Le compte rendu de la finale du Top 14 depuis Pyongyang
par Ovale Masque

  • 27 juin 2016
  • 35

 

Par Ovale Masqué,

 

Avant d’entamer le compte-rendu de cette finale du Top 14 2015-2016, nous nous devons de clarifier la situation de la Boucherie Ovalie : au mois d’avril dernier, nous avions rédigé un tweet dans lequel nous nous étions engagés à rejoindre la Corée du Nord si le Racing 92 remportait un titre. Ce jour tant redouté étant arrivé, nous avions à cœur de tenir notre engagement, avec la même droiture qu’un Rupeni Caucaunibuca quand il promet qu’il reviendra à Agen avant la fin du mois d’août.

 

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L’intégralité de l’équipe de la Boucherie (sauf Pastigo, qui considérait que vivre en Auvergne était déjà une punition suffisante) a donc rejoint Pyongyang lundi matin. Première conséquence de ce déménagement, notre compte Twitter a immédiatement été désactivé, la liberté d’expression étant une notion aussi vague pour le gouvernement coréen que celle de la gestion de fin de match pour un Clermontois. Kim Jong-Un, le grand soleil du XXIe siècle, nous a tout de même permis de continuer à faire vivre notre site web : tout simplement car comme beaucoup de monde, il ignore totalement son existence.

 

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Pyongyang, un endroit aussi chaleureux et festif que la place de Jaude un soir de finale.

 

Avant de délaisser le rugby pour nous consacrer au sport qui fait vibrer ce beau pays, les exécutions publiques le ping pong, nous avons estimé que l’on vous devait au moins un dernier article consacré au ballon ovale. Et que nous devions également des excuses au Racing 92, ce club que l’on a tant vilipendé au cours de la saison.

En effet, après avoir été étiquetés comme « anti-Toulousains », « anti-Toulonnais », « anti-Clermontois » et même parfois « anti-Aveyronnais » (ce qui nous conforte dans l’idée que l’on parvient à atteindre une certaine équité en matière de distributions de mandales virtuelles), nous avons beaucoup entendu dire que la Boucherie était devenue anti-Racing. Nous, de vulgaires haters ! C’est quand même pas notre genre, pourtant.

Bon, puisque notre futur est plus qu’incertain (le Stagiaire a déjà été enfermé dans une geôle en raison de son troublant physique androgyne), autant être honnêtes : c’est vrai, on a beaucoup de mal avec le Racing. Et nous vous devons quelques explications.

 

Mais pourquoi tant de haine ?

 

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PARCE QUE TOULON ?

 

D’abord, il y a un homme, un homme qui cristallise notre ressentiment pour ce club qui était pourtant encore doté d’un beau capital sympathie au début des années 1990 : son président, Jacky Lorenzetti. Pour des branleurs au RSA comme nous, tout inspire le délit de sale gueule chez ce personnage : son ancienne activité dans l’immobilier, un monde où l’on trouve encore plus de gens malhonnêtes que dans celui du rugby, sa dégaine de type qui lance des paquito aux congrès d’été du MEDEF, sa connaissance limitée de l’Ovalie (franchement, qui n’a jamais pris son pied devant un bon vieux match disputé dans la boue ?), ses sorties de beauf bien fier de lui sur ses voisins parisiens qui « montrent leur zizi dans des calendriers obscènes »… non vraiment, on avait rarement vu un homme aussi bien porter son prénom.

Oui, Jacky nous agace. Encore plus quand il essaye de se la jouer Mourad Boudjellal sur le terrain de la communication – le tout sans posséder le sens de la punchline et l’auto-dérision du vendeur de bédés toulonnais. Ou encore quand il projette de construire un stade de 32 000 places à la Défense (parce qu’à Colombes y’a trop de pauvres, ça fait fuir les partenaires, et en plus y’a pas de loges pour accueillir tous les VIP à Yves-du-Manoir). Le tout au mépris du bon sens, quand on sait que le Stade Français peine à poser 20000 culs sur les sièges du stade Jean-Bouin malgré 20 ans de présence dans l’élite et 6 Boucliers de Brennus décrochés depuis 1998.

