Hachoirs d’Or 2009 : and the winners are…

Après la « Nuit du rugby » et en attendant les Oscars du Midi Olympique, la Boucherie Ovalie se lance elle aussi dans l’exercice vain mais toujours rigolo des récompenses de fin d’année. Chez nous, pas de théâtre parisien ou de célèbre restaurant du Sud Ouest pour tenir notre cérémonie, mais juste notre modeste enseigne. Quant aux prix, on ne pourra pas facilement les exposer au dessus de la cheminée puisqu’ils sont sculpté à base de viande hachée. A l’exception de la plus haute distinction, le bientôt célèbre Hachoir d’Or, qui comme son nom l’indique, est en or. (plaqué hein, faut pas déconner)

Puisque aucune télévision n’a tenue à retransmettre cette cérémonie et qu’aucun joueur ne s’est engagé à venir chercher son prix, cette remise de prix aura exceptionnellement et exclusivement lieu sur internet. Les prix ont étés décernés de façon totalement arbitraire par le staff de la Boucherie Ovalie, enfin ceux qui criaient assez forts et qui et qui brandissaient une arme blanche pendant les débats du moins. A l’avenir, si le concept plait, il se pourrait qu’une liste de pré-sélectionnés soient disponibles sur le site et qu’un vote soit organisé, sur le forum par exemple.

En attendant ça, vous vous demandez sûrement quel genre de catégories vous allez retrouver dans ces Hachoirs d’Ors. Et bien n’ayez pas peur, vous ne serez pas dépaysé. Commençons d’ailleurs par l’ultra classique catégorie XV de l’année, que nous avons nommé avec tendresse le « XV Marcus di Rollo ».

Le XV « Marcus Di Rollo »

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Comme toujours avec les remake de films asiatiques, la version écossaise de Tigres et Dragons nous laisse sur notre faim.

Là, les plus jeunes d’entre nous vont venir s’asseoir sur mes genoux et écouter Père Castor raconter la formidable histoire de Marcus di Rollo, qui s’apparenterait presque à une fable des temps modernes. Marcus di Rollo était un rugbyman écossais, centre ou ailier, évoluant à Edimbourg. Un club dans lequel il va se distinguer et qui lui permettra d’obtenir une vingtaine de sélections en équipe nationale, équipe nationale où il ne percera malheureusement jamais et où il sera auteur de plusieurs prestations embarrassantes, devenant même la tête de turcs de certains supporters. Alors que sa cote de popularité et plus bas que jamais et qu’il a passé toute la Coupe du Monde 2007 à cirer le banc, Di Rollo va avoir l’opportunité de prouver sa valeur au monde entier et de faire taire les moqueurs: aussi absurde que cela puisse paraître, Guy Novès le veut au Stade Toulousain et le recrute en 2007 à l’intersaison. Un transfert inespéré pour Marcus, qui est bien conscient qu’il n’a pas la vitesse de Clerc, les appuis d’Heymans, le physique de Fritz ou la science du jeu de Jauzion…

Alors pour faire à tout prix son trou dans le club le plus titré d’Europe, il va tenter de devenir le joueur le plus imprévisible au monde. En travaillant son explosivité, ses cadrages débordements ? Non. Pour cela, il va élaborer une potion d’invisibilité. Une potion qui lui permettra d’éviter tous les plaquages adverses. Bien qu’on ne sache toujours pas comment, l’apprenti chimiste a bel et bien réussi à créer une telle potion, et il est bel est bien devenu invisible. A tel point qu’il n’aura pas joué une minute sous le maillot toulousain. 2 ans après la fin de son contrat, nous n’avons toujours pas de nouvelles de Marcus di Rollo…

Ce XV réunit donc tous les joueurs, qui pour des raisons très diverses allant de la blessure grave à la flemmingite aiguë en passant par la médiocrité ou les phénomènes surnaturels, ont brillé par leur absence la saison dernière. Voici les heureux gagnants.

1. Pierre Coreia (Stade Français)
2. Tiaan Liebenberg (Toulon)
3. Ben Castle (Toulon)
4. Robin Tchale Watchou (Stade Français)
5. Julien Ledevedec (Stade toulousain)
6. Antoine Burban (Stade Français)
7. Sisa Koyamaibole (Toulon)
8. Jerry Collins (Toulon)
9. Agustin Pichot (Stade Français)
10. Daniel Carter (USAP)
11. Dave Vainqueur (Stade Français)
12. Arnaud Mignardi (Clermont)
13. Bertus Swanepoel (Stade toulousain)
14. Samueli Naulu (Perpignan)
15. Ignacio Mieres (Stade Français / USAP)

Mention spéciale: Olivier Milloud (Bourgoin Jallieu)

Entraîneur: Ewen McKenzie (Stade Français / Pôle Emploi)

On remarque le fort contingent du Stade Français, qui à l’instar de son voisin du Parc de Princes, commence à se faire une spécialité de transformer tout ce qu’il touche en Marcus di Rollo. Ainsi, certains grands espoirs, néo-internationaux ou en passe de le devenir ont pu voir leur carrière freiner brutalement du coté de Jean Bouin. La plupart d’entre eux sont d’ailleurs désormais sous d’autres cieux, souvent avec plus de succès. D’autres comme Agustin Pichot on en partie raté leur come back triomphal. Come back que Tana Umaga avait lui plutôt réussi avec Toulon, autre grand représenté dans ce XV. Mourad Boudjellal ne s’en cache pas, Max Guazzini est un modèle pour lui et pour sa première année, il a frappé fort en recrutant un nombre innombrables de Marcus di Rollo. Citons également certains joueurs qui ne sont même pas resté plus de quelques mois au club comme Ramiro Pez ou Damien Vidal, qui à eux deux auront réussi l’exploit de marquer moins de pénalités que le seul Sebastien Fauqué.

