Les 12 travaux de Pierrick Gunther
par l'Affreux Gnafron

  • 21 novembre 2012
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Par L’affreux Gnafron

 

A l’époque des Dieux de la mythologie, des Seigneurs de la guerre et des Rois de légende, un rugby en plein désordre demandait un héros. Alors survint Pierrick, un courageux troisième ligne issu du cœur des batailles. Combat. Passion. Danger. Par sa vaillance, Pierrick changera la face du monde.

Ami lecteur, amie lectrice (il paraît qu’il y en a) qui aurait ressenti un petit plaisir honteux à reconnaître l’inspiration de cette introduction, ce texte t’est dédié.

 

 

L’origine de Pierrick Gunther se perd dans les limbes d’un passé fantasmé. Et si la date du 16 Octobre est communément admise en tant que jour de naissance, c’est probablement parce qu’un autre joueur Toulonnais, également prodige du rugby français, a souhaité qu’entre Pierrick et lui, une certaine parenté calendaire se fasse jour. On t’en veut pas Fred, on aurait fait pareil si on avait pu.

On sait juste que Pierrick est né il y a bien des hivers dans une petite bourgade septentrionale répondant au dur nom de Roubaix. Dès sa naissance, Pierrick fait œuvre de générosité et offre à ses concitoyens une raison d’être enfin fiers de leur ville. La seule à ce jour d’ailleurs. [Un homme politique opportuniste tentera ensuite de surfer sur la vague du roubayisme engendrée à cette date mais, mal conseillé, il se fourvoiera en

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verlanisant le nom de la cité et sombrera dans l’oubli du côté de Pau.]

Image exclusive: la première layette du jeune Pierrick alors âgé de quelques mois. It’s a boy!

Stimulé par un environnement hostile, Pierrick se révèle être un nourrisson débordant d’énergie et de violence mal contenues. Étonnamment précoce, il sèche la crèche pour se dépenser dans les salles de musculation. Hun parmi les autres, le bébé acquiert rapidement une masse musculaire lui permettant de courir dès ses 2 mois. Sevré pour son premier trimestre, il célèbre ses 4 mois en franchissant le quintal sur la balance. Il ne passera plus sous cette barre. Sauf pour la soulever, encore et encore.

Mais les services sociaux de la ville décident d’interdire l’accès de la salle de jeu aux mineurs et le jeune Gunther s’en voit refuser l’entrée un matin moche. Il s’ensuit une révolte de gueules noires qui ravagent et pillent la ville de Roubaix, causant le massacre de 6 bourgeois de la cité (la variante calaisienne de l’histoire n’en est qu’une parodie). Considéré comme un meneur, Pierrick est condamné à mort et contraint de s’enfuir, pour échapper à ce titre sort. La ville, quant à elle, ne sera jamais reconstruite. La légende du paria d’Roubaix est en marche.

C’est le début d’une longue errance pour notre héros. Émus par son sort, les Dieux se penchent sur le cas de cette force de la nature, victime d’un Destin auquel il ne peut rien.

Pour l’occuper et expier sa faute, ils décident de lui attribuer une série de 12 travaux d’intérêts généraux à exécuter. A l’issue de ceux-ci et s’il en sort vainqueur, Pierrick Gunther pourra reprendre une existence paisible, faite de séances de musculation et de bûcheronnage à mains nues. Émoustillé par la récompense, notre héros relève le gant de ce défi, s’empare de son carquois, de son arc et se dirige vers la Côte Basque, lieu de son premier travail.

 

La route du Paria de Roubaix, pavée d’embûches

Aux Marches du Royaume, régnait un vieux lion dont la superbe crinière bruissait encore des exploits qu’il avait accomplis sous d’autres cieux. Il s’était retiré là, loin des hommes pour y terminer paisiblement une existence consacrée au fracas des batailles. Si les troubadours louaient encore sa vitesse et son talent, il s’agissait d’un temps révolu. Mais, fier et orgueilleux, le vieux lion ne dédaignait pas de temps à autre effectuer quelques raids dans la région et dans la presse. Et si leur efficacité laissait parfois à désirer, ils suscitaient toujours l’effroi chez les villageois alentours. Neutraliser le lion de Nheymans, car c’est de lui dont il s’agit, allait être la première tâche de Pierrick.

Profitant d’une suspension disciplinaire du vénérable fauve, Pierrick tente de le surprendre alors qu’il est assoupi. Mais ce n’est pas à un vieux qui songe qu’on apprend à faire des grimaces. Le lion de Nheymans sent venir l’adversaire, sait qu’il lui est inférieur et tente de prendre la fuite. Mal lui en a pris. En deux bonds, j’aime ces bonds, Gunther est sur la bête, l’étrangle de ses gros bras potelés et s’apprête à mettre fin à ses jours. Le lion, dans un dernier effort, supplie notre héros de lui laisser la vie sauve en lui promettant qu’il cessera d’affoler les défenses du Top14, qu’il est désormais fini, que sa signature à Bayonne était une immense connerie, que sa mère l’avait prévenu. Pierrick, magnanime et partisan de l’euthanasie, renforce son étreinte et met fin aux souffrances du lion de Nheymans.

A peine le temps de revêtir la tunique de son défunt adversaire que déjà Pierrick se projette sur son prochain défi. Une tâche autrement plus compliquée, face à un ennemi redoutable : c’est l’Hydre de Vern qui se profile par delà les monts auvergnats.

 

Cédric une réaction à cet article et au début de saison de l’Aviron ?

Coup de pied… A suivre…