 

Bon après, dans le genre caricature vivante, on peut reconnaître que le bonhomme tient plutôt bien son rôle. Puisque le rugby est devenu un sport-spectacle, et le Top 14 un « feuilleton » (pour citer nos amis de Canal +), avoir un bon méchant est désormais indispensable. Comme pour Game of Thrones, on allume aussi et surtout notre télé (ou notre streaming) pour voir des personnages qu’on adore détester. Mourad a fait le job avec brio pendant des années dans le rôle du bâtard revanchard de l’Ovalie. Mais on sent une pointe de lassitude ces derniers mois, il n’est clairement plus aussi mordant. Lorenzetti a donc repris le flambeau dans le rôle du Lannister arrogant et pété de thunes (mais qui ne paye pas toujours ses dettes, en tout cas pas au fisc).

 

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Soyez honnêtes : qui n’a pas envie de photoshoper une gigantesque bite sur ce genre de photos ?

 

Mais Jacky n’est pas le seul à nous filer des boutons (ce qui n’arrange en rien nos physiques disgracieux de trolls cachés derrière leurs écrans). Derrière ce président dont la personnalité déteint un peu trop sur un club autrefois attachant, on retrouve l’inséparable duo responsable du secteur sportif, les Minus et Cortex de l’Ovalie, Laurent Labit et Laurent Travers. Deux grands amoureux du beau jeu, capables de se toucher pendant des heures sur une compil de ballons portés sur YouTube.

Deux fiers représentants des Valeurs de l’Ovalie, où comme chacun le sait, le respect de l’homme au sifflet est placé au-dessus de tout. Deux gars qui ont laissé de grands souvenirs de leur passage à Montauban et à Castres, même s’ils ont fini par partir en emportant les meubles du club house et la moitié de l’effectif. Avec l’ajout de Ronan O’Gara, la plus belle tête à claques du rugby irlandais, et dont la principale activité semble être d’insulter les arbitres depuis le bord de touche, le staff du Racing réunit une sorte de Dream Team de la Filsdeputerie. Après le départ de Pierre Berbizier, il était compliqué de remplacer quelqu’un d’aussi antipathique que l’ancien sélectionneur des Bleus : encore une fois il faut être fairplay et féliciter Jacky, qui a réussi ce qu’on pensait tous impossible.

 

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Il va falloir nous y faire, cet homme est champion de France. Deux fois.

 

Puis il y a aussi les supporters. Un groupe de 27 personnes d’environ 52 ans de moyenne d’âge, qui aiment porter des polos Eden Park noués autour de leurs épaules et qui vouent un culte à Henry Chavancy. Sans doute la secte la plus étrange de France juste derrière celle des Raëliens – après on va éviter de juger, tous ici on idolâtre Lionel Beauxis. On peut encore citer leur speaker, le seul homme en France à être plus insupportable que Jacques Delmas quand il ouvre la bouche. Ou cette manie de passer du Magic System après chaque point marqué – notez que s’ils se contentaient de le faire uniquement après un essai, nos oreilles auraient beaucoup plus de répit. Quoi d’autre encore ? Les tournées « Val€ur$ du rugby » à Hong Kong, la transformation de Dan Carter en VRP / homme sandwich géant, l’ignoble chant « Racing a du coeur » (par politesse, on n’évoquera même pas « Légende Racing »), la coupe de cheveux de Dimitri Szarzewski, les moignons de Bernard le Roux, le régime herbivore de Luc Ducalcon, Marc Andreu en général… on en passe et des meilleures.

 

Bref, vous l’aurez compris, beaucoup de choses rendent ce Racing détestable à nos yeux. Mais malgré cela, nous sommes capables de mettre notre fiel et notre mauvaise foi aux vestiaires et de reconnaître que oui, le Racing 92 est un beau champion. Cette saison, les Alto-Séquanais avaient quelque chose qu’ils n’avaient pas depuis le début de l’ère Lorenzetti. Non chers amis clermontois, il ne s’agit pas d’Alexandre Ruiz. Mais d’un petit truc en plus – appelez ça une âme ou ce que vous voulez – qui leur a permis de se sublimer pour gagner des matchs couperets, en Coupe d’Europe comme en Top 14. C’était parfois moche, c’était parfois chatteux, mais les mecs n’ont jamais rien lâché, on fait preuve d’un « espwi d’équip » exemplaire et sont allés chercher ce Bouclier à l’aide de belles paires de couilles, ce qui reste finalement le seul élément réellement nécessaire à la victoire en Top 14.

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Brr… brr… bravo le Racing. Voilà c’est dit. Maintenant on peut définitivement fermer le site.

