Et si Guy Novès avait remplacé Philippe Saint-André ?

Par Milton Georges,

 

Été 2013. Au terme d’une première année décevante ponctuée par une quatrième place aux Six Nations 2012, Philippe Saint-André est en danger. Sa sélection vient de terminer dernière du Tournoi 2013 et de couvrir la Patrie d’une honte incommensurable pour la première fois depuis 1982. Seules une deuxième place de l’Angleterre et une piteuse victoire sur l’Écosse évitent au XV de France la cuillère de bois et à PSA la guillotine.

Après être allé voir Hugh Jackman dans le dernier Wolverine au cinéma, Pierre Camou revient plein d’audace et de testostérone et pose un ultimatum à son sélectionneur : il exige au moins une victoire en Nouvelle-Zélande. Trois défaites plus tard, Ouin-Ouin est débarqué et on appelle Guy Novès pour la vingt-troisième fois. Contre toute attente, il accepte.

 

La patte Novès se met en place

 

Après avoir insulté l’ensemble des membres de la Fédération de « tartarins et matamores », René Bouscatel se résout à accepter la démission du beau-père du Gendridéal. Celui-ci prend ses nouvelles fonctions au début du mois de septembre et entame la révolution tant attendue du XV de France. Pour son premier stage préparatoire aux Tests de novembre, il décide de rappeler les trentenaires à l’expérience internationale que son prédécesseur dont-on-ne-doit-plus-prononcer-le-nom considérait obsolètes. Exit les Doussain, Samson et autres Guitoune, bonjour Bonnaire, Harinordoquy et Rougerie. Face à la pression des médias et des commentaires sous les articles de Rugbyrama pour sélectionner les jeune prodiges Pélissié et Plisson, Guy Novès improvise une conférence de presse et révèle son mot d’ordre : l’obligation de faire au moins une saison pleine avant de prétendre au XV de France.

 

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Pierre Camou Jackman à Saint-André : « Une victoire en Nouvelle-Zélande ou je te crève, Magneto ! »

 

Aux désormais ex-retraités se mêlent les pas-vieux qui ont déjà fait leurs preuves sur plusieurs saisons comme Parra, Maestri, Chouly ou Fofana. À leur tête, le sauveur de toute une communauté, de tout un peuple, de toute une nation : Trinh-Duc. Guytou entend marquer une rupture nette avec qui-vous-savez et fixe le Montpelliérain comme numéro 1 à l’ouverture, exprimant une volonté claire d’amener de la continuité dans le jeu. Selon des sources contradictoires, ce serait surtout pour emmerder un certain entraîneur-commentateur du service public. Mais la vraie révolution Novès ne se situe pas là ; prenant à contrepied le mythe du Grandisse, Guytou va largement fonder son mandat sur un Granneuf : Frédéric Michalak. Malgré le désir irrépressible de ce dernier d’évoluer à l’ouverture, il a toujours été meilleur à la mêlée et sera donc fixé à ce poste. La charnière Michalak-Trinh Duc sera la clé de voûte du XV de France version Novès.

La patte Novès passe son premier examen au mois de novembre à l’occasion des trois Tests face à la Nouvelle-Zélande, aux Tonga et à l’Afrique du Sud. La première défaite contre les Blacks est très encourageante. Les Bleus font la course en tête pendant une heure, en construisant leur performance sur une surprenante domination dans les rucks. Dusautoir, Bonnaire et Domingo sont sur tous les ballons. Quand ils ne récupèrent pas une pénalité en phase défensive, ils assurent une libération rapide pour Sofinco. Le poignet brisé, une dent cassée et la tête ensanglantée, McCaw n’ose plus s’immiscer dans les zones de plaquage.  Rapidement éreintés par cet étrange nouveau système de jeu consistant à rester en permanence au soutien, les Bleus finissent la rencontre sur les rotules et encaissent trois essais dans les dix dernières minutes par Dagg, Read et Nonu, et s’inclinent 27-31. Une large victoire sur les Tonga et une courte défaite du même acabit contre les Springboks plus tard, et le XV de France présente un bilan comptable négatif mais a rassuré tout le monde sur le contenu. Sur RMC, Moscato s’exclame : « Mais on s’en bat les roubignoles d’avoir perdu, l’important c’est qu’on l’a châtiée, cette pucelle de McCaw ! » Quelques mois plus tard, place aux Six Nations 2014.

 

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Frédéric prend plutôt bien l’annonce de son nouveau poste en sélection

 

À l’approche de la première rencontre face à l’Angleterre, Novès dévoile son groupe. Presque aucun changement à noter, si ce n’est la sortie du groupe de Vahaamahina au profit de Romain Taofifenua. Le compagnon de Guilhem Guirado a détrôné le premier nommé dans la hiérarchie usapienne et multiplie les belles performances depuis la saison dernière. Au Stade de France, les Bleus sont malmenés par les Anglais. Après un premier acte équilibré et très engagé, les deux équipes sont à égalité au retour des vestiaires. Tendus, les joueurs des deux équipes se font des politesses sur chaque plaquage et ça dégénère. Picamoles et Hartley se disent gentiment bonjour et s’échangent des caresses, quand Owen Farrell marche tranquillement vers eux. Avec son insupportable petit sourire à la King Joffrey, il s’arrête, regarde Picamoles, et lui crache un énorme mollard au visage. Louis Banner Picamoles devient fou, fait voler Hartley du bras gauche, étale Mike Brown d’un uppercut dans le ventre alors qu’il essayait de s’interposer, et se rue sur Farrell en hurlant « PA CRACHÉ SUR PICA !!!!! ». Défiguré, l’ouvreur anglais sort sur civière et, alors que toute la France est prise d’une demi-molle, le numéro 8 est logiquement sanctionné d’un carton rouge. L’Angleterre prend le contrôle de la partie et mène donc 24-19. À deux minutes de la fin, tandis que les Bleus peinent à contenir les assauts anglais, Dusautoir récupère une pénalité miraculeuse face aux poteaux, dernière munition pour passer devant. Du bord du terrain, le sélectionneur hurle « les trois points ! Assurez le bonus défensif ! » en brandissant fièrement sa fameuse « patte Novès », vague moignon composé de seulement trois doigts. Peu lucides ou pris de contépomite aiguë, les joueurs obéissent et Michalak passe une dernière pénalité sous les sifflets du Stade de France. Sur France 2, Fabien Galthié se moque d’un sélectionneur qui ignore les règles d’un tournoi de ce niveau.

Après cette défaite inaugurale, le XV de France se ressaisit et enchaîne trois victoires contre l’Italie (35-10), au Pays de Galles (17-20), et en Écosse (10-33). Après la victoire de l’Angleterre en Italie, les Bleus ne peuvent plus finir premiers mais ont l’occasion de réussir leur tournoi en terminant deuxièmes. Lors du dernier match contre l’Irlande, ils dominent leur sujet mais peinent à concrétiser. Alors que le XV du Trèfle est repassé devant à la 70ème, les trois-quarts français transpercent le premier rideau par Rougerie. Le soutien offensif est omniprésent et trois passes après contact plus tard, c’est le Toulousain Brice Dulin qui inscrit l’essai de la victoire en coin. Une juste récompense pour l’arrière, transféré à l’intersaison et en grande forme depuis le début du championnat.

 

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Victime de son succès, la patte Novès adaptée au cinéma

 

Labit et Travers au Stade Toulousain

 

Le départ de Guy Novès a entraîné une petite révolution du côté de Toulouse. Laurent Labit et Laurent Travers ont rompu le pré-contrat qu’ils avaient signé pour le Racing afin d’entraîner le club de leurs rêves. Dans leurs bagages, Claassens, Andreu, et, donc, Dulin. Face à tant de contrats résiliés du côté de la Garonne, Jacky Lorenzetti est furieux. Bouscatel doit casquer un joli pactole et décide d’organiser un match amical à Hong-Kong contre l’équipe francilienne pour se faire pardonner. Jean-Baptiste Elissalde revient à La Rochelle et remplace Fabrice Ribeyrolles. Les deux Laurent transforment le ST en CO bis et réalisent par là même le fantasme de tout le peuple castrais. Marc Andreu et Vincent Clerc se battent après que le Gendridéal a perdu sa place de titulaire, et que l’ancien tarnais l’a humilié au sprint à l’entraînement. À part ça, le Stade Toulousain réalise un début de saison tonitruant, boosté par une nouvelle méthode de travail rafraîchissante.

En tête dès la deuxième journée et une victoire 40-3 contre Bayonne, Toulouse finit logiquement champion d’automne, 5 points devant Toulon. En se focalisant sur les fondamentaux, les Toulousains ont retrouvé une conquête souveraine et disposent de la meilleure mêlée du championnat. Une domination des avants, un pragmatisme dans l’orientation du jeu et quelques percées de leurs trois-quarts Dulin, Andreu et McAlister permettent à Toulouse de glaner plusieurs succès à l’extérieur et de rester invaincus à domicile. C’est chiant, ça marche : l’Anschluss castrais sur Toulouse est réussi. En deuxième partie de saison, le club marque un peu le coup à l’extérieur mais termine à une très satisfaisante troisième place. En barrages, le ST élimine facilement le MHR 23-12, obtenant pas moins de 6 pénalités en mêlée, et grâce à une défense imperméable. Place à la demi-finale face au Racing, directement qualifié.

 

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« – Depuis que beau-papa est parti, je ne joue plus.

