L’Edito de Jacques Merdier
par Jacques Merdier

  • 01 July 2011
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La grande famille du rugby

Notre rédaction en est encore toute émue. Les malheurs du Stade Français, heureusement sauvé sur le gong par un entrepreneur généreux et passionné, ont déclenché dans l’Ovalie une vague d’émotion et de solidarité qui démontre une fois encore que notre sport adoré cultive une différence décidément irréductible. Nos valeurs seront toujours uniques et enviables à tant de points de vue.

Mais foin de sentimentalisme, je laisse mes lecteurs (fort nombreux je sais, ils apprécient mon style, mâtiné de Blondin et de Lalanne) découvrir les réactions de grande qualité venues de toutes parts. Le mot d’ordre était : il faut sauver le stade Français, club unique dans notre paysage rugbystique.

Premier sur les rangs, comme souvent, l’Aviron Bayonnais s’est fendu dès le début de la crise d’un communiqué admirable de hauteur de vue (je ne veux pas croire, comme le font certains, que cette pure manifestation d’amour soit une sorte de rachat après les pressions que le maire de Bayonne avait exercées la saison dernière sur son homologue montalbanaise pour lui intimer l’ordre de ne pas sauver Montauban)

Le Stade Toulousain, notre club chéri, y allait également de son soutien, précisant au passage qu’il était dispo pour reprendre éventuellement certains joueurs. Quelle grandeur d’âme …

Puis, la délicieuse Chantal Jouanno, sportive émérite, a mis tout son poids politique dans la bataille (non, ça n’a rien à voir avec le fait que Max et Nico sont très copains).

Allons du côté de la Mairie de Paris et du soutien acharné et sans faille de Bertrand Delanoé, qui toutefois ne pouvait pas donner un sou compte tenu des finances calamiteuses de sa ville (certains mauvais esprits ont prétendu qu’il aurait vu dans la descente de Paris un excellent prétexte pour suspendre la reconstruction de Jean Bouin, mon dieu, quels cuistres).

Et enfin, tous les anonymes, tous les supporters de base, non seulement de Paris, mais aussi des clubs concurrents qui se sont exprimés sur les forums de discussion. J’en donnerai quelques exemples :

« Toulousain31 : de toutes façons, cong, le Stade Français est mort puisqu’il n’a jamais existé. Que du bling et des paillettes. C’est pas un club de rugby, ça, c’est la gay pride. Bien fait pour leurs gueules.

Jadoreporical66 : Ils ne représentaient rien, pas de terroir, pas d’identité régionale, que des mercenaires. Beurk.

Guynovèsestmonidole : leur talonneur, là, la blonde, on pourrait pas leur piquer ?

Thierrydusautoirestmonmaître : Ce sont des suppôts de Satan

Vulcainclermont : Bien fait pour leur gueules. Et Dupuy, on pourrait pas le prendre, histoire de mettre la pression à Parra ?

Sapiac2010 : C’est une honte : traitement inégalitaire, DNACG pourrie, tout pour les gros rien pour les petits.

Vincentclémentesttropbon : + 1.000 .

Cieletgrenattoujours : + 10.000

Thierrydusautoirestmonmaître : Une fois de plus, le vice est érigé en vertu. Obscène. Tout simplement obscène. A mon avis, Revol, Lièvremont et Blanco sont derrière tout ça. Système maffieux.

Toulouseainventélerugby : + 1.000

Aguiléra64 : Finalement, Kampf, il participe pas au tour de table, hein ? Il a gardé ses sous, hein ? »

La voilà, l’Ovalie que j’aime. Grande gueule, caractérielle, mais le coeur sur la main. Ah mes amis, quelle grande aventure humaine que le rugby.

Jacques.