Le Stagiaire analyse France-Argentine (39-22)
par Le Stagiaire

  • 19 novembre 2012
  • 22

– Et c’est une bonne situation ça, remplaçant ?

– Ta gueule

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or: #800000; »>Le Stagiaire,

Le Contexte :

Bon d’accord, la semaine dernière on a battu l’Australie, vous savez cette équipe de surfeurs qui nous avait humiliés en 2010 et qui est classée deuxième au classement IRB. Mais cette fois, on s’apprêtait à affronter les terribles Argentins. Une équipe qu’il fallait « craindre », « respecter », qui « partait favorite » et tous les autres éléments de langage habituels. Il faut dire que les Français ont beau tourner dans toutes les publicités du monde, les Pumas ont carrément pris pour surnom une marque de sport. Difficile de rivaliser. Ah oui, et ils ont aussi passé quatre mois ensemble, ils jouent presque tous en Top 14 (c’est vraiment censé être un argument en leur faveur ? Non parce que les Gallois aussi…) et même Vincent Clerc ne les a jamais battus (la seule autre personne qu’il n’a jamais battu c’est Guy Novès à la belote mais on le soupçonne de faire exprès).

Par rapport à la semaine dernière, Ouin Ouin choisit donc de reconduire la même équipe, exception faite du retour de Maestri (qui s’était coincé le dos, probablement en se baissant pour entendre une combinaison annoncée par Machenaud) à la place de Suta.

Aux commentaires sur la deux, on retrouve les Dupond et Dupont du rugby français : Fabien Galthié et Matthieu Lartot (qui ne

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> s’est pour sa part toujours pas coincé le dos malgré le très bas niveau où il va chercher certains de ses jeux de mots).

Enfin, à l’arbitrage, on retrouve Steve Walsh, toujours brillant dans son imitation du James Bond qui aurait mal tourné. On regrette tout de même que Christian Jeanpierre ne soit pas derrière le micro pour nous rappeler son passé d’alcoolique.

Le Match :

Comme d’habitude, on débute par les hymnes, et par l’hymne argentin plus précisément. Composé de trois actes, eux mêmes divisés en plusieurs mouvements, c’est à peu près aussi beau que c’est long. La surprise vient du fait que ni Yannick Nyanga, ni aucun Argentin, ne pleurent en l’entendant, ce qui était encore inconcevable il y a quelques années. Encore un méfait de la professionnalisation sur les Valeurs du rugby®.

Comme la semaine dernière, le match démarre sur une grosse intensité et dès la quatrième minute de jeu, les Français obtiennent une pénalité, que La Miche passe sans difficulté. On se dit alors que ça va être facile, qu’on va leur passer quarante pions et qu’il y aura finalement peut-être plus de suspense à Danse Avec Les Stars sur la une. Mais c’est sans compter sur la fierté argentine qui fait que même en alignant une équipe de moins de 13 ans, ils trouveraient le moyen de nous foutre la trouille.

« Le Mawachigueri-coup-de-pied-circulaire est comme son nom l’indique un coup de pied circulaire » (Jean-Claude Duss)

Dans la foulée, notre miss nationale Maxime Mermoz fait donc parler ses talents de défenseur, et Sanchez (dans un fauteuil) prend le trou, trouve le relai d’un de ses coéquipiers qui sert le « pampa des lignes arrières » Marcelo Bosch (« qui, à Biarritz, appelle son mécène local Mein Serge Kampf » selon Damien Try). Ce dernier, n’a plus qu’à aller aplatir entre les poteaux. Prendre un essai par un mec du BO, c’est déjà un peu la honte, mais alors Marcelo Bosch… Sanchez transforme sans difficulté et malgré son nom, n’imite pas la pause de Wilkinson lorsqu’il s’apprête à buter.