– C’est pas grave chéri, on va trouver une solution. »

 

Comme depuis le début de la saison, Toulouse est impérial en conquête. Derrière leur mêlée, les Toulousains marquent quelques pénalités et monopolisent la possession. Nouvelle munition pour Toulouse dans les 22 mètres adverses. Le pick & go ne donne rien et Doussain décide d’écarter. Les deux Laulau n’étant pas encore parvenus à lui apprendre à vriller ses passes, le ballon est intercepté par Benjamin Fall – il existe même dans cette réalité alternative – qui pensait trottiner face au retour d’Huget, puis décide de taper le sprint de sa vie en voyant Andreu revenir sur lui, les yeux injectés de sang et la bave aux lèvres. Avant la mi-temps, le Racing inscrit deux nouveaux essais sur des actions d’école en première main et fait honneur à sa première place au classement des attaques. Sur Twitter, Lartot poste fièrement « jeu de mains, jeu de Franciliens ! ^^ ». La deuxième mi-temps est un calvaire pour Toulouse. Huget reçoit un carton jaune pour avoir bousculé Ducalcon sans ballon, alors que celui-ci l’avait dépassé à la course et filait aplatir le quatrième essai à la suite d’un superbe coup de pied à suivre de Chavancy. Les offensives du Racing sont imparables et l’équipe de Quesada et Berbizier finit par s’imposer facilement, 38-9.

 

Berbizier renonce à sa carrière de commentateur

 

Devant le volte-face de Labit et Travers, Lorenzetti avait en effet tenté le tout pour le tout. Il a convaincu Gonzalo Quesada de rester et s’est servi de l’argent récupéré grâce à Toulouse pour rompre son contrat signé avec le Stade Français. Il fait revenir Pierre Berbizier qui accepte de former un duo avec l’Argentin. Ce nouveau tandem décide de mettre en place un jeu très offensif, auquel les joueurs n’adhèrent pas tout de suite. À la dixième journée, alors que le club reste invaincu à domicile mais n’a toujours aucun succès hors de ses terres, Lorenzetti recrute chez Canal et fait signer Isabelle Ithurburu au poste de préparateur mental. Instantanément, les joueurs deviennent plus dociles.

 

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Si Guy Novès avait remplacé PSA, on aurait été privés de ÇA

 

S’ils ne sont que cinquièmes à la fin des matchs allers, les Racingmen parviennent à mettre leur jeu en place en seconde partie de saison et enchaînent les victoires par plus de 40 points. En terminant deuxièmes derrière Toulon, ils accèdent directement aux demi-finales. Après une facile victoire contre Toulouse, le Racing affronte Toulon en finale. Boudjellal et Lorenzetti s’envoient des piques dans les médias et des pokes sur Facebook. La finale donne lieu à une orgie de rugby. Des relances dans tous les sens, des chisteras, des redoublées, des passes sautées de 30 mètres… Les spectateurs sont bouche bée, les commentateurs se paluchent allègrement et Paul Goze demande à un collègue : « C’est pas contraire au Produit Top 14, ça ? Ça manque de mêlées et de bagarres ». À la fin, ça fait 6 essais partout et une victoire 45-42 pour le Racing au terme de la plus belle finale de l’histoire du Top 14. Après son succès sur le Leinster en finale de la H Cup une semaine plus tôt, le Racing devient la première équipe à réaliser le doublé. Guy Novès, Bernard Laporte et Mourad Boudjellal tombent en dépression et partent en vacances au Brésil dans un camp de shiatsu.

Pour combler le départ de Pierre Berbizier et d’Isabelle Ithurburu, Canal a trouvé un binôme à Marc Lièvremont en recrutant Philippe Saint-André, qui gratifie les téléspectateurs de sa fine analyse et de sa voix suave.

 

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Sa nouvelle carrière de commentateur sportif a rendu Ouin-ouin plus heureux que jamais

 

Pour la saison 2014-2015, Toulouse et le Racing continuent sur leur lancée. À la trêve hivernale, les deux équipes trustent les deux premières places du classement. Côté XV de France, après une tournée d’été satisfaisante ponctuée de trois bons matchs et une victoire en Australie, la sélection s’est imposée trois fois en novembre contre les Fidji, les Wallabies et l’Argentine, et aborde les Six Nations 2015 avec des certitudes. Déprimé depuis la nomination de Novès à la tête des Bleus, Fabien Galthié n’a plus la tête à son club. Dans une spirale négative, le MHR a vu Mario Ledesma être contraint à la démission. Pendant les fêtes, Galthié serait lui aussi parti au Brésil. Il n’est jamais revenu.

VI Nations 2007 : l’invention de la Frenchpute

 

Par Thomakaitaci,

 

Alors vous vous êtes ennuyés devant France-Ecosse ? C’était quand même bien mieux avant, non ? Et pour vous le prouver une fois de plus, pas besoin de regarder si loin dans le temps. Cette semaine, on remonte la pendule en 2007, pour l’Irlande-France joué à Croke Park, le premier match de rugby de l’histoire sur cette pelouse. (Fabien ? Non.)

 

11 février 2007, Croke Park, Dublin

« C’est historique » : phrase que l’on a entendue mille fois avant le match, mille fois pendant le match et mille fois après le match. Faut dire que oui, le match était historique, le premier match de rugby – ce sport inventé par les vils Anglais – sur la pelouse du Croke Park, l’antre des Gaelic Games, le lieu d’un massacre en 1920, bref… je ne vous refais pas l’histoire en entier, de toute façon vous la connaissez tous, tant on nous l’a rabâchée autant de fois que l’histoire du père-d’Alain-Rolland-qui-est-français-le-saviez-vous ? Il n’empêche que pour nos amis rouquins buveurs de Guinness, ce fut quand même un moment fort, tant le barnum mémoriel fut grand.

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 Croke Park, martyrisé par les Anglais en 1916, violé par les Francais en 2007

 

Ce sont donc les Bleus de Bernard Laporte qui ont eu l’immense privilège de jouer ce match historique. A l’époque, la France c’est le top du rugby européen. Les Bleus ont remporté les tournois 2004 et 2006 et terminé deuxième du tournoi 2005. La semaine précédant le match à Dublin, ils avaient atomisé l’Italie à Rome sur le score de 39 à 3 (je le précise, pour les plus jeunes lecteurs de la Boucherie Ovalie, ceci n’est pas une vanne mais a bel et bien existé).

D’ailleurs le futur Ministre des Sports avait aligné un quinze de feu : Poitrenaud – Dominici, Marty le Catalan, Jauzion, Clerc – Skrela, Mignoni – Harinordoquy, Chabal, Betsen – Nallet, Papé – De Villiers, Ibañez, Marconnet. Preuve est faite que le nombre de Sud-Africains diminue proportionnellement au niveau général de l’équipe.

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 Arbitre du match : Steve Walsh, l’arbitre néozed-pas-encore-australien. Mais quel brush !

 

Le stade est comble, l’émotion est au rendez-vous. Les 80 000 Irlandais chantent leurs deux hymnes à l’unisson. Bref, difficile de penser que le XV de France, même favori, puisse se défaire de cette passion qui envahit le stade. Pourtant, personne n’est vraiment serein du côté des roux : les deux stars du XV irlandais, Brian O’Driscoll et Peter Stringer, sont forfaits. Déjà ça ne sent pas bon. Le début de match ne fera que confirmer ces inquiétudes. Les Français prennent le match par le bon bout, acculent physiquement les Verts, multiplient les temps de jeu et les passes, poussent les locaux à la faute. A la 14ème minute, après une action collective de 70 mètres, une percée de Clerc, une progression de Marty, Ibañez, en bout de ligne, s’inspire de Keith Wood et crochète Geordan Murphy (auteur par la même occasion d’un air-plaquage hugetesque) pour aller aplatir la gonfle. 13-3, fermez-tout. Le rugby français, c’était mieux avant.

Bon, le match n’aurait pas grand intérêt s’il se terminait sur ce score. Mais, les Français – et cela est une caractéristique qui traverse les barrières entre les sports collectifs – ont un savoir ultime : ménager le suspense. Regardez comme aujourd’hui, les Bleus de PSA maîtrisent parfaitement la technique en nous faisant trembler même contre l’Ecosse. Alors, après cet essai du futur-consultant France 2, les Bleus ne marquent plus. Mieux, ils laissent les Irlandais, poussés par leur public et leurs valeurs, reprendre les devants. Après quatre pénalités et un essai non transformé de Ronan O’Gara, le XV du Trèfle est devant, 17-13 à la 78ème minute.

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Ronan O’Gara est attristé par la défaite. Imaginez qu’il ne sait pas encore qu’il va finir entraîneur du Racing…

 

C’est alors que surgit, sous nos yeux ébahis, cette nouvelle identité de jeu à la française, celle qui a remplacé le French Flair depuis belle lurette, j’ai nommé la Frenchpute © – qui va de pair avec son geste technique favori, la Frenchchatte ©. Cette technique est encore un prototype en 2007. D’ailleurs, elle ne fonctionnera que très moyennement lors de la Coupe du Monde, la même année. Mais elle a connu depuis ses lettres de noblesse, notamment depuis la Coupe du monde 2011, véritable laboratoire à Frenchpute.

