équipes s’affrontent aux alentours de la ligne médiane, évitant soigneusement les jeux au pied longs et autres envolées, et préférant les chandelles foireuses et en-avant opportuns dès l’approche des 22 adverses.

A la 67ème c’est le drame. Oubliant toutes les consignes de jeu, l’ensemble de la ligne de 3/4 du XV du Chardon va se retrouver à proposer une action de grande classe pleine de soutien au porteur de balle et de courses chaloupées conclues une nouvelle fois par Dunbar. L’explication est simple. C’est Cusiter, qui n’était pas au courant du plan, qui est à la baguette. Ne pouvant que constater les dégâts, Walsh un peu partisan tente l’appel vidéo. Il faut rappeler d’ailleurs qu’en plus de son tatouage marrant, du fait qu’il officie pour la fédé Australienne qui n’a pas moyen de trouver un quelconque arbitre correct dans le pays, et de son ancienne addiction à l’alcool, Walsh est né en Nouvelle-Zélande. Et comme le dit l’adage, Les Néo-Zélandais ne sont jamais que des Ecossais ayant appris à jouer au rugby. Transformation en face, l’Italie exulte.

Enfin pas pour longtemps. Sur l’action suivante les Italiens se mettent à la faute. Malgré leur tentative de remplacer avants et 3/4 dans le jeu histoire d’assurer le coup, Furno, 2ème ligne de formation, ne peut rien quand il reçoit une passe de Parisse sur son aile et se retrouve obligé d’aplatir. Orquera manque l’égalité parfaite en transformant et les Italiens se retrouvent à nouveau 2 points devant.

Les dernières minutes ne donneront rien a priori, les consignes ayant été passées aux remplaçants. Les attaques bien cadenassées prendront le pas sur les défenses fébriles, et je retourne commander une bière.

Quand soudain…
Un cri dans le bar.
STUPEUR !

Les Sudafs continuent de piner les Australiens malgré un faible 29 pour AB De Villiers (les noms Sudafs…), et c’est quand même pas un but d’Arsenal qui va provoquer ça…

Non non. A la 79ème, tel un vulgaire Contepomi trop sûr de son fait et ne sachant pas compter, Weir trébuche en face des poteaux et se retrouve à taper dans un ballon ayant rebondi. Le drame se joue alors et le ballon s’échappe entre les perches. Walsh est impuissant, les Italiens exultent et le coupable retourne en courant dans son camp, évitant les regards de ses coéquipiers qui ne manqueront tout de même pas de tenter de l’étrangler en direct. Rigoletto retentit pour signifier la fin du match et le stade se lève pour applaudir la performance de l’équipe locale. L’Italie a réussi à garder sa vista même à domicile et tentera de renouer avec le Grand Chelem à l’envers lors des 2 matchs “faciles” restant à jouer. Du côté de l’Ecosse c’est la consternation, et on sent que le retour dans son pays natal sera dur pour l’ouvreur fautif, et les espoirs de cuillères disparaissent pour de bon cette année.

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Duncan Weir, 2 qui le tiennent, trois qui… ah merde ça rime plus

Bilan

Les plus:

Richie Gray, s’il n’a pas pu s’empêcher de faire le malin en touche, aura quand même marqué les esprits d’une chistera au juge de touche à la 72ème.

Sergio Parisse, qui a su se mettre au niveau d’un vulgaire Picamoles de Galles le temps d’un match.

Hogg, insipide aussi bien au pied qu’à la main.

La mêlée écossaise, très en vue.

 

Les moins:

Tommaso Allan, qui a semblé très perturbé et ne savait pas qui de de sa mère italienne ou de son père écossais il fallait privilégier.

La mêlée italienne / La touche écossaise, du grand n’importe quoi.

Dunbar, 2 essais qui font tache.

Duncan Weir qui, s’il a su cadenasser le match quasiment jusqu’à la fin en étant aussi prévisible qu’une vanne du service sports de France 2, restera malgré tout l’homme du drop de la victoire.

Affaire Novès : la mafia plaide coupable pour les doublons mais nie toute implication dans le faible niveau de jeu du Stade Toulousain

 

 

Par Jean-Pierre Canut-Rives,

 

Bizarrement, l’affaire ne fait pas grand bruit. Certes, l’homme a la rengaine tenace face au calendrier des clubs français jugé démentiel et vitupère depuis longtemps contre les fameux doublons qui affaiblissent son équipe en période de matchs internationaux. A tel point qu’on a fini par ne plus l’écouter le père Novès. Un peu comme le Papi râlant chaque Noël contre la profusion de cadeaux faits aux gosses et qui vous répète « qu’à [son] époque notre cadeau c’était un repas avec de la viande et un morceau de saucisson en entrée et des topinambours les meilleures années ». Et qui se fait menaçant en vous disant que l’histoire pourrait bien se répéter. Bref, une sorte de François Bayrou de l’ovalie mais sachant escalader un grillage. Parce qu’il est musclé le Guytou. Comme sa dernière déclaration en date contre la convention conclue entre la Ligue et la FFR et qui le privait encore de nombreux joueurs avant le déplacement dans l’Aveyron à Castres le week-end dernier.

Pestant contre le fait que les présidents des clubs de ProD2 aient pris part au vote, il a vomi : « Comment arrive-t-on à admettre qu’on fait voter des gens qui ne sont pas concernés par les internationaux ? Pour des lois qui concernent les médecins, fait-on voter les pharmaciens ou les dentistes? Il y a zéro équité, je trouve que c’est mafieux ». Il faut dire que jusqu’alors la ProD2 était pour lui le Pôle Emploi du rugby, un organisme de formation professionnelle qui lui servait à refourguer le rebut de son centre de formation et permettre à Yoann Huget et à Jean-François Montauriol de mourir à petit feu tout en inversant la courbe du chômage. « Quand je pense à la ProD2, je suis de gauche », aimait-il ainsi à répéter aux journalistes politiques locaux. Encore sous le choc des deux victoires consécutives du XV de France, une sensation inconnue depuis le fabuleux doublé contre l’Italie et la Roumanie guidé par Olivier Roumat, le pays n’a pas réagi. Peu de temps avant il est vrai, Jean-René Bouscatel le président du Stade Toulousain avait balancé un puissant somnifère à la tronche du monde du rugby, estimant qu’à défaut de « pipes » Fédération et Ligue de Rugby étaient peuplées de « Tartuffes et de Jocrisses ». Seuls Télérama et France Inter avaient salué une saillie « salutaire et jubilatoire bien qu’un peu foutraque, à même de bousculer le stéréotype du rugbyman  », alors que RMC n’avait conservé que les « pipes » pour réaliser le sondage du jour auprès de ses auditeurs.

 

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Guy Novès, contraint de faire de la publicité pour payer l’indemnité de transfert d’Antoine Guillamon. 

 

Alors que le monde libre a les yeux rivés sur Sotchi et l’Ukraine, le souffle court et les mains crispées sur les smartphones, en attendant que la Guerre Froide se termine enfin, c’est plus près de nous encore que les gorges se sont fait chaudes. La mafia italienne, par la voix de son porte-parole, a ainsi réagi aux propos de Guy Novès et a surpris tous les observateurs en reconnaissant de bonne grâce son implication dans le calendrier démentiel du rugby professionnel français. « C’est vrai, ce sont les grandes familles mafieuses d’Italie qui tirent les ficelles et ont placé leurs hommes au sein des instances du rugby pro français, le meilleur championnat du monde ©, mais aussi à plus haut niveau », a balbutié Guido Bergamasco. Mise à nue par les révélations de l’entraîneur toulousain, qu’elle n’hésite plus à qualifier de « repenti », la mafia a toutefois tenu à minimiser son rôle dans le rugby français. « Si nous maintenons autant de matchs dans le calendrier c’est que nous contrôlons les paris sportifs et les bénéfices qui vont avec, tout le monde l’aura bien compris. Mais nous ne sommes pas responsables par exemple de la présence encore aujourd’hui en Top 14 de Biarritz ou Perpignan. Nous avons encore une belle marge de progression », a-t-il concédé avec humilité.

Concernant le club toulousain très à la peine cette année, là encore Guido Bergamasco s’est voulu ferme. « Guy Novès peut nous accuser de tout mais nos organisations ne préparent pas ses séances d’entraînement ni ne supervisent son recrutement. Jamais nous ne lui avons expressément demandé de recruter Jean-Pascal Barraque, ni de maintenir Jean-Marc Doussain ou pire de nommer Jean-Baptiste Ellisalde en charge des lignes arrières ou ce qu’il en reste. Jamais. Ces décisions font marrer jusqu’en Sicile, terre d’Ovalie s’il en est. Et puis, prendre des mecs qui ont des prénoms composés quand on déteste autant les doublons, on savait bien que ce n’était pas bon pour lui », a lâché dans un large sourire le porte-parole. La Boucherie Ovalie, seul média présent à cette conférence de presse, ne voulait croire à une telle version. « Doussain, avouez que c’est vous, s’il vous plait. Comme est-ce possible autrement ? », n’a pas démordu notre reporter. « Je vous le répète : non, ce n’est pas nous. Selon mes informations, le problème vient d’une erreur dans le carnet de correspondance du petit Jean-Marc. En Ariège il n’y a qu’un seul conseiller d’orientation pour tout le département. Il devait être débordé et n’a pas envoyé son dossier à l’Office National des Forêts, comme tous les autres », a précisé l’attaché de presse italien.