 

PS : Si nous avons désactivé notre compte Twitter, ce n’était pas pour en recréer un dans l’heure qui suit : @Pingpongovalie n’est pas tenu par l’un d’entre nous. Méfiez-vous des imitations : ce compte est à la Boucherie ce que Rémy Martin est à Jean-Pierre Rives.

 

L’avant-match :

 

Premier constat, quoi qu’en disent les grincheux, le Camp Nou est un stade magnifique et constitue un très beau cadre pour cette finale du Top 14 2015/2016. On ne peut que frissonner en admirant cette antre qui a vu les exploits du Barça et du deuxième meilleur Lionel du monde.

 

Le protocole d’avant-match voit Paul Goze et les deux présidents de chaque club présenter les joueurs de la finale à Thierry Braillard (si vous ne savez pas qui est Thierry Braillard, c’est normal, il est secrétaire d’État au sport, un poste tellement peu prestigieux qu’il a été occupé par Bernard Laporte il y a quelques années). On regrettera quand même l’absence de Manuel Valls LE CATALAN qui aurait pu revenir sur ses terres pour assister à la rencontre. Mais après les dangereux manifestants de la CGT et les supporters de l’Euro, le premier ministre avait sûrement peur de se confronter aux dangereux hooligans du Racing 92.

 

Notez aussi que les Alto-Séquanais avaient décidé de se présenter sur la pelouse en arborant des blazers, en clin d’œil à l’équipe du Racing CLUB DE FRANCE sacrée championne de France en 1990. Bon par contre ils n’ont pas osé allé jusqu’au nœud papillon rose, sans doute parce que « ça fait pédé » selon Jacky Lorenzetti.

 

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Ben Tameifuna, aussi surpris que nous d’apprendre qu’on peut avoir un poste au gouvernement en étant encarté au Parti Radical de Gauche.

 

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Et c’est donc Wenceslas Lauret qui remporte le prix du meilleur look de la soirée.

 

Le film du match :

 

1ère minute. Matt Giteau donne le coup d’envoi de la finale et le Racing se met instantanément à la faute. Eddy Ben Arous tente de gratter un ballon et se fait pénaliser par Monsieur Raynal. Halfpenny tente et passe la pénalité, 3-0.

 

7ème. Fernandez-Lobbe tient à rappeler qu’il est humain et commet une faute à son tour. Carter égalise, 3-3.

 

10ème. Nous assistons à un magnifique enchaînement. Pélissié tape une sorte de passe au pied pour personne au fond du terrain. Imhoff attrape le ballon, effectue un arrêt de volée et trouve une touche de 10 centimètres. Quelques secondes plus tard, Giteau envoie une passe sautée au juge de touche. Toute une saison de Top 14 résumée en quelques minutes

 

17ème. Preuve que trop de MUSCUUUU nuit au rugby, Maxime Machenaud tente de plaquer Matt Giteau et le soulève comme un enfant. L’Australien termine la tête direct dans la pelouse, dans une sorte d’hommage à Luc Ducalcon. Après avoir consulté la vidéo, Matthiey Raynal sanctionne : carton rouge pour Machenaud. Une expulsion qui a le mérite de nous offrir un moment rare : les supporters de Toulon et de Clermont exultent de joie au même moment. Quand une haine partagée rapproche les peuples, définitivement, rien n’est plus beau que les valeurs du rugby.

 

On sent qu’il y en a un qui a passé une bonne troisième mi-temps avec son capitaine.

 

18ème. Dans la foulée de cette expulsion, Leigh Halfpenny ajoute trois points de plus. 6-3.

 


22ème. Ben Arous se fait manger par Chilachava en mêlée fermée. Nouvelle pénalité convertie par le buteur Gallois, 9-3.

 

24ème. Le pilier du Racing se rachète instantanément avec un contest qui pousse Fernandez-Lobbe à la faute. Carter réduit l’écart, 9-6.

 

29ème. EL MAMUKATOR commence à s’ennuyer et décide qu’il est temps de mettre un terme à cette rencontre. Servi sur l’aile, la terreur du Caucase décale Tuisova, qui avance sur plusieurs mètres avant de redonner à Gorgodze, qui conclut en force. Halfpenny ne transforme pas, 14-6.

 

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Le Nou Camp restera donc le stade qui a vu plus de 700 buts de Lionel Messi, et un essai de Mamuka Gorgodze.