Bien secoués et humiliés, les Français semblent un peu perdus et continuent de subir les assauts des hommes de la pampa. Ils se mettent à la faute deux fois de suite et le score est porté à 13 à 3 au bout d’un petit quart d’heure. Après ce moment de flottement, les Bleus se décident à reprendre les choses en mains, sous l’impulsion d’un Pikachu qui n’en finit pas de gagner des niveaux. Il lance une attaque charge, c’est très efficace et sert Mermoz qui déborde le long de la touche. Avant d’être éjecté dans les panneaux publicitaires par le retour d’un Argentin il réussit tout de même à balancer un parpaing qui passe entre les jambes d’un défenseur et qui atterrit dans les mains de Vincent Clerc qui n’a plus qu’à aller aplatir (cette fin de phrase n’est pas loin d’entrer dans la rubrique des éléments de langage du compte-rendu de match où joue Jean Dridéal).

« Attention, un peu plus et tu marchais sur une merde ! »

Dans la foulée, c’est au tour de Florian Fritz de faire preuve d’intelligence situationnelle (enfin on dit ça mais on sait pas ce que ça veut dire et ça nous étonne un peu de Florian Fitz quand même). D’un subtil coup de pied rasant (quand on vous disait que c’était n’importe quoi ce match), il dépose le ballon dans la course de Vincent Clerc qui n’a plus qu’à aller aplatir®.

Les Français sont transcendés et c’est autour de Yannick Nyanga de se faire remarquer. Il relève un ballon, casse un plaquage et place une accélération foudroyante pour franchir la vingtaine de mètres qui le sépare de l’en-but. On s’attend presque à ce qu’il aille poser à côté de son temps comme les sprinters qui battent un record du monde mais, modestement, il se contente d’aller se replacer en trottinant. Il faut dire qu’il a raison d’en profiter, de retour au Stade Toulousain, son club affrontera Clermont, ce qui lui vaudra probablement de se retrouver en tribunes au détriment de Jean Bouilhou, Grégory Lamboley, Florian Fritz ou même Sylvain Nicolas. Bon ok, peut-être pas Sylvain Nicolas.

Un peu après, on verra Frédéric Michalak rater sa première pénalité du match. Sur le banc, François Trinh Duc bondit, enlève son survêtement et s’apprête à rentrer mais PSA lui fait calmement signe de se rassoir. On assiste aussi sur l’action suivante à la première mêlée du match. Et oui, à la trente neuvième minute de jeu. Où sont les vraies Valeurs® ? Il paraît que Nicolas Mas a demandé à Ouin-Ouin si les piliers servaient encore à quelque chose. Sache, cher Nicolas, que les trois quarts australiens se le demandent tous les week-end. Et, oh surprise, ce sont les Français qui sont pénalisés. Ah, tout de suite, c’est autre chose que les danseuses de la semaine dernière devant.

Steve Walsh renvoie tout le monde au vestiaire et, pendant que le président Papé se répare l’arcade avec une aiguille et un bout de son short sur le terrain, les autres acteurs partent souffler un peu au chaud.

Au retour, les deux équipes semblent s’être mises d’accord pour lever un peu le pied, ça serait con de se crever pour rien et pire que ça, les ch’tits pourraient finir par aimer ça, ce qui pourrait donner la mauvaise idée à la fédé de réitérer cette tradition des matchs au pôle nord.

La deuxième mi-temps va aussi voir le terrible moment de la rentrée de « De La Vega » qui va booster l’imagination sans limite de Matthieu Lartot qui occupera la moitié de son temps à chercher des vannes supplémentaires. Il occupera les 50% restants à essayer d’expliquer à Fabien Galthié que la pelouse serait changée le lendemain et qu’il pouvait donc arrêter de faire des commentaires sarcastiques sur le prochain match de foot qui aura lieu dans le stade.

Pendant ce temps-là, Sanchez passe une pénalité à laquelle Michalak répond par un drop, Fritz continue à mettre des coups de pieds complètement improbables à droite à gauche et, inévitablement, ça commence à dégénérer. Ouedraogo et Agulla s’accrochent (à noter que ce dernier a réussi à percer en ayant pour premiers clubs Dax puis Brive. Il mérite donc un minimum de respect) puis c’est au tour de Parra et Landajo d’en découdre. Les combats de demis de mêlée, c’est comme les combats de gosses, ça fait toujours marrer mais on se sent obligé de les séparer avant qu’ils se fassent mal. Comble, c’est Pascal Papé qui s’en charge, même s’il ne manque pas d’attraper deux trois cols et de vérifier quelques passeports au passage. Senatore peut bien jouer au plus malin, Pascal Papé a été élu par le peuple, lui.