Les spécialistes du grand banditisme et du crime organisé de W9 et Direct 8 sont sur les dents et s’interrogent désormais sur le futur de l’entraîneur toulousain. Après ses aveux, ce dernier craindrait désormais pour sa vie et celle de ses enfants (par conséquent aussi pour celles de Vincent Clerc et Byron Kelleher). Selon Mediapart, Roberto Salviaco, ancien journaliste vedette devenu grand pourfendeur de la bien-pensance, des réseaux sociaux, du bon goût, du féminisme et autres organisations occultes, qui a brisé lui aussi l’omerta à plusieurs reprises dans le passé et dont un des ouvrages « Twittomorra » a été adapté avec succès au cinéma, aurait contacté l’entraîneur le plus titré de l’univers. Il souhaiterait en effet le convier à ses tournées internationales de sensibilisation aux dangers des valeurs du rugby © sur le jeune public. Toujours selon le site d’information, Guy Novès aurait demandé la protection de la police italienne. Il aurait bon espoir qu’elle soit acceptée, persuadé d’avoir par ses révélations marqué des points et aurait même déclaré en privé : « L’administration italienne dans sa poule, c’est 10 points ».

 

 Photo d’origine CC by Franck Nieto  via Flickr

La Coupe du monde 1987

Après avoir connu un début d’année très actif avec presque un article posté par jour (imaginez si en plus, ils étaient de qualité) l’équipe rédactionnelle de la Boucherie Ovalie accuse le coup. Extenués, nous avons décidé de prendre environ 6 mois de vacances bien méritées. En attendant, nous réactivons tout de même la section « Les apprentis bouchers » , qui vous permet à vous, les sans talents, de nous envoyer des textes et d’espérer être publié sur ce magnifique site qui n’a pas connu un seul bug depuis 4 jours (record en cours).

Le gagnant du jour s’appelle Copareos, il est supporter de l’ASM (à croire que cela pousse à avoir de l’humour) et il a décidé de nous parler de la Coupe du monde de 1987. 1987, une bien belle année puisque c’est celle qui a vu naître nos deux Chaifres Ovale Masqué et Damien Try, qui viennent d’ailleurs d’être élus « Hommes les plus sexy du monde derrière leurs écrans » par Picsou Magazine. Mais on s’éloigne un peu du sujet. 

 

La coupe du monde 1987

Nous sommes en 1987. Le rugby n’est alors qu’un sport amateur avec des Valeurs ©, des vraies. Les joueurs sont alors aussi bourrés que les supporters et on aperçoit çà et là des plants de pommes de terres aux quatre coins des terrains. Cela peut paraître rustique, certes, mais on s’en fout puisque l’important c’est qu’après s’être mis des doigts (dans les yeux) et des poings (dans le visage), les joueurs se retrouvent chaleureusement au cours d’une troisième mi-temps fraternelle et joviale.

Cette année-là, le paysage du rugby français n’est pas le même, car il est AMATEUR. Pas de club de mercenaires, pas de scandale pour le transfert d’un pilier « 100% catalan » vers la ville voisine, pas de combat à coups de millions pour recruter un joueur quelconque, non. Rien à voir avec aujourd’hui, puisque le champion de France 1987 n’est autre que… Toulon qui bat le… Racing Club de France et qui succède donc… au Stade Toulousain. Bon, c’est vrai que ça change pas beaucoup en fait. Mais on s’en fout, parce qu’avant c’était mieux.

Ainsi, en ce 2 mai 1987, jour de sacre pour Toulon, ça sent la fin de saison, et les vacances méritées pour tous les joueurs. Tous ? Non. Un cortège d’irréductibles Gaulois se préparent à partir pour la patrie de la fougère (la Nouvelle-Zélande si tu es tombé sur ce site par hasard) pour y disputer la première Coupe du monde de rugby à XV de l’Histoire. Dingue, non ?

 

Contexte

Pour participer à cette compétition, il faut une invitation. 14 équipes ont donc été conviées par la Nouvelle-Zélande et l’Australie, co-organisatrices puisqu’apparemment à l’époque déjà c’était pas possible de faire une coupe du Monde de rugby dans un seul pays. Et déjà, comme ça, sans prévenir, avant même que le premier match ne commence, une polémique : l’Afrique du Sud n’est pas invitée, à cause de l’Apartheid qui y sévit. Ca la fout mal, parce que c’est quand même ce pays qui par son vote a décidé du lieu de cette première Coupe du Monde. C’est pourquoi dans un élan de racisme, une invitation leur a été envoyée. Mais Mandela étant encore en prison et le peuple n’étant donc pas à la recherche d’une preuve d’unité, il n’y a aucune raison de remporter ce trophée. Ils refusent donc d’y participer.

 

Match d’ouverture​

La compétition débute le 22 mai 1987 par un choc : Nouvelle-Zélande – Italie. On assiste alors à une véritable surprise puisque l’Italie, contre toute attente, l’emporte sur le pays organisateur. Non, je déconne, victoire 70-6 des All Blacks. Pour la petite anecdote, le sifflet utilisé pour cette rencontre est le même que celui utilisé pour le premier test match entre la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre en 1905 et pour la dernière finale olympique de rugby à XV à ce jour, en 1924. Depuis, il a été décidé que ce sifflet serait utilisé pour le match d’ouverture de chaque coupe du Monde. Ne vous étonnez donc pas si une épidémie de peste frappe le Royaume-Uni en 2015.

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Owen Farrell hésite à la question : « Si une coupe du Monde de rugby a lieu tous les quatre ans, en quelle année a eu lieu la deuxième coupe du Monde ? »

 

La France

La France hérite d’un groupe plus composé de peintres que de joueurs de rugby. En effet, en affrontant l’Ecosse, la Roumanie et le Zimbabwe, le Coq n’aurait pas dû avoir de problèmes pour sortir de la poule. Mais le souci, c’est que la France vient de réaliser un Grand Chelem lors du dernier tournoi des Cinq Nations. On ne voit donc pas pourquoi les Bleus remporteraient tous les matches, car cela parait trop simple. Il y a forcément un piège.

Alors, n’exagérons rien, ce n’est pas le Zimbabwe qui va poser problème (victoire 70-12), ni même la Roumanie, plus apte à voler les poules qu’à les disputer (victoire 55-12). Vous l’aurez donc compris, la France va buter sur l’Ecosse, et cela semble logique. En effet, bien que la France ait battu le XV du Chardon 27-22 trois mois auparavant, les deux équipes font match nul 16-16 lors d’un test match quelques semaines avant cette coupe du Monde. Alors une défaite semble inéluctable. Mais voilà, il y a des jours comme ça où le destin ne veut pas s’abattre, et la France mène 20-16 à la 79ème minute suite à un essai transformé de Serge Blanco qui, je vous le rappelle, pouvait apparaître comme le sauveur à une époque. On se dirige droit vers une victoire des Bleus. Mais rassurez-vous, à la 84ème minute (si, si), la France encaisse un essai en coin et concède le match nul 20-20 puisqu’un essai valait encore 4 points en 1987.

La France termine donc en tête à égalité de points avec l’Ecosse, mais elle obtient la première place grâce à un nombre supérieur d’essais inscrits pendant la rencontre entre ces deux équipes (encore une fois, merci Serge). Cela permettra donc aux Français d’éviter la Nouvelle-Zélande en quart de finale et de se frotter aux Fidjiens, quart de finaliste bien qu’ayant perdu contre l’Italie.

En quart de finale, la France dispose des îles Fidji sur le score de 31-16 et se qualifie pour les demi-finales où elle affrontera l’Australie, qui a battu l’Irlande 33-15. A noter que les Anglais ont été éliminés par les Gallois 16-3, ça fait toujours plaisir.

En demi-finale, la chose est toute autre. Car non seulement c’est une Australie en grande forme qui se présente en face, mais en plus le match a lieu à Sydney. Je vous laisse donc imaginer le scénario. Mais grâce notamment à un Didier Camberabero réalisant un sans-faute au pied et égalisant à la dernière minute, la France arrache une prolongation. C’est alors que le monde va découvrir le “French flair”. Je parle du vrai ici, celui qui consiste à faire une multitude de passes et à oser. Pas celui qui se résume en un rebond chanceux retombant sur Yoann Huget. On assiste donc à une action qui paraitrait brouillon aujourd’hui mais qui se révèle salvatrice quand Serge Blanco (encore lui) aplatit le ballon en coin. Camberabero aura même le culot de transformer cet essai et la France l’emporte 30-24.

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Qui lui dit que Biarritz va se déplacer à Bourg-en-Bresse l’an prochain ?

La finale : France – Nouvelle-Zélande

Nous arrivons donc au moment fatidique, celui que le monde entier du rugby attend, le choc entre la France et la Nouvelle-Zélande. L’ambiance d’avant-match est la même que pour les demi-finales. On sait que c’est l’équipe qui joue à domicile qui va écraser l’autre. Nous sommes donc le 20 juin 1987 (et non pas le 23 octobre 2011), le capitaine est Daniel Dubroca (et non pas Thierry Dusautoir) et le match a lieu à l’Eden Park d’Auckland (ça, ça n’a pas changé) où il s’agit pour les Français de vaincre une équipe qui a passé ses dernières semaines à écraser ses adversaires les uns après les autres.

La France tient bon et n’est menée que 6-0 à la mi-temps. Mais alors qu’elle est revenue à 6-3 au retour des vestiaires, l’ouragan noir se met en place et deux essais sont encaissés en trois minutes. Les Français paraissent fatigués de leur demi-finale et perdent finalement 29-9 avec malgré tout un essai de Berbizier à la 84ème minute, pour montrer qu’ils se sont battus jusqu’au bout pour les Valeurs ©.