Mais pour sa première utilisation, les Bleus réalisent un coup de maître. Qu’est-ce que les Irlandais avaient bien pu leur faire pour que les joueurs de Bernard Laporte décident de les crucifier de la sorte, un jour de match historique, devant un public aux yeux rougis par l’émotion ? Après la dernière pénalité de O’Gara, les Bleus se lancent dans une dernière offensive sur le renvoi. La balle cafouillée par les Irlandais retombe dans les mains de Jauzion qui lance une attaque plein champ, sert Beauxis qui la donne à David Marty. Celui-ci fait une passe, non je déconne. Il s’enfonce dans les vingt-deux mètres adverses et crée un point de fixation. La balle ressort, Jauzion part petit côté et gagne quelques mètres. Avec une envie et une vitesse d’exécution qui risquent de brûler les rétines des amateurs de rugby en 2015, Mignoni écarte grand large pour Beauxis qui envoie une passe sautée millimétrée pour Vincent Clerc. Ce dernier efface quatre défenseurs pour aller aplatir le ballon presque sous les poteaux ! Incroyable mais vrai !

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 Le saviez-vous : avant d’être Jean Dridéal de Guy Novès, Vincent Clerc a été joueur de rugby.

 

Sans aucun remord donc, le XV de France se permet de piétiner un match historique à la dernière minute. Comment ensuite voulez-vous qu’on soit aimé dans le reste de l’Europe ? En tout cas, Les Bleus de Laporte remportent le tournoi avec quatre victoires et une seule défaite à Twickenham. Ils partent donc favoris de leur Coupe du monde, organisée l’automne suivant. Mais là, Ignacio Corleto et Guy Moquet… L’Irlande se rattrapera de son rendez-vous historique raté en explosant les Anglais à Croke Park, deux semaines plus tard, sur le score de 43 à 13. Petite anecdote : l’Irlande n’a pas fait que perdre le premier match de rugby de l’histoire à Croke Park, mais aussi le dernier, puisqu’en 2010, elle s’inclinera 20-23 contre l’Ecosse lors de la dernière journée du tournoi.

Bonus track : France 2, c’était pas mieux avant. Sauras-tu retrouver dans le résumé du match, la marque de fabrique de la chaîne en matière de retransmission rugbystique : « Marty le catalan », Galthié : « Le poteau ! Le poteau !« , le marqueur d’essai du jour Talent d’or. Bonne chance !

France – Ecosse 1913 : La grande bagarre !

 

Par Thomakaitaci, notre Stéphane Bern à nous.

 

Vous allez vous ennuyer devant France-Ecosse ? Vous en avez marre des supporters peinturlurés du Stade de France, adeptes de la Ola ? Vous regrettez le passé et son rugby beaucoup moins aseptisé ? Quoi de mieux de se replonger dans le Rugby d’avant et ce France-Ecosse du Tournoi 1913. Branlées, bagarres, insultes, provocation, complot et arbitre aveugle, ça c’est rougby !

 

1er janvier 1913, Parc des Princes, Paris.

Le Parc des Princes affiche complet ce jour-là : 25 000 personnes se sont pressées pour aller voir jouer le Quinze de France, ce qui est énorme à cette époque. D’habitude, le public de l’Equipe de France n’est guère plus consistent que celui du Racing aujourd’hui. Mais ce jour-là, non, il faut venir en masse, il faut venir voir le match France – Ecosse, car, deux ans auparavant, les petits bleus avaient enfin gagné un match dans le Tournoi, contre ces mêmes écossais. Un match héroïque pour une victoire 16-15. En ce premier jour de l’an 1913, c’est donc la revanche « officielle » pour la presse française, l’occasion de confirmer la victoire de 1911 (tout le monde semble déjà avoir oublié la courte défaite de 1912 à Murrayfield, sur le score de 31 à 3, 6 essais à 0).

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Les ancêtres des Jean-Michel Cékelchaine, les Jean-Michel Cékelfrékence, accourent donc dans les travées du stade parisien, assurés de voir le quinze de France remporter un second match, même si pour la plupart, ils ont découvert le rugby la semaine précédente. Mais à l’époque, le rugby écossais n’est pas aussi moribond que maintenant. Au contraire, c’est même une des grandes équipes (4 victoires dans les années 1900). C’est dire si la victoire de 1911 était un exploit pour les Français, qui n’ont intégré le tournoi qu’en 1910. Il ne fut pas longtemps pour que la supériorité des rouquins au chardon n’éclate à la face des joueurs et spectateurs français. Le match vire à la branlée mémorable : les arrières écossais se baladent dans la défense française comme Jonah-Lomu-au-pays-des-liliputiens (point Christian Jean-Pierre) et inscrivent cinq essais. Rapidement, les points s’enchainent et le score atteint 3-21 (ce qui donne, dans le système de points actuel, 5-31).

Mais si le récit de cette défaite est déjà marrante pour lui-même, tant il tend à montrer que la condescendance et les désillusions du rugby français ne datent pas d’hier, c’est ce qui suit qui est vraiment intéressant. Tel des Pascal Papé en noir et blanc, les joueurs français, vexés de se faire marcher dessus, commence à s’énerver, à durcir leur jeu, à provoquer les écossais – pas mécontents de voir là, un prétexte idéal pour en mettre plein la tronche à ces bouffeurs de grenouilles. Du coup, l’arbitre anglais, M. J.W. Baxter siffle les fautes françaises, ce qui a le don de prodigieusement énerver la foule dans les tribunes. « C’est encore un complot des anglais, qui n’aiment pas les français. Il fait exprès de pas siffler pour les français. Il ne voit rien. Putain d’aveugle. Enculé de PD ! Depuis le début ! ».

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En tant qu’anglais qui se respecte – lui non plus pas mécontent de se foutre de la gueule des français – l’arbitre adresse des signes provocateurs au public qui le siffle (clins d’œil, doigts sur la bouche, tatouage de Delon Armitage sur l’avant-bras…). C’en est trop pour les Jean-Michel, doublement humiliés par leur équipe et par l’arbitre. Au coup de sifflet final, une partie du public envahit le terrain et s’attaque à l’homme en noir. LA BAGARRE ! Tout le monde y participe, c’est encore mieux : les spectateurs, les joueurs français et écossais, les officiels. La sécurité du Stade est obligée de faire intervenir la garde à cheval. Et parce que rien ne vaut l’humour britannique, l’arrière écossais W. Dickson, joueur de l’illustre club d’Oxford, déclare à la presse : « C’est drôlement bien de leur part de prendre cette râclée ! ». L’Ecosse décide de couper les relations avec la Fédération Française, jusqu’à nouvel ordre et refuse de rejouer contre la France en 1914 et 1915. Finalement, les Bleus termineront le Tournoi 1913 avec quatre défaites (dont un 20-0 à Twickenham et 24-0 à Dublin).

 

Source : Encyclopédie du Rugby Français de Jean-Pierre Bodis.

VI Nations 2015 : Les pronos de la Boucherie (3/2)

 

Une chose est sûre, le Tournoi inspire. Peut-être pas les joueurs du XV de France, mais au moins les Bouchers. C’est pourquoi, après une première et une deuxième salve de pronostics, voici la troisième -et dernière, promis- partie des prédictions de la Boucherie Ovalie, aussi imprévue qu’un drop de Bastareaud.

 

Le Stagiaire

Tout démarre par un France-Écosse des plus classiques. Les vagues de joueurs écossais qui s’abattent sur la défense française sont à peu près aussi percutantes que celles qu’on trouve du côté des plages de la méditerranée, et visuellement, les formes géométriques obtenues donnent davantage l’impression de regarder un fond d’écran Windows 95 qu’une équipe de rugby à l’attaque. Sans réelle surprise (parce que le jour où une défaite contre les Écossais sera attendue j’espère que j’aurai déjà cessé de m’intéresser au rugby pour me consacrer à ma collection de magnets de département qu’on trouve dans les paquets de cordon-bleus), le XV de France remporte son premier match face au XV du Chardon.

Une victoire qui fait du bien au moral des troupes qui abordent par conséquent le match face aux Irlandais avec une confiance renouvelée et un grand sourire aux lèvres (sauf Scott Spedding qui pleure, mais il parait que c’est normal, ça veut dire qu’il est content aussi). Il n’en faut pas plus aux Bleus pour arriver en Irlande en touristes, malgré des discours prudents et humbles dans la presse la semaine qui précède la rencontre. Des touristes venus en tongs et qui repartent donc en ayant vu du pays, et avec une belle valise en souvenir.

À la suite de cette défaite, la plupart des experts se déclarent pourtant très optimistes, misant sur l’orgueil des Français pour réagir lors du match face au Pays de Galles. Comble de l’histoire, les Bleus sont même annoncés comme les grands favoris, tandis que la côte des Italiens s’envole pour la semaine suivante. Sous la pression et l’énorme attente autour d’eux, les Français perdent leurs moyens et retombent dans leurs vieux travers. Approximatifs, apathiques, ils sont très décevants et s’inclinent à nouveau face aux Gallois.

Avec la vivacité et l’énergie de Vincent Clerc, le French Flair finit malgré tout par se manifester et les Bleus réagissent face aux Italiens, qui n’avaient pourtant rien demandé et qui se retrouvent bien emmerdés de voir leur meilleure chance de remporter un match dans ce tournoi s’envoler. Après un match convaincant, le XV de France s’impose avec 20 points d’avance.