Prix Marcus Di Rollo

Même concept, mais cette fois, il ne pourra en y avoir qu’un !

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Dis moi Dieu, est-ce qu’un jour je pourrais être un vrai petit garçon ?

Vainqueur: Ignacio Mieres

Comment ne pas récompenser l’énigmatique argentin, qui a réussi l’exploit de se rendre indispensable au Stade Français comme à Perpignan ? Vendu comme le nouveau crack argentin, le nouveau Juan Martin Hernandez (alors qu’il était toujours là, et que Marcelo Bosch était déjà affublé de ce surnom trop grand pour lui) Ignacio Mieres n’a pas joué une seule minute au Stade Français. Un choix des entraîneurs au départ, justifié par Fabrice Landreau par son manque de maîtrise de la langue française. Par la suite, on évoquera un obscur problème administratif que n’aurait pas renié Kafka. Finalement, Max Guazzini réussira le bon coup de l’année en refilant Mieres à Perpignan, qui venait de perdre Dan Carter sur blessure. Paul Goze, pas complètement con non plus, n’acceptera qu’un prêt. Mieres jouera 2 matchs anonymes pour Perpignan avant de se blesser et de disparaître. Encore aujourd’hui, certains contestent l’existence de ce joueur et certifient que sur l’enregistrement de ses deux seuls matchs avec l’USAP, il s’efface de l’écran au fur et à mesure du match comme Marty McFly dans Retour vers le Futur.

Une affaire bien étrange. Aujourd’hui Mieres est revenu à Paris, et malgré l’hécatombe au poste d’arrière où il est sensé jouer, il n’est toujours pas apparu dans le groupe parisien. Pour beaucoup, les prochains doublons pendant le Tournoi des 6 Nations seront l’ultime occasion de vérifier l’existence du jeune prodige argentin. Boucherie Ovalie mènera bien sur son enquête… mieux que ça, nous vous présenterons un dossier très complet sur le joueur dans les semaines à venir, avec des photos à l’appui. (si si)

Prix « Jean Baptiste Elissalde/Chuck Norris » de l’homme indestructible

Tel le roseau, Jean Baptiste Elissalde plie mais ne rompt pas. Jouant la finale avec une cote cassée et sous le feu de Jamie Cudmore et Alexandre Audebert en 2007, unique survivant d’un attentat terroriste de Napolioni Nalaga en novembre dernier, Jean Baptiste Elissalde est un héros comparable à l’increvable Chevalier Noir de Sacré Graal ou encore à Bruce Willis dans Incassable. Bien sur, certains boudeurs argueront que Jean Baptiste Elissalde se blesse pratiquement 1 match sur 2. Peut être, mais si il ne joue pas malgré ses pépins physiques, c’est par l’unique volonté protectrice de Guy Novès. Il nous confiait d’ailleurs il y a quelques mois, au lendemain d’une fracture du tibia péroné « Je me suis testé ce matin sur 100m, et c’est vrai que je n’ai fait que 11 secondes, peut être que c’est un peu tôt pour reprendre. Je vais me contenter de jouer avec le espoirs ce week end ». Ce prix portant à son nom rend hommage à tous ceux qui comme lui, ont un squelette en adamantium comme Wolverine dans X-Men.

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Pour faire mal à Brock James, Benjamin Kayser semble enfin avoir trouvé la solution: le pincer.

Vainqueur: Brock James

Une récompense méritée pour le joueur australien dont le karma semble être à l’exact opposé de celui de Johnny Wilkinson. En 3 ans de Top 14, Brock James ne s’est pas blessé une seule fois, ou si peu. Ses week end de repos, Vern Cotter lui en fait cadeau à chaque fois qu’il réussit à enquiller 50 coups de pied consécutifs en Top 14, ce qui lui fait manquer environ 3 matchs par an. Alex King, ouvreur anglais de renom engagé comme doublure en 2007 et désormais membre du staff clermontois, raconte : « Etre le remplaçant de Brock James, c’est un peu comme le 3ème gardien au foot, le mec qui joue qu’en cas d’épidémie de rage ou d’incident nucléaire. A la fin, j’arrêtais même de m’entraîner et je prenais des cours de cuisine auvergnate. Vous voulez goûter à ma potée ? ».

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Déçu de ne pas avoir reçu le trophée portant son nom, Jean Baptiste Elissalde mime avec talent la scène de la mort de Willem Dafoe dans Platoon

 

Prix Guy Novès de l’entraîneur qui respire la joie de vivre.

Entraîneur surtitré et rarement avare de bons mots et de prophéties cataclysmiques, Guy Novès est une véritable institution. Adulé ou détesté, il ne laisse personne indifférent, tout comme ses filles ne laissent pas indifférents les joueurs du Stade Toulousain, mais ça, ça ne nous regarde pas. Si le droopy du coaching a marqué à jamais le rugby français, il a également marqué ses confrères entraîneurs. Beaucoup aujourd’hui s’inspirent de l’attitude de Novès: Richard Dourthe en version « vénère putaing cong », Dominici en version actor studio avec les sourcils froncés à la De Niro… il est désormais habituel de voir des entraîneurs fous de rage sur le bord de touche après le 6ème essai de leur équipe, juste parce qu’ils ont encore en travers de la gorge un plaquage raté à la 32 minute. Rien que pour cela, Merci Mr Novès. Mais cela ne répond pas à notre question,  qui cette année a été le plus brillant des Shtroumpfs Grognons ?

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C’est le moment ou Marc Lièvremont réalisa qu’il avait oublié le petit Palisson à Marcoussis.

