Pourquoi la France sera championne du monde…
par Le Stagiaire

  • 08 septembre 2011
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Phase de poule, quart de finale, demi pour les plus optimistes. Peu nombreux sont les supporters de l’équipe de France qui voient cette dernière briller en Nouvelle-Zélande. Au contraire, tel Florian Fritz, beaucoup l’imaginent aller s’empaler sur l’adversaire pour finalement sortir sur un carton l’action suivante. Ces pourfendeurs de l’Equipe de France sont d’ailleurs souvent les mêmes qui adulent le centre du Stade Toulousain, prouvant que leur mémoire collective est probablement restée bloquée en 2008, dernière année pendant laquelle on a vu ledit joueur réussir une passe après contact.

Depuis la fin de l’année 2010, la mode est donc au pessimisme et à la croisade anti-Lièvremont que le peuple tient pour responsable d’à peu près tous les malheurs du pays : le chômage, la crise financière, l’affaire DSK et la coupe de cheveux de Rémi Martin. Les médias et analystes surfent sur le phénomène et contribuent donc d’autant plus à l’amplifier. Alors comme à la Boucherie on aime bien aller à l’encontre des journalistes du Midol et de L’Equipe (même si ça nous oblige du coup à dire des trucs intelligents), on a décidé de se faire l’avocat du diable et de vous expliquer en cinq raisons pourquoi l’Equipe de France de rugby sera championne du monde en 2011 sur les terres néo-zélandaises. Sans mauvaise foi, comme d’hab. Vu que cet article vous fera peut-être sauter au plafond, je vous autorise à m’insulter dans les commentaires, j’adore ça en plus.

La raison qui semble la plus évidente est celle qui a forgé la réputation de cette équipe au cours des dernières décennies : elle est complètement imprévisible. Rappelez-vous les éditions précédentes, on a quand même tendance à systématiquement éliminer les favoris (= les blacks). C’est un fait, l’équipe de France est toujours la plus forte au moment où on l’attend le moins, lorsqu’elle est au pied du mur et que personne ne croit en elle (et encore moins les supporters). Donc autant vous dire que vu les commentaires qui fusent ces dernières semaines, on est parti pour mettre une dérouillée à tout le monde et enchainer tant qu’à faire par une belle victoire en championnat d’Europe de cyclisme sur piste fin octobre. Autant amortir le stage de préparation en VTT hein…

La deuxième raison qui me vient est la composition du groupe des trente sélectionnés, pas aussi mauvaise que l’on veut nous le faire croire. La première ligne, bien qu’handicapée par les blessures, reste une des plus qualitatives du monde. Servat, Mas, Barcella… Bon ok, un seul des trois peut vraiment jouer pour l’instant, mais d’ici la finale en octobre, ça devrait le faire quand même. Et puis on a des doublures de luxe : Szarzewski, Poux , Ducalcon… Bon ok, pas Ducalcon… On a aussi une deuxième ligne et une troisième ligne plus que séduisante et complète. Parra, Trinh Donald Duc ou Ouedraogo représentent une partie de l’équipe alliant jeunesse, fougue et expérience. D’ailleurs, on se demande quel est le mec assez fou pour avoir (envers et contre tous) fait confiance à ces ex-prépubères et qu’ils puissent afficher ce niveau et cette maturité aujourd’hui. Si vous vous souvenez, n’hésitez pas à nous le dire dans les commentaires…

Le principal débat reste le centre de l’attaque. Ce ne sont pas les joueurs de qualité qui manquent en Top 14 mais une fois enlevés les joueurs écartés pour des raisons extra-sportives (je parle de Fritz et Basta là), il ne nous reste plus grand monde. Jauzion ? Même Census Johnston était plus rapide que lui cette année. Poitrenaud ? Aucune expérience du niveau international à ce poste. Une bourde et hop, on réclamait la tête de Lapinou sur un plateau pour avoir pris ce risque. Et Marty dans tout ça ? Quoiqu’on en dise, c’est le genre de joueur sur lequel on peut toujours compter. Jamais transcendant, il est aussi rarement pris à défaut en défense. Pas très créatif certes, mais avec Mermoz, Médard, Heymans ou Clerc pour l’entourer, on s’en passera. Enfin nous le joueur qu’on regrette le plus, ça reste quand même Huget. Lui qui avait l’occasion de faire taire tout le monde en marquant un quadruplé contre le Japon… La vie est injuste. Ajouté à cela la présence de trois quarts aux jambes de feu avec Clerc, Médard, Palisson ou Heymans et enfin le couteau suisse/assurance tout risque de l’équipe Damien Traille et l’on obtient un résultat plutôt équilibré.