L’Équipe de France aborde donc son dernier match avec deux victoires, et surtout la possibilité de priver l’Angleterre d’un grand chelem. Le combat est âpre mais, bien en place, les Bleus résistent avec courage et détermination. Malgré tout, l’équipe est rapidement handicapée par des blessures en première ligne et les Français sont martyrisés en conquête. Les Anglais prennent de l’avance au score et la fin du match s’annonce compliquée.
C’est le moment choisi par PSA pour avoir la meilleure idée de son mandat. Il fait sortir ses derniers piliers valides sur des blessures diplomatiques et force ainsi l’arbitre à ordonner des mêlées simulées pour le reste de la rencontre. Ouin-Ouin n’a plus qu’à achever son plan machiavélique en faisant glisser Yoann Huget à la pile pour faire le nombre. Expert en simulations en tous genres, Bouclette permet à son équipe de reprendre la main sur ce secteur de jeu et l’Équipe de France recolle rapidement au score.

Il reste alors une minute à jouer. La balle arrive jusqu’à Teddy Thomas qui s’en empare et traverse le terrain en éliminant facilement les défenseurs adverses, épuisés par 80 minutes de combat. L’arbitre siffle la fin du match et l’Équipe de France est Championne du… du… Ah bah de rien du tout en fait.
Lorsqu’il se verra remettre son prix Talent d’Or, l’ailier français confiera alors qu’il était en fait arrivé avec plus d’une heure après le début du match et qu’il était par conséquent encore en pleine forme lors de la dernière action. Une absence qui tombait plutôt bien, et que personne n’avait de toute façon remarqué en défense lors des soixantes premières minutes.

Bon, et puisqu’il s’agit de pronostics, je me dois d’annoncer un vainqueur… alors disons l’Écosse. Juste pour passer pour un génie si un malentendu se produit (comme ce patineur de vitesse qui s’est retrouvé champion olympique parce que ses neuf adversaires s’étaient vautrés dans le dernier virage).

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Une pensée pour Richie Gray qui a hérité du chasuble de Marc Andreu en arrivant à Castres.

 

Damien Try

Contrairement à mes camarades aux avis proches de l’Anti-France, je vous annonce une victoire française lors du Tournoi 2015.

Les Bleus commenceront par une victoire étriquée contre l’Ecosse, parce que bon ça devient impossible de perdre contre eux. Quel apport peut avoir Vern Cotter à une équipe qui déjà échoue par le large-large ? Mais cette victoire laissera des traces : les joueurs-clés de PSA seront blessés, forçant ce dernier à improviser et de taper de nouveau en dehors de la liste des 74. De nouvelles têtes donc, qui n’auront pas eu le temps de se familiariser ni avec le plan de jeu du sélectionneur ni avec la défense inversée glissée de Lagisquet, ce qui en fera l’équipe la plus compétitive de ces dernières années. Ils iront alors s’imposer la semaine suivante face à une Irlande tétanisée par leur premier match de 6 Nations à domicile sans O’Driscoll, puis punir à domicile un Pays de Galles méconnaissable depuis la fin de carrière d’Adam Jones (quel homme). Trois victoires d’affilée (série devenue inhabituelle) qui monteront à la tête de tout le monde : Richard Escot reparlera de son « ami Phillipe Saint-André », Jean-Michel Ckelchèn rappellera à tous qu’il avait toujours cru en eux même quand les autres se faisaient plaisir à dire du mal et Teddy Thomas (3 essais, 3 fois Talent d’Or France2 mais jamais RBS Man of the Match, titre qui reviendra 2 fois à Bernard Le Roux et une fois à Yoann Mestri) passera chez Ruquier. Tout sera donc en place pour la désormais traditionnelle défaite à Rome (qui sauvera Jacques Brunel LE CATALAN de la cuillère de bois).

Le Crunch londonien sera donc vendu comme la Finale du Tournoi, le terme étant tellement utilisé dans la semaine précédant le match que vous entendrez à la machine à café demander votre collègue pourquoi la France joue une finale après avoir perdu la demi. L’anglophobie décomplexée sera de sortie et le plan vigipirate devra être déployé devant les écoles et les pubs anglais, après la recrudescence d’actes de vandalisme. C’est donc dans un contexte tendu et avec la titularisation-surprise de Dimitri Yachvili (rappelé en tant que talisman anti-anglais) que se jouera le match. Un match qui couronnera Yoann Huget, frustré de jouer depuis 6 mois sur la mauvaise aile, et qui aura pu charger à bloc sa jauge de French-Chatte. Premier ballon du match et coup de pied à suivre contré qui rebondira sur son pied, puis sur le poteau de touche, passe entre les jambes d’un Anglais et reviendra dans les bras d’un Huget tellement surpris qu’il en oubliera pendant quelques longues secondes de célébrer son essai, avant d’entamer une danse en 8 mouvements, mixant avec style les éléments principaux de la Macarena et du Gangnam Style.

Victoire donc à Twickenham qui évitera à PSA d’être le seul entraineur français sans victoire dans le Tournoi. Et qui invalidera le seul théorème connu du rugby : « On ne peut pas jamais savoir si ce qu’on fait est juste, sauf si l’on fait le contraire de Philippe Saint-André ».

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Amour gloire et pilosité

VI Nations 2015 : Les pronos de la Boucherie (2/2)

 

Après vous avoir présenté la première partie de nos pronostics pour le Tournoi des VI Nations 2015, voici la seconde moitié de nos prédictions, sur lesquelles nous vous conseillons de vous baser pour vos paris si vous êtes du genre épicurien, ou si vous dites tout le temps YOLO, comme dit Yoann Huget.

 

Pastigo

Les pronostics ont ceci en commun qu’ils n’arrivent jamais. Ainsi l’Auvergne, toujours à l’affût quand il s’agit d’outrepasser les limites de l’absurde, se tournera vers la divination. Je me suis donc réuni tout seul sur les ruines du temple de Mercure, au sommet du Puy de Dôme, pour sacrifier une poule. A défaut de révélation quadriennale, l’animal assurera au moins un coït.


L’Irlande :

D’habitude les Irlandais sacrifient leur championnat au profit de la coupe d’Europe. Vu les résultats, on suppose qu’ils sacrifient la coupe d’Europe au profit du Tournoi. Ils vont donc se faire plier, afin de se concentrer sur la coupe du Monde.


L’Ecosse :

L’heure de l’avènement de la méthode Cotter. Le stratège a eu le temps d’étudier son groupe, et la stratégie est évidente. Au diable les plans de jeu et les ambitions, il faut les menacer. Ainsi il leur sera promis lapidation en place de Jaude à Edimbourg en cas de défaite. De ce fait, la poule vide indique qu’ils seront lapider place de Jaude à Edimbourg.


L’Italie :

L’Italie va gagner son match annuel, contre la France, puis perdre tout le reste comme le veut la tradition. Ça vaut mieux, le jour où ils rentreront fêter un grand chelem, devant une foule de quatre chats malades, clôturera ces décennies de déceptions.


La France :
2 scénarios :
– La France perd tous ses matchs de 4 points, mollement, sans éclat, sans même la moindre once de mérite. C’est la crise, on est nuls et le Midol sort 6 mois de Une le répétant.
– La France fait le grand chelem, sur un rebond dégueulasse dit « de génie » qui tombe dans les bras d’Huget (ou de Thomas, s’il arrive à l’heure). Le French Flair est de retour, La France domine le rugby mondial d’Europe, les Anglais sont des merdes.


L’Angleterre :
A moins d’un rebond, l’Angleterre gagne le Tournoi. Même pas parce qu’ils sont meilleurs, plus jeunes ou plus organisés, mais juste parce qu’on ne les aime pas. Ça doit finir comme ça, c’est notre destin, la poule est formelle. Les anglais restent des merdes quand même.


Le Pays de Galles :
Grâce à la savante expérience consistant à tremper le génie gallois dans la glaise du Top14, tous les prodiges sont transformés en Benoit Baby. Probablement la plus belle réussite française, le Pays de Galles fait de nouveau rire comme avant.

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« – C’est le mien
– Non c’est le mien
– Ta gueule c’est le mien »

 

Ovale Masqué

Grand favori du Tournoi selon Matthieu Lartot et les électeurs du trophée Talent d’Or, le XV de France va malheureusement aborder cette compétition de la plus mauvaise des manières en perdant contre l’Écosse. Vern Cotter a en effet eu 7 ans pour examiner de près les faiblesses du rugby français, à savoir la mêlée, la touche, la défense, l’attaque, le jeu au pied, les renvois, la technique individuelle, la vitesse et les coupes de cheveux de ses ailiers. Certains n’oseront y croire et continueront de penser que l’Écosse restera à jamais un pays de losers : faites tout de même attention à ne pas sous-estimer un entraîneur qui a réussi à gagner un titre avec un N°10 possédant le mental de Brock James.

Une claque inaugurale qui aura au moins le mérite de réveiller le bon vieux French Flair, une expression poétique pour signifier que nos balloches se transforment subitement en noix de coco quand nous nous sentons humiliés. Les Bleus accomplirons donc l’exploit de gagner à Twickenham lors de la dernière journée et de priver (encore) le XV de la Rose du Grand Chelem. Une victoire inespérée sur laquelle PSA s’appuiera en conférence de presse pour justifier son optimisme en vue de la Coupe du monde, nonobstant le fait qu’il a perdu autant de matchs que Richard Gasquet en Coupe Davis depuis qu’il est sélectionneur.

L’Irlande, grande favorite du Tournoi pour ceux qui « connaissent le rugby » (c’est à dire ceux qui font le mieux semblant) décevra les attentes, comme la génération d’O’Driscoll l’a continuellement fait pendant 10 ans, en s’inclinant face à l’Angleterre et au Pays de Galles. Le Pays de Galles qui remportera donc son 5ème Tournoi en 10 ans en devançant les Anglais au goal average particulier. Une performance remarquable, surtout de la part d’une équipe incapable de battre l’Australie, ce que même nous parvenons à faire régulièrement.

