Le Lab'Occitan analyse Toulouse-Ospreys (30-14)
par Damien Try

  • 10 décembre 2012
  • 10

 

Par Damien Try

Le contexte

 

Si le rugby était une salle de classe, Toulouse serait le bon élève qui se fait chier. Celui qui s’assoit un peu au fond de la salle, qui écoute distraitement le prof en racontant des conneries avec ses voisins, mais qui leur met 10 points à tous les DS. A quoi bon être premier de la classe toute l’année, quand de toute façon tu dois te taper à la fin de l’année des concours à la noix ? 2ème c’est aussi bien en fait, et même 3 ou 4 c’est pas la mort en vrai. Big up au sparring-partners. Mais de temps en temps, même en plein hiver, faut s’employer un peu, on appelle ça les poules de H-Cup. Et pour ça le génie fainéant (je ne parle pas d’Ovale Masqué) a un peu de mal. Enfin tout est relatif bien sûr, deux matchs deux victoires,

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mais quand Toulouse ne prend pas le bonus offensif, on parle déjà de crise dans la ville rose. Après s’être imposé contre Leicester et à Trévise, « mais sans convaincre », Toulouse recevait donc les Ospreys pour la première des rencontres « back-to-back » de l’hiver. Novès sort l’artillerie H-Cup, malgré l’absence de Dusautoir qui prolonge un peu son repos, et laisse à Nyanga le capitanat. Nyanga, vous voyez, le mec qui était pas sur les feuilles de matchs y a 6 mois ? Il joue 3ème ligne, même s’il court plus vite que la plupart des ailiers ? Bon pour compenser, on a une paire de centre qui en a une sacrée, de paire, David-Fritz, ce qui permet d’avoir 5 troisième latte sur le terrain. Doublon de Luke à la charnière, sur la moyenne les deux sont bons, mais y en a un des deux qui est un ton au dessus tout de même (indice : il jouait 10 ce samedi).

Le film du match :

 

Assez rapidement les Toulousains dominent, et dès la 8ème minute, malgré un cafouillage dans

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la combinaison et David qui n’arrive pas à se saisir de la balle, Fritz revient intérieur et prend à contre-pied la défense qui glisse, pour aller marquer en force. On peut supposer que si David avait pu contrôler la balle, il n’aurait jamais fait la passe à Fritz, mais ce n’est que de la médisance. Cinq minutes plus tard et après une partie de volley-ball sur un lancer en touche, Nyanga marque son essai perso de la rencontre. Il est devenu prévisible en fait. 12-0 à la 15ème minute, le « mauvais-bon-élève » s’applique un peu, et se rend compte que c’est fastoche. Il en perd un peu ses moyens et même Florian Fritz, victime d’une entorse à la cheville gauche à la 20ème minute, juste avant une jolie cravate sur Yoann Huget, offrant à tous les jaloux (il y en a) la vision de deux arrières toulousains au sol. Les Gallois pressent et campent dans les 22 adverses, mais la défense toulousaine reste fiable, ce qui fait monter les stats d’occupation en faveur des Gallois. Malgré leur 0 point et leur incapacité à conclure, les commentateurs en concluent qu’ils dominent. Ils finissent par enfin marquer leur essai, par Fotuali’i qui joue très vite une pénalité, ce que tout le monde a vu sauf Lombard et Bayle, et échappe à Albacete pour marquer sous les perches. 12 à 7 aux citrons, il va falloir les remontrances des parents pendant la mi-temps pour redresser la barre au deuxième semestre.

Privé de dessert, le Guytou-squad s’applique, et les avants font le forcing en poussant les Gallois à la faute, encore et encore. Malheureusement, Steenkamp, un des deux membres de la fusion Dragon Ball Z pour former le meilleur joueur toulousain, De Pénalité, est sorti. Après quelques mêlées infructueuses sur les 5 mètres gallois, les avants rouge et noir laissent tomber et passent la balle à Vincent Clerc qui marque son essai comme d’hab’. En fait, Vincent Clerc, c’est pas un joueur de rugby, c’est Harry Potter. Le mec il a rien demandé, il était tranquille dans son placard à l’aile, il a touché une balle de pseudo-relance en 55 minutes. Et voilà qu’on lui donne le ballon. Tout le monde le regarde et attend qu’il sauve le monde du méchant Voldemort, ce qu’il se sent obligé de faire. Sans plaisir, sans se la raconter, presqu’en baissant la tête : « Oui bon voilà, j’ai marqué 34 essais en Coupe d’Europe. Vous m’avez pas vu du match, j’ai pas fait d’exploit, mais dans mon petit carnet j’ai ajouté un bâton ». Ca doit être terrible de rien foutre et d’être considéré comme le meilleur (oui parce qu’avec 2 ballons d’attaque et 4 placages, il est élu homme du match). Parce qu’au final quand tu fais vraiment un truc bien (si si, ça lui arrive, contre le Stade Français dernièrement par exemple), ben tout le monde est blasé. Si ça se trouve, quand il refait son lacet dans la rue, tout le monde s’extasie. Il habite pas loin de chez moi, faudrait que je campe devant son appart’ pour voir si les gens applaudissent dans la rue quand il fait un créneau. Je l’imagine, sortir de sa voiture, vanter le travail du collectif (sa copine lui a fait un geste pour lui dire que ça passait), demander à tout le monde de garder la tête froide, car demain un dur stationnement en épi les attend. Qu’il faut respecter la ligne blanche du rugby français : doubler est impossible (cette vanne est de Marcel Caumixe, je lui emprunte je l’abîme pas et je la lui rends après).