Vainqueur: Marc Lièvremont

Bien que Novès et Lièvremont aiment s’envoyer des mots doux par presse interposée, on ne doute pas qu’il s’agit là d’une typique relation amour/haine, au moins du coté du sélectionneur français. En effet, s’il souhaite se démarquer de Novès malgré une philosophie de jeu en théorie assez proche, en deux ans à la tête de l’Equipe de France Marco nous a pourtant livré un festival de fondamentaux Novèssiens: calendrier surchargé, Ovalie qui marche sur la tête, championnat médiocre qui ne prépare pas au haut niveau, base de travail insuffisante pour être compétitif face aux nations du sud… Marc Lièvremont s’est encore récemment illustré laissant sous entendre que les équipes françaises auraient bien du mal à réussir en H-Cup cette année. Notons tout de même qu’il n’a pas osé prédire la défaite de Perpignan contre Trévise, ce dont Novès aurait été capable puisqu’il essaye chaque année de nous faire croire que Toulouse va perdre à Brive – la bonne blague. Et puis le petit sourire en coin, c’est pas top non plus… mais 4 ans à la tête de équipe de France devrait l’aider à corriger ce détail, même si certains argueront que malgré une cabbale médiatique sans précédent, Raymond Domnech lui n’a pas perdu le sien. A l’instar du Prix Nobel de Barack Obama donc, voici donc un prix en forme d’encouragement: Pas mal petit scarabée, mais la route est encore longue.

Prix Philippe Deffins du meilleur président de club

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Attention: risque de tsunami

Vainqueur: Philippe Deffins

Trop fort, Deffins, puisqu’il a donné son nom au trophée avant même de le recevoir. Moqué à son arrivée à Montpellier, quand il annonçait que le MHRC serait champion dans 3 ans, on ne peut aujourd’hui que saluer le visionnaire qu’il est : il est en effet fort probable que dans trois ans, Montpellier devienne champion de France de ProD2. Ses déclarations tonitruantes qui ont fait du club de Montpellier une cible ambulante sur tous les terrains de Top 14 de France, ainsi que sa démission théatrale deux semaines plus tard – provoquant entre autre le départ de Louis Picamoles – en font un champion incontestable. Si Jack White, auréolé de son titre de champion du monde, vient réaliser de temps à autres des audits pour certains clubs de rugby en quête de titres, gageons que Philippe Deffins pourrait connaître une carrière similaire chez tous les clubs de milieu de tableau souhaitant ardemment descendre en seconde division.

Hachoir d’honneur pour l’ensemble de sa carrière: Jamie Cudmore

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Quand le soleil fait mal aux yeux de Jamie Cudmore, il doit s’attendre à s’en prendre une.

On parle rarement de Jamie Cudmore. Moins médiatique qu’un Rodrigo Roncero et ses allures de truand débonnaire dans un mauvais Scorsese, moins terrifiant que le psychopathe assoiffé de sang Schalk Burger, Jamie Cudmore, fidèle à son poste de seconde ligne, est un homme de l’ombre. Enfin pas toujours, car quand il s’agit de distribuer des mandales, il oublie bien souvent la discrétion. Nous avons tenu à récompenser le canadien pour sa grande régularité au fil des années, et sa capacité à se surpasser lors des grands matchs, par exemple contre le Munster ou en demi-finale contre Toulouse l’année dernière, même si ses plus belles années (8 cartons jaunes lors de la saison 03/04 avec Grenoble) semblent derrière lui. Nous avons également tenu à le récompenser pour le rôle qu’a joué sa famille dans la création du rugby à VII – désormais Olympique – puisque selon la légende, ce sont les ancêtres bûcherons de Jamie Cudmore qui ont contribué à inventer ce sport: lors d’une partie de XV classique, les 8 frères Cudmore auraient étés expulsés tour à tour au fil du match, avant de se venger en envoyant à l’hôpital 8 autres joueurs de l’équipe adverse. C’est alors que pour la première fois de l’Histoire, un match de rugby à 7 contre 7 s’est joué.

Hachoir d’Or de la plus belle tentative d’assassinat en cours de match

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Napolioni Nalaga met les bras où il veut, et c’est souvent dans la gueule.

Vainqueur: Napolioni Nalaga

Pour ce prix qu’il est inutile d’introduire vu la clarté de son intitilé, nous avons choisi celui qui a déjà été titré lors de la Nuit du Rugby, Napolioni Nalaga. Il remporte donc également la plus haute distinction de la part de l’équipe de Boucherie Ovalie. Et il faut l’avouer, ce ne sera pas une énorme surprise tant son geste de classe a fait le tour de tous les best of disponibles sur Youtube. Replaçons nous dans le contexte: quelques mois après avoir perdu la finale du Top 14 face à Toulouse, Nalaga retrouve un certain nombre d’internationaux français à Sochaux pour un match entre le XV tricolore et les Pacific Islanders. Très vite, Napolioni semble reconnaitre l’exaspérant Jean Baptiste Elissalde, un des bourreaux de Clermont alors même qu’il jouait amoindrit avec une cote brisée ! On va voir si il est si solide que ça, se dit-il…

Pour notre consultant Christophe Lambert, il n’y a pas de doutes : « Ils ne s’appellent pas les Pacific Highlanders pour rien. Nalaga est sans aucun doute un jeune immortel très prometteur, et il a reconnu en Elissalde un des siens. Sa résistance aux coup et sa faculté de récupération ultra rapide pouvait même lui permettre de penser qu’Elissalde est un très vieil et très puissant immortel. Du coup, si Nalaga parvenait à le décapiter, son quickening serait si puissant que le fidjien récupérerait une puissance tout simplement phénoménale, qui lui permettrait sans doute de pouvoir désormais raffuter les ailiers adverses avec son seul auriculaire. Malheureusement, il a échoué de peu… mais ils se retrouveront sans doute, car vous le savez, il ne peut en rester qu’un. »