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« J’ai eu peur, j’ai cru qu’ils allaient nous niquer la fête ces cons de Français! »

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« Coucou les Auvergnats, nous aussi on est finalistes. »

 

La Nouvelle-Zélande est donc la première nation à remporter la coupe du Monde de rugby et son capitaine David Kirk devient le premier à brandir le trophée Webb Ellis. Les Bleus échouent en finale mais on leur prédit déjà une victoire dans les prochaines coupes du Monde. Ah, s’ils savaient ce qui les attend…

Les Pronos du week-end au Cap d’Agde d’Ovade

Du cul et des pronos.

 

Par Ovade,

Hier, en rentrant d’un tournage à Saint Bart, je suis tombée sur un message du boss sur mon répondeur : « Allo, rappelle-moi fissa quand t’auras fini de faire la pute au soleil» . Je ne lui ai donné que mon numéro de répondeur, une fille dans ma position (et quand je dis « position », je sais que j’ai toute votre attention) ne peut pas se permettre d’être importunée par ce genre de désagrément en pleine quête du plaisir. Il a toujours été délicat comme garçon. Mais depuis qu’il michetonne au Rugbynistère, la fréquentation des filles faciles n’a rien arrangé. Toutefois, je décidai de lui laisser une petite chance, après tout, vivre avec des collants mauves ne doit pas être facile tous les jours. Je m’armai donc de ma voix la plus chaude et la plus sensuelle et composai son numéro : 06 59 48 73 15.

— Allo !

— Salut mon bel Ovale !

— … al…lo, euh oui, c’est toi la salope qui parle de cul ?

— Oui, c’est moi, que puis-je pour ton service ?

— Je…. Euh… bon, je suis sûr que t’y connais rien, mais les autres branques de la boucherie ne glandent plus rien, tu saurais faire des pronos de rugby ?

— Mon cher Ovale, tu m’as déjà souvent regardée quand je fais des pornos avec des objets ovoïdes, tu sais donc déjà de quoi je suis capable.

— …euh, je, euh euh, … rah lovelly !

— Tout le plaisir est pour moi.

— Att…

J’ai raccroché, il fallait le laisser reprendre son souffle, la première fois c’est toujours un peu particulier.
Bon, le boss a raison, je n’y connais absolument rien en rugby. Mais après tout, quand on a appris l’absurdité de cette existence, on apprécie avec d’autant plus de force les choses belles et inutiles. Et au premier rang desquelles je placerais le sexe et le rugby, l’inutilité de passer en arrière pour ces deux petits plaisirs de la vie les rend tout à fait à mon goût.


J’ai donc recherché sur youporn les matchs prévus cette semaine, et vous livre mes porno-chics pour que vous puissiez, comme moi, offrir quelques affriolants dessous dessinés par Chantal Thomass à votre belle amante, ou les lui ôter pour la couvrir d’une belle fourrure, quant à vous mes petites cochonnes, cela vous permettra de vous casser et de laisser tomber ce crétin qui passe ses week-ends à hurler derrière un poste de télé où courent des types en short se balançant un truc ovale, en renversant de la bière partout et en suant dans son maillot de son équipe préférée qu’il a payé en bouffant tout votre budget culture et dont il a voulu vous offrir un exemplaire à Noël dernier, alors que ne rêviez, pour le même prix, que d’un week-end en amoureux en Relais et Château, avec spa et hammam, pour qu’il prenne le temps de vous séduire, de vous courtiser avant de vous faire l’amour, en écoutant votre désir et en se donnant, doucement ou avec force, mais selon le rythme que vous aurez choisi, sans chercher la performance, et qu’il puisse se retenir jusqu’à ce moment où vous sentirez cette belle chaleur exploser et vous submerger.

 

Union Bordeaux-Bègles / Grenoble

Un match le vendredi soir, alors qu’il y a tellement mieux à faire en club ou seule ? Je n’ai jamais mis les pieds à Grenoble, j’ai entendu parler de quelques bien membrés dans les parages, un certain Carminate et un Johnny the Best, mais le gonzo, c’est pas mon style. Bordeaux, je connais, je veux dire la ville, les joueurs, il paraît qu’ils sont tous en stage du côté des Pyrénées-Orientales. Mais dès qu’on me parle d’union, je fonds. Alors victoire des Bordelais sur le score de 1-0.

 

Clermont-Ferrand / Stade Français

Samedi à l’heure où je m’étirerai telle une chatte pour

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goûter les premières lueurs du jour, il paraît qu’il y aura déjà un match à Clermont. Certains ont un karma bien malheureux. Les Parisiens seront descendus en province à bord de leur luxueuse Lancia Epsilon, avec une espèce de géant roux qui, dans l’incapacité de se sortir de derrière le volant, restera, en attendant que les pompiers viennent le désincarcérer, coincé derrière le volant sur le parking du stade Marcel Michelin, être affublé à la fois de Marcel et de Michelin, quel bien triste destin. Tel le fougueux hussard, le stade enlèvera la virginité clermontoise, qui tombera sous les coups de boutoirs tout en caresses de l’Italo-Argentin Gonzalo. Victoire des Roses par 54 à 12.

 

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Les soldats roses sont prêtes à faire valser les provinciaux

 
Toulon / Biarritz

A l’heure où je sortirai de la douche, la peau encore humide, je pourrai me préparer doucement en regardant le match du plus bel homme du top 14, qui, un comble pour le championnat français, est anglais. J’aurai envie de chanter « Fais-moi mal, Jonny Jonny, fais-moi mal, moi j’aime l’amour qui fait boum ». Le regarder se préparer des heures dans la position alanguie du sourcier, sa baguette à la main. Hervé Bodilis donnerait cher pour faire tourner le Lord anglais. Au bout du compte, c’est dans une production au rabais avec des filles de l’Est à peine pubères que l’on retrouvera Maxime Mermoz pour une diffusion sur Blue Hustler. J’ai entendu dire que M. Boudjellal avait troqué son Uruk-haî de Saroumane contre un Hobbit de la contrée, est-ce parce qu’il voudrait qu’il lui glisse le doigt dans son anneau ? Côté Biarritz, trop de légumes, melon y compris, pour que ce soit intéressant. Victoire des Varois sur un terrain sec par 4 mains fracturées contre un avant-bras.

 

Bayonne / Brive

Par hasard, j’ai découvert il y a quelques jours, un combat dans la boue entre des joueurs en bleu et blanc, contre des joueurs avec un maillot dont on pourrait dire, c’est jaune, c’est moche et ça ne va avec rien. Au milieu de cette mêlée, il y avait ce type avec un nom argentin, qui tentait d’imiter Sir Jonny, mais en serrant si bien les fesses et en montant si haut son petit derrière, que je l’aurais pris pour une jeune pucelle qui montre de manière ostensible par où il faut passer. Et comme aurait pu le dire le grand Jacques « Les soirs où je suis Argentine / … je les veux félins / Avec un rien de brillantine / Collée au « ceveu » de la langue / Ils seraient frais comme des mangues / Et compenseraient leur maladresse / À coups de poitrine et de fesses ». Bref, match nul, sur le score de 3 – 0.

 

Perpignan / Racing Métro 92

Les bourgeoises et leur tailleur Chanel descendent chez les gitanes pour s’encanailler. Mal leur en prendra, elles repartiront à poil et sans sac, 12 à 3.

Castres / Oyonnax.
Deux villes qui n’existent pas ne peuvent pas se rencontrer. Match annulé par l’arbitre chauve qui ne trouve pas le stade. 5 Points reversés au dernier du classement, Serge Blanco garde espoir.

Toulouse / Montpellier
A l’heure où je commencerai à me préparer, à m’oindre d’huile satinée et à me couvrir légèrement de soie et de dentelles, se jouera un dernier match. Comme je n’y connais rien au rugby, c’est évidemment Toulouse qui est mon club favori, et puis c’est là qu’il y a eu des joueurs aussi beaux que Denis Charvet ou Stéphane Ougier, qui n’ont jamais été remplacés, ils se sont pris un platane qui a fini par plier la voiture. Jeu de main, jeu de Toulousains, comment voulez-vous que je résiste à un tel moto, j’ai envie d’essayer tout de suite. Même s’il paraît que la moto n’a plus l’heur de plaire au coach. Quant aux visiteurs du soir, la sous-préfecture du Gard ne réussit pas à susciter autant d’excitation que la plus petite des corridas près de la Maison Carrée. Victoire des Toulousains par 7 caresses à 4.

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Les Rouge et Noir sont prêtes à jouer avec leurs mains.

J’espère que grâce à moi vous gagnerez plein d’argent et que vous baiserez bien, ou à défaut, que vous baiserez volontiers. En terminant cette visite dans l’univers du teub 14, j’ai ouvert la fenêtre et me suis pris en pleine figure les effluves de charogne rance qui montaient de la rue, entonnée par des bras tendus et des bruits de bottes. La foule nombreuse qui scandait ces refrains à vomir m’a plongée dans une profonde prostration, serrant fort ma poitrine contre mes genoux. Me revenait en mémoire ces images, était-ce en 42 ou en 44, dans une prison ou dans une rue de Paris, de cette femme pendue par les pieds qui se faisait insulter avant de se faire botter la tête à grand coup de souliers cloutés. Je serai certainement la prochaine. J’avais les poils hérissés de colère. Con de Monde. Absurde vie. Ce soir, des copines passent à la maison, cette tension dans mes trapèzes annonce un moment gâché. J’essaierai de les détendre en regardant le meilleur moment de la coupe du Monde 2011, celui où Sony Bill change de maillot, j’espère que cette fois encore, la chose ovale m’aidera à reprendre goût au plaisir.