 

À ce moment-là du match on pense évidemment tous que c’est plié. On zappe même sur TF1 au cas où il y aurait un match de l’Euro à mater, voire pire, une émission avec Arthur. Mais il aurait été dommage de rater la fin de match et le suicide total du RCT. Une performance qu’une seule autre équipe française serait capable d’accomplir en finale, qu’on ne va pas citer parce qu’à force ça devient un peu lourd.

 

32ème. Faute de Chilachava. Goosen tente la pénalité de 50 mètres et la passe, tel François Steyn à l’époque où il avait encore ses cheveux, et son talent. 14-9.

 

40ème. C’est au tour de Mamuka de faire sa petite faute à la con. Le Géorgien ne comprend pas la décision de l’arbitre, qui lui, ne comprend pas qu’il est en danger de mort. En tout cas, Carter passe le ballon entre les perches. 14-12 à la mi-temps, le Racing s’en sort bien.

 

47ème. Nouvelle pénalité sifflée contre le RCT. Chilachava a poussé en travers en mêlée. Les supporters du RCT les plus aigris se souviendront que cette pratique n’était apparemment pas sanctionnée en 2012, pour le plus grand bonheur de Gurthrö Steenkamp. Encore une fois, c’est Goosen qui bombarde de loin. Le Racing passe devant, 14-15.

 

50ème. Les Toulonnais font n’importe quoi depuis 30 minutes et le carton jaune finit par tomber pour Xavier Chiocci, coupable d’avoir écroulé un maul. Goosen continue de faire le job pour lequel Carter est payé 1 million par an, 14-18.

 

55ème. Guilhem Guirado sort sur blessure. Gros coup dur pour le RCT qui perd son capitaine et son véritable cerveau. Enfin surtout son capitaine quand même.

 

57ème. 122ème faute de Toulon. Carter enquille, 14-21.

 

59ème. Servi en bout de ligne par Goosen, Joe Rokoçoko déborde le long de la ligne de touche avec ses jambes de 2005 (ou alors, c’est le Top 14 qui tourne au ralenti et qui donne cette impression qu’il va si vite). Après un petit coup de pied par dessus et un rebond favorable, l’ancien All Black résiste au retour d’Halfpenny et plonge dans l’en-but. C’est l’émeute dans les rues de Colombes. 14-26 après la transformation ratée par Carter.

 

64ème. Les terribles guerriers d’Orangina continuent avec les fautes. Mais cette fois, Goosen rate sa pénalité lointaine.

 

69ème. Dan Carter tente un drop. C’est raté. Gavin Hume avait mis le sien en finale en 2009, lui, mais bon…

 

71ème. Les Toulonnais reprennent enfin du poil de la bête et après une petite période domination, Maxime Mermoz échappe à la défense du Racing, qui n’aurait jamais pu imaginer qu’il serait capable de réaliser un franchissement contre une équipe d’un meilleur calibre qu’Oyonnax. L’ancien CATALAN s’en va inscrire un essai au ras comme une petite fouine de demi de mêlée. 21-26 après la transformation, la Cagolie reprend espoir !

 

77ème. Les Rouge et Noir poussent et squattent dangereusement les 22 mètres adverses… Pélissié commet un en-avant, mais les Racingmen sont pénalisés sur la mêlée qui suit. Jean-Charles Orioli, qui s’est auto-proclamé capitaine, exige alors de prendre une nouvelle mêlée. Mais les Franciliens trouvent le moyen de faire revenir Tameifuna sur le terrain au poste de gaucher.

 

Comme de par hasard, la mêlée du RCT fait nettement moins la fière, et c’est alors Virgile Bruni passe en mode Rado en réalisant l’impensable : un talonnage à la main ! Sur une mêlée. À 5 mètres de l’en-but. En finale du Top 14 ! À ce niveau-là, on peut clairement parler de génie. Tout le monde avait oublié l’existence de ce type depuis deux ans et il a finalement trouvé le moyen de rentrer dans la légende en finale du Top 14. Franchement, chapeau.

 

Toute l’intelligence toulonnaise en une action.

 

Quelques secondes plus tard, les Alto-Séquanais obtiennent et passent une dernière pénalité anecdotique. Score final, 21-29. Le Racing Pas Métro 92 est champion de France. Et le pire c’est que cette fois, on ne peut même pas dire que c’était du vol ou une insulte au rugby. On va juste devoir la fermer. Parait que c’est une habitude à prendre, le Grand Soleil du XXIème siècle n’aime pas trop les grandes gueules, derrière ou devant un écran.