Mais soyons honnêtes, le principal intérêt de ce Tournoi sera de jouer au grand jeu du « qui Ouin-Ouin va-t-il mettre au bûcher et crâmer pour la Coupe du monde ? ». Rappelons qu’en 2011, Marc Lièvremont avait fait un très joli coup en terminant les carrières internationales de Yannick Jauzion, le meilleur joueur français depuis 15 ans, et de Sébastien Chabal, le meilleur acteur de publicité français depuis Gad Elmaleh. Cette année, je miserai donc sur Morgan Parra, ainsi que sur Maxime Mermoz et François Trinh-Duc (tous deux rappelés en cours de compétition) pour la simple et bonne raison que PSA les déteste déjà et qu’il ne cherche plus qu’un prétexte pour les éliminer. Je pense que Pascal Papé pourrait également sauter puisque cela va bien finir par se voir qu’à part être con, il ne sert pas à grand chose. Enfin, Benjamin Kayser devrait logiquement être ejecté au profit de Szarzewski et Guirado, car c’est le seul des trois qui est capable de lire un livre en entier, ce qui fait de lui un bien mauvais talonneur.

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Tel Obelix cherchant à duper Panoramix, Adam Jones s’est coupé la barbe et les cheveux pour se faire passer pour un jeune espoir au poste de pilier nommé Adam Williams. Warren Gatland n’y a vu que du feu : EPIC WIN.

 

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Chaque année, l’hiver refroidit les esprits mais le Tournoi réchauffe le cœur (sauf si on est supporter italien, ou français depuis quelques années maintenant). Cette coupe d’Europe du Rugby est donc redevenue, par la force des choses, une Coupe du Royaume-Uni. Et dans ce grand derby de rouquins, où chacun ne participe que pour mettre sur la gueule de son cousin, il faut déterminer un vainqueur. Sachant que Anglais, Écossais, Irlandais et Gallois s’entretueront chacun dans leur stade, les matchs qui compte vraiment, ce sont les affrontements sur le continent avec les sparring-partners latins, la France et l’Italie.

Les quatre équipes vont s’imposer contre l’Italie, à Rome ou sur les terres « Outre-Manche ». Ce n’est donc pas là que se jouera la compétition (dire cela, ça fait celui qui a réfléchi toute la nuit, ça vaut en fait pas plus que les analyses de Lartot). L’important ce sont donc les matchs contre la France, non pas à domicile (là pas de surprises possible, l’équipe de PSA n’ira pas gagner à Londres et Dublin), mais à Paris. Les rouquins qui se tireront le mieux de leur voyage à Paris remporteront le tournoi.

Il ne reste donc plus que deux équipes possibles : l’Ecosse et le Pays de Galles. Sachant que Vern Cotter entraîne désormais les Chardons, on connait déjà la réponse du vainqueur final. Mais, pour le fun, poursuivons la démonstration mathématique jusqu’au bout. Le Pays de Galles sera le vainqueur du tournoi parce qu’il ne perdra pas à Paris. Et cela pour plusieurs raisons:

– La France aura déjà gagné (à l’arrache) contre l’Ecosse, sur un essai de Thomas. Donc malgré la large défaite à Dublin la semaine suivante, je ne vous explique pas le boulard des joueurs du XV de France. D’autant plus que le Midol, l’Equipe et RMC les auront déjà adoubés futurs vainqueurs de la Coupe du Monde.

– Il fera froid, la pelouse du Stade de France sera gelée, les supporters seront en colère, appelleront à la grève. Bref, le match n’aura pas lieu et les Gallois gagneront par forfait.

– Le match est coincé entre deux journées du Top 14 donc, entre les joueurs blessés sur les terrains vagues gelés de Brive ou Oyonnax, entre les toulousains séquestrés par Novès pour protester contre les doublons, entre ceux qui ne voudront plus retourner à Marcoussis, tant tout le barnum de PSA est incohérent etc., la France sera obligée d’aligner des seconds couteaux (Kockott, Ben Arous, Huget – le seul laissé libre par Novès – Thomas ou Guirado…). Oh wait !
Classement final : 1/ Poireaux 7pts – 2/Chardons 6 pts – 3/Trèfles 6 pts – 4/Rose 6 pts – 5/ Coqs 5 pts – 6/ Macaronis 0 pt

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« Purée mais pourquoi la Boucherie n’a pas fait de petit Phillips illustré ? »

VI Nations 2015 : Les pronos de la Boucherie (1/2)

 

Vous le savez, à la Boucherie, on aime les pronostics. Surtout parce qu’on peut se la péter en se prétendant experts du rugby s’ils s’avèrent être justes. Alors pour maximiser nos chances d’être des spécialistes comme Jean-Pierre Elissalde, plusieurs bouchers ont proposé leur prédiction du VI Nations 2015. Comme ça, on pourra se la péter derrière nos écrans.
Pour information, on a divisé les pronostics en deux articles pour pas que vous ayez trop à lire. Donc la suite viendra demain.

 

Copareos

C’est l’Irlande qui va remporter le Tournoi des Nations 2015, et ce pour trois raisons. Tout d’abord parce qu’une seule province du pays s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe d’Europe, ce qui signifie que personne n’attend quoi que ce soit du XV du Trèfle, comme à chaque fois qu’il remporte le trophée. Ensuite, ils vont chercher à confirmer leur victoire de l’an dernier et à montrer au monde entier qu’ils sont fin prêts pour la Coupe du monde (à laquelle, comme d’habitude, ils se ramasseront en perdant contre la France et l’Italie qu’ils auront pourtant battu pendant le 6 Nations). La troisième raison sera de faire chier les Anglais, qu’ils priveront d’un grand chelem que ne réalisera pas l’Irlande pour autant, puisqu’elle aura perdu à Cardiff.
La France finira 3ème du Tournoi après avoir perdu contre les Anglais et les Irlandais. Ils battront l’Ecosse et le Pays de Galles à domicile et iront accrocher un nul inespéré à Rome grâce à un essai de Clerc à la dernière minute que Doussain, appelé suite à la blessure de Kockott lors d’une altercation avec Parra, ne transformera pas. Vincent Clerc sera lui porté en héros après ce résultat historique et sera d’emblée titularisé à tous les matches de l’équipe de France jusqu’en 2017. Enfin, Dusautoir se blessera lors d’une mêlée faisant suite à une pénalité, ce qui rendra Guy Novès doublement fou de rage.
L’Ecosse terminera elle à la quatrième place après avoir défait le Pays de Galles et l’Italie. Le XV du Poireau se contentera de deux victoires face à l’Irlande et à une Squadra Azzura qui n’échappera à la cuillère de bois que grâce au XV de France, toujours là pour rendre service aux autres.

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« Sérieusement, vous croyez vraiment que vous allez nous le reprendre ? »

 

Capitaine A’men’donné

L’Irlande va l’emporter en Italie pour son premier match, et se positionner en légitime favori. Mais durant ce match, un petit événement aura de grandes conséquences. Sergio Parisse, comme à son habitude, va percer, éliminer 5 défenseurs puis lancer une sublime chistéra après-contact. Mais cette fois-ci, contre toute attente, cette passe de grande classe va trouver preneur, Benvenuti ayant bien suivi (en fait, il était en train de poursuivre Paul O’Connell dans l’optique de se taper avec lui et ne devra qu’à la chance de se trouver là) et va marquer le plus bel essai de la première journée. Après cette défaite, c’est la perplexité qui règne dans l’équipe d’Italie, comme le rapporte la Gazzetta dello sport avec ce dialogue entre Sergio Parisse et Tommaso Benvenuti :

TB : Mais on a le droit de faire ça ?
SP : Des passes ? Bin oui. C’est rrrrugby, ça.
-Che Rugby ?
-…
-…
-Le rugby c’est le sport qu’on pratique.
-Ma! C’est pas du water-polo, tout ça?
-Quoi ? Qui t’as dit ça?
-Il Grande David Marty!
-Évidemment…
-Mais tout s’explique ! C’est pour ça qu’on m’interdit de plonger ! Et que c’est si grave d’enfoncer la tête de l’adversaire dans l’aire de jeu !

C’est une révélation pour le joueur de Bristol et ancien Usapiste*, et pour le reste de l’équipe d’Italie dans son sillage. En effet, arriver à ce niveau au rugby tout en faisant erreur sur le sport pratiqué, la plupart des joueurs de la Squadra vont se révéler être des surdoués. L’Italie va tout balayer dans le reste du Tournoi en s’imposant à chaque fois avec une marge confortable. Dans le même temps, l’Irlande perdra le match du Grand Chelem lors de la dernière journée en Écosse. L’Italie remportera donc le Tournoi pour la première fois à la faveur d’un meilleur goal-average.
Quant au XV de France, comme Lièvremont avant lui, PSA sait très bien qu’il est impossible de faire une coupe du monde correcte si le Tournoi d’avant est réussi. Donc, il va se débrouiller pour que les bleus foirent dans les grandes largeurs. Un objectif parfaitement atteint avec une cuillère de bois, le public de Stade de France qui siffle son équipe, les médias qui s’acharnent sur le staff et les joueurs, et des clubs qui n’en finissent pas de se plaindre. Toutes les conditions sont réunies pour une préparation optimale.

