Pierre Villegueux analyse le Crunch 2013
par Pierre Villegueux

  • 02 mars 2013
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Par Pierre Villegueux

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La Boucherie Ovalie tient à s'excuser du retard avec lequel ce compte rendu est livré. Mais le Crunch n'est pas un match comme les autres, et c'est pourquoi notre expert Pierre Villegueux, qui lui-même n'est pas un chroniqueur comme les autres, a décidé de prendre le maximum de recul par rapport à la rencontre. Après avoir vu et revu le match, à froid, il vous délivre ainsi une analyse parfaite de ce match au sommet.

Non on déconne, en fait Pierre a encore terminé en garde à vue après avoir tenté de se battre avec son vieil ennemi Brian Moore, alors qu'il était complètement ivre dans les tribunes de Twickenham. Et cette analyse sera toujours aussi subjective et de mauvaise foi que d'habitude. Comme quoi les Valeurs ne se perdent pas à la Boucherie.

Note : Ce compte rendu ne mentionnera pas une seule fois le nom de Craig Joubert, donc pour ceux qui n'attendaient que ça vous pouvez retourner sur Youporn pour vous astiquer.

Ouf ! On l'a échappé belle. Pendant 50 minutes, on a bien cru qu'ils allaient recommencer. Je les voyais déjà fanfaronner sur la pelouse de Twickenham, fêtant leur victoire comme s'ils venaient de gagner la Coupe du Monde, nonobstant le fait qu'ils soient toujours 4ème du Tournoi. On la sentait un peu venir, cette victoire à Twickenham. Comme ça, juste pour faire chier. A la Française. Mais heureusement, tout est bien qui finit bien : cette fois il n'y a pas eu de victoire cache misère. Les Anglais, au lieu de nous tenir les cheveux au-dessus de la cuvette des toilettes, ont décidé de nous plonger la tête et de nous étouffer dans notre propre vomi, sans doute pour notre plus grand bien. Oui, parce que ça va deux minutes, la fameuse « réaction d'orgueil », le french flair et tout le bordel. Au lendemain des deux défaites contre l'Italie et le Pays de Galles, Ouin-Ouin commençait déjà à nous bassiner avec ses histoires de casque à pointe (j'ai jamais vu un mec avoir un tel fétichisme pour les objets nazis depuis Damien Try, par ailleurs), faisant appel aux sacro-saintes couilles du rugby français. Jouer avec ses couilles plutôt que de jouer au rugby (ce qui reste quand même le meilleur moyen de gagner un match, rappelons-le), c'est une spécialité bien française qui commence à nous les briser, justement. Au moins, cette fois, le XV de France aura réussi à être constant et régulier en enchaînant trois défaites. Allez Ouin-Ouin, plus que deux et tu pourras gagner le seul titre de ton mandat.

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Avant même le coup d'envoi, Dark Vador et Palpatine semblaient particulièrement inquiets.

Le contexte

Après les deux premières défaites, Ouin-Ouin s'est finalement résolu à « changer une équipe qui perd », en opérant de nombreuses modifications dans son XV de départ. On peut donc noter le retour de la bonne vielle charnière Parra – Trinh-Duc. P/TD c'est un peu comme ramener « La cité de la peur » à une soirée, tout le monde l'a déjà vu, tout le monde sait déjà à quel moment on va rire (quand TD va jouer au pied, ou quand Parra va simuler) mais ça reste une valeur sûre, faute de mieux. Yannick Nyanga fait également son grand retour à la place de Fulgence Ouedraogo, parce qu'il faut bien qu'il y ait un flanker qui sache courir et tenir le ballon, et on sait que ce ne sera pas Dusautoir. Kayser remplace Szarzewski, puisque ce dernier semble incapable de réaliser un bon match quand il ne carbure pas à la frustration d'être réduit à l'éternel rôle de N°2. Christophe Samson, anonyme joueur d'un club anonyme du Top 4 du Top 14, honore quant à lui sa deuxième sélection. Un choix stratégique puisqu'il est là principalement pour contrer l'alignement anglais, qui comporte des joueurs très efficaces dans les airs comme Parling, Robshaw et Wood. Oui à 1 contre 3 c'est un peu chaud, mais que voulez-vous, Julien Bonnaire n'est plus là. Après avoir chouiné dans l'Equipe, le Midol, Télé 7 Jours et Femme Actuelle, Wesley Fofana retrouve enfin sa place au centre, où il est aligné avec Mathieu Bastareaud. D'ailleurs, on attend encore qu'Eric Zemmour nous explique que si on perd c'est parce qu'on a mis des jeunes de banlieue au centre. Enfin Vincent Clerc est également de retour à l'aile mais cela n'a aucune incidence sur la rencontre, d'une parce que comme on vient de le dire il y a Fofana et Bastareaud au centre, de deux car c'est Vincent Clerc.

De leur côté on retrouve une équipe d'Angleterre intéressante. Après un bon Tournoi 2012 qui annonçait enfin un renouveau (des jeunes, du jeu) le XV de la Rose a connu une série de défaites contre l'Australie et l'Afrique du Sud lors des tournées d'été et d'automne. Des matchs qu'ils auraient pourtant pu, voire même dû gagner s'ils avaient été plus « réalistes » (la bise à Pastigo). Et si leur capitaine Chris Robshaw n'avait pas appris les maths dans la même école primaire que Felipe Contepomi. Finalement,

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le déclic était venu lors du match largement gagné contre les All Blacks – qui avaient la gastro, comme à chaque fois qu'ils perdent – à Twickenham viagra online pharmacy en novembre dernier (38-21). Sur une dynamique positive, nos ennemis préférés ont remporté leurs deux premiers matchs du Tournoi sans briller, mais en se montrant très solides. Malgré son jeune âge (24 ans de moyenne d'âge, environ 200 sélections dans le XV de départ… contre plus de 500 pour les Bleus) ce XV de la Rose semble déjà bien mature et prêt à réaliser le Grand Chelem. Finalement c'est peut-être pour ça qu'on déteste tant les Anglais : ils sont quand même vachement moins attardés que nous.