Notre autre consultant, le célèbre catcheur The Undertaker, qui nous a reçu dans sa crypte aménagée au Texas, nous livre sa vision: « Le coup de la corde à linges est un des coups les plus symboliques du catch, mais c’est rarement un coup qui permet de mettre un terme à un match, il s’est banalisé avec le temps. Ici, Nalaga cherche à lui redonner ses lettres de noblesse: la course d’élan est imprévisible, le coup sec et violent, visuellement c’est impressionnant et on arrive aisément à croire que son adversaire a été coupé en deux, et qu’il est bon pour le compte de 3.  Par contre, je ne comprends pas pourquoi l’arbitre disqualifie Nalaga pour un geste aussi anodin, et je regrette que le fidjien n’ait pas soigné sa sortie en adressant quelques doigts d’honneur au public français, comme le veut la tradition. Quant au pauvre petit homme bleu (sûrement un luchador méxicain ?) qu’il repose en paix. »

Quoiqu’il en soit, c’est un un prix bien mérité.

 

Conclusion

Puisque on a pas trouvé de conclusion qui claque, de clip récapitulatif avec du Coldplay en fond sonore (oui, il parait que c’est obligé) quittons nous simplement avec la vidéo de ce moment fort de la saison 2008/2009 !

http://www.youtube.com/watch?v=sNzDrYgO4vg

Bonus: Les trucs trop faciles que vous avez évité.

  • Le prix Bakayoko: Frédéric Michalak
  • Le prix Julien Courbet de l’arnaque de l’année : Dan Carter
  • Le prix du joueur en kit : Lionel Beauxis
  • Le prix du joueur qui se cogne contre des meubles en kit : Matthieu Bastareaud
  • Le prix du joueur surcoté dans Rugby 08 parce qu’il est sur la jaquette: Yannick Nyanga
  • Le prix du joueur surcoté dans Rugby 08 parce que le jeu date d’il y a presque 3 ans quand même: Yannick Jauzion
  • Le prix Michael Jackson du joueur qui a le plus aidé les journalistes en panne d’inspiration à raconter des trucs: Matthieu Bastareaud
  • Le prix Jean Pierre Raffarin du meilleur joueur anglophone: Thierry Dusautoir
  • Le prix du mec qui avait pas son destin en main : David Mêlé
  • Le prix du « Si c’est moi qui me fait ça, on me traite de clodo, quand c’est toi c’est trop sex »: Les rouflaquettes de Maxime Médard
  • Donner plein de prix à Clermont pour les consoler… ah non merde on l’a fait, désolé c’était pas voulu.

Le bourre-pif à l’albigeoise

Ingrédients:

  • beaucoup de virilité
  • un peu de mauvaise foi
  • pas mal d’orgueil
  • 1 bon gros pif
  • 1 paluche
  • 2 beaux packs d’avants
  • autant de packs de bière que nécessaire
  • 1 sachet de levure « arbitre partial » ou « périmé »

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Voilà une recette que certains considèrent comme désuète et que d’aucun n’hésite à qualifier de « plat du pauvre », alors que pourd’autres elle reste un pilier incontournable de notre gastronomie, que seuls les vrais connaisseurs savent pleinement apprécier. Autrefois largement répandue aux quatre coins de la France ovale elle est aujourd’hui menacée par le cancer rampant du professionnalisme. De ce fait on ne la trouve plus que dans certaines régions reculées comme le Tarn ou la Corrèze*, ou encore dans le Var les jours de fête. C’est donc dans un souci de préservation de notre culture gastronomique ovale pour les générations futures que nous vous présentons ici la traditionnelle recette tarnaise.

Prenez les plus beaux morceaux de viande (demandez conseil chez votre boucher favori si besoin) et rajoutez-y votre excès de virilité, tout l’orgueil dont vous disposez, ainsi qu’une pincée de mauvaise foi. (AOC origine France de préférence, sinon substituez par du fameux « fair-play » britannique)

Laissez ensuite mijoter le tout sous pression dans une cocotte. Le temps de cuisson peut varier, sachez juste que le bourre-pif se manifestera de lui-même quand il sera à point ! Si vous le trouver trop fade, salez et poivrez à votre goût.

Une recette alternative se trouve couramment dans les grands restaurants parisiens à l’approche du printemps. Elle inclut systématiquement de la viande de coq et très souvent du bœuf mal cuit. Les chefs de la capitale y ajoutent également de la levure d’arbitre partial (souvent importée d’outre-manche). Mais tout connaisseur vous dira – à raison – qu’il s’agit là d’une version pour gens pressés, sans aucune mesure avec les chef-d’œuvresculinaires régulièrement servis à la table triplement étoilée du chef Béchu.

Afin d’être complet précisons enfin qu’il existe une version « à emporter » hors des terrains. Celle-ci est réservée à un public majeur la sauce contenant quelques packs de bière (voire d’autre chose). La célèbre marque à l’image festive « 3e mi-temps » a connu un certain succès à l’exportation avec ce produit, de Rome à l’Afrique du Sud en passant par le Pays de Galles, et plus dernièrement à Wellington. Mais méfiez vous si vous êtes en déplacement, certains de
ces plats ne seraient en fait que des contrefaçons maladroites…

En bref, une recette à réserver aux hôtes qui savent apprécier la cuisine authentique et aux gourmets bourrus qui parcourent nos terrains.

Vin conseillé : Un rouge fort en tannins qui marque les esprits. Un Irouléguy du domaine Ondarts, ou un Bordeaux millésime 1991 cuvée spéciale Moscato par exemple.