Le petit Guildford illustré 2014

Vous aussi, même si vous ne savez pas vraiment pourquoi, vous allez encore regarder le Tournoi des VI Nations cette année ? Vous aussi vous cherchez le moindre prétexte pour boire ?
Ne cherchez plus, la Boucherie Ovalie répond à vos attentes, grâce à la version 2014 du petit Guildford illustré.
Déjà chez vous, bientôt encore plus chez vous si vous êtes auvergnat !
Bon match, bonne cuite.

Le petit Guilford illustré 2014

Cliquez pour agrandir
Sur une idée originale du @WelshDalaiLama.

La chronique sexo d’Ovade, N°1.

 

Il y a quelques jours de cela, nous avons reçu sur notre boîte mail destinée aux contributions des lecteurs, le texte d’une certaine Ovade, qui se décrit elle-même comme « la petite soeur d’Ovidie », célèbre actrice qu’on ne présente plus aux rugbymen en rut qui parcourent régulièrement ces pages. Son ambition ? Parler de cul sur la Boucherie. Elle se décrit en effet comme « une pornographe de l’Ovalie, adepte du jeu à la main dans la largeur et du renversement petit côté, qui ne s’intéresse qu’à la plastique des joueurs de rugby ».

Comme de toute façon à la Boucherie, personne ne parle de rugby à part Pierre Villegueux (et encore, 3 à 4 fois par an seulement, tel un Pierre-Gilles Lakafia de la plume), on s’est dit que l’idée était peut-être intéressante. Et après examen de nos statistiques de lectures, nous sommes tous tombés d’accord : nous devons beaucoup plus parler de cul si nous souhaitons devenir le site de rugby N°1 en France devant Rugbyrama, ce qui est bien sûr notre objectif DEPUIS LE DÉBUT. Glisser quelques Gifs de chats par-ci, par-là devrait également nous aider dans notre tâche. 

L’équipe de la Boucherie est donc fière de vous présenter la première (et peut-être dernière) chronique d’Ovade, qui nous parlera aujourd’hui de la sexualité de la charnière. 

La chronique sexo d ovade

La chronique sexo d’Ovade

Bonjour mes petits cochons, si vous êtes bouchers et que vous lisez cette rubrique, je ne vois pas comment vous appeler autrement. Et bonjour mes petites cochonnes, parce que si vous êtes bouchères et que vous lisez cette rubrique je ne vous appellerai pas autrement.

Vous vous posez sans doute la question de l’existence de cette rubrique sur un blog tenu par un type masqué qui passe ses journées en collant violet devant l’écran de son ordinateur à mater des matchs Biarritz-Brive en streamings roumains commentés en Portugais, qui n’ose plus sortir de chez sa mère depuis qu’il a croisé Albert Ferrasse et son pardessus en sortant de la crèche, et qui envoie sa mère refaire le stock de canettes de 16 qu’il laissera traîner parmi les restes de boîtes de pizza encore garnies, les vieux numéros de Strange magazine, les Picsou Parade et les Camping-car Magazine à même le sol de sa chambre, victime de son syndrome de Diogène. Autant dire, le blog de quelqu’un qui a une sexualité aussi développée que celle de l’huître d’élevage de la baie de Belon, et ce n’est pas Ovale de Grâce qui dira le contraire.
Pour moi aussi cela est incongru, mais je dois vous avouer que chaque fois que je rentre chez mon boucher et que je l’entends me questionner de sa voix claire et franche « y’en a un peu plus, je vous le mets quand même ? », c’est un subtil frisson qui court le long de ma colonne et me rend toute chose, alors oui, je fais mon coming-out, j’aime les bouchers et eux aussi ont droit à une sexualité épanouie.

 

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Mon boucher est sympa

 

Pour cette première rubrique, je voulais vous entretenir de la sexologie de la charnière. Et en premier lieu de ce lien unique qui existe entre l’arbitre et le neuf, de cette complicité intense qui les unit sur le terrain. Du point de vue de la sexologue, leur couple fonctionne très bien, d’abord parce que le demi de mêlée ne rechigne jamais aux préliminaires : il vient tout près parler dans le creux de l’oreille, il fait les grands gestes pleins du charme de la danse nuptiale volubile bien connue chez les suricates, il lui lance des regards plein de braise… et Julien Dupuy est sans doute le meilleur au monde dans cet exercice.

Ensuite, une fois que les préliminaires ont ouvert la voie, il était tout à fait charmant, et tout à fait intéressant de bien observer le passage à l’acte, de regarder comment l’arbitre vérifie que l’introduction se fasse bien droite, et de l’entendre hurler son plaisir, avec ce léger déhanchement de contentement, en criant « oui neuf ! ». Mais, après moult plaintes des plus puritains des spectateurs, de ceux qui auraient souhaité interdire l’accès au terrain à un Gareth Thomas et ses faux airs de HPG, de ceux qui voudraient réduire la sexualité à la seule reproduction, assassinant ainsi les rêves de toutes jeunes filles désireuses de s’inviter à la fête de la victoire aux abords du Castillet, de ceux pensant encore qu’un match de rugby est un spectacle familial, l’IRB a demandé, telle la fédération de tennis à Monica, de cesser de crier sur le terrain. C’est tout à fait navrant de voir revenir le front des bigots qui voudraient limiter la sexualité à une seule position, celle du missionnaire, comme la pratique encore Clément Poitrenaud à chaque fois qu’il marque un essai, labourant la pelouse de son bas-ventre. Mais là encore, la sexologue avisée que je suis s’est réjouie de la force de ce couple, qui a vite remplacé le cri de plaisir par un petit geste plus subtil mais toujours plein de tendresse et d’érotisme, et que ce soit par un clin d’œil ou par une petite tape sur la fesse, l’arbitre sait quand il est temps que l’introduction se fasse.

Bien sûr, comme dans tous les couples, il y a des exceptions. Je tiendrai celle de Julien Thomas comme exemplaire : il ne sert à rien de vouloir introduire de travers quand votre partenaire ne supporte que l’introduction bien droite, elle vous refusera l’accès et vous enverra dix minutes au frigo pour que vos ardeurs redescendent et que vous puissiez revenir mieux disposé.

Je vous disais plus haut vouloir parler de la charnière, car il m’est toujours apparu que si le neuf avait droit aux faveurs de l’arbitre, le dix avait lui les faveurs de toute la ligne de trois-quarts, les faveurs de tous ces dieux du stade au physique si intelligent et à la plastique si appétissante. Je ne saurais dire quelle en est la raison exacte, est-ce à voir avec les profils néandertaliens des chasseurs-plaqueurs et des gratteurs-cueilleurs du paquet d’avants ou plus simplement au choix des Dieux qui ont créé le demi de mêlée laid et le demi d’ouverture divin ?

La chronique sexo d ovade

 

Un neuf qui n’a toujours pas eu son ballon d’or. 

 

DAN!

 

Un 10 qui prouve qu’il peut faire mouiller n’importe qui, même avec un maillot aussi moche (pour les moteurs de recherche : Dan Carter sextape)

 

La sexualité du dix est dans son nom, le demi d’ouverture : rien ne lui résiste, il est capable de tout ouvrir, de faire sauter le verrou, de prendre l’intervalle, de renverser, de croiser, de décroiser, de transformer, d’attaquer la ligne, de jouer avec la main comme avec le pied, d’aller au contact, de renvoyer, de relancer du fond, de faire une chandelle, de jouer dans le dos, de passer par-dessus, de sauter, de double sauter et même de triple sauter, d’engager et de dégager très loin, et, grand prince, de faire jouer derrière lui. Je vous entends déjà mes chers petits cochons, c’est tout à fait écœurant que ce genre d’homme existe, c’est une concurrence tout à fait déloyale. Je vous entends déjà mes petites cochonnes, c’est tout à fait écœurant que ce genre d’homme existe, il vous renvoie en pleine figure la chose avec qui vous êtes.

La sexualité du dix ne s’exprime jamais aussi bien que lorsqu’il est face aux poteaux, qu’il prend tout son temps, qu’il se retient jusqu’à la limite dans une position quasi-extatique, caressant du regard l’objet de son désir, avant de libérer tout un stade dans une même jouissance en envoyant en plein dans le mille. On raconte qu’un dix a été capable avec un seul dégagement de relancer la fécondité de toute une région au centre de la France, jusque-là soumise au caoutchouc. Ne connaissant ni la Creuse ni l’Aveyron, je ne saurais confirmer.

Là encore, il existe des exceptions, nous nous rappellerons la vitesse à laquelle tirait Stephen Jones. Il n’y a pourtant jamais eu une seule plainte contre lui, ni aucun grief. Il semblait apporter tout autant de plaisir, et pas uniquement quand il avait à ses côtés le maître en matière de mouillage de petite culotte, la mienne y compris, à savoir Monsieur Gavin Henson.

GAVIN!
Mon charcutier est sympa aussi

Les exceptions sont cependant plutôt à chercher dans notre hexagone, qui ne sait pas produire de dix digne de ce nom. Comment réussir à se pâmer devant un Talès ou un Trinh-Duc, comment arriver encore à penser que le désir pourra revenir un jour devant un Lopez, et ce ne sont pas les vieux Roumieu ou Camberabero qui pourront y changer quelque chose. Un espoir peut-être avec le jeune Plisson, mais le détournement de mineur…
La prochaine fois, je vous expliquerai comment bien utiliser, même avec Labit, son sextoy. Car il peut fonctionner en toutes occasions, je vous ferai un retour d’expérience, cela est très agréable même quand j’ai mis un slip.

Bertrand Guiry (USAP) passe sur le grill

La vache ! Guiry sur le grill !