*D’ailleurs, autre conséquence, les dirigeants de l’USAP se suicident pour la 5ème fois en 1 an d’avoir laissé partir un joueur aussi doué. Chat échaudé craignant l’eau froide, ils prolongent Votu de 3 ans, se disant que peut-être lui aussi ne sait pas qu’il joue au rugby. Mais il s’avère qu’en fait, c’est juste un branleur. Les supporters catalans se suicident pour la 7ème fois en 1 an.

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Et encore, le water-polo n’était pas le pire malentendu… »

 

Ketchup Mayol

Cette année, le Tournoi devrait être remporté de façon éclatante par le XV de la Rose. D’abord, 2015 sera l’année de l’Angleterre avec le doublé Grand Chelem/Coupe du Monde : Guy Novès aura beau clamer que c’est impossible, on lui objectera que les Anglais l’ont déjà fait en 2003. Ensuite, une équipe qui peut se permettre le luxe de ne pas sélectionner Steffon Armitage pour des raisons aussi farfelues que la préférence nationale ou l’éthique ne peut que gagner. Enfin, la France ayant épuisé son quota de French Chatte l’an dernier, une seule équipe pourra venir contester l’hégémonie des hommes de Stuart Lancaster : l’Ecosse.
Car c’est là que résidera la véritable surprise de cette édition 2015. Après avoir cueilli à froid des Français sur leurs terres contre toute attente (enfin, c’est vite dit, car aligner la charnière de la lanterne rouge du Top 14, c’est quand même faire preuve d’hubris), l’Ecosse va s’imposer face aux Gallois, aux Italiens (qui remporteront donc la Wooden Spoon Cup qui récompense traditionnellement le perdant de la rencontre entre ces deux équipes), s’incliner face aux Anglais pour enfin arracher la deuxième place contre l’Irlande. On ne manquera pas de saluer l’effet Vern Cotter sur le XV du Chardon, ni d’ironiser sur sa réputation d’éternel Poulidor du rugby.
La France terminera quatrième derrière l’Irlande, mais devant le Pays de Galles, profitant du choc psychologique des Gallois du Racing Metro présents et passés habitués à jouer dans un Stade de France vide. Le seul joueur du Poireau à tirer son épingle du jeu sera Leigh Halfpenny, bien reposé par sa saison à Toulon. Il devrait néanmoins se blesser opportunément lors de la dernière journée.
L’équipe d’Italie occupera sa traditionnelle sixième place, ce qui suscitera les questions habituelles, notamment à savoir s’il n’y aurait pas trop d’Italiens dans la Squadra Azzura.

RUGBY - ANGLETERRE vs ITALIE - 12/02/2011

L’Anglais typique dans son oeuvre.

Tournoi des VI Nations : Le petit Guildford illustré 2015

Il est de retour pour vous jouer un mauvais tour.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que nos lecteurs nous demandent incessamment la même chose : « S’il vous plait messieurs les Bouchers, faites plus d’articles sur Montaigut-Besse une nouvelle édition du Petit Guildford illustré ! ». Et bien à quelques jours du début du Tournoi des VI Nations, votre souhait a été exaucé.

Vous avez donc enfin un prétexte pour vous bourrer la gueule devant votre télé samedi. Pour cela il vous suffit d’imprimer l’image ci-dessous (cliquez-dessus pour l’agrandir) et de ne plus jamais revenir sur ce site ensuite, de toute façon il y a pas de dessins dans les autres articles. 

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Merci à @MarcelCaumixe pour la réalisation graphique et au @WelshDalaiLama pour l’idée originale.

[Top 15] 17ème journée

 

Par Capitaine A’men’donné,

 

 

On va pas se mentir, cette journée du Top15 c’était n’importe quoi. En tant qu’organisateurs de la compétition, nous nous retrouvons désemparés par la prestation des joueurs. Logiquement, ils sont censés jouer plus ou moins au rugby, et ensuite nous présentons cela dans un emballage décalé et jubilatoire©. Mais si les résultats eux-mêmes sont décalés et jubilatoires©, il ne nous reste plus grand chose à faire. Nous félicitons donc tous les acteurs de cette journée, parce qu’en tant que branleurs patentés, tout cela nous arrange bien.

 

Stade Français-Oyonnax 13-15

Après le Racing, c’est au tour du Stade Français de perdre à domicile contre Oyonnax. Les paysans font régner leur ordre de terreur, écrasant la capitale sous le joug de leur sabot de plomb. Les Franciliens tremblent de devoir bientôt être obligés de porter l’uniforme officiel des péquenauds : salopette, chemise canadienne, grosses chaussettes en poils de bêtes et interdiction de se raser. Vu tous les hipsters qui hantent Paris, on ne verra pas la différence.
Mais le LOL de ce résultat ne doit pas faire oublier un match insipide de bout en bout, à peine éclairé par le bel essai de Camara.

4 points pour les hommes de Christo (fast &) Furious.

 

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Joie d’un supporter oyonnaxien après cette victoire historique.

 

LOU-Racing 11-13

Le retour du Don’t-give-a-fucksico ! En effet, malgré nos efforts, jamais un supporter de ces deux clubs n’a été clairement identifié par la science. Si vous, chers lecteurs, ne vous y intéressez pas, ne comptez pas sur nous pour faire l’effort.
Ce match nous aura néanmoins permis de savoir que Julien Puricelli est encore vivant, et qu’en fait il joue plutôt bien. Par contre, Jérôme Porical on savait, et il défend toujours aussi mal. Il a réussi à bouffer un 3 contre 1 défensif, au grand plaisir de Brice Dulin.

4 points pour les hommes de (disclaimer : la charte de qualité du site nous interdit de faire des jeux de mots avec les deux Lolos, car c’est trop facile. Merci de votre compréhension).

 

Montpellier-UBB 34-24

Et on continue avec le LOL !
Bordeaux (quand ils gagnent, on dit Bègles, donc pas là. Mais c’est uniquement parce que j’ai de la famille à Bègles) a attaqué ce match tambour battant. Du mouvement, de l’envie, une domination sans partage pendant 20 minutes… Jusqu’à pousser les Montpelliérains à la faute, et obtenir un carton rouge à l’encontre de Benoît Paillaugue. Le reste du match sera alors héraultais, ceux-ci jouant enfin au rugby, et Bordeaux se mettant tout seul hors-sujet.
On pourrait donc en conclure que Paillaugue est tellement nul que son équipe se porte mieux à quatorze en son absence. Ce serait aller vite en besogne. Voici donc trois hypothèses pour expliquer ce résultat :
1- Pour qu’ils cessent de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas, il faut que les joueurs du MHR se croient dans l’adversité. Alors seulement ses joueurs (même René Ranger !) se bougent un peu le fion. Le plan de jeu futur de Jake White sera donc de prendre un rouge au plus vite afin de verrouiller le score.
2- Le MHR a enfin trouvé la bonne carburation avec Jake White en manager et Fabien Galthié en analyste vidéo 5 minutes par semaine.
3- Les Bordelais sont un peu cons.

4 points pour le White spirit, qui vient même à bout des taches de Bordeaux.

 

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Fabien, dans quelle mesure pensez-vous que votre analyse de l’UBB a aidé la victoire montpelliéraine ?

 

Brive-Gronob 23-0

Bon, l’UBB ridicule, le Stade Français battu à domicile, et là Gronob qui se prend une branlée à Brive. Les trois équipes les plus enthousiasmantes (en matière de jeu) en début d’exercice sont-elles vouées, comme l’an dernier, à faire une fin de saison pourrie ? L’amateur neutre de rugby sera-t-il encore contraint de choisir entre Toulon (pour les sadiques) et l’ASM (pour les masochistes) comme palliatif lors des phases finales ? Arnaud Méla, qui n’a pris qu’un seul carton jaune depuis le début de saison, est-il fini ? Est-ce que ces questions intéressent quiconque ? Le débat est lancé.

2 points pour la team compote.

 

Toulon-Bayonne 24-17

Il sont fiers dans la défaite, les Bayonnais. Combatifs, malins et opportunistes, ils ont longtemps cru pouvoir ramener quelque chose du Var. Malheureusement pour eux, Toulon est une équipe solide. Aussi, les Basques repartent avec pour seule satisfaction, je cite, « l’état d’esprit affiché ».
Qu’ils se méfient tout de même, l’an dernier, l’USAP avait eu exactement le même discours après son déplacement à Toulon.

2 points pour les cuistots-disco (oui, à Toulon, ils sont crazy like a fool, cooking a barigoule… Désolé pour votre journée)

 

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Thug life

 

Castres-Toulouse 9-13

S’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher aux Castrais, c’est d’être irréguliers. Mais c’est bien tout. Se prendre un essai de Toby Flood passant en force, c’est quand même pas glorieux. Insipides eux aussi, Toulouse est un peu moins pire que le voisin aveyronnais – ce qui a de tout temps été le leitmotiv du Cantal. Toulouse va donc très mal, et se trompe aussi dans ses inspirations. Mais peut toujours espérer une qualification et là, sur un malentendu, ça peut passer. Non, vraiment, faut trouver d’autres mentors.

4 points pour Toulouse, mais c’est pas de gaieté de cœur.