* Notons que la version corrézienne moderne (que nous éviterons soigneusement ici) inclus de nombreux additifs industriels d’origine étrangère. Certains y mettent même de la menthe. Écœurant.

 

Desman

L’usapisite aiguë

Maladies de supporters.

Message de Charlizgood:

Bonjour docteur

Depuis le 6 juin au soir j’ai divers symptômes que je ne m’explique pas. J’espère que vous avez les mêmes compétences que « docteur Maison » et que vous trouverez le mal dont je souffre.

Les symptômes :
– j’ai une irrépréssible envie de regarder et regarder encore la finale 2009 entre l’USAP et l’ASM.
– je crie, je souffle, je stresse ou je me réjouis toujours aux mêmes moments de ce match.
– je souris bêtement en voyant un écusson, un maillot ou un joueur de l’USAP.
– mes yeux se remplissent de larmes alors que j’ai un large sourire quand je revois les joueurs de l’USAP soulever le Bouclier de Brennus.
– je me tiens beaucoup plus droit quand je marche dans la rue en portant des vêtements siglés « USAP ».

Voici le diagnostique de mon médecins : « vous souffrez d’une « supporterite » dûe à un virus, propablement le virus appelé « Brennus », peu contagieux ces dernières années mais capable d’attaquer de nouvelles populations. Seuls restent imunisés, les asémistes. »

Qu’en pensez vous? J’ai besoin d’un autre avis.

Merci d’avance, Docteur, de m’aider.


Réponse du médecin:

Bonjour,

Excusez moi du retard pris pour donner ma réponse mais j’étais très préoccupé par Brian Liebenberg qui m’a dit à la fin du match de ce week-end qu’il avait beau être matinal, il avait mal ! Vous comprendrez aisément que j’ai mis toute mon énergie à trouver ce qui n’allait pas chez lui. (à part son jeu au pied bien sur).

Maintenant intéressons nous à votre cas : Je confirme le pronostic de vos médecins pour la « supportite », mais je vais le préciser. Il s’agit de la forme la plus dangereuse de la « supportite » puisque ce virus ne fait son apparition que tous les 50 ans et ne touche que les supporters de l’USAP. Heureusement, ce dernier ne dure qu’un an et disparaît complètement au mois de Juin.

Je vous rassure, cette maladie n’est transmissible que le tout premier mois et force les personnes atteintes à aller prendre la carte de supporters de l’USAP. Au Stade Français Paris, nous travaillons d’arrache pied afin d’éradiquer ce virus et ce, pour toujours. Soyez-en rassuré.


Mise au point sur les recherches au 11/10/2009.

On l’a lu dans ces commentaires, la plupart de la population considère ce virus comme bénin, voire comme salutaire et nous savons même que certains clermontois se sont rendus à Toulouse dans le but de l’attraper en se faisant éternuer dessus… mais nous avons eu l’exemple hier de ses terribles effets secondaires. Je vous prierai donc de ne plus plaisanter avec la supportite et de ne pas la banaliser.

En effet on a vu hier que ce virus peut provoquer à la manière de certains acides en vogue dans les années 60, une sévère perte de contact avec la réalité. Le patient, bien à l’abri dans un univers idyllique et cotonneux, et conforté dans son état par des rechutes fréquentes (comme face à Clermont il y a quelques semaines) va finir par baisser ses défenses immunitaires et rendre particulièrement vulnérable à d’autres virus, dont certains extrêmement rares comme la Trévisite, puisque jusqu’à hier personne ne l’avait jamais attrapé. Certains parlent aussi de cas de « melonites » probables du coté de Perpignan mais ne nous avançons pas trop.

A noter que ce sentiment d’invincibilité est pratiquement permanent en Haute Garonne, puisque la population a fortement été exposé à la supportite depuis 15 ans. Il parait même que certains toulousains sont toujours persuadés d’avoir inventé le rugby…

The Jeanjean Genie

Jeanjean y es-tu ?

Le feuilleton de l’été a pris fin. On ne parle pas ici de l’affaire Bastareaud, mais bien des interminables spéculations sur la suite de la carrière de Nicolas Jeanjean. Un temps annoncé à Montpellier, essayé à Leicester mais non retenu pour d’obscures raisons financières, la dernière piste d’avenir tangible pour Nicolas semblait être… Carcassone, en Fédérale. Mais alors qu’il aurait pu aller s’enterrer avec les Jonah Lomu, Frank Tournaire, Isitola Maka ou Mohammed Dridi dans un championnat qui évoque de plus en plus furieusement celui du Quatar en football, l’ancien arrière du XV de France a vu se présenter une occasion de relancer à Brive. Réussira t-il à prendre l’intervalle ? En attendant, ce transfert inespéré est une bonne occasion de revenir sur la carrière de l’ex-vilain petit canard des deux Stades, de petit prodige à éternel blessé en passant par la case sujet de moqueries, à seulement 27 ans, il a déjà presque tout connu. Retour sur sa carrière.

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Age: 27 ans
Taille: 1m90
Poids: 96 kilos
Couleur préférée: En rose et noir
Poste: Arrière ou ailier

Les 3 fantasques

Digne héritier de la tradition des joueurs de rugby aux noms qui font écho (échooo) comme Emori Bolobolo, Waquaseduadua ou encore Nicolas Duran Duran, ce natif de Montpellier est bien un pur produit de l’école toulousaine. En effet, tout jeune déjà et sur les bancs de l’école de rugby, il fait les 400 coups avec ses copains, qui deviendront aussi célèbre que lui voire bien plus: Frédéric Michalak et Clément Poitrenaud. Réception de chandelle manquée, coups de pied dévissés, surnombres oubliés, passes au juge de touche… ah on en fait des conneries quand on est jeunes. Et touchés du syndrome Peter Pan, ces trois ont toujours refusé de grandir.

