Le mystère des protèges-tibia
par John Pils

  • 01 juillet 2019
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Depuis des années notre belle Ovalie ne cesse de nous surprendre. Le rugby moderne est en effet maculé de mystères en tout genre dont certains n’auront peut être jamais de réponses.
Quel fut le secret d’invisibilité de Richie McCaw ?
Pourquoi Trinh-Duc n’a t’il jamais eu sa chance en bleu ?
Qu’est ce que l’inertie ?
Où se trouve Oyonnax ?
Brunel doit-il demander à Galthié pour aller aux toilettes ?
Qui court plus vite que Kolbe ?
 

Depuis quelques semaines, une autre énigme capitale vient secouer le microcosme rugbystique. Mais où sont donc passés les protège-tibias ?
 

Alors qu’ils étaient la norme il y a quelques années, ils sont désormais portés disparus dans le paysage rugbystique. Professionnels et amateurs boudent-ils ces protections jadis recommandées ? Ils ont même disparu des traditionnels rayons rugby en boutique.
Est-ce pour nous distinguer de nos cousins manchots du ballon rond chez qui ils sont obligatoires ? Peut-être bien.
Ou bien est ce par pur esthétisme ? Michalak et Deylaud, chaussettes baissées auraient-ils lancé une mode « mollets apparents » ?
Il est vrai que la disparition progressive des chaussures montantes bouts coqués et des crampons 22mm coniques a favorisé l’extinction des protège-tibias.
Pour autant, ils ont évité l’amputation de bon nombre de joueurs après qu’on leur ait sauté dessus à pieds joints suite à un léger hors-jeu dans un ruck.
 

Peut-être que justement tout part de là, on ne saute plus sur les joueurs hors-jeu. On ne peut plus faire la « police tout seul ». Le stamping est désormais stigmatisé et puni. Il réglait pourtant beaucoup de situations. Effectivement, quand « tout ce qui est par terre est de la pelouse » on traîne moins du mauvais côté des rucks. Désormais une fois hors-jeu, on ne risque plus qu’une simple pénalité, tout au plus un carton.
 

Alors effectivement la peur a changé de camp. Le soutien offensif qui défendait corps et âme le ballon et les centimètres gagnés tremble désormais de se faire prendre par le représentant de la Poste s’il égratigne un mollet qui traînait par là. Plus besoin de se protéger quand on sait qu’on ne risque plus rien.
Les protège-tibias sont donc eux aussi victimes de cet aseptisation de l’Ovalie. Cette Ovalie où les bouchers sont aujourd’hui montrés du doigt. Je m’engage donc aujourd’hui : On veut le retour des crampons coniques et des protège-tibias.
 

 

« Fallait pas être hors-jeu ! »