Je supporte l’USAP et je veux que Dan Carter revienne. Aidez-moi !
par Marcel Rafu

  • 15 avril 2013
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Marcel-Rafu

Marcel Rafu est né à la Seyne-Sur-Mer en 1952. Diplômé en chirurgie, psychologie, parapsychologie, pédopsychiatrie avec option rites vaudou à l’université d’Etat de Port-au-Prince, il a exercé l’emploi de directeur du Pôle Psychiatrique de l’Hôpital militaire Saint-Anne de Toulon, entre 1987 et 1992. Radié de l’ordre des médecins après plusieurs affaires dans lesquelles il a toujours nié son implication (notamment la pose d’implants mammaires sur une de ses patientes alors âgée de 14 ans) il s’est depuis reconverti comme plume dans divers magazines féminins, et anime régulièrement la rubrique sexo du magazine Flemme Actuelle. Il est également auteur de nombreux ouvrages médicaux dont « La psychologie de Florian Fritz mise à nue »« Mourad Boudjellal, l’enfant roi » ou encore de romans policiers comme « L’affaire de la table de nuit de Wellington ». Ponctuellement, Marcel viendra nous livrer une chronique sur la Boucherie Ovalie.

Je supporte l’USAP et je veux que Dan Carter revienne. Aidez-moi !

Notre nouveau chroniqueur psycho est de retour ! Après avoir résolu l’épineux problème des supportrices obsessionnelles du Stade Toulousain dans son premier billet, Marcel Rafu revient pour répondre à la lettre que lui a envoyé un de nos fidèles lecteurs de la Boucherie, que l’on surnommera Gregoire le Mormon, pour respecter son anonymat. Voici l’intégralité de sa missive, ainsi que la réponse du Doc’. 

Grégoire le Mormon, 27 ans, Perpignan.
Il aime : Dan Carter, Nicolas Mas, l’USAP, porter des vestes, dormir au Sofitel et être un supporter lambda.

Il n’aime pas : La guerre, le SIDA, Star Wars, l’injustice et Jacques Delmas.

Bonjour Marcel Rafu,

Je vous écris de la pare d’un ami qui connez une grande paine. J’espaire que vous aller pouvoir l’aidait… 

(Note de la rédaction : nous avons pris soin de corriger le reste de sa missive, pour des raisons évidentes de confort de lecture)

Alors voilà, il y a de ça 3 ans maintenant, j’ai connu une idylle brève mais très passionnée avec Dan, un jeune éphèbe néo-zélandais qui était en vacances dans notre belle et fière cité catalane. Quand ça a commencé entre nous, je savais bien que ce ne serait pas pour du long terme, qu’il ne cherchait pas de relation durable car il allait bientôt rentrer au pays, et qu’il avait quelqu’un qui l’attendait là-bas. Alors j’ai essayé de profiter de l’instant présent et de ne pas y penser. Mais au fur et à mesure que notre relation progressait, je me suis de plus en plus attaché à lui. Il était si beau, si doux. Son corps fin mais musclé, son grand sourire enfantin, son accent si charmant quand il me disait « I love you mon petit Cagibou d’amour ». Puis comme prévu, il a fini par partir, au lendemain d’une nuit de fête formidable sur la place du Castillet. J’ai voulu l’oublier. Un copain a tenté de me recaser avec un mignon petit Gallois. J’ai essayé, on est ensemble depuis quelques temps… mais ce n’est pas vraiment pareil, je ne l’aime pas comme lui. Et un autre ami à moi m’a récemment affirmé que Dan allait revenir. Il me l’a dit qu’il le savait de source sûre, qu’il connaissait un ami du carreleur de son cousin qui disait qu’il l’avait vu en train d’acheter une maison à Collioure. Mais j’ai un autre ami à moi qui me dit que c’est des conneries, et que sur son profil facebook, il y a des photos de lui en train de flirter avec un certain Jacky, à Paris. Marcel, je suis totalement perdu… Dois-je continuer d’espérer, ou tourner la page ???? Et mon Gallois, faut-il le garder ?????

PS : Je parle bien d’un ami à moi. Je ne suis pas PD même si j’aime bien le film Love Actually.

La réponse du Docteur Marcel :

« L’amour est une pute » (Friedrich Wilhelm Nietzsche)

Bon, pour la citation je suis pas sûr hein, j’ai découvert l’existence de Nietzsche la semaine dernière en matant le film « A dangerous method », et j’ai rien compris, même si j’ai quand même bien aimé la scène où Keira Knightley se prend une fessée.

Avant tout chose, sache que je comprends bien ton malheur. Les amours de vacances sont à la base d’indicibles souffrances. Et aussi de pas mal de MST, mais ça c’est un autre sujet. Tu sais, moi-même, lorsque je donnais des cours d’été à l’université, je me suis entiché d’une jeune étudiante. Je la revois encore entrer dans l’amphi, avec ses petits seins ronds et fermes qui pointaient sous son t-shirt avec l’insolence de la jeunesse. Sa petite jupe d’écolière qui laissait deviner les Everest de plaisir qui se dissimulaient en-dessous. Hélas la société est pleine de préjugés, et notre union s’est brutalement arrêtée le jour où j’ai été injustement condamné pour détournement de mineur. 