Mais l’insouciance et le culot va payer dans premier temps et Nicolas et ses amis effectuent une ascension rapide et jalonnée de succès. Vice champions du monde des -19 ans au Chili en 1999, ils sont lancés dans le grand bain du championnat de France par Guy Novès en 2001. Cette saison là Toulouse se qualifie pour la finale et tous les trois, à à peine 20 ans seront titulaires. Poitrenaud assure une solide performance au centre, pendant que Michalak aujourd’hui décrié pour son jeu au pied, enchaîne les pénalités de 50m. Jeanjean n’est pas en reste avec une superbe passe sur un pas qui envoie Marfaing à l’essai. Dans la foulée, Bernard Laporte leur ouvre celles de l’équipe de France à l’occasion d’un match contre l’Afrique du Sud. Le début d’une longue série pour Fred (51) et Clément (34). Nicolas lui n’en connaîtra que 9 jusqu’à aujourd’hui. En effet, contrairement à ses deux acolytes, Nicolas peine à confirmer au haut niveau et enchaîne les pépins physiques plus ou moins grave. Malgré deux nouveaux titres avec la Heineken Cup en 2003 et 2005, Jeanjean a de moins en moins de temps de jeu et accuse maintenant un sévère retard par rapport à la concurrence, incarnée par son ami Poitrenaud bien sur mais également par le gallois Gareth Thomas ou Benoit Baby. En équipe de France, il n’est plus sélectionné et ne sera pas du voyage au Australie pour la Coupe du Monde 2003, où Michalak se révelera sur la scène internationale. En 2006 il quitte donc le Stade Toulousain pour se relancer (alors qu’il aurait du taper !!) chez le rival parisien, le Stade Français.

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Paris je t’aime (moi non plus)

Il laisse tout de même de beaux souvenirs à Toulouse. Ses courses chaloupées, mais aussi et surtout son intelligence situationnelle, si souvent vantée par le Pape du jeu à la toulousaine, Pierre Villepreux, ont marqué tous les esprits. Comme nous le confit le président de l’association « Nicolas Jeanjean – Toi ma star » (considérée comme une secte en France) Nicolas n’hésite jamais. JAMAIS. Non. Sous une chandelle ou face à une meute d’attaquant déchainés, plutôt que de réagir dans l’urgence, Nicolas « réfléchit ». Ca tombe bien, les maillots du Stade Français frappés de ravissants éclairs argentés aussi. Malheusement, cette combinaison idéale sur le papier ne permettra pas à Jeanjean de briller dans l’immédiat.

Car si la concurrence est forte à Toulouse, elle ne l’est pas moins à Paris. Jeanjean doit se faire une place au milieu des Pumas Ignacio Corleto et Juan Martin « Evita » Hernandez, alors en plein boom. Pourtant, c’est ce dernier qui va favoriser le retour de Jeanjean au premier plan pour les phases finales Au fur et à mesure que sa cote de popularité monte, « El Mago » se rêve de plus en plus en tant queMaradona du rugby argentin. Pour parvenir à ses fins, il va utiliser des méthodes dignes de guérilleros marxistes qui trahi l’influence de son ami et mentor Agustin « El commandante » Pichot. Il menace tout simplement de mettre fin à ses jours – ou bien pire, d’aller jouer en Angleterre s’il n’est pas titularisé en tant que N°10 pour les phases finales du championnat. Pris à la gorge comme s’il avait été plaqué par Brian Lima, Galthié cède aux exigeances de l’argentin, qui n’avait pas à se donner tant de mal d’ailleurs puisque son seul concurrent pour le poste s’appelait David Skrela.

En l’absence de Corleto, blessé, Jeanjean se retrouve donc N°15 pour la demi-finale contre Biarritz et la finale contre Clermont, dans le rôle de dernier rempart. Nicolas Jeanjean est donc le dernier obstacle entre les clermontois et le bouclier de Brennus, tant attendu par l’Auvergne. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, même un joueur du calibre de Jeanjean ne pourra empêcher un nouvel échec clermontois. Pire, l’ex-toulousain, dans son style si caractéristique – à mi chemin entre Buster Keaton et un danseur du Bolchoï – va réussir quelques sauvetages spectaculaires à quelques mètres de la ligne parisienne, et réussi à garder le Stade dans le match en première mi-temps. Mené à la pause de 12 points mais sans avoir pris d’essai, vous connaissez la suite, Paris va réussir un comeback improbable et décrocher un 13ème bouclier de Brennus.

Un chiffre qui ne portera pas chance à Nicolas. Alors que cette finale inespérée aurait être le début du renouveau pour lui, de nouvelles blessures vont lui gâcher sa saison. Incapable d’enchaîner deux matchs, Jeanjean joue quelques rencontres par ci par là, parfois à l’arrière, parfois à l’aile ce qui ne lui permet pas de prendre ses marques. Il s’illustre par sa fébrilité tout au long de la saison. Et encore une fois, la concurrence est impitoyable puisque cette année là, Corleto se hisse à son niveau en étant incapable de rattraper une seule chandelle de toute la saison, et en se blessant presque aussi souvent que lui. Jeanjean va finir par gagner ce duel de haut vol – Corleto décidant finalement de prendre sa retraite – et il semble désormais avoir le champ libre pour s’imposer durant la saison 2008/2009, qui marque le début d’une nouvelle ère au Stade Français. Fabien Galthié, pris par un nouveau dilemme, doit choisir entre le Stade Français et ses activités périphériques: commentateur sur France 2, chroniqueur à Europe 1 et dans le 10 sport, vice président de Provale, consultant pour l’Equipe d’Argentine, acteur dans Joséphine Ange Gardien, et baby sitting le dimanche. En bon néo-parisien, Galthié prend le boulevard et cède sa place à l’australien Ewen McKenzie, assisté de Christophe Dominici.