 

Questions posées par Gregory le Mormeck, retranscription par Nicole Alamasse, avec la participation de Pastigo, Prune, Ovale Masqué, Marcel Caumixe, L’Affreux Gnafron, Damien Try. Les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell. 

 

Grande adepte des lieux de débauche perpignanais, Prune, notre envoyée spéciale en terre catalane a une nouvelle fois réussi à décrocher un rendez-vous avec un joueur de l’USAP pour le faire passer sur notre grill. Et non des moindres, puisqu’il s’agit du capitaine Bertrand Guiry. L’occasion était trop belle pour qu’une petite délégation ne se réunisse sur les lieux du crime afin de rencontrer cette star montante du rugby catalan, de faire le tour des débits de boissons du coin et d’assister à une nouvelle défaite de l’USAP à domicile.

C’est donc après une première nuit alcoolisée que nous débarquons chez Bertrand (car oui maintenant on l’appelle Bertrand) à quelques heures du match qui opposera l’USAP au Munster (match qui s’est arrêté à la 79ème minute, sur la victoire des Catalans, comme vous le savez tous).  L’œil collé, le teint pâle, et avec de vieux relents de whisky-fraise dans le gosier, nous attaquons notre questionnaire.

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Bertrand lors de sa période cheveux longs. Il a ensuite préféré les couper pour cesser d’être confondu avec Jean-Pierre Perez, et donc d’être systématiquement pénalisé dans les rucks.

 

  • Bonjour Bertrand, beaucoup de nos lecteurs ne suivent pas les matchs de l’USAP et préfèrent découvrir les talents catalans une fois qu’ils ont signé à Clermont ou à Montpellier. Peux-tu te présenter rapidement ?

 

Alors, je m’appelle Bertrand Guiry, j’ai 25 ans, et je joue à l’USAP depuis l’année du titre. Je suis né à Perpignan. Et j’ai effectué des études de commerce à Toulouse, études que j’ai terminées il y a 2 semaines.

 

  • On dit de toi que tu es un joueur intelligent. Dans un club qui a connu Jean-Pierre Perez, Henry Tuilagi et Grégory Le Corvec en 3ème ligne, ne te dis-tu pas que tu n’es pas vraiment à ta place ?

 

On avait tous des profils assez différents, ce groupe est très complémentaire je crois. C’était la force de cette 3ème ligne lorsqu’on jouait ensemble. Il faut faire la distinction entre l’agressivité (parfois au-delà des règles) et l’intelligence d’un mec. Les mecs cités sont réputés pour leur agressivité sur le terrain, mais restent RELATIVEMENT intelligents en dehors.

 

  • Relativement ?

 

Je t’ai pas dit que c’étaient des lumières non plus.

 

  • On dit parfois de toi que tu es à la porte de l’EDF, à l’instar de jeunes comme Burban, Rabadan ou Lamboley. Quand tu vois Le Roux, Claassen, Nyanga ou Dusautoir en EDF, ça te fait pas un peu chier de te faire piquer la place par des étrangers ?

 

C’est fatiguant cette discrimination positive.

 

  • Mais d’un côté, si tu es sélectionné, Lartot risque d’évoquer « La vache Guiry » à l’antenne (dont le copyright est propriété de Gregory Le Mormeck). Es-tu mentalement prêt à ça ?

 

En fait des amis ont déjà arboré une banderole avec ce slogan lors d’un match contre Toulon. Du coup je suis déjà mentalisé pour ça.

 

  • Tu as l’image d’un garçon intelligent. Tu es jeune et capitaine. Ne devrais-tu pas songer à agresser des flics à la sortie des bars pour développer ton côté Bad Boy ?

 

Je suis plus dans une mouvance contre-culturelle. Et frapper des flics ça a déjà été fait au club par le passé. Je songe à autre chose pour affirmer mon côté Bad Boy.

 

  • Ton nouveau président affiche son ambition d’un titre d’ici 3 ans. Est-ce réalisable, ou tu penses que le mec ne tourne pas qu’à l’eau ? Rivière ? A l’eau ? Bonne blague ? Putain mais qui a écrit ça ?

 

Non, je pense que c’est réalisable, même si c’est très ambitieux. Mais il faut avant cela pointer les défauts du club et y remédier. Notamment au niveau structurel et organisationnel où on est en retard, ce dont le président et le directeur général semblent avoir conscience. Et ils travaillent depuis un certains temps dessus. Leur discours est convaincant, et j’ai confiance en eux. C’est malheureusement aussi une question d’argent, on n’a pas les mêmes moyens financiers, de structures ou de ressources humaines. Il faut laisser le temps aux choses de se mettre en place, et être exigeants envers nous-mêmes.

 

  • Quel a été le départ le plus dur à supporter pour toi ? Celui de Porical ou de Mas ?

 

Les deux, de façons différentes. Jérôme est un pote, mais j’étais content qu’il ait l’occasion de rebondir dans un club ambitieux. Nico, je m’y attendais moins, donc forcément j’étais déçu. Mais on ne doit pas se donner le temps de trop cogiter, il faut vite basculer sur autre chose…

 

  • D’ailleurs ça marche bien pour lui quand il revient !

 

Oui, c’est insupportable. Mais c’est la meilleure réponse qu’il pouvait donner à ceux qui l’ont critiqué.

 

  • Qu’attends-tu le plus à l’USAP ? Un titre de champion de France, le retour de Dan Carter, ou la retraite de David Marty ?

 

Ce dont on a le plus envie, c’est de gagner des titres. Que ce soit en H-Cup ou en championnat. Mais il faut rester lucides. Pour l’instant on ne lutte pas avec les mêmes armes que les meilleures équipes. Alors il faut se donner un peu de temps pour réaliser ça. Mais à terme c’est ce qu’on souhaite oui.

 

  • Sinon tu peux nous l’avouer, l’Amlin Cup te manque un peu ?

 

Ah oui. Les matchs à Prato, Rovigo, et euuuuh l’autre « club » italien (personne ne s’en rappelle …) ah ben Rovigo en fait. Mais le plus étonnant, c’était chez les Basques l’année dernière (seul le chef se rappelle du nom de l’équipe : Gernika ). Là c’était magnifique. Fallait voir le stade. Ca m’a rappellé quand je jouais à Millas, mon club d’enfance

 

  • N’est-il pas trop dur de se faire gueuler dessus pendant 80 minutes par le sosie de Jean-Pierre Coffe ?

 

Si si c’est dur, surtout que je n’y connais pas grand chose en cuisine…

 

  • Et pour ce qui est du surnom de Monsieur Patate. Colle-t-il avec la réalité du personnage ?

 

Joker !

 

  • Milites-tu pour le retour de la Bronca à l’entrée des adversaires sur la pelouse ?

 

Ouais complètement, c’est le genre de truc qui me plaît.

 

  • Du coup, que représente la catalinité pour toi ?

 

C’est beaucoup de passion avec les avantages et les inconvénients que ça engendre. C’est à dire que c’est beaucoup dans l’affectif, et c’est ce qui donne du charme au truc, qui rend les valeurs d’ici attachantes. Mais d’un autre côté, c’est le manque de recul aussi parfois. Ce qui fait que ça peut envenimer les situations des fois. Mais dans l’ensemble c’est un truc très attachant.

 

  • Suite à ça, ressens-tu une sorte de pression de la part du public ? Car on est un peu cons nous les Catalans !

 

Non pas vraiment. On ressent de la ferveur… mais l’ambiance s’est un peu atténuée, et ressemble un peu plus à celle dans les autres stades.

(A ce stade-là il est important de signaler que le sieur Mormeck ressent un peu de fatigue, car il est encore bourré de la veille et ressent une furieuse envie de faire ses besoins naturels. Mais on y reviendra plus tard.)

 

  • Tu as fait plein d’études. Tu fais donc partie des quatre joueurs pros à savoir lire ET écrire. Te sens-tu rejeté ? (La même question a été posée à Jonathan Best, et on n’a pas compris la réponse.)

 

Non non…

 

  • Tu le caches ? Tu en as honte ?

 

Non non, c’est une fierté. Si c’était à refaire je le referais cent fois. Et sur ça je m’en fous de ce que pensent les autres.

(Pour rappel, à l’heure où nous publions cet article, Bertrand attend toujours les résultats de son examen. S’il faut il est aussi con que les autres.)

 

  • Tes études t’ont amené en Irlande où tu as pratiqué le rugby. Est-ce que cette expérience t’a aidé à comprendre l’arbitrage en H-Cup, ou ces salauds de Britons nous prennent vraiment pour des cons ?

 

Pas vraiment car je n’évoluais pas au plus haut niveau.

(Bertrand à joué au Terenure RFC, dans la banlieue de Dublin. Un club de milieu de tableau de première division irlandaise, un niveau semi-amateur, en dessous des provinces qui participent à la H-Cup et la Ligue Celtique.)

 

  • Tu as aussi étudié et joué à Toulouse avec ton école. Du coup, cela t’a-t-il aidé à acquérir ce sentiment d’arrogance et de supériorité qui les caractérise ?

 

Ah ouais, complètement tu vois.

 

  • Et maintenant qu’il y a prescription, tu peux nous l’avouer. Tu as déjà joué avec ton école sans prévenir ton club !?

 

Euuuuh oui. Au tout début

 

  • Lors du sacre de 2009, l’USAP a fait chanter Cali avant le match. Ne penses-tu pas qu’il s’agit là de jeu déloyal ?

 

Mais c’est sympa Cali !

 

  • Bunyeta ou Rousquille ? Muscat ou Banuyls ?

 

Bunyeta. Muscat

 

  • Brian O’Driscoll ou Marty ?

 

BOD

 

  • Ah bon, pourquoi ?

 

Je reste dans le truc professionnel, y a pas d’affectif.

