Retour sur Stade Français – Toulon
par Ketchup-Mayol

  • 11 juin 2015
  • 15

 

Par Ketchup-Mayol

Sic transit gloria mundi…

 

Grand moment de catharsis nationale : Toulon a perdu. Les mercenaires zapatrides ont été défaits par la France éternelle, par le club de la Capitale qui plus est, comme un symbole ©. La France du rugby exulte, les charlots du Shadenfreude se déchaînent, tout rentre dans l’ordre, ces losers de toulonnais plein aux as ont déjà un pied en Pro D2. Comme quoi le fric n’achète pas tout !

Je me suis infligé le match en différé : évidemment, niveau suspense, ça présente à peu près autant d’intérêt que de regarder Titanic, mais au moins je me serai épargné palpitations et énervement. Car même en accéléré, ce match n’a pas manqué de susciter à maintes reprises cette manifestation d’exaspération si typique de nos latitudes méridionales, consistant à lever la main dans un geste de dépit tout en s’exclamant : « Et mon vier, ah ! »…

 

L’AVANT MATCH

 

La plupart d’entre vous n’est sans doute pas au courant, mais la journée avait commencé sous les pires auspices avec le décès de Jerry Collins, ancien All Black, ancien Toulonnais. Le déferlement de réactions sur les réseaux sociaux et les sites sportifs nous laisse entrevoir ce qui se passera lorsque David Marty prendra sa retraite. Cet événement allait forcément impacter les performances de ses anciens co-équipiers Carl Hayman et Ali Williams, et plus particulièrement Chris Masoe, qui le saviez-vous, était non seulement un ami intime mais aussi un cousin, car enfin, les Samoa, c’est un peu comme la Corse, ils sont tous plus ou moins cousins.

 

LA COMPO

 

N’ayant eu ni le temps, ni le cœur, ni l’énergie de pondre une compo rigolote, c’est sans vergogne aucune que j’ai subtilisé celle d’Eric Bayle.

 

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Canal, c’est bien plus que la chaine du porno et du cinéma. Ce sont aussi des journalistes sportifs.

 

Chris Masoe a donc été incertain pendant une partie de la journée, mais il a finalement décidé de tenir sa place sur le terrain. Matt Giteau, un temps incertain également, est finalement titulaire. El Mago sera préféré à Mermoz, à croire que la non-titularisation de ce dernier est un running gag entre sélectionneurs du XV de France.

Le match a donc commencé par une minute de silence très émouvante comme il se doit, avec un Chris Masoe très ému qui s’était peroxydé les cheveux en mémoire du défunt, qui rappelons-le, était son cousin.

 

LE MATCH

 

Première mi-temps :

Le match était pourtant bien engagé. Un coup de pied à suivre de Hernandez récupéré par Drew Mitchell va amener le premier et seul essai toulonnais à la 6ème minute. On assistera même à quelques velléités de bagarre aux alentours du quart d’heure de jeu. Malheureusement, tout cela procédera davantage de l’éjaculation précoce plutôt que du feu d’artifice orgasmique, et les Parisiens vont en profiter. Les Toulonnais commettront des fautes bêtes, aggravées par des contestations inutiles permettant à Steyn de marquer des points et à la 24ème, Parisse dépose deux défenseurs toulonnais d’une chistera magistrale à destination de Lakafia – pas le double champion de France, l’autre – qui va permettre au Stade Français de mener pour la première fois.

La défense parisienne est bien en place et intraitable, infligeant un pressing permanent à des Toulonnais qui ne peuvent pas déployer leur jeu (à savoir envoyer Bastareaud péter dans trois adversaires pour se créer des espaces). C’est incroyable que nos adversaires n’aient pigé le truc que maintenant.

Le coup du sort surgit en fin de mi-temps, quand dans une sortie de ruck, le ballon est éjecté maladroitement. Burban s’en saisit, mystifie Drew Mitchell, Chiocci fait ce qu’il peut pour essayer de rattraper le Parisien, peuchère, mais bon, n’est pas Vincent Debaty qui veut. Le Stade Français vire en tête de 4 points à la mi-temps.