Un nouveau duo d’entraîneur qui n’accordera jamais vraiment sa confiance à Nicolas. Malgré une concurrence inexistante (le seul autre spécialiste du groupe étant Ignacio Mieres, dont l’existence n’a jamais été prouvée) on lui préfère Beauxis, Hernandez, Camara voire Boussès la plupart du temps, même si encore une fois de nombreuses blessures l’empêchent de jouer à armes égales. En fin de saison, Jeanjean revient dans le groupe parisien et joue quelques minutes de la demi-finale perdue contre Perpignan, ses dernières minutes sous le maillot parisien. En fin de contrat, Nicolas Jeanjean ne prolongera pas. S’en suit un improbable feuilleton déjà évoqué en introduction, annoncé partout, Jeanjean voyage encore plus que Bernard Lavilliers. Mais à défaut de manquer de se faire poignarder dans une ruelle à La Paz, Jeanjean atterri donc finalement à Brive, où il signe pour un an en tant que joueur supplémentaire. Pour le médecin du Stade Français, chroniqueur sur notre site, ce n’est pas une surprise. « Le petit bonhomme en mousse, c’était le surnom qu’on lui avait donné avec les copains à l’infirmerie, alors finalement c’est un peu le destin qu’il finisse dans le club de Patrick Sebastien. »

On a désormais hâte d’admirer la silouhette élancée de Nicolas Jeanjean, gazelle toulousaine, se muer en zèbre sous la tunique des Coujoux. Gageons que ce malgré tout talentueux jeune homme saura de nouveau rebondir ! Rebondir comme ce ballon qui lui a si souvent échappé des mains ces dernières années….

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Cloué à terre, Nicolas Jeanjean assiste impuissant à l’ascension fulgurante de ses amis toulousains.

 

L’action de légende

Terminons par un hommage vidéo. Nous citions tout à l’heure Juan Martin Hernandez, grand admirateur de Maradona. Tout comme lui, Nicolas Jeanjean est un passionné de football, et en ce jour de novembre 2004 contre le Stade Français, c’est un vibrant hommage qu’il rend à son idole à lui, Eric Cantona, en singeant son célèbre high kick sur le pauvre Cédric Heymans qui aujourd’hui encore n’a pas bien compris ce qui lui est arrivé ce jour là. Un coup d’éclat qui a sans doute motivé le recrutement de Nicolas au Stade Français…

Ici à 1m15:

Ici, la comparaison avec le King

 

L’édito de Guy Novès

Petit moment de gaieté, d’optimisme et de joie de vivre.

 

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Pour ce premier édito, je vais d’abord commencer par me présenter, moi et ma rubrique, et par la même à anticiper les questions que vous vous posez sûrement. Certains se demanderont sûrement pourquoi moi, Guy Novès, entraîneur du Stade Toulousain, j’ai accepté de donner ma modeste contribution à ce site internet naissant. Pour tout vous dire, cela ne faisait pas vraiment partie de mes plans. Et pour cause ! Je n’avais plus allumé un écran d’ordinateur depuis 1999, par peur du bug de l’an 2000. Pratiquement 10 plus tard, celui-ci n’a toujours pas pointé le bout de son nez… mais pour combien de temps ?

J’ai bien peur qu’un cataclysme informatique mondial soit inéluctable dans une futur proche. Mais je ne veux pas vous embêter avec et après tout, pourquoi vivre dans la peur ? J’ai donc décidé de me rattraper mon retard aux technologique. Et je dois vous dire que cela fut un choc à peu comparable à celui qu’a ressenti Fréderic Michalak quand je lui ai expliqué qu’il n’avait pas le droit de taper en touche directement en dehors de ses 22 mètres.

J’ai pu le constater, internet est surtout devenu, un formidable outil d’information. Et l’information a toujours été une passion pour moi. J’ai malheureusement du constater durant ces dernières années, que trop souvent, les médias tradition aux semblent éviter les questions qui fâchent et éludent les dangers, nombreux, qui nous guettent. Alors quand on m’a proposé de tenir une chronique sur ce site, j’ai accepté tout de suite, pour combler ce vide.

Le plus régulièrement possible, je vous présenterai mon propre journal télévisé en direct d‘internet, mais par écrit. Comme ça, ça a l‘air tordu, mais pas tellement plus que les règles du rugby sur l‘arbitrage au sol. Ce journal parlera de sport bien sur, mais pas que.

Comme vous le pourrez le contraster très vite.

En attendant, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment à la Boucherie Ovalie.

Edition du 17/09/2009

L’actualité vue par le très optimiste Guy Novès.

 

 

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Santé – La grippe H1N1, danger sous-estimé ?

Pour ouvrir ce journal, revenons sur un sujet peu médiatisé par les temps qui courent, la grippe H1N1. A défaut d’être médecin, je suis assez bien placé pour en parler, car comme vous l’avez certainement appris cet été certains de mes joueurs l’ont contractée il y a quelques semaines à la suite d’une tournée en Argentine. Par un miracle que je ne m’explique pas, tous ont  heureusement survécu. Pourtant, j’entends encore Maxime Médard me raconter comment il a été cloué au lit, 2 jours durant. Et lors d’une crise de toux particulièrement violente, il a même cru apercevoir un long tunnel lumineux. En fait, ce n’était qu’un des projecteurs d’Henri Wallon, mais il est quand même revenu de loin. Quelques jours après le premier décès d’un patient n’étant pas atteint par aucune autre forme de maladie – contredisant les scientifiques les plus optimistes qui pensaient qu’il s’agissait là d’une simple grippe – il y a de quoi être inquiet.