Mais revenons à ton cas personnel, mon petit Grégoire. Comme chacun le sait, la rupture se compose de plusieurs phases, comparables à celles du deuil. Etudions-les ensemble : 

1 : Le choc

« Pourquoi ? Ce n’est pas possible ! Qui voudrait quitter une ville comme Perpignan ? Et un mec classe et de bon goût comme moi ? Je ne comprends pas. » 

=> C’est la période la plus violente et la plus difficile à vivre. Tu ne comprends pas pourquoi il est parti et honnêtement, bien souvent tu es le seul. Mais tes amis ne te disent rien parce qu’ils ont un peu pitié de toi. 

2 : Le déni

« C’est pas possible. Il va revenir. Il est tombé amoureux de la région, de la population, de moi, il reviendra forcément ! Je le sais de source sûre ! ».

=> Je pense que tu te situes actuellement dans cette phase-là. Tu entends des rumeurs et tu te laisses enivrer par leur doux parfum. Tu guettes le moindre signe, le moindre tweet, le moindre post sur facebook qui laisserait deviner qu’il est malheureux dans sa nouvelle vie. Mais stalker son ex est toujours une erreur : dans 99% des cas il est très heureux sans toi, et il est même probable que son nouveau mec ait une plus grosse bite que toi. Ne te fais donc pas mal, arrête de l’espionner. 

3 : La colère

« C’est vraiment qu’une petite pute qui vend son cul au plus offrant. Je serais même pas surpris de le retrouver à faire la cagole en minijupe sur la Rade de Toulon. Ah la salope ! Nicolas Laharrague était peut-être moche mais au moins lui il était fidèle ».

=> Ok ce n’est pas joli-joli de penser tout ça, mais parfois il faut laisser libre cours à ses pulsions haineuses, les extérioriser. Alors si ça te fait du bien, vas-y, prends-toi une grosse cuite et pourris son répondeur. Par contre fais gaffe, téléphoner en Nouvelle-Zélande ça douille. 

4 : La dévalorisation

« S’il est parti, c’est de ma faute. Je suis moche, je m’habille comme un clown et le rouge et le jaune ça va pas ensemble. Puis Perpignan, c’est pas assez bien pour lui. Cette ville elle ressemble à rien et y’a même pas le métro. Il aimait sûrement pas mes potes, des ploucs comme David Marty ou Gregory le Corvec. Tu m’étonnes qu’il se soit cassé en courant ». 

=> Si l’étape de la colère est saine et nécessaire, celle-ci est à tout prix à éviter. Il est certes bon de se remettre en question de temps en temps, et une rupture amoureuse est également une bonne occasion de faire un peu d’introspection. Mais ne tombe pas dans le piège de la dévalorisation. Sache que tu es beau comme tu es, même si tu as une gueule de gitan. 

5 : L’acceptation

« Il ne reviendra pas. C’est fini. On n’était pas forcément faits l’un pour l’autre, mais c’était beau quand même. Court, mais intense. On en a bien profité et on en gardera quelques beaux souvenirs. » 

=> La page se tourne, doucement. La mélancolie est encore là mais tu as fait ton deuil. 

6 : La reconstruction

« Bon finalement, il est pas si mal, ce Gallois. Ok il a la gueule de travers et ressemble à la marionnette de Saw, mais il est gentil, et pas si mauvais au pieu. Finalement, peut-être qu’on fera un petit bout de chemin ensemble. Puis il y a la petite Camille qui me fait les yeux doux depuis quelques semaines. J’aime pas trop les rousses, mais bon pourquoi pas… ». 

=> Tu envisages un nouveau futur, tu crois de nouveau à la possibilité du bonheur avec un autre. Bien sûr, tu as un peu peur. Peur que ce ne soit pas aussi bien, peur d’être blessé, peur qu’il s’en aille encore. C’est normal. Tu es désormais plus mature, et tu ne t’engages plus dans une relation amoureuse avec la candeur d’une ado qui vient de se faire déflorer sur le parking du Duplex. Alors prends ton temps, et tu verras, tout devrait bien se passer.

Voilà ce que je peux te dire mon petit Grégoire. Pour l’instant, tu me sembles encore bloqué à la limite de la deuxième et la troisième étape. Le chemin vers le bonheur est encore long, mais je sens que tu es sur la bonne voie. Il faut aussi que tu aies en tête que ta situation n’a rien de honteuse, elle est même très classique. C’est arrivé à d’autres avant toi, ça arrivera à d’autres après toi. J’ai d’ailleurs reçu récemment une patiente toulousaine, amourachée d’un musculeux Néo-Zélandais, bronzé et recouvert de tatouages. J’ai tenté de l’avertir, mieux vaut pas trop s’attacher avec ceux-là… 

La bise,
Marcel Rafu

PS : Tu peux aussi venir me voir à mon cabinet pour régler ce petit problème d’homosexualité refoulée. 

Daniel Besson, lui, ne perd pas espoir.

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N’hésitez pas à poser vos questions à Marcel dans les commentaires. Les plus pertinentes seront retenues et développées lors de la prochaine chronique !

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