Le gros coup de l’ASM sur le marché des transferts
par La Boucherie

  • 02 janvier 2015
  • 12

Par notre envoyé spécial Thomakaitaci,

 

C’est l’énorme sensation de ce matin. Elle est venue clore un mois d’exception pour le rugby français. Après la signature de Dan Carter au Racing, Toulon avait répliqué par l’annonce d’une flopée de nouveaux arrivants : Nonu, Lassalle, Manoa et Nalaga. Le club provençal faisant même coup double en volant la vedette aux Racingmen et en humiliant les Clermontois. Coup de maître donc pour le double champion d’Europe et champion de France qui a une fois de plus montré sa supériorité dans le domaine qui semble compter désormais en Ovalie, le transfert.

Mais, dans un renversement de situation imprévisible, c’est Clermont qui a finalement pris la première place provisoire. Quel coup des Jaunards ! En réussissant à attirer Mourad Boudjellal dans leurs filets, ils réalisent le transfert le plus impressionnant de l’histoire de ce sport. Le président toulonnais signe pour trois ans en Auvergne. « Ce sera assurément un vrai plus pour l’ASM, nous affirme Jean-Marc Lhermet, le manager clermontois, son expérience dans le domaine des transferts, ses réussites passées, ses exploits – comme avoir ressuscité  Jonny Wilkinson – nous positionneront automatiquement en tête du classement. Avec lui, on est assuré de faire au moins trois ou quatre noms par saisons. »

 

p1d2619085g_px_640_-4945f9a
Mourad Boudjellal a visité les installations de l’ASM et devrait passer la visite médicale en fin de semaine prochaine

 

C’est vrai que l’important désormais pour les clubs de rugby français, ce n’est plus le terrain, mais le transfert, l’art d’annoncer un nom. Dans cette optique, on ne peut que souligner le génie et l’avant-gardisme des dirigeants clermontois de faire signer, non pas un joueur, mais une star du recrutement. « Il nous a contactés il y a quelque temps. On a été surpris de sa demande et on s’est penché dessus. Il avait envie de changer de cycle, de partir, sans dénigrer tout ce qu’il a pu vivre à Toulon. » Evidemment, pour réussir ce coup, le club auvergnat a dû mettre les moyens sur la table : on parle d’un salaire avoisinant les 1,9 M par an.

Mais cette démesure est justifiée selon Eric de Cromières, président de l’ASM : « Aux postes les plus importants, il faut savoir mettre ce qu’il faut sur la table. On ne l’a compris que trop tard à Clermont et on a toujours été à la traîne en matière de transferts. Trop sages, pas assez ronflants sans doute. Mais c’est par cette voie que passe l’avenir de notre sport. Cela ne fut pas facile, on a pris le temps de réfléchir au profil adéquat et quand on a vu les attaques du Racing et de Toulon la semaine passée, on se devait de réagir pour ne pas, une fois de plus, se traîner en fond de classement parmi les clubs qui ne font pas le « buzz », ignorés de tous, comme Castres ou Brive. »

Le président clermontois nous a même détaillé la recherche de l’homme providentiel : « Au début, on ne voulait pas taper trop haut. Ce n’est pas le genre de la maison. On avait pensé à Thomas Savare, mais il était trop discret et puis ses derniers « noms » ont été douteux, comme par exemple Morné Steyn. On a alors regardé vers Jacky Lorenzetti, mais le rapport qualité/prix était impossible économiquement parlant : un salaire de trader de la Banque Rothschild pour nous annoncer principalement le transfert d’Andreu, Talès ou autres Castrais, c’était peu envisageable. Alors, on s’est tourné vers Mourad qui peut se vanter de son quintuple titre de champion de France des transferts. »

Tout juste après Noël et pour lancer l’année 2015, c’est donc l’ASM qui offre le plus beau cadeau à ses supporters et qui prend une avance considérable sur ses poursuivants dans le championnat des transferts. Reste à savoir comment le stade Félix Mayol réagira à cette annonce, lors du prochain match à domicile du RCT.