Eviterons-nous une épidémie mondiale d’une ampleur telle qu’elle décimerait les trois tiers de la population mondiale ? On peut redouter que non, mais se dire qu’au moins, une telle catastrophe devrait, par la force des choses, alléger le calendrier international du rugby.

Sports – Rugby : Le Top 14 continue

Rugby justement, avec l’interminable marathon du Top 14 qui continue ce week end. L’affiche principale du week end, opposera Toulon à mon équipe, le Stade Toulousain, dans l’enceinte du Stade Vélodrome. Une affiche pour les commentateurs de Canal + peut être, mais dans les faits, comment le Stade Toulousain, déjà vaincu au Vélodrome par une équipe toulonnaise en pleine crise d’identité l’année dernière, peut espérer faire un résultat contre la formidable armada Rouge et Noire qu’est devenue cette équipe sous la poigne de Philippe Saint André ? Avec les blessures de Médard, Poitrenaud, Kelleher, Skrela ou encore Maestri, et la perspective de la H-Cup, je devrais être obligé d’aligner une équipe mixte avec de nombreux espoirs. Non je déconne, je suis Guy Novès, je ne fais jamais les espoirs. Par contre, je ferais jouer Manu Ahoteiloa et Bertus Swanpoel et croyez moi, c’est encore pire.  Le bonus défensif sera clairement notre objectif, mais devant l’inefficacité chronique de notre attaque, il faudra prier pour que les avants toulonnais, grisés par leur domination sans partage, fassent preuve d’un certain manque de discipline nous permettant de rester au contact au score. Il faudra également prier pour que nos demis schyzophrènes,  Jean Baptiste Elissalde et Fréderic Michalak, soient dans un bon jour pour les tirs aux buts. Autant vous dire que ce n’est pas gagné. Mon pronostique: Toulon 64 – Stade Toulousain 3. (drop de Patricio Albacete)

Tri Nations : Les Pumas arrivent

Nous avons également appris il y a quelques jours que l’Argentine intégrerait le Tri Nations en 2012. Une formidable nouvelle et une reconnaissance méritée pour le rugby argentin, mais malheureusement, du point de vue français, une véritable catastrophe pour nos clubs. Les argentins sont en effet invités à rejoindre le Super 14 pour pouvoir participer à la compétition dans des conditions optimales.

La question qu’on peut se poser c’est, qui ferons nous jouer pendant les doublons du Tournoi des 6 Nations si nous n’avons plus les argentins ? Des espoirs français ? Soyons sérieux une minute. Et personnellement, je n’ose imaginer le visage du Stade Toulousain sans Pato Albacete. Homme fort du pack, stabilisateur de la mêlée, sauteur en touche remarquable et machine à gratter les ballons, son départ représenterait un véritable drame personnel pour moi, d’autant plus qu’il s’aditionnerait à celui de Fabien Pelous. C’est bien simple, sans lui pour assurer la bonne santé de notre conquête, je serai obligé de faire une demande à l’IRB pour que le Stade Toulousain se retire du Top 14 et participe au championnat de France de Rugby à 7, bien que je ne sois pas certain que Vincent Clerc et Cedric Heymans courent encore assez vite pour pratiquer cette discipline. Quand à Vernet Basualdo, son départ signifierait tout simplement la fin des soirées pizza au Stade Toulousain, ce qui nuirait énormément à la bonne ambiance au sein du groupe…


Football – Le retour de la Ligue des Champions

Mais mettons tout chauvinisme de coté, le principal évènement sportif de la semaine est bien le retour de la Ligue des Champions. Malheureusement, une fois de plus, cette  compétition risque d’uniquement servir à mesurer le gouffre séparant les clubs français du reste du monde. Bordeaux, étrillé par Chelsea en ouverture de la compétition l’année dernière, a fait ce qu’il a pu pour conserver son amour propre face à Juventus de Turin mardi. Mission réussie, mais que peuvent-ils espérer de plus maintenant ? L’Olympique de Marseille lui, a été battu à domicile par une équipe vieillissante, anihilant tout espoir de qualification. Quant à Lyon, ils s’en sortiront comme à leur habitude, pour mieux être ridiculisés en quart de finale.

Météo

Cette semaine, temps atroce sur toute la France. De violents orages toucheront tout l’hexagone, et ce sont même des risques de Tsunami qui sont annoncés sur toute la cote Atlantique, risquant d’emporter dans les eaux les deux fiertés du Pays Basque, Bixente Lizarazu et le Biarritz Olympique. Pour le BO, je déconne bien sur. L’est n’est pas en reste puisque de Strasbourg à Nice, de forts risques de secousses sismiques sont annoncées. On ne peut y voir que l’influence du réchauffement climatique. Mais n’oublions pas que la Ligue Nationale de Rugby est également responsable de cette catastrophe écologique. C’est bien simple, multiplication des matchs = plus de déplacements, déplacements réalisés à l’aide de cars particulièrement polluants. Mr les têtes pensantes de la Ligue, j’espère pour vous que nos fils dans les écoles de rugby – qui seront tous défigurés et qui porteront  des tentacules à la place des mains, faisant de tous les rugbymens de France des émules de Brian Liebenberg – ne vous en voudrons pas trop.

C’était Guy Novès pour le Journal des mauvaises nouvelles. Cette première édition est dédiée à toute la rédaction, touchée par une vague de suicide.
Bonsoir, et n’oubliez pas: vivez heureux en attendant la mort.