 

 

Il cherche à plaquer le 9. Mais il était trop chaud, il a craqué un peu. Et à ce moment-là il se rappelle sa jeunesse, et ses cours de saut en hauteur. Mais il aurait pu nous faire un petit fosbury, ça aurait eu plus de gueule. Nan mais il était trop chaud, il a craqué ça arrive. C’est son tempérament…

 

  • On dit que Perez peut marcher sur l’eau. Est-ce vrai ?

 

Jean-Pierre, avec le mental qu’il a, il peut tout faire.

 

  • T’as des exemples de truc qu’il pourrait faire auxquels on n’est pas prêts ? Même si ce n’est pas légal.

 

C’est un stakhanoviste. Il s’épanouit dans le travail. Mais aussi dans le bricolage. Il est ultra passionné.

(Petit point explicatif pour nos lecteurs perdus par tant d’érudition. Stakhanovisme : Doctrine soviétique faisant l’apologie du travailleur dévoué à son travail et étant très productif.)

 

  • As-tu déjà visité la maison de Carter à Collioure ? Elle existe vraiment ?

 

Non. Je pense que c’est une grosse intox.

(Brisant tout espoir d’un retour tant attendu du Catalan Dan Carter, cette réponse fait verser une larme à Gregory Le Mormeck)

 

  • On dit qu’en dehors du rugby tu es hyper distrait. Quelle est ta plus grosse connerie ?

 

Pour la finale de la Coupe du Monde, on a fait une soirée à la maison. Et le lendemain je suis parti tôt, laissant une copine enfermée à l’intérieur. Elle était pas très contente…

 

  • Avant, le ¼ d’heure catalan c’était lors d’une des deux premières mi-temps. A présent c’est lors de la troisième. Tu peux nous en dire plus ?

 

Je ne suis pas tout à fait d’accord. Malheureusement, je pense que même si on garde un côté festif, ça reste calme en comparaison de ce qui se faisait il y a plus de 10 ans.

 

  • Bernard Goutta a une tribune à son nom à Aimé Giral. Manas à Dax. Est-ce que tu penses que tu en auras une aussi ? Voire une buvette ?

 

Mais y’a intérêt. Par contre, contrairement à Bernard, j’espère l’avoir pendant que je joue encore.

 

  • Après Gui Ry, Gui Rado, et Gui Toune, on annonce Gui Teau à l’USAP. Qu’en est-il ?

 

Ah bon ? Je ne savais pas.

(A ce moment précis même nous commençons à avoir honte de nos questions qui avaient l’air plus drôles à l’écrit)

 

Il paraît que le budget alimentation de l’USAP est le premier poste de dépense. Lequel des Sébastien en est responsable ?

Difficile à dire, mais je pense que c’est Vaha.

 

Au cas où ça ne paraitrait pas évident, on va passer aux questions à la con.

  • Le joueur avec qui tu aurais aimé jouer sur le terrain ? Et ne réponds pas Romain Terrain. Ni McCaw : ça nous fait chier, en fait.

 

Dommage, c’est le premier à qui j’ai pensé. Je dirais Jauzion alors. Je le bade vraiment. Jauzion c’est la classe, et je l’aurais volontiers fait signer à l’USAP.

 

  • Celui que tu n’aimerais pas croiser sur un terrain ? Et encore moins dans rue sombre et étroite.

 

Taumalolo quand il est énervé. Il a la force, la technique, le tempérament. Sinon c’est un mec hyper gentil.

 

  • Celui avec qui tu ouvrirais un bar à putes à Bogota ?

 

Non je ne ferais pas ça à Bogota. Je continuerais à faire tourner l’industrie catalane. Et je rapatrierais certainement Chouly pour m’épauler. Il gèrerait les platines et l’aspect commercial.

 

  • Celui avec qui tu aimerais faire une troisième mi temps ?

 

Et bien j’ai de très très bons souvenirs de Carter après le titre. C’est pas un gros bringueur. Mais quand il le fait, il le fait bien. Et c’est sympa, car ça contraste avec son image de mec sérieux.

 

  • Celui avec qui tu partirais à la chasse à mains nues dans la forêt amazonienne ?

 

Charles Géli, sans hésitation. Avec Charles tu peux y aller, il a ce côté sauvage qui colle bien.

 

  • Celui avec qui tu partagerais une cellule ? Tu peux répondre Votu.

 

Personne, je ne compte pas aller en prison.

 

  • Très vite. Thé ou café, levrette ou 69 ?

 

Thé, levrette.

 

  • Il reste 10 minutes à jouer. Tu serais plus du genre à faire une cagade qui offrirait le match à l’adversaire, ou à te sacrifier sur plaquage cathédrale et prendre un jaune ?

 

Carton jaune… mais elle est un peu nulle ta question.

 

  • Du coup tu préfères te faire défoncer en mêlée, ou prendre un cad deb’ d’école ?

 

Le cad deb’.

 

  • Damien Traille ou Mac Gyver ?

 

Mac Gyver.

 

  • Pour la troisième mi-temps, Mike Phillips ou Paris Hilton ?

 

(petite hésitation) Paris Hilton. Mais je pense que Phillips doit régaler aussi en soirée.

 

  • C’est qui le plus fort ? Cudmore, Botha ou l’hippopotame ?

 

L’hippopotame.

 

  • Tu préfères te faire plaquer par Alasdair Strokosch ou par ta petite amie ?

 

Je n’ai pas de petite amie, donc ça me ferait moins mal de me faire plaquer par elle que par Strokosch.

 

  • La chanson paillarde que tu aimes secrètement ?

 

Quand il pète il troue son slip.

 

  • Explique nous la règle du plaqueur/plaqué sans ponctuation.

 

Mais y’a plusieurs règles sur le sujet.

(Ce qui constitue à ce jour la réponse la plus intelligente qu’on ait obtenue à cette question)

 

  • Ça t’étonne Bastareaud qui mange un yaourt ?

 

Ca me laisse indifférent.

 

  • Pour toi c’est quoi les valeurs du rugby ? Et pas de baratin, ne fais pas comme si tu nous vendais des licences !

 

L’effort collectif, les qualités physiques, la technique individuelle, l’agressivité.

 

  • Pour conclure, pourquoi as-tu perdu ton temps à répondre à ces conneries ?

 

Parce que j’avais rien à foutre jusqu’à 16h et le match contre le Munster. 

  • Un oubli, quelque chose à ajouter, un mot ?

 

J’étais content de vous rencontrer et de voir vos têtes. Mais un peu déçu.

  • A qui voudrais-tu qu’on pose ce questionnaire ?

 

Porical. Ça pourrait être marrant.

Tout est dans la boîte, ou presque. Car après une heure d’un entretien sympathique où ne manquaient que les bières, il est temps de prendre congé de notre hôte et d’aller relancer la machine à la buvette du Canigou. Juste le temps pour notre leader Gregory Le Mormeck d’aller libérer ses boyaux sur le majestueux Trône de Bertrand, qui nous confie ressentir un profond sentiment de supériorité lorsqu’il s’y asseoit. 

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En petit bonus, un extrait audio : Pastigo a une proposition pour Bertrand…

Le Cantalabo analyse deux matchs d’Aurillac. Y’en a qui ont du temps à perdre.

De la ProD2 sur la Boucherie ? Oui.

 

Par SACA merde

Avertissement préalable à la lecture de ce compte-rendu : Les matchs dont il est question sont malheureusement des matchs de Pro D2. Aussi, la plupart des joueurs qui y sont mentionnés vous seront certainement inconnus, et si d’aventure le nom vous dit quelque chose, il s’agit probablement d’une confusion avec quelqu’un d’autre. Nous nous excusons par avance de ce désagrément.

 

Acte I : Le Cantalabo analyse le Pécorico Aurillac-Mont-de-Marsan.

Haaa, Aurillac contre Mont-de-Marsan, c’est un duel qui fleure bon le rugby d’antan ©. C’est l’opposition de la pigne contre la châtaigne, d’un club au glorieux palmarès contre un club auvergnat, du foie gras contre la truffade, ou d’un club au budget ridicule contre un club au budget encore pire (devine lequel !). Sur ce dernier point, Sport+ ne s’y est pas trompé en dépêchant sur place le bien nommé RSA, frère de Ouin-Ouin le grand, et lui-même dépressif chronique (à l’instar de la plupart des joueurs qui ont passé la majeure partie de leur carrière à Clermont-Ferrand). France3 a, de son côté, plutôt opté pour Jean Abeilhou, le seul journaliste au monde qui n’a pas besoin de ses fiches pour citer des noms de joueurs de ProD2 autres que Chalet/Nabal. Néanmoins, l’affiche semble déséquilibrée entre Aurillac qui marche à un rythme estampillé Top 14 depuis le début de saison, alternant branlées subies à l’extérieur et branlées infligées à domicile, et Mont-de-Marsan qui peine à remettre la marche avant après sa relégation de l’étage supérieur.

Alors, un match de prod2 fin novembre à Aurillac, vous me direz, ça se présente plutôt mal pour le spectacle. D’autant qu’il a neigé tout la semaine sur le Cantal, et que les thermomètres se sont mis en grève à cause de leurs conditions de travail. Qui plus est, les entraîneurs, Scott Murray côté montois contre Jeremy Davidson côté aurillacois, ça nous rappelle des Irlande-Ecosse bien crasseux du Tournoi de la fin des années 90. Et pourtant, il ne fallait pas arriver en retard©. Sur l’engagement de Maxime Petitjean, les aurillacois récupèrent la balle, puis écartent tout de suite côté ouvert, où Ratu et McPhee se font des politesses dans la défense, et filent à l’essai, avec des trucs de oufs genre retours intérieur, redoublées, ou passes après contact, sans jamais passer par le sol. De quoi provoquer une rupture d’anévrisme chez Patrice Lagisquet. Le match, la bière et les supporters à peine entamés que déjà Aurillac mène 7-0.