Enfin bref, Toulouse a 10 points d’avance à 25 minutes de la fin, domine dans tous les secteurs, on attend plus que le fameux bonus qui leur échappe toujours en H-Cup et qui finit par coûter la réception du ¼ de finale. Mais bon, après encore et toujours de la domination devant, Picamoles passe les bras pour adresser une belle passe à Johnston qui marque en coin. 22-7, 20 minutes à jouer, la suite on s’en fout pas mal. J’avais promis à Ovale Masqué de chanter « Le Chasseur » en cas de victoire (en hommage à William Servat) , et les puristes de la troisième mi-temps n’auraient accepté que je le fasse sans un taux d’alcoolémie digne de figurer dans les faits divers. A travers le fond de mon verre, j’ai entraperçu Doussain percer puis éviter de se faire tuer au contact en cédant son tour à Bouilhou (c’est à ça que sert un avant), les Gallois marquer un essai mais je sais plus comment, et enfin Huget marquer enfin un vrai essai de ¾ en fin de match. Enfin on s’en foutait pas mal, depuis la 62ème Toulouse avait gagné avec le bonus offensif, le reste était aussi intéressant que la seconde mi-temps du match de Biarritz la veille (à part le jeu et les points en plus bien entendu). Il était cinq heures du matin…

Les joueurs :

 

Les fainéants qui seront champions en mai ou en juin :

 

Alain Rolland a un peu joué à pile ou face pour les mêlées en première mi-temps, et puis ensuite il a arbitré à la française (tu siffles pour les locaux). Steenkamp puis Johnston ont manqué en deuxième mi-temps, De Pénalité aurait pu marquer à la place de Clerc. Du coup il a fallu ouvrir Poux pour faire revenir le Sud-Af. Très belle prestation de la deuxième ligne, Albacete a fait le travail de l’ombre mais a surtout brillé balle en main. Beau match de la troisième ligne, particulièrement Picamoles, surnommé Loulou par Novès. Si je le croise un jour, je l’appellerai Loulou on verra ce qu’il se passera. Luke Burgess… Ah Luke… Il va lui falloir un certificat médical pour que la règle de la sortie de balle en 5 secondes ne s’applique pas pour lui je pense. Tu m’as régalé en fin de match avec ton départ en mêlée, le long de la touche, suivie d’un coup de pied directement dans les tribunes. Mygalistère n’a pas de poils aux pattes, a raté une pénalité et deux transformations, avant de se blesser et sortir à la 60ème minute. Remplacé par Doussain, qui avec trois fois moins de temps de jeu a fait trois plus. La ligne de trois-quarts aurait pu rester au chaud, surtout les pauvres ailiers. Faut dire qu’avec des centres qui totalisent UNE passe sur tout le match… Huget bien en cannes, et a marqué sa différence avec Poitrenaud blessé par une anti-poitrenade : sur un coup de pied à suivre qui se dirige vers l’en-but, j’attends pas la pression offensive, et je fous tout le monde dans la merde en rentrant avec dans mon en-but.

Les balbuzards gallois :

 

Un sacré bon enfoiré ce demi de mêlée Kahn Fotuali’i, qui a bien géré sa mêlée fermée pourtant dominée. La troisième ligne a beaucoup plaqué, les autres ben on les a pas vu, forcément ils ont jamais eu le ballon…

La citation :

 

Novès : « Vous avez vu le mal qu’on a pour arriver à profiter de nos points forts, hein, parce que l’arbitrage européen est un peu différent de celui dont on est habitué. » Tu vois Mourad, les Valeurs du Rugby demandent que quand on déteste l’arbitre, on ne dit pas qu’il est « mauvais », on dit qu’il est « différent ». Comme mon voisin qui a la peau un peu trop foncée à clomid 150 mon goût, c’est pas raciste si je dis qu’il est DI-FFE-RENT.