3ème raison : On peut s’appuyer sur un bon coach. Alors certes le bilan n’est pas très très reluisant pour le moment mais rappelons que Lièvremont a conduit la France au grand chelem en 2010. Il a aussi mené Dax deux années de suite en finale de Pro D2 (pour une victoire) et est sacré champion du monde des moins de 21 ans en 2006 aux côtés de N’Tamack et Retière. Une carrière d’entraineur jeune, courte mais pas dégueulasse pour autant. A côté de ça, il restera toujours un très bon joueur de l’Equipe de France. L’un de ceux qui a pris part à l’exploit de battre les blacks en 1999. Un joueur connu pour son abnégation, son courage et son exemplarité sur et en dehors du terrain. Un peu comme Dusautoir, leur dernier point commun étant leur charisme et leur tempérament de leaders naturels. Qui a rigolé ? Bref, les personnes qui le comparent à Domenech, en plus de rien n’y connaître en football, n’y connaissent de toute évidence rien en rugby. Le seul point commun que l’on pourrait leur trouver est leur lacune en matière de communication. Et encore, même sur ce point, la comparaison n’est pas très solide. Quand Raymond refusait de remettre en cause sa petite personne ou son équipe après une contre performance, Lièvremont est plutôt à l’opposé : franc et sincère à l’extrême, quitte à en devenir maladroit. Très maladroit. Enfin, le franc-parler est une tradition rugbystique (il suffit de se rendre sur les bords de terrains amateurs le dimanche pour s’en rendre compte) et l’on va pas se plaindre d’être épargné par la langue de bois et les discours de ministre. Et non, je ne considère pas Bernard Laporte comme un ministre. Ceci dit, une bonne gueulante sous forme d’humiliation dans les vestiaires, tous les rugbymen en ont connu et (avec un coup de boule de Barcella), c’est quand même ce qui se fait de mieux pour remettre les idées en place.

4ème raison) Pour le tournoi, pour les tournées, Lièvremont avait un argument de choc pour expliquer les défaites et le manque d’organisation de son équipe : l’absence de préparation suffisante. Et il faut dire que vu les calendriers du Top 14, on ne peut que l’admettre, les conditions n’étaient jamais réunies pour bâtir quelque chose de solide. En ayant les joueurs cinq jours avant un match (dont trois passés en salle de massage et de récup’), difficile de mettre un plan de jeu en place. Les petits manuels préparés n’y changeront rien. Et nous ne nous attarderons pas sur l’état de fatigue des joueurs, ou pire encore… les doublons (tous les Toulousains ont du avoir des frissons à cette phrase). Bref, cette fois-ci, la préparation fût longue, difficile, mais les joueurs seront au top de leur forme à l’aube de la compétition et donc, sans excuse.

La dernière raison qui me laisse penser que la France va gagner la coupe du monde est simple : au vu du contexte, ça ferait un super film. J’imagine Luc Besson à la production, on appellerait ça «Invaincus». On camouflerait le tout sous une histoire de politique et de poésie pour contenter les intellectuels et on ferait jouer Kad Mérad pour ramener le grand public. Y’a pas à dire, ça serait super. Et cette idée n’a rien à voir avec le fait que je ramais un peu pour trouver une cinquième raison. Du tout.

Bref, bien sûr, ça ne sera pas facile. On a des blessés (mais les autres pays aussi hein !), le coach et ses choix sont contestés (mais les autres pays aussi hein !) et la France n’est en aucun cas la meilleure équipe du monde. Comme son classement IRB l’indique, elle tourne davantage autour de la quatrième ou cinquième place. Une victoire finale relèverait donc du véritable exploit. Et les exploits c’est un peu une spécialité française (avec le camembert et la grève). Typically french comme disent nos amis anglais. Je déconne quand je dis ami. Alors, on croise les doigts, on sert les fesses et on pousse derrière eux, car j’ai le pressentiment que 2011 sera l’année du coq. Et comptez sur nous pour vous ressortir cet article si on gagne en octobre…

PS : On prépare un article pour expliquer pourquoi on va pas gagner aussi. Comme ça dans les deux cas on pourra dire : «On vous avez prévenu». On est pas si con que ça hein.

PS 2 : J’ai une sixième raison ! Imaginez la scène (vous pouvez écouter I’ll survive pour faire plus réaliste). 23 octobre. 11H30. La France est championne du monde. A midi, la moitié de la population est bourrée sur les champs. A 14h, Ovale Masqué se réveille et apprends la nouvelle, mais lui est encore bourré de la veille de toute manière. A 14h30, tout le monde retourne au boulot et fait n’importe quoi, plongeant le pays dans la crise… Y’a pas à dire, il me tarde d’y être… En 2012, Christine Boutin est élue Présidente de la République et nomme Dupont Aignan premier ministre. Enfin, heureusement tout est bien qui finit bien, les mayas ne s’étaient pas trompés. On meurt donc tous le 21 décembre certes, mais après avoir la France remporter la Coupe du Monde. Et ça, ça serait Pour l’éternité

Poteau Feu, qu’on appelera désormais le Stagiaire pour mieux nier sa personnalité.