 

La Rochelle-Montferrand 16-12

ASM, ASM, nous t’aimons car tu nous fais toujours autant rire ! Après le match à Lyon, nous avons eu peur que tu n’apprennes de tes erreurs. Mais non, tu n’as toujours pas saisi qu’un match dure 80 minutes ! C’est merveilleux dans ce monde formaté de garder une telle candeur, un tel dévouement à se tirer une balle dans le pied !
En Charente-Maritime, ça a été un festival. Tu étais pourtant prévenu que prendre les Maritimes de haut était une grave erreur. Mais non, tu as appuyé là où ça fait mal, en confiant l’attaque à Zac Guildford, qui te l’a bien rendu avec ses percées certes incisives mais improductives, avec en point d’orgue un essai bouffé en fin de première période.
Le monde ignorait encore l’existence de Loann Goujon il y a une semaine. Tu as découvert en même temps que le monde que c’est toi qui l’as formé, et envoyé s’aguerrir à La Rochelle en prodédeux (ça, pourquoi pas), avant de l’oublier (ça, c’était con). Qu’il se démerde, tu t’es dit. Et il l’a fait. Samedi, il était pris par le stage du XV de France (ce qui a permis aux Jean-Michel Cékelchain de nous ressortir leur fameux « je le connais pas, mais il a rien à foutre en équipe de France »).
Alors tu as découvert Kévin Gourdon, même parcours, même oubli. Il t’en a fait baver, sur ce match. Prend donc 10 minutes pour lire ça. Si tu ne le fais pas, en tant que supporter aurillacois, j’y gagne au change, de toute façon.

2 points pour les soldes fin de série de l’ASM.

 

Le point boucher : La Rochelle

Sans surprise, si vous avez vu un résumé de la journée, le point boucher du jour va à Eaton pour La Rochelle. C’est de loin la plus belle mandale de la saison – jusqu’à présent. Un beau craquage juste devant l’arbitre du jour, discrétion nulle mais uppercut techniquement splendide. Le jury a néanmoins hésité à donner un point aussi à Julien Bonnaire sur cette action. Eaton n’est pas vraiment le premier crétin venu, et un tel éclat de violence aussi peu dissimulé est certainement une réaction à un acte un peu sale du Clermontois. C’est d’ailleurs ce qu’a pensé l’arbitre sur le coup, donnant un carton jaune aux deux joueurs. Néanmoins, devant l’absence d’image accablante, nous nous contenterons de fantasmer sur les raisons de la joute.

 

 

Le classement

Sans titre

Je serais toi, je cliquerais. Surtout si t’es myope.

 

Victoire de prestige pour Oyonnax qui intègre la première partie de tableau alors que son malheureux adversaire rate une occasion de retrouver sa place de dauphin. Pendant ce temps, Toulon s’échappe et le Racing s’incruste à la quatrième place, dépassant ainsi Montaigut-Besse qui n’a pas joué ce week-end. Castres est toujours largué, et c’est pas PSA qui va arranger ça en lui enlevant sa charnière pour quelques semaines. Quel sadique ce Philippe.

 

Le bâton de boucher : Benjamin Urdpiletta (Oyonnax)

Le bien d’Urdapilleta était dans le viseur de la première équipe détentrice du trophée. Une fois de plus, l’Argentin ne s’est pas exposé, et ses coéquipiers ont fait le boulot pour sécuriser leur bien. Il faut dire qu’un bâton en parfait état de marche, dans les contrées hostiles du Haut-Bugey où seul le lichen pousse, c’est aussi rare que le soleil et ça vaut largement son pesant d’or suisse. Sur ce match, c’est Ngauamo, le joker médical, qui a verrouillé la chose, avec un splendide plaquage droit dans la trachée-artère d’un Parisien. Net, propre et sans bavure autre que celle expurgée par la victime du soir.

Pendant ce temps, en Auvergne.

 

Par Blondie & Jamie Scudmore,

 

Fait inédit dans l’histoire du Top 15, nous avons réceptionné un télégramme venu droit de la banlieue clermontoise nous rendant compte du match du RC Montaigut-Besse contre Beaumont, du point de vue d’un joueur du second club. Dans une période où la liberté d’expression est si précieuse, nous avons donc décidé de laisser la parole à un rugbyman auvergnat. Un geste fort. Rassurez-vous, le résumé de ce match ainsi que celui ayant opposé le RCMB à Gannat, est également disponible en version lettrée à la fin de cet article.

 

Le RCMB vu par un joueur de Beaumont

Vous suivez avec un intérêt soutenu les pérégrinations hebdomadaires du RC Montaigut-Besse. Si si, je vous assure, ce n’est peut-être pas volontaire, mais vous les suivez. Mais si, des gros en maillot jaune et noir avec plan de jeu limité. Non pas la Rochelle, les autres. Non, pas Albi non plus. Vous vous rappelez des photos de mecs à poil qui font du ventriglisse au fond d’un bus à la fin des articles sur le Top 15 ? Ceux qui se déguisent en infirmière pour Halloween ? Ça y est, vous vous y retrouvez ? Oui exactement, le club de merde avec lequel la Boucherie nous fait chier chaque semaine, dont tout le monde se fout mais qui a droit à un compte-rendu de match bien plus détaillé qu’un Oyonnax-Bayonne ou qu’un ASM-RCT en période de doublons. Et bien cette équipe ne fait pas partie du Mensonge©, elle existe en vrai et joue même des matches.

Joueur de rugby moi-même, j’ai eu l’immense honneur de les affronter lors de ma première rencontre de Top 15 ce week-end. Ainsi, comment le commun des mortels se prépare-t-il à jouer les terribles guerriers de Montaigut-Besse qui descendent de la montagne vers la plaine, avec leur Pastigo échevelé ? La réponse tient en une phrase et elle est commune à l’ensemble du rugby amateur français : à l’arrache, en faisant avec les moyens du bord.

Mon club est réputé pour son jeu de trois-quarts flamboyant, ses avants dynamiques et courageux mais également son manque chronique de puissance pure. Dans le contexte, cela veut dire qu’on manque de vrais gros sacs en situation d’obésité morbide pour contrer les paysans montagnards, nourris au saindoux depuis l’enfance que notre championnat oblige à affronter. La forme générale du club est plus que moyenne. L’équipe a du mal à enchaîner les performances, faute de mettre les ingrédients© à chaque match. Cependant le mois de janvier s’annonce comme une période charnière pour le club, le staff ayant solennellement annoncé qu’il espérait trois victoires. Après une première défaite à domicile de l’équipe fanion (j’aime bien mettre des vieilles expressions, ça donne une touche Jacques Verdier à mon texte) face au rival de toujours et ce, sans la moindre BAGARRE, la plan était donc une réussite. Ce match contre le RCMB s’annonce alors comme un Match de la Peur© avec interdiction de perdre à la maison sous peine de connaître un destin CATALAN.

 

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Un match avec des envies.

 

Là où d’autres entraîneurs miseraient sur une bonne paire de couilles, des mauls et des coups de casque pour emporter un match serré, le staff décide d’innover en tentant de viser les points faibles de l’équipe adverse et en misant sur les points forts de son équipe. Afin de déstabiliser les Montacutins-Bessards peu habitués à des tactiques si novatrices, les joueurs vont travailler les passes pendant la semaine. Je sais c’est fou, moi même je n’y ai pas cru. Bon, étant donné qu’on faisait des pompes et des abdos à chaque ballon tombé, l’entraînement s’est vite transformée en une séance de MUSCUUUUUU intensive, mais c’est l’intention qui compte (rien à voir avec le fait de « venir avec des Intentions© »). A noter que pour ce « très gros match, important pour la suite de notre saison ©», le club a pu compter sur la mobilisation générale de ses joueurs. Ainsi sur une soixantaine de licenciés, on pouvait compter bien vingt joueurs non blessés à chaque entraînement. C’est dans ces conditions idéales que les joueurs se rendent au stade pour le match du dimanche. Le tiers de l’équipe réserve est envoyé en renfort en équipe une. Deux des trois entraîneurs rechaussent les crampons pour l’occasion.

L’équipe de Beaumont, appliquée et moyennement réglée fait illusion une demi-heure, grâce à son courage et quelques exploits personnels. Mais les blessés qui s’accumulent rapidement, les absences et il faut bien le reconnaître des Montacutains-Bessards mieux organisés entraînent une lourde défaite avec bonus offensif pour les adversaires 17-35. Le RCMB laisse derrière lui un champ de ruines. Personnellement, ce match m’a également permis de rencontrer Pastigo en vrai. Il est plus petit qu’à la télé. Pour vous donner une idée, physiquement, c’est un peu un modèle réduit de Julien Pierre, en moins athlétique et plus hipster.

 

La quinzaine du RCMB vue par notre experte présente sur place

S’il y a bien une chose dont on est presque sûr c’est que les résumés du RCMB n’ont pas dû bien vous manquer dernièrement vu l’actualité captivante et ahurissante des derniers jours. D’ailleurs, ci-dessous, une illustration de la mobilisation des joueurs du RCMB :

 

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#JeSuisCoudzy (révision de vos classiques sur le RCMB)

 

Vous aurez tous vu que #JPP (« Vas te faire foutre »®) a repris ses reportages sur les foires aux grattons et sur les moutons de Panurge qui ont presque créé des émeutes pour acheter un journal tout vert avec une grosse bite dessus. Et oui, la routine reprend le dessus et comme on a envie de vraiment vous emmerder jusqu’à la fin du printemps avec des résumés que vous ne lirez pas et bien c’est reparti pour la 2ème phase du championnat.