Les Valeurs®

La suite n’est qu’un concours d’agilité devant les perches entre Michalak et Sanchez qui enchaînent pénalités et drops. On notera aussi le KO d’Agulla sur une percussion de Mermoz. L’occasion de ressortir les explications sur la nouvelle procédure en cas de commotion et notamment mettre en lumière les fameuses 21 questions posées au joueur touché pour vérifier s’il est en état de reprendre sa place. On s’occupe donc à imaginer les différentes questions qu’ils ont bien pu inventer. « Quel est le poste de prédilection de Frédéric Michalak ? » ; « Quelle est la station RER la plus proche du Racing Métro ? » ; « Quelle sera l’indisponibilité de Julien Saubade (à deux ans près) ? » ; « Combien de points vaut un drop sur l’échelle de Contepomi ? » ; « Vrai ou faux : Julien Bonnaire a eu moins de 10 en maths une fois au collège ». Dans le cas où le joueur donne, de mémoire, les 21 réponses à la suite, on se demande aussi s’il a droit, comme dans Burger Quizz, de repartir avec un superbe voyage au Maroc. A peine le temps de trouver plus de précisions sur le site de l’IRB que la partie reprend, mais pour les chanceux qui ont Twitter, vous avez peut-être pu suivre le très beau Livetweet journalistique de Damien Try sur le sujet.

Les Français ne sont pas loin d’aller chercher l’essai du bonus dans les dernières secondes mais Debaty est un peu court (peut-être que Trois-baty aurait marqué lui).

Steve Walsh siffle la fin du match, Louis Picamoles est élu talent d’or et tout le monde est content, même Ouin-Ouin qui est pas loin de pleurer (de joie cette fois). Rendez-vous dans une semaine pour affronter les Samoans, il va y avoir du sang, on a hâte d’y être. Et si la peur prend le dessus, ça sera peut-être l’occasion de revoir la renaissance du french flair, avec une belle défaite bien dégueulasse pour gâcher les deux dernières sorties. Impossible n’est pas français, on y croit. Mais d’ici là n’oubliez pas, ils sont favoris.

Les Joueurs :

La première ligne a été très mobile (heureusement en même temps), notamment Nicolas Mas très en vue. Szarzewski est moins ridicule qu’au dernier tournoi mais il va avoir du mal à faire oublier Servat, surtout si celui-ci fait des come-back fracassants toutes les trois semaines.

Maestri et Papé ont retrouvé certaines valeurs® avec des fautes débiles et la troisième a été comme la semaine précédente, éblouissante. On sortira du lot Nyanga pour sa pointe de vitesse, Picamoles pour sa percussion et Ouedraogo pour sa coupe de cheveux.

Machenaud prend de plus en plus de repères, dynamise très bien le jeu et au fur et à mesure que les matchs passent, Parra tire de plus en plus la gueule. A ce rythme-là pour le tournoi il aura l’air aussi aimable que Florian Fritz. Remarquez, si ça peut s’accompagner des mêmes performances sur le terrain on va pas se plaindre, surtout vu le niveau du Toulousain hier. Ca manque encore un peu de rock&roll et de cartons jaunes pour être parfait mais bon.

En 10, Michalak continue de confirmer que c’est un grand espoir à ce poste, bravo à lui.

Clerc a marqué deux essais sans battre le moindre défenseur et en touchant trois ballons. Même sur Jonah Lomu Rugby Challenge en niveau facile des stats pareilles ne sont pas crédibles. Fofana a été plus discret cette semaine et n’a même pas fait un petit plaquage dangereux pour se faire remarquer.

Enfin, Dulin a aussi été très à son avantage même si il reste moins spectaculaire que Clément Poitrenaud (ça a ses avantages et ses inconvénients).

« Venez, j’en ai chopé un les gars ! »