 

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La filière biterroise lève les mains !

 

Les joueurs

Ceux qui ont du cœur, un cœur de vainqueur :

 

Eddy Ben Arous : Se fait plier en mêlée mais a l’activité d’un flanker et gratte 10 ballons par matchs. Après Mathieu Bastareaud, encore un joueur qui s’est trompé de poste.

 

Dimitri Szarzewski : Dimitri Szarzewski est une sorte de Frédéric Michalak du talonnage, un homme qui a pratiquement raté tous les grands matchs qu’il a disputés au cours de sa carrière. Cette fois-ci, il a plutôt été correct, hormis deux pizzas et deux plaquages ratés. C’était donc vraiment le jour du Racing.

 

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La modestie.

 

Ben Tameifuna : Le voir porter un blazer taille XXXXXXXL trop petit pour lui restera le moment le plus divertissant du match. Sinon, efficace en mêlée (ce qui veut probablement dire qu’il triche mieux que les autres) et un ballon gratté au sol. Après avoir essayé en vain d’être international néo-zélandais, tonguien puis lituanien, on s’attend à le voir postuler pour l’équipe de France dans deux ans. Avec Atonio déjà dans la place, le gérant de la cantine de Marcoussis doit déjà avoir de sueurs froides.

 

Manuel Carizza : Un ancien joueur du Biarritz Olympique qui devient champion de France. La même année que le titre européen de Marcelo Bosch. Et ce n’est même pas une blague de la Boucherie.

 

Bernard le Roux : En seconde ligne, il peut faire tout ce qu’il adore faire : ne jamais toucher le ballon, plaquer et mettre la tête dans les rucks. On n’a plus qu’à prier pour qu’il soit également utilisé à ce poste avec le XV de France.

 

Wenceslas Lauret(te) : En troisième ligne, il peut faire tout ce qu’il adore faire : ne jamais toucher le ballon, plaquer et mettre la tête dans les rucks. Après, on a joué avec Thierry Dusautoir pendant 10 ans, alors bon on peut bien en tolérer un comme ça.

 

Yannick Nyanga : A pris sa revanche sur la vie en gagnant une finale de Top 14 comme titulaire. S’il n’était pas si poli et bien élevé, on aurait aimé qu’il fasse un gros fuck à Guy Novès face caméra.

 

Chris Masoe : On a cherché très fort une blague de mauvais goût à faire sur la fille de Jerry Collins, sachant que personne ne lit le site et que personne ne viendra taper un scandale de toute façon. Mais même nous on a un peu été touché par ce moment à la fin du match.

 

Maxime Machenaud : Les Racingmen avaient bien retenu les leçons du titre du Stade Français en 2015. Maxime Machenaud a donc courageusement fait une « Parisse » et a décidé de se sacrifier pour son équipe en se faisant expulser, bien conscient que celle-ci saurait se transcender à 14 contre 15. Homme du match.

 

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Putain mais c’est qui, ce Baptiste Serin ?

 

Juan Imhoff : Il était parti pour devenir le nouveau Mauro Bergamasco. Puis Jonathan Pélissié a décidé de lui montrer qui était le patron, et comment on pouvait totalement rater un match au poste de demi de mêlée. Au final, Juanito s’en est pas mal sorti. Il devra juste vivre avec le suicide de Xavier Chauveau sur la conscience.

 

Dan Carter : L’homme du match pour France 2, Canal +, Natixis, Dove Men Care, Louis Vuitton, Disney Girl, Le Chasseur Français et Picsou Magazine. Il joue sur une jambe, il tire la gueule d’un mec de 45 ans et ne sert qu’à tirer les pénalités. Mais il a gagné deux Boucliers de Brennus en jouant 15 matchs en France, alors on ferme tous notre gueule et on applaudit le plus beau porte bonheur du Top 14 depuis Pierre-Gilles Lakafia.

 

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C’est pas Vincent Clerc qui accepterait de faire des apparitions publiques dans un tel état…

 

Joe Rokoçoko : Pendant 4 ans, Bayonne avait le meilleur ailier du Top 14 dans son effectif. Mais comme c’était Bayonne, ils ne lui donnaient jamais le ballon. Qu’ils sont cons ces Basques.

