Fêtes de Bayonne payantes : l’Aviron concerné
par l'Affreux Gnafron

  • 18 mai 2018
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Par L’Affreux Gnafron,

 

C’est désormais officiel : l’édition 2018 des Fêtes de Bayonne sera payante pour les non-résidents de la cité gasconne. Si le coût du forfait n’a pas encore été arrêté (on parle d’une somme comprise entre 7 et 8€), l’annonce de ce mardi 15 Mai  a provoqué une vague de réactions dans la foule des festayres. Pourtant, une autre mesure annoncée en catimini marquera également de son empreinte cette 82ème édition : la mise en place d’une redevance audio-visuelle sur la pratique de la Peña Baiona.

Le principe en est simplisssime : chaque incantation de la célèbre chanson des supporters de  l’Aviron Bayonnais donnera lieu au paiement de modestes droits d’auteur dont les bénéfices iront dans les caisses du club de rugby local.

Un moyen comme un autre pour Jean-René Etchegaray, l’édile de la ville, de contribuer à la survie financière d’un club aux abois. Et pour une fois sans ponctionner les contribuables locaux. « Des groupes de patrouilleurs se baladeront dans les rues de la ville et procèderont au recouvrement immédiat de la taxe dès lors qu’ils entendront les premières mesures de notre chant emblématique. La somme n’est pas encore définie mais on sera dans une fourchette de l’ordre de quelques centimes, quelques dizaines tout au plus. On est davantage dans le symbole, le financement participatif que dans la sanction. »

 

Du côté d’Alain AfflelouEmmanuel MérinFrancis SalagoïtyRichard Dourthe, Philippe Tayeb, président de l’Aviron Bayonnais Rugby on se déclare intéressé par cette initiative et disposé à porter son concours pour la perception de la taxe. « S’il faut donner un coup de main pour collecter la monnaie et établir des contrôles, nous sommes prêts à mettre à contribution notre public fantastique. Mais que cela n’exonère pas la mairie de son rôle de mécène, nous serons attentifs au maintien des subventions municipales. Et la DNACG aussi d’ailleurs.. »

Chez les membres des peñas historiques, les avis sont partagés. « S’il peut sortir quelque chose de positif pour le club de ce massacre auditif impuni depuis de trop nombreuses années, pourquoi pas.. affirme Beñat Irouleguy. Mais prenons gare aux modalités d’application. Quid des véritables supporters bayonnais à qui il viendrait l’idée d’entonner notre chant fétiche dans un élan d’enthousiasme irrépressible ? Ils paieraient aussi ? » Pour Amaya Etchebarne, peu de risque que cela se produise « après la saison de merde qu’on vient de se peler et le bordel en coulisses, ça m’étonnerait que des locaux aient à cœur de crier leur amour pour le club. Même si je ne sous-estime pas le rôle de l’alcool dans l’irrationalité de comportements masochistes.»

 

L’idée d’un tarif dégressif permettrait de ménager les susceptibilités locales. Le beuglement du seul refrain donnerait lieu à l’obole perçue la plus importante (avec majoration en cas de récidive), l’incantation du chant en complet serait quant à elle exonérée de perception. Une mesure qui suscite l’approbation des riverains de Jean Dauger, regroupés en association : « Si ça peut permettre d’éviter à des Clermontois, Rochelais, Parisiens et autres Gersois avinés de massacrer des millions de fois le Vino Griego, ce sera déjà ça de pris pour notre tranquillité. Bien qu’on ait eu une saison assez calme niveau nuisances sonores, on doit bien l’avouer »
Pays Basque oblige, l’initiative bayonnaise a forcément suscité une réaction chez le voisin biarrot. Il se murmure que l’on y étudierait le projet d’ « une taxe vestimentaire basée sur les attributs chromatiques historiques du Biarritz Olympique dans toute célébration festive se déroulant dans le périmètre de l’agglomération Côte Basque-Adour (anciennement B-A-B) »
« Ben pourquoi pas, nous aussi on n’a plus une thune, s’ils taxent leur chant, on peut bien taxer nos couleurs » nous a confié une source biarrotte. Cette proposition sera débattue lors du prochain conseil.

Enfin signalons, que pour ceux qui entameraient la chorégraphie du Paquito Chocolatero sur l’air de la Peña, la sanction serait par contre irrévocable : contravention de 2ème catégorie et expulsion manu militari à l’extérieur du périmètre des Fetes. Parce qu’il ne faut pas déconner avec les traditions non plus.