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La défense landaise fut bien trop statique, et a laissé aux aurillacois des espaces vers la terre promise.

 

Mont-de-Marsan n’arrive pas à mettre son jeu en place. Chahuté dans les rucks, dominés en conquête, approximatifs dans les transmissions de balle, le SM tend le bâton pour se faire battre. Cette après-midi, on aura plus vu le côté M que le côté S des landais. D’ailleurs, sur un mauvais jeu au pied montois sur les 40 mètres auvergnats, les aurillacois remontent le ballon à la main, progressent puis écartent, Kemp déborde, Ratu fixe, Boisset écarte encore pour Petitjean qui sprinte sur les 10 derniers mètres en contournant les deux derniers défenseurs pour le deuxième essai.

Deux minutes seulement plus tard, Pic pour les montois tente de jouer vite une pénalité dans le camp aurillacois, mais son petit coup de pied par-dessus est vraiment trop petit, et ne parvient même pas à lober Boisset, 1m32 au garrot, qui passe à Valentin. Celui-ci se retrouve donc avec un peu d’espace, mais à 10 mètres de sa ligne. N’importe quel cerveau sain d’esprit aurait tapé en touche, ou essayé de créer un point de fixation pour permettre une attaque conventionnelle. Mais Valentin, en bon international français à 7 n’était pas d’humeur à réfléchir. Il prend la gonfle, court, se demande s’il passe la balle à son arrière qui s’époumone à lui proposer des solutions, et puis à quoi bon ? Il la joue finalement perso, efface 3 défenseurs, et va tout seul à l’essai après une course de 70 mètres.

16 minutes de jeu seulement et Aurillac mène 22 à 0, bonus offensif déjà en poche. C’est alors que va s’illustrer la merveilleuse tradition séculaire de l’hospitalité en Haute-Auvergne. Dans la vie civile, cela consiste à violer la femme et les enfants de l’invité, pour lui montrer qui c’est qui commande. Puis, comme sous une bonne couche de nonchalance bourrue, il y a un vrai petit cœur qui bat, on offre à l’invité le coup à boire. Enfin, comme il faut aller se coucher, on re-viole les enfants pour que l’invité ne s’éternise pas. Au rugby, comme ce fut déjà le cas cette saison lors des réceptions de Dax, Bourg-En-Bresse et Albi, cela consiste à faire n’importe quoi une fois le bonus offensif acquis, afin de le perdre, et essayer de le reprendre ensuite (cette dernière étape ayant échoué contre les tarnais). Et que je te perds des mêlées, et que je te fais des en-avants dans mes 22, et que je te fais des en-avants dans mon en-but -2 fois même au cas où l’arbitre l’aurait pas vu-, mais rien n’y fait, Mont-de-Marsan n’y arrive pas.

Les landais ne jouent pourtant pas si mal. En tout cas c’est la première équipe cette saison à être venue à Aurillac pour réellement jouer au rugby. Mais tout cela est trop brouillon, et Léota en profitera pour perpétuer la tradition familiale de problèmes de piscines inaugurée par son père François, et l’arbitre le rend inéligible pour 10 minutes. La mi-temps est atteinte sur le score de 28 à 0 grâce à deux pénalités de Petitjean.

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Une statue en l’honneur de Maxime Petitjean sera érigée sur le parvis du stade Jean-Alric.

Dû à une restriction de budget, seul son pied gauche (sa principale caractéristique en tant que joueur) sera représenté. En effet, le devis en achat de matière première était colossal rien que pour représenter son non moins colossal nez.

 

La deuxième mi-temps commence donc, et Mont-de-Marsan va un peu mieux. Au fil des attaques, les aurillacois se mettent à la faute et Brady se prend un jaune. Puis pour des fautes à répétition en mêlées ordonnées c’est au tour de Tokotuu d’aller se reposer. A 13 contre 15, obligés de défendre, les aurillacois tiennent pourtant bon. Et après 10 minutes sous le joug Montois, les aurillacois en sortent lessivés mais indemnes au score. Correa entré plus tôt pour les montois, alors qu’il n’en avait visiblement pas envie, nous remémore les heures les plus sombres de Guile dans Street Fighter en nous gratifiant d’un reverse kick à retardement d’anthologie dans les génitoires de Maxime Petitjean. Plutôt risqué de s’attaquer à une telle icône aurillacoise un dimanche soir d’automne alors qu’il y a rien à la télé. On a déjà pendu des touristes pour moins que ça. L’arbitre n’ayant rien vu, le jeu reprend, et les stadistes de la montagne décident de se remettre à martyriser les stadistes des plaines.
Après une progression faite de coup de pieds de déplacement, Boisset trouve la touche sur la ligne des 5 mètres montois. Hayes capte la balle, Brady récupère, et file à l’essai. Un essai 100% merdique et 100% irlandais, vous en tirez les conclusions que vous voulez.

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Non M. Correa, c’est pas rugby ça.

 

Puis, 10 minutes plus tard d’un match qui a perdu tout suspense et tout allant, c’est au tour de la mêlée aurillacoise de s’illustrer avec un essai de pénalité que l’on attribuera à Maxime Escur, connu des services de police sous le nom de « Boucher de Montauban », et passé à Aubenas entre les mains de Marc Raynaud. Un sacré CV de psychopathe. Sur l’action, la mêlée Montoise se fait littéralement exploser, et le vis-à-vis d’Escur se retrouve carrément sur le cul. Pas finaud pour deux sous, mais du grand art dans le genre.

C’est alors qu’arrive le principal fait du match : le ciel jusque-là couvert se dégage, et le soleil fait son apparition sur le Stade Jean-Alric. Côté Aurillac, l’équipe étant principalement composée de cantalous et d’irlandais dont l’esprit ne peut juste pas concevoir la chose, la terreur prend le dessus, et les auvergnats cessent alors de jouer, permettant au Moun d’enfin poser un peu son jeu. Un essai à la 76ème minute, puis un deuxième en suivant, tout deux sur de belles constructions offensives face à une défense aurillacoise qui coince. Mont-de-Marsan a encore 2 minutes pour essayer d’en marquer un troisième et priver Aurillac d’un bonus offensif qui lui tend les bras. Deux attaques successives qui n’iront pas au bout plus tard, le match se termine sur le score de 42-12, Aurillac sauve tout juste son bonus offensif.

Si Aurillac a largement dominé son adversaire dans tous les compartiments du jeu, ils auront échoué à cadenasser la fin de match et à s’éviter la frayeur d’un retour du jeu montois. Néanmoins, avec 3 essais de trois-quarts et 2 essais de tricards, toute la palette offensive cantalienne y est passée, malgré quelques absents de marque. Pourtant déjà 5ème au classement au soir de cette 11ème journée, le SACA possède encore une belle marge de progression qui augure du meilleur pour cet exercice 2013-14.
Côté montois, les travaux de reconstruction prennent du temps, et la cohésion chez les arrières fait encore cruellement défaut. Mais ils ont prouvé sur la fin de match, avec la rentrée de Pierre-Alexandre Dut, qu’ils ne sont pas loin non plus d’obtenir la formule qui marche. En tout cas, vu la densité de cette prod2, en particulier dans le bas du classement, il leur faudra lutter jusqu’à la fin pour le maintien.

 

Acte II : le Cantalabo analyse le pécorico Pau-Aurillac

Oui, car la plupart des matchs de prod2 sont des pécoricos. Avec Lyon qui montera en top14 et à moins que Lille ne parvienne en finale de fédérale 1, ce sera d’ailleurs le nouveau nom de la prod2 la saison prochaine.

Changement d’ambiance, car Pau, c’est les supers-vilains de la prod2. Dans un registre différent de celui de Toulon en top14, ils ont su s’imposer au fil des années comme l’équipe à abattre sommairement. C’est d’ailleurs contre Toulon en 2008 que le déclic s’est produit : de ce jour-là, pour l’équipe dirigeante, l’avenir de la Section sera d’être une équipe de crevures, ou ne sera pas. Certes, cette équipe sait aussi jouer au rugby quand il le faut. C’est d’ailleurs de savoir adopter plusieurs registres de jeu qui en fait l’un des candidats les plus sérieux à la montée. Mais la demi-finale d’accession contre La Rochelle l’an dernier en fut encore le meilleur exemple, Pau n’est jamais aussi drôle redoutable que quand elle parvient à faire péter un câble à l’adversaire.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que sans faire de bruit la ville de Pau s’acharne à faire déferler le Chaos sur le Monde. Il suffit pour cela de regarder la liste des personnalités célèbres liées à la ville. Déjà Henri IV, à cause de qui massacrer des protestants est devenu illégal. Alors que les distractions sont si rares dans nos campagnes, ne plus pouvoir brûler 3 ou 4 malheureux rouergats lors de festivités bien de chez nous était bien malheureux, car en plus de distraire l’auvergnat, c’est quand même rendre service à ces saletés d’aveyronnais car les tuer ne peut qu’améliorer leur condition. Heureusement que le bon roi Louis XIV rétablit la situation quelques années plus tard. Aujourd’hui encore, cramer de l’Anglais reste d’ailleurs la principale mission d’intérêt public du XV de France.

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Chaque année, Le 24 aout, c’est la Saint Barthélémy. Pensez à inviter vos amis protestants à un bon vieux barbecue !