 

Henry Chavancy : Le plus grand Golden Boy que les Hauts-de-Seine aient connu depuis Jean Sarkozy. Une carrière entière au Racing, une tête de gendre idéal, un rendement défensif digne de Florian Fritz : si on avait pas tant envie de lui foutre des claques on serait presque ému pour lui.

 

Johan Goosen : Le type qui a un Dan Carter dans chaque jambe. Mais il a une tête de con et joue avec un casque, alors la presse ne parlera jamais de lui. Frustré, le pauvre finira sans doute par rejoindre le côté obscur de l’Afrique du Sud en signant à Montpellier.

 

Brice Dulin : Moins en vue qu’en demi-finale, il a tout de même été solide. Guy Novès va donc devoir se creuser la tête pour trouver un nouveau prétexte à sa non-sélection.

 

Au passage, la Boucherie Ovalie aimerait avoir une pensée pour tous les no-names qui étaient là au tout début : Jonny Leo’o, Greg Goosen (alias le mauvais Goosen), Nic Berry, Matthieu Lorée, Dan Scarbrough, Julien Saubade, Benjamin Sa, Mani Vakaola, Fabien Fortassin, et bien sûr le plus grand poissard du rugby français, Jonathan Wisniewski. Tout le monde vous a oubliés sauf nous. À l’époque, le Racing était quand même un peu plus funky.

 

Les pas si terribles guerriers du Pilou-Pilou :

 

MAMUKA GORGODZE : MAMUKA GORGODZE. Pas besoin d’en dire plus.

 

Juan-Martin Fernandez Lobbe : Le troisième ligne le plus élégant et le plus intelligent du monde. Clairement, son équipe ne le méritait pas vendredi soir.

 

Guilhem Guirado : Nerveux comme Xavier Chiocci au moment de la pesée à la reprise du championnat. Le CATALAN nous avait habitués à mieux. Il n’est pas facile de jouer une finale sans un leader charismatique comme David Marty à ses côtés.

 

Steffon Armitage : Après la demi-finale, on a tous pensé « mais pourquoi ce mec a signé à Pau ? ». Après la finale, ça nous parait déjà plus vraisemblable.

 

Jonathan Pélissié : Ce moment gênant où tu te rends compte que le meilleur club du monde a Sébastien Tillous-Borde, Éric Escande et Jonathan Pélissié en N°9. Pourtant, il n’y a qu’à ce poste qu’on a de bons joueurs en France. Fallait le faire pour réussir à tous les éviter.

 

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Bon ben moi faut que j’aille acheter le Midol, que je sache dans quel club je joue la saison prochaine.

 

Matt Giteau : Comme Dan Carter, il joue sur une jambe depuis 6 mois. Mais lui, ça se voit beaucoup plus. On peut tout de même le féliciter pour son salto arrière sur le plaquage de Machenaud, qui devrait lui permettre de faire une belle carrière à la WWE.

 

Mathieu Bastareaud : Il a été plutôt bon. Du coup, on a longtemps cru que c’était Nonu qui jouait. Sauf que Nonu il les gagne les finales.

 

Jean-Charles Orioli : Le voir réclamer fièrement une mêlée 10 secondes avant qu’il ne se fasse plier en deux était l’autre grand moment comique de la soirée après le blazer de Tameifuna. On espère que ses parents étaient bien placés dans le stade pour voir ça.

 

Bryan Habana : C’est toujours surprenant de se dire qu’il a pu inscrire autant d’essais alors qu’il ne sait pas attraper un ballon.

 

Conclusion :

 

La pire saison de Top 14 de l’histoire aura finalement été sauvée par deux matchs. Le plus fou dans l’histoire, c’est qu’on parle bien de deux matchs du Racing. Bon, il faut évidemment remercier les Clermontois, qui ont joué à la perfection leur rôle de losers magnifiques en demie, et Maxime Machenaud, qui a sublimé une finale qui aurait pu être bien plus soporifique sans son coup d’éclat. Sans eux, rien n’aurait été possible.

Malgré ce beau final, on n’est quand même pas malheureux de dire au revoir au Top 14 pendant deux mois. Parce que bordel, qu’est-ce que ça a été pénible. Et le pire est encore peut-être à venir, puisqu’après Toulon et le Racing, la logique du « plus tu mets de pognon, plus t’as de chances de gagner » devrait bien finir par permettre à Montpellier d’être champion de France. Heureusement, à ce moment-là, nous on sera en train de commenter du ping-pong.

 

Allez, An-nyeong-hi ga-se-yo !