C’est à Beaumont, « à la ville », que les joueurs du RCMB ont dû rechausser les crampons le 18 Janvier après une trêve qui a semblé être aussi longue, molle et ennuyeuse… qu’une intervention de Berbizier sur un match. Mention spéciale au 3ème ligne de Montaigut-Besse, Dédé, qui a contré une transformation d’essai, le truc que tout le monde sait que ça existe mais que personne n’a jamais vu … Il entre donc dans #LaLégende. Au terme d’une rencontre riche en essais et presque intéressante, les Jaune et Noir l’emportent sur les gars de la ville, mais ça, vous le savez déjà. Et une victoire avec bonus offensif à l’extérieur, c’est 6 points.

Le 25 Janvier, les Montacutins-Bessards ont reçu par ailleurs le club de Gannat (des Aliénais) qu’il faudrait d’ailleurs chaleureusement remercier pour leur refus d’avancer le match, comme ça les joueurs ont tous pu louper au moins la 1ère mi-temps de l’un des plus gros matches de l’année de Champions Cup (ASM-Saracens), à croire qu’ils en ont rien à péter du rugby pro. Les Jaune et Noir ont alors décidé de leur faire payer cette gentillesse par une victoire sans appel 23 à 5 (3 essais à 1). 4 points de plus au classement, donc au total pour ces deux matches 10 points de récoltés.

 

Classement

Cliquez sur l’image pour voir en grand l’ascension fulgurante du RCMB.

 

Au classement, le résultat est sans appel. Le RCMB passe à la 4ème place du Top 15 et affiche clairement ses intentions© pour la fin de saison : le podium. Et pourquoi pas un doublé auvergnat ? Qui sait.

Rugby d’avant : Saison 1935-1936, épisode 1.

 

Par Thomakaitaci,

 

Août 1935, il fait chaud dans le Sud-Ouest de la France. Le Tour de France s’arrête à Perpignan, à Pau, à Luchon et à Bordeaux. Pendant que tout le monde est en ébullition, les joueurs de rugby se reposent. Faut dire que la saison passée a été longue et sanguine. Il faut se remettre de la dernière finale et ce n’est pas facile. Tant d’émotions : les deux équipes – aujourd’hui disparues du paysage, c’est aussi ça le rugby d’avant © – de l’USA Perpignan et du Biarritz Olympique en ont décousu dans une orgie de coups-bas, déjà plus efficace apparemment que les envolées lyriques.

Sur la pelouse du Stade des Ponts-Jumeaux de Toulouse, le stade du déjà-plus-grand-club-de-France-de-tous-les-temps (La « Vierge Rouge », comme on disait à l’époque), à quelques mètres de l’actuel emplacement du Stade Ernest-Wallon, les Basques écrasaient les Catalans sur le score de… 3 à 0. Dans les tribunes, le tout jeune Guy Novès, venu avec son papa, est aux anges. Devant ses yeux ébahis, il voit se concrétiser ce qui restera pour lui une sorte d’idéal du rugby.

Le capitaine basque et centre Henri Haget fut la star du match. Il prit le dessus sur son homologue Joseph Desclaux le Catalan, ouvreur du XV de France, puis servit parfaitement son troisième ligne Lascaray en récupérant facilement la « poitrenade » de l’ailier sang-et-or Bentouré, gêné par son arrière… Paul Porical, comme un symbole ©. Lascaray marqua l’essai de la victoire (qui valait 3 points à l’époque, contrairement au drop, qui en valait 4 – courage Contepomi pour calculer) et dans une atmosphère amorphe, endormie par le peu d’intérêt sportif de la rencontre, les Rouge et Blanc soulevaient leur premier Bouclier de Brennus. Né dans l’indifférence générale, le Biarritz Olympique a aujourd’hui disparu sans que cela ne manque à quelqu’un. La boucle est bouclée.

 

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Juillet 1935 donc, le monde de l’Ovalie se repose. Encore quelques semaines avant de reprendre les terrains. A Poitiers, on s’active anormalement : le club vient d’obtenir pour la première fois de son histoire le droit d’accéder à la Division Excellence (l’ancêtre de l’ancêtre de l’ancêtre etc. du Top 14). Les Poitevins ont même été sacrés Champions de France de Division Honneur (l’ancêtre de l’ancêtre… – bon vous avez compris – de la Pro D2). Ils viennent d’ailleurs de recevoir la composition de leur poule de 7 de la part de la Fédération : « On pensait offrir de belles affiches à notre public, on se retrouve dans la même poule que Bayonne, Brive et le Racing, comprenez notre déception », aurait déclaré le Président du Club à la découverte du document.

Pourtant, ces gens du Nord devraient se réjouir, Bayonne est l’un des clubs phares du rugby français des années 1930 : champion en 1934 et souvent demi-finaliste, mais surtout détenteur du titre d’ « équipe la plus belle à voir jouer », surchargée d’internationaux français. Le prototype de l’équipe des ancêtres des rugbyx, celle qu’on aime dire supporter pour faire bien dans les réceptions mondaines. Comparable en tous points au Stade Toulousain aujourd’hui, finalement.

 

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Derby basque en noir et blanc : on reconnaît le jeune Imanol.

D’ailleurs, ces derniers se retrouvent dans le groupe 2, en compagnie de l’équipe la plus improbable du championnat, l’AS Bort-les-Orgues. Oui l’AS Bort-les-Orgues, un bled de 4000 habitants, à la limite du Cantal et de la Corrèze (ils cumulent là), évidemment sans eau courante ni électricité, mais avec une rivière, la Dordogne, qui a permis d’installer une industrie de cuir et le patron un peu mécène et grandiloquent qui va avec. Du coup ce dernier a monté un club de rugby, a fait venir les meilleurs joueurs de la région (il n’a pas encore opté pour la filière retraités sud-africains, ils ne connaissaient même pas l’existence de la ville d’Aurillac) et a fait monter le club en Excellence en 1930.

Rien que l’idée d’un match Toulouse – Bort-les-Orgues fait saliver le petit monde de la balle ovale. Il n’empêche que ce groupe aurait pu être surnommé par les Mathieu Lartot de l’époque, le groupe « de la mort » © puisqu’il rassemble Toulouse mais aussi les Catalans Perpignan, l’autre grand favori de la presse, revanchards après avoir été les premiers à perdre en finale contre Biarritz (heureusement qu’ils ne savent pas encore qu’il seront les premiers et les seuls à perdre en finale contre les Clermontois, rien ne leur est épargné), ainsi que le Lyon OU, double champion de France en 1932 et 1933. Sinon il y a aussi l’US Thuir, le club des bouteilles Byrrh, Périgueux et Auch, mais eux on s’en fout.

 

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Bort-les-Orgues, un village qui fait partie du mensonge.

Pour le reste, Béziers n’a pas encore de maire Front National vu que le parti n’existe pas encore. C’est ce qui a permis à la Fédération de les mettre dans le même groupe que le RC Toulon. Mais le match le plus excitant à venir c’est surtout le Toulon-Grenoble, avec une question cruciale : qui pour intercepter à la dernière seconde si Alipate Ratini n’est pas encore né ? Et comme chaque groupe a son quota d’équipes improbables, on retrouve ici les Libourne, Gujan-Mestras, Soustons et Tyrosse.

Pendant ce temps, c’est la crise en Auvergne. Comme chaque été, les supporters de l’AS Montferrand (qui, en 1935, comprend une poignée d’ouvriers Michelin, leurs femmes, ouvrières Michelin, leurs parents, anciens ouvriers Michelin et leurs enfants, futurs ouvriers Michelin) manifestent devant le siège du club et rédigent une pétition. Cette fois-ci c’est pour protester contre la première défaite en finale de l’histoire du club : en mars 1935, les Jaunards se sont inclinés contre Perpignan en finale du Challenge Yves-du-Manoir. « Cette défaite ne doit pas être la première d’une longue série », peut-on lire sur les pancartes. De plus, les deux meilleurs joueurs de la saison passée, Louis Guibert et Gabriel Clément, se sont fait la malle cédant aux sirènes de l’argent du Rugby à XIII naissant.

Les deux joueurs signent en effet un contrat avec le club de Roanne, c’est dire si la vie à Clermont-Ferrand dans les années 1930 est excitante. Mais dans la foule devant le siège du club, on ne fustige pas trop les deux joueurs. Si certains dénoncent des mercenaires qui vont tuer le « rugby vrai », d’autres, comme le jeune Aurélien R., petit blondinet prometteur, qui fait ses classes dans l’école de rugby du club, estime que ces départs ne sont pas si graves : « Il ne sont pas allés en pré-retraite à Castres, au fin fond de l’Aveyron, quand même ! ». On ne saurait parler plus juste. D’ailleurs, et c’est le point le plus important du nouveau championnat à venir, le Castres Olympique n’est pas en Division Excellence, et déjà en 1936, il ne manque à personne.

 

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La sécurité antigrève de Michelin, directement sur les toits du stade.

Montferrand se retrouve dans le groupe 1, le même que celui du champion de France en titre, le Biarritz Olympique. Le match entre les deux équipes est prévu pour le mois de février 1936. Avant cela il faudra se défaire de Lézignan et de ces joueurs de rugby d’antan plus stéréotypés que les stéréotypes, qui aiment la castagne et la vinasse des Corbières. Chaque déplacement dans le coin est plus épique que l’Illiade, on aura l’occasion d’y revenir. Et en guise d’équipes qui ne servent à rien, on retrouve le Stade Nantais, le RC Chalon et les clubs low cost de Bordeaux et de Tarbes (qui n’ont en commun avec le SBUC et le Stadoceste que le nom de la ville).

A suivre…