L’Ecosse a gagné un match qu’elle nous avait habitués à perdre : le CR d’Ecosse – Irlande (27-22)
par Copareos

  • 08 février 2017
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Par Copareos,

 

Le Tournoi des Six Nations 2017, nouvelle formule avec les bonus, les frites et le Coca-light, a débuté à Murrayfield avec Ecosse – Irlande, sorte de grande répétition avant l’immense évènement qu’attend la capitale écossaise dans quelques semaines : Edimbourg – La Rochelle, le choc des titans. Pour information, si vous entendiez par immense évènement les deux finales européennes du mois de mai, vous êtes parfaitement normal. Mais vous savez les finales, on en attend beaucoup et finalement on en sort assez déçu, parole de Clermontois.

 

Sur le pré, on retrouve donc une équipe écossaise qui a réalisé de très bons matchs en novembre et qui compte faire honneur au dernier Tournoi de Vern Cotter avant que celui-ci n’aille s’affairer à une autre cause perdue du rugby. En face, le XV irlandais espère bien lancer sa série de quatre rencontres d’entraînement avant le vrai choc de cette édition : le match face à l’Angleterre à l’Aviva Stadium. Seulement voilà, le rugby irlandais est un paradoxe, car plus ses équipes réussissent en Coupe d’Europe, moins le XV du Tréfle a du succès dans le Six Nations. Et manque de bol, les provinces de Rouquins sont de retour sur le devant de la scène européenne.

 

L’Écosse débute avec le plus d’envie la rencontre, avec pour résultat un essai en bout de ligne de Stuart Hogg après une passe presque interceptée par les Irlandais. On se dit alors que l’Écosse a peut-être (enfin) perdu sa poisse habituelle (7-0). Malgré tout, la mêlée est loin d’être à l’avantage des Calédoniens et c’est l’Irlande qui a la possession du ballon, les locaux se contentant de renvoyer les ballons dans le camp d’en face, faute de pouvoir carrément renvoyer le cuir sur leur île d’Européens gauchistes, où il leur serait plus difficile de scorer. Mais les Ecossais savent bien défendre et font même mieux : ils contre-attaquent. Ainsi après une remontée de ballon rapide depuis leur camp, Stuart Hogg continue son one-man-show (qui ne fait pas mal aux yeux ni aux oreilles contrairement à celui de Moscato) et va inscrire un doublé en un rien de temps, le temps d’une feinte de passe des familles sur Rob Kearney. L’efficacité est clairement du côté des Bleus, ce qui peut d’ailleurs donner espoir au XV de France qui joue comme l’Ecosse d’il y a deux ans : au bout d’un moment, on finit donc par se rappeler de comment marquer un essai (14-0).

 

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Apparemment l’Ecossais lambda ne sait toujours pas réagir face à un joueur qui marque des essais.

 

A nouveau les Irlandais retournent dans les vingt-deux écossais, et enfin le monde retrouve le cours normal des choses : the Scottish poisse is back. Sur une passe en bout de ligne des Verts, Seymour tente une interception qui se transforme en passe décisive pour Earls, qui n’a plus qu’à aplatir pour remettre son équipe dans la course (14-5). On pourrait alors croire que l’Ecosse va sombrer, mais que nenni ! Trois minutes après l’ouverture du score de leurs adversaires, le XV du Chardon trolle son adversaire devant des millions de téléspectateurs avec une combinaison qui ne marche même pas en minimes. Sur une touche écossaise près de la ligne d’en-but adverse, Seymour et Dunbar se glissent dans l’alignement et c’est ce dernier qui reçoit le ballon directement de son talonneur pour ensuite filer derrière la ligne, sans opposition (21-5).

 

L’Irlande n’a qu’une petite pénalité à se mettre sous la dent (21-8) et aurait même pu concéder un bonus offensif en quarante minutes si Zebo n’avait pas intercepté une passe écossaise dans ses vingt-deux mètres. L’Ecosse mène alors de treize points à la mi-temps et on se demande bien comment ils vont faire pour perdre ce match. Parce que comme le précise le cinquième commandement de l’Ovalie : « Contre l’Ecosse, tu gagneras ». La réponse à cette problématique arrive bien vite puisque les Irlandais reviennent en plein forme et débutent la seconde période par un temps fort de sept minutes qui aboutit à un essai d’Henderson (21-15). L’Irlande pousse encore et son adversaire, à bout de souffle, ne fait que repousser un essai qui semble aussi inévitable que le maintien de l’Ecosse dans le Royaume-Uni. Un essai qui aurait pu arriver peu avant l’heure de jeu après un contre irlandais sur un jeu au pied hasardeux de Russell, si Heaslip n’avait pas raté sa passe presque décisive.

 

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Paddy Jackson, allégorie de l’expression « ça sent le roussi »

 

Cet essai, il vient cinq minutes plus tard par l’intermédiaire de Paddy Jackson, qui s’occupe lui-même de le transformer (22-21). On ne voit vraiment pas comment le XV du Kilt va pouvoir remonter la pente, mais grâce à de bons contests et à une mêlée retrouvée, une pénalité permet aux Calédoniens de reprendre les devants à huit minutes de la fin (24-22). Une véritable course contre la montre s’engage alors et ce sont les Ecossais qui sont les plus surprenants en tenant le coup et en gérant le temps, l’entrée de Jack Bauer y étant pour beaucoup. On sera quand même tout près d’avoir une bonne surprise quand à la dernière minute Laidlaw décide de tenter les trois points sur une pénalité plutôt que de jouer à la main pendant les quelques secondes qu’il reste. Une pénalité en coin qui, si elle avait été ratée, se serait transformée en dernier ballon de match pour le XV des Rouquins. Mais le futur Clermontois ne tremble pas (une habitude qu’il pourrait bien perdre la saison prochaine) et confirme la belle victoire des Ecossais face à l’Irlande (27-22).

 

L’Ecosse commence donc très bien son Six Nations avec une victoire aussi solide qu’inattendue face aux Irlandais. A eux désormais de confirmer la semaine prochaine au Stade de France, tandis que l’Irlande, qui s’en sort avec le bonus défensif, va tâcher de faire le plein de points lors des prochaines rencontres, histoire de garder le scénario de la finale contre l’Angleterre en tête.