Dan Carter et Neymar, destins croisés
par La Boucherie

  • 22 août 2017
  • 10

 

Une contribution proposée par un fidèle lecteur, Hugo Molasse.

 

« Le rêve de tout catalan, c’est de devenir parisien. »

 

C’est ce que j’ai réalisé ce matin en beurrant ma tartine : elle m’a glissé des mains, est tombée par terre côté beurre. Paf, loi de Murphy !

 

J’ai alors été frappé par les parallèles entre Neymar Jr et Carter Dan : deux monstres dans leur sport, issus des meilleurs clubs du monde, nés et formés dans les nations emblématiques de leur discipline, dont la belle gueule menace notre couple et notre hétérosexualité.

 

La Catalogne incarnerait l’Alpha, tant que la capitale française serait l’Omega.

 

Si vous ne savez pas ce que fout Olivier Olibeau sur cette photo, rassurez-vous : lui non plus.

 

Sans m’étendre sur les dualités entre les discours des recrues et la réalité des clubs dans lesquels elles ont signés, permettez-moi de relever les points suivants :

 

  • Neymar, quand il signe au PSG « pour gagner des titres », il est au courant que Montpellier et l’ASM ont déjà remporté le championnat à la barbe des Qataris ? Même en Top 14, ces clubs n’ont jamais gagné !

 

  • Carter, quand il signe pour l’ambiance, soit il est cohérent, soit on lui a pas tout dit : entre son âge avancé et son rôle de buteur, c’est peut-être bien le calme et le silence qu’il est venu chercher dans les Hauts -de-Seine

 

Mon mauvais esprit ampute la réflexion de l’élément-clé du débat : pourquoi Paris après la Catalogne ?

 

Ami lecteur, ferme les yeux et pense à la Catalogne. D’abord, des images de gitans et de bars à putes viendront à toi, puis ton imagination t’emmènera à Collioures, ses plages, le mont Canigou, les ramblas, Bayonne et St Jean de Luz. Tu auras une envie de sieste, de banyuls et de tapas. Tu prolongeras ton idylle dans les arcanes d’Aimé-Giral, tu y croiseras Paul Goze (jeune), Desclaux, Imbernon, Montgomery… l’accent de Dali t’accompagnera jusque dans les travées du Camp Nou pour y voir Figo, Rivaldo, Kluivert, Iniesta, Eto’o et Messi, bien sûr.

 

Mais ton repos s’éternise : le soleil tape trop fort sur ton front qui transpire le rosé. Les images se brouillent : Paul Goze vieillit, Jean-Pierre Perez fait une apparition divine, le Barca met un sponsor sur son maillot, Montjuic 2011 cède à Montjuic 2014, la Pro D2 chasse le Top 14, tu restes à Barcelone, mais pour mieux chuter face à Madrid, tu es la dernière lettre de MSN…

 

Le coup d’oeil, la vista, l’agilité : il y a assurémment du David Marty dans Neymar.

 

Quand les sirènes parisiennes résonnent, c’est un vent de fraîcheur. Tu seras le trophée que ton Président brandira, le gigolo pour les sponsors, le Dieu aux yeux des supporters et tu te feras sucer tous les dimanches sur les plateaux télés ! A une nationalité près, tu devenais porte drapeau de Paris 2024, la vie est mal faite.

 

Il faut temporiser les observations précédentes : la Catalogne n’est pas la seule victime des Parisiens.

 

Les congés estivaux nous le rappellent cruellement : pourquoi venez-vous jouer ET GAGNER au beach volley sur NOS plages ? Pourquoi prenez-vous le badminton tant au sérieux, c’est un putain de jeu de plage ! Et surtout, pourquoi piquez-vous les plaques d’immatriculation des Corses ? On vous rayera vos bagnoles QUAND MÊME !

 

Pour rester dans le domaine rubystique, rappelons nous la belle époque où le Stade Français faisait les poubelles du RCT (qui s’est bien vengé depuis). Dans la presse aussi, avec le transfert d’Ovale Masqué depuis Toulouse vers Paris.

 

Neymar, c’est 222 millions. Carter, c’est 1.8 millions. Ovale Masqué, c’est un deuxième bouquin et le lead role dans Justice League cet Automne. Le point commun le plus évidemment entre ces transferts : l’argent.

 

Pour les amoureux du rugby clocher, je citerai ce proverbe que je viens d’inventer : « Quand on a pas de talent, on a de l’argent ! Et quand on n’a pas d’argent, on joue à Montauban ! »

 

Amis bouchers, notre ballon arrondit dangereusement ses angles. Mais le polissage sera long…

 

C’est quand on voit qu’il est capable de ramener des gens devant le stade Jean-Bouin qu’on comprend que le football reste largement supérieur au rugby.

 

Jacky, la prochaine fois que tu signes une star, prends cette check list avec toi pour que ta pépite se rapproche un peu plus des canons marketing du football.

 

Ton joueur devra :

 

– avoir moins de 30 ans

 

– n’avoir jamais joué en France / à défaut, jamais gagné de titre en France

 

– être prêt à devenir ambassadeur pour une compétition ou un événement majeur à venir en Helvétie (Curling, Lutte Suisse, Salon du Jet privé à Genève)

 

– être informé clairement que Colombes, c’est en dehors de Paris (tu peux alors t’appuyer sur l’argument suivant : « une fusion, c’est comme un attentat, vaut mieux pas être en plein coeur de Paris quand ça se produit »)

 

– faire tourner l’économie française grâce aux cotisations sociales et impôts qu’il générera

 

– NE PAS SE DOPER : ça porte atteinte à l’intérêt général du rugby ! (même si c’est une pratique courante dans les différents Racing de France)

 

En relisant cette check list, je réalise qu’il en faudra des saisons avant que le rugby arrive à la cheville du foot. Et ce n’est pas plus mal : ça permettra encore à des petits clubs comme l’ASM de gagner des titres.

 

Si la loi des séries que je propose s’avérait exacte, ça signifierait que l’USAP compterait parmi ses rangs quelques pépites… ainsi que les recrues parisiennes de demain ! Je ne connais pas assez bien la Pro D2 pour juger l’effecitf Perpignannais, mais ma thèse apporte un peu plus de cohérence aux branlées reçues par le Leinster et Bayonne en terre Catalane ces dernières semaines.

 

Ca sent bon la reconquête…