 

Autre personnalité, François Bayrou, qui de Pau fomente ses plans délirants de conquête du monde. Enfin, s’il parvient à conquérir la mairie de Pau en 2014, ça sera déjà un petit miracle. Puis Daniel Balavoine, aux boites à rythme de sinistre mémoire, Bertrand Cantat, Frédéric Lopez, et j’en passe des calamités… Pire, citons aussi André Courrèges, inventeur de la mini-jupe, ainsi qu’Isabelle Ithurburu, et donc, la combinaison des deux qui déconcentre les meilleurs joueurs de l’hexagone et transforme les nobles joutes du vendredi soir en d’immondes bouillies qui n’ont de rugby que le nom.
Cela n’est pas mieux au niveau de la Section paloise qui « s’enorgueillit » d’être le club formateur de Damien Traille, Imanol Harinordoquy, Nicolas Brusque et Philippe Bernat-Salles. Autant dire que Pau est en grande partie responsable de la domination du Biarritz Olympique sur le rugby hexagonal au début des années 2000. Et ça, c’est vraiment impardonnable. Autre joueur formé à Pau, Lionel Beauxis. Oui, la phrase est finie, je pense qu’il n’y a pas lieu d’en rajouter.

Enfin, moins doué pour l’humour burlesque, il y a Jean Bouilhou, de retour au club après avoir succombé à l’Appel de CThoulhouse, où il a acquis ses super-pouvoirs maléfiques lui permettant de régner dans les airs, et l’un des pions importants ces dernières années du cahier de jeu créé par le moine fou Jean-Abdul El-Issad, le Necrojauzycon, visant à provoquer l’éclipse totale et définitive du jeu à la toulousaine. Voici la description que le technicien H.P. Loveskills a faite de ce schéma de jeu après le dernier Toulouse-Oyonnax :
« Nul ne saurait décrire le Jeu; aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de passes inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et du rugby. »

Ce qui nous ramène à ce match entre Pau et Aurillac. Vous l’aurez compris, je n’ai rien à dire sur ce match car il fut d’une ennui démentiel. Pau s’est contenté de défendre (bien) et d’attendre (longtemps). Aurillac d’attaquer sans efficacité et de dominer stérilement en mélée. Personne même ne s’est cru obligé de se battre, ce qui est un manque de tact manifeste. Plus puissants et plus expérimentés, les Palois ont su profiter de la désarmante naïveté des joueurs aurillacois dans le jeu, dans un match qui aurait pu basculer dans quelque chose de plaisant, peut-être même du rugby, qui sait, si Aurillac avait pu et su trouver la faille. Las, ceux-ci n’ont eu de cesse de buter continuellement sur le mur défensif palois, tels de vulgaires écossais face à l’Angleterre, alternant bien mauvais choix et approximations offensives. Connor Gaston Lagaffe aura appris à ses dépends que vouloir prendre Domolaïlaï à l’impact fait partie des mauvais choix. Récupération de Bouilhou, passe en-avant, et essai, le match était plié, victoire de Pau 20 à 9, Aurillac ne prend même pas un bonus défensif qu’il aurait pourtant mérité.

La chronique du Professeur Best #1

A force de se faire insulter dans les commentaires à base de « Tu fais le malin derrière ton ordi gros puceau, j’aimerais bien te voir sur un terrain », l’équipe de la Boucherie Ovalie a fini par ressentir le besoin d’engager un nouveau chroniqueur. Quelqu’un de crédible, à même de faire taire ces esprits chagrins. Un mec qui connait le terrain, un mec avec des grosses couilles, tellement irréprochable qu’il pourrait se permettre de raconter les plus grosses conneries sans jamais s’exposer à la vindicte populaire.

On a d’abord pensé à Imanol Harinordoquy, puis on s’est rappelé que ce n’était plus vraiment un joueur de rugby. Puis à Sylvain Marconnet, mais sachant qu’il était déjà trop mauvais pour écrire Yahoo, on s’est dit qu’on allait peut-être viser plus haut. Enfin, nous avons fait une offre à Aurélien Rougerie, mais en bon Auvergnat ce dernier nous a demandé une rémunération de 200 euros par ligne, plus une voiture de fonction, une smartbox pour faire des stages de poneys en Aveyron, ainsi qu’une charette, trois boeufs et deux ânes. Comme nous n’avions que les ânes sous la main, le deal n’a pas pu se conclure.

Puis finalement, c’est comme une évidence © que le nom de Jonathan Best a surgi dans nos crânes pour nous raffuter la cervelle. Et cela pour 4 raisons :

1) Il sait écrire.
2) Il a de l’humour.
3) Il est très beau (Note de la rédaction : il a insisté pour qu’on dise ça).
4) Il vit à Grenoble donc il doit probablement beaucoup se faire chier.

A notre grande surprise, Jonathan a généreusement accepté notre offre, sous une seule condition : avoir les codes d’administration de notre page Facebook et ainsi pouvoir draguer les filles en se faisant passer pour Ovale Masqué. Cette condition étant remplie, voici sa première chronique. Vous pouvez également l’insulter dans les commentaires si vous le souhaitez, mais s’il souhaite se venger, sachez que l’on communiquera vos adresses IP sans aucun scrupule.

 

La chronique du Professeur Best, N°1.

Il est parfois bon de se rappeller les bases de notre sport. Au-delà de l’idée de me prendre pour un professeur de skills, alias technique individuelle, les bouchers m’ont demandé d’apporter un oeil coquin sur ce qui fait que notre sport est seul et unique en son genre. N’y voyez aucune prétention, seulement la Boucherie me paie cher, pour pas dire très cher pour écrire toutes ces conneries. A prendre avec des pincettes, bien entendu ! Bonne lecture !

 

Leçon numéro 1 : la passe (en arrière)

Si vous portez un numéro entre 1 et 8 ou que vous avez moins de 20 ans, cette leçon ne vous sera pas utile.
La règle de base pour tout bon rugbyman qui se respecte, c’est que le ballon doit toujours être transmis vers l’arrière. Peut-être que ceci explique pourquoi nous avons autant de personnalités contrariées et psychotiques dans le rugby : faire des passes vers l’arrière pour aller vers l’avant. A noter que la passe dans le rugby n’a aucun prix de base, contrairement à ce qui se fait dans d’autres sports.

Néanmoins il est quand même possible de jouer sans faire de passe, surtout si tu joues pilier. On raconte dans les livres de l’histoire du rugby qu’un pilier aurait fait une passe en 1974. Mais celle-ci n’est pas comptabilisée dans les statistiques puisqu’elle était destinée à l’arbitre de touche.
Nous allons donc détailler ensemble les différentes options de passe mais avant, voici la définition herreresque de la passe : « C’est transmettre cet objet à la forme ovoïde comme on dirait, tiens, toi, je t’offre tous mes sacrifices pour que tu trouves le chemin du bonheur. Le bonheur de l’action collective pour toi qui accèdera à une joie individuelle. C’est ça, la passe, comme l’esprit gardé depuis des lustres ancestraux du tout-pour-un, toi qui marques. »

 

La passe « à plat »

Autrement sus-nommée la passe de maçon ou le saumon fumé. Pas tellement que ce soit une spécialité de pêcheur portugais, mais cette passe sans aucun effet n’aboutira sur rien d’autre qu’une belle série de 12 mêlées consécutives puisque le réceptionneur dégueulera systématiquement le ballon.

La passe vissée

Communément appellée whatanamazingpass. C’est facile, t’as une main qui guide, une main qui dirige. Tu bouges pas la main qui guide et t’envoies tout avec l’autre, c’est clair ? A noter que c’est le geste le plus compliqué du rugby à maîtriser derrière la fourchette et le stamping.

La passe croisée

« Tiens, voilà le 12 qui croise, je vais me le faire ». Cette passe consiste à renvoyer automatiquement le réceptionneur dans la gueule du loup. Si le joueur qui croise fait moins de 70 kilos, il vaut mieux se servir de lui comme un leurre avant qu’un deuxième ligne qui traîne par là ne fasse de ses côtes un délice. Par contre, si le mec avec qui tu croises joue le même poste que toi, fais en sorte qu’il y ait bien 7 défenseurs à l’intérieur.

 

La chistera

Si par hasard tu t’es fait opérer des deux épaules, tu peux sauter ce paragraphe. Celle-là c’est véritablement de l’art. C’est une passe peu académique mais diablement fantasmée puisqu’il s’agit de donner la ballon dans son dos à l’aveugle à un coéquipier et tout ceci à une seule main. Si tu n’es pas basque, tu peux essayer ce type de passe, mais ça aura beaucoup moins de valeur.

 

Hors catégorie : la passe à dix

Sorte d’exercice utilisé souvent à l’échauffement quand l’entraîneur n’a plus d’idée. Deux équipes s’opposent et il faut faire des passes. Dix si possible. Mais tu peux être à Troyes ou à Sète ça fonctionne quand même. Pour toi qui es entraîneur et qui veux quand même utiliser cet exercice : n’oppose jamais les avants aux 3/4, ça finira inexorablement en pugilat.

Bien entendu cette liste n’est pas exhaustive. Pour toute remarque ou appel au service après-vente, contactez Zahia (une bonne blague bien grasse pour finir, ça mange pas de pain et ça valide mon entrée chez les bouchers ovales). A bientôt pour la deuxième leçon !

 

Note de la rédaction : La Boucherie Ovalie ne valide pas les blagues sur Zahia, ni celles sur DSK, « Are you sure ? », « Tu m’emmerdes avec ta question », « Lulu Harinordoquy » ou « le lama de Bordeaux ». Un peu à l’image de la carrière de Jérôme Porical, c’était drôle au début mais c’est devenu vite lassant.