2ème mi-temps :

La Bérézina. On se serait cru de retour en 2012 : la mêlée toulonnaise s’est faite pénaliser 5 fois après l’entrée de Ménini, permettant au Stade de prendre le large. Et une fois de plus, la variante anglaise rugbystique du « Pas de bras, pas de chocolat » s’est vérifiée. Halfpenny est pris en l’air, Sempere manque de décapiter Masoe (qui le saviez-vous, a perdu son cousin Jerry Collins plus tôt dans la journée), mais les Parisiens échappent au carton jaune. Sous des sifflets honteux, Bakkies Botha a définitivement quitté les terrains sans avoir mis un taquet. On n’avait pas vu final plus merdique depuis celui de Lost. Pas moyen de trouver la faille. Humiliation ultime après la sirène, un ballon cafouillé dans l’en-but toulonnais offre un essai parisien aussi anecdotique que bien dégueu.

Et mon vier ah !

 

Coup de sifflet final : Mourad lève les bras au ciel par réflexe pavlovien, avant d'être rattrapé par la réalité et l'insondable tristesse de la défaite.
Coup de sifflet final : Mourad lève les bras au ciel par réflexe pavlovien, avant d’être rattrapé par la réalité et l’insondable tristesse de la défaite.

 

LES RAISONS DU NAUFRAGE :

Nous autres supporters du RCT sommes des seigneurs, et en tant que tels, nous savons rester dignes dans la défaite et ne sommes pas du genre à nous trouver des excuses à la noix.

Cela étant dit, les facteurs suivants ont pu influer sur le cours du match :

1. Jerry Collins ? Le saviez-vous ? Le cousin de Chris Masoe est décédé le jour même, et nul doute que cette tragédie a eu une incidence sur ses anciens coéquipiers.

2. Monsieur Raynal ? Il est évident qu’il y avait des consignes pour que Toulon ne gagne pas. En avant manifeste de la passe de Slimani sur le premier essai, absence de carton jaune pour un en-avant volontaire de Parisse requalifié en interception (du bout des doigts d’une main) ou sur jeu dangereux en 2ème mi-temps. Mais bon, ce sont les aléas du jeu et c’était aux Toulonnais de se mettre à l’abri de ces impondérables d’arbitrage inique.

3. Des erreurs de casting ? Les héros sont fatigués. Hayman, Williams et Botha et Juan Smith ont souffert. Matt Giteau a du mal à revenir à son niveau pré-opération. Bryan Habana avait oublié sa perche à selfie…

4. La fin d’un cycle ? Depuis le temps qu’on vous dit que le RCT ne se remettrait pas du départ de Wilkinson ! Un seul trophée européen cette année, hahaha ! Bande de losers !

5. La supériorité parisienne ? Attendez, on parle d’une équipe qui s’est pris 27-0 face à Brive, là, quand même, soyons sérieux.

 

LE BILAN :

Leader du Top 14 à la fin des phases régulières, vainqueurs légitimes du Top 15, le RCT trébuche sur l’avant-dernière marche. Le gérontophile qui sommeille en chaque toulonnais ne peut qu’être triste pour les trois joueurs historiques qui prennent une retraite anticipée, mais bon, ils ont déjà un Brennus à leur palmarès. Cette équipe nous a procuré énormément de joie dans la victoire, et elle procure encore plus de joie aux autres dans la défaite, alors.

Le Stade Français aura donc sorti les deux équipes les plus détestées en phases finale et ce sont donc les Parisiens qui vont remporter le bout de bois cette année. Je le dis sans animosité envers nos amis de l’ASM. Mais si Clermont venait à gagner, ce serait une catastrophe. Ils redeviendraient une équipe lambda en perdant ce qui fait leur spécificité et surtout, tout leur potentiel comique. Alors Gonzalo, allez, allez allez !

 

LES COMMENTAIRES

La défaite de Toulon n’a pas manqué d’ouvrir les vannes de la connerie, comme en atteste ce petit florilège.

 

La chute des milliardaires
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Eh oui, victoire du pot de terre sur le pot de fer. Le Petit Poucet parisien a triomphé de l’Ogre toulonnais.

 

La dominatrice SM

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Ça va chauffer au donjon, ce soir! Bring out the gimp!

Jean-Michel Lévaleurs

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L’année prochaine la ProD2!

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Eh ouais, ils croyaient quoi, ces cons? Que parce qu’ils étaient triple champions d’Europe ils allaient gagner? Losers, va!

Mme Soleil

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Je sais pas. Ça pique?

 

Et le meilleur pour la fin:

Julien Camilluminati
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