… et surtout la santé [Retour sur RCT-Racing 92]
par Ketchup-Mayol

  • 04 janvier 2017
  • 11

 

C’est la nouvelle année, et si on veut prendre de bonnes résolutions, c’est le moment. Les bonnes résolutions, ce sont ces décisions débiles que l’on prend complètement bourré à deux heures du matin lors du réveillon et dont l’inanité nous frappe dès qu’on a fini de dégriser. Ça peut aller de jurer de ne plus boire un verre d’alcool, d’écrire au moins deux articles par ans pour la Boucherie, ou si on est fidjien, de ne pas arriver avec plus de trois semaines de retard dans son nouveau club.

Pour ce qui est d’écrire un article, la LNR et Canal+ ont décidé de faciliter la tâche en programmant le remake de la finale 2016 de Top 14 un 1er Janvier comme bouquet final de son Boxing Day. Petit rappel, le Boxing Day désigne le lendemain de Noël, qui dans le reste du monde tombe le 26 décembre. Pas chez nous. Ca tombe le week-end du réveillon et pour fêter ça, on déguise toutes les équipes en pingouins. On attend avec impatience ce que la LNR va nous sortir pour Halloween. Sans doute que ça tombera le 14 septembre et que les joueurs devront se déguiser en Leo Cullen.

 

Le contexte

Dorénavant, à chaque confrontation entre ces deux équipes, on va nous ressortir la finale 2016 du Top 14, jusqu’à ce qu’une amnésie salutaire nous fasse oublier cet Apocalypse Nou. D’aucuns n’ont pas hésité à agiter le terme de « bête noire » du RCT, ressorti de la naphtaline. Et bien, à la queue, comme tout le monde !

 

L’originalité, la bête noire du journalimse sportif

 

Les deux équipes ont besoin de points. Le Racing est dans le dur entre les affaires de corticoïdes et de Goosen. Mourad s’interroge sans doute sur sa décision de maintenir à tort ou à raison Ford (ça change un peu des blagues pourries de bagnoles). Dans les tribunes, le président de la fédé fraîchement élu et le sélectionneur de l’EDF fraîchement enthousiaste se re-croisent pour la première fois en vrai depuis l’élection. Le groupe vit bien.

 

Les joueurs entrent sur le terrain en veste de costard et s’alignent pour écouter religieusement le nouveau gadget de la ligue, l’hymne du Top 14 et de la Pro D2, car oui, c’est ce qu’il manquait au meilleur championnat du monde et son antichambre, un hymne vaguement hanszimmerien qui sans nul doute saura insuffler un côté épique à un Bourgoin-Albi au cœur de l’hiver… Les joueurs du Racing s’offrent une coupette de champ’ avant le match. Après tout, quitte à se faire détester, autant jouer le jeu jusqu’au bout. A quand un match avec le chandail sur les épaules ?

 

La composition du RCT :

 

 

 

La première mi-temps

Sans chauvinisme, la première mi-temps est dominée par un RCT revenu aux ‘fondamentaux’, à savoir le combat, le jeu d’avant et last but not least, le retour de Hell’s Bells. Les 25 premières minutes sont dignes du Soldat Ryan, les vagues d’assaut toulonnaises se brisant sur les barbelés alto-séquanais. On regrette que le RCT préfère s’obstiner à prendre la pénaltouche alors qu’ils sont dominateurs en mêlée. Les Toulonnais s’entêtent à essayer de marquer sur un ballon porté, ce qui face au Racing est aussi présomptueux et inefficace qu’essayer de refiler la vérole à une fille à soldat dans un bordel de campagne. Résultat des courses, zéro points et trois blessés : le RCT semble parti pour inventer le concept du match nul à la Pyrrhus.

 

 

#EtSurtoutLaSanté

 

Après 25 mn de score vierge, les buteurs s’excitent un peu et au terme de la mi-temps, on s’achemine doucettement vers un 6-6, malgré des velléités toulonnaises, un Bastareau en pleine forme poussant, raffûtant, roulant comme un ninja. Puis vient le tournant du match, le fait de jeu, là où la partie se gagne ou se perd, le carton jaune de Brice Dulin. Lors d’un contest dans les airs, où Halfpenny se saisit du ballon, Dulin fait tomber le Gallois sur le flanc. Le Racing se retrouve à 14, ce qui théoriquement, face à Toulon, n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Sauf que c’est le moment que choisit Habana pour se souvenir qu’il est un joueur de rugby, ce dont on avait pu douter depuis son retour, s’enfuir le long de la ligne, fixer et donner à Nonu. Dulin n’étant pas là pour mettre l’ancien All Black KO, Teddy « Talent d’Or » Thomas ne peut empêcher l’essai. Halfpenny ne réussit pas la transformation, perturbé par la sirène/générique de Star Wars lors de sa course d’élan. Score à la mi-temps : 11-6. Le score ne reflète pas l’engagement du match, avec un Bastareaud en mode bowling/raffut/roulade ninja dont on ne sait s’il postule pour l’EDF avec Novès en tribune, ou pour faire de la motion capture pour Kung Fu Panda 4.

 

2ème mi-temps

C’est reparti sur le rythme de la première mi-temps avec de longues séquences de jeu destinées à étirer une défense du Racing bien en place. Nonu finit par percer et prouve sa parfaite adaptation au championnat français en mangeant un 2 contre 1. Quel chemin parcouru par l’ancien centre All Black ! Sur le turnover qui s’ensuit, le Racing obtient une pénalité à 5 mètres de la ligne toulonnaise. Les Racingmen choisissent la touche, tentent un ballon porté, obtiennent une pénalité, rebelote et Szarzewski marque après avoir effacé quatre déf… Non, c’est pas crédible, hein ? Sur ballon porté, bien sûr. Dan Carter manque la tranformation – mais la manque-t-il vraiment ? – en coin, sans excuse de sonnerie Star Wars… La saison de trop pour le Catalan ? 11-11.

 

Le match va baisser en intensité à partir de là, de même que ce compte-rendu. Halfpenny réussit deux pénalités et le Racing joue la gagne, pour au final rentrer sans rien. Score final : 17-11.

 

Le Bilan

Morte la bête noire, mort le venin ! L’honneur de la Rade est vengé, c’est tout juste si on ne récupère pas le Brennus sur le coup. Le RCT se retrouve au pied du podium. Même les blessés sont moins blessés que prévu. L’équipe de Ford a montré qu’elle en a sous le capot (eh oui les bonnes résolutions sont faites pour ne pas être tenues).

 

Le Racing repart bredouille, Labit peste contre l’arbitrage. Bref, l’équilibre cosmique est rétabli.
C’était couillu, pas toujours très joli à regarder, voire un peu chiant sur la fin, mais l’essentiel est là : le Racing a perdu.

 

L’Homme du Match

Performance XXXXL de Bastareaud selon Marc Dal Maso, ce qui n’est pas très sympa au vu de ses efforts diététiques. Il n’a pas toujours pu faire jouer derrière lui, mais c’était assez jouissif de le voir en mode Juggernaut. Il a même trouvé une touche au pied et gratté des ballons cruciaux. Son match le plus abouti depuis bien deux saisons.

 

bitch juggernaut

 

 

Le Talent d’Or

Teddy Thomas, bien sûr.

 

Le Flop

C’est pas sur ce match que Jacky Lorenzetti va changer d’opinion sur Dan Carter. Je me hasarde à jouer les Jacques Verdier en y allant de ma référence littéraire, mais a-t-il seulement encore l’envie d’avoir envie ?

 

Le Bonus

Pour vous féliciter d’avoir lu jusqu’au bout, la compo du Racing en bonus.