Enfin ça bien sûr c'est sans compter Courtney Lawes, aujourd'hui aligné à un poste inhabituel de flanker. Le Boucher de Northampton est là pour combler le déficit de puissance causé par l'absence du Picamolesque Ben Morgan, tandis que le discret mais toujours excellent Tom Wood passe en N°8. Un choix qui va s'avérer digne des meilleures expérimentations de Lapinou (comme Chabal en flanker, par exemple). Dylan Hartley fait également son retour au talon à la place du jeune Tom Youngs, peut-être un peu moins bon dans l'exercice de la mêlée fermée. Mais la grosse mauvaise nouvelle c'est le retour de Manu Tuilagi au centre. Mauvaise nouvelle pour les Bleus, qui vont se prendre un autobus en plein dans la gueule pendant 80 minutes, et mauvaise nouvelle pour Mathieu Lartot qui avait préparé plus de 60 jeux de mot sur Billy Twelvetrees.

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Et les médias veulent nous faire croire que ce gars est le successeur de Jonny Wilkinson. 

Le match

Depuis toujours, on déteste les Anglais, même si on ne sait même plus vraiment pourquoi. Heureusement, Owen Farrell est là pour nous rappeler pourquoi en début. Physiquement à mi-chemin entre Biff Tannen et un jeune officier SS échappé d'un épisode d'Indiana Jones, le fils à papa du rugby briton va s'illustrer dès les premières minutes de jeu en cherchant à faire péter les plombs à Yoann Huget. Un mauvais choix stratégique de la part des Anglais : Bubulle est un gentil – y'a qu'à voir la façon dont il donne des coups de boule – et il fallait évidemment cibler Maestri, bien plus à même de décapiter un anglais et de prendre un rouge dans un excès de rage. D'ailleurs c'est lui qui s'illustre en commettant la première faute du match, qui permet au jeune nazi d'ouvrir le score. Mais en ce début de match, les Anglais ne sont pourtant pas vraiment dedans. Pour la première fois depuis le début du Tournoi, ils se font même bousculer par des Français qui avancent à l'impact et tiennent le ballon. Bon par contre, ils n'en font rien de bien intéressant mais ça c'était prévu. La mêlée est également à l'avantage des Bleus, qui égalisent vite grâce à la botte de Parra. Puis Picamoles s'offre sa première percée du match, mais malheureusement il n'a toujours pas de mains.

Malgré cette domination, ce sont bien les Anglais qui se créent la première occasion d'essai après une percée de Tuilagi, arrêté à quelques mètres de la ligne. Une action que Farrell décide d'annihiler d'une superbe passe au pied directement pour l'arbitre de touche. Malheureusement ce dernier manque de fantaisie et refuse d'attraper le ballon avant d'aplatir en effectuant un Ashton Splash. Tant pis pour le spectacle. L'arbitre revient à l'avantage et la petite ordure passe tout de même la pénalité et redonne l'avantage à l'Angleterre. C'est alors là que va intervenir l'action remarquable du match, par Benjamin Fall. L'ailier du Racing va en effet créer les conditions optimales pour que Wesley Fofana aille marquer un essai d'anthologie. Lorsque le centre Clermontois hérite du ballon après une passe de Bastareaud (cela méritait d'être souligné) il a en effet le choix de donner la balle à Fall sur l'aile, ou de continuer tout seul. Son intelligence situationnelle le pousse à opter pour la meilleure solution, c'est à dire ne pas passer le ballon à Fall qui n'en fera sans doute rien de bien. Et bim : une percée magnifique, 7 plaquages évités, un sprint et un essai qui alimentera les images du zapping pour les 10 prochaines années. C'est là qu'on voit tout le génie de Patrice Lagisquet qui a réinventé le concept de leurre en attaque, en décidant d'aligner des ailiers tellement mauvais que jamais leurs coéquipiers ne tenteront de leur donner le ballon. Il faut dire qu'il a eu de quoi développer cette méthode à Biarritz.

Les Anglais tentent de revenir dans le match en envoyant du jeu, mais leur large-large est peu efficace et encore une fois la seule avancée vient de Tuilagi qui offre 3 nouveaux points à Farrell après avoir réussi à franchir le camp français. Malgré cela, le XV de la Rose n'est pas au mieux : Youngs se fait contrer derrière un ruck par Maestri, mais pas-Andy Goode réussit à sauver dans son en-but. Juste le temps pour Morgan Parra de rater une pénalité et la première période se termine donc sur le score de 10 à 9 en faveur des Bleus. Ouin-Ouin pleure à la mi-temps, mais bon, qu'il perde ou qu'il gagne c'est toujours pareil.

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 Manu Tuilagi, à droite, en train de prendre le dessus dans son duel contre Mathieu Bastareaud.

La seconde période commence comme elle a terminé avec Morgan Parra qui rate une pénalité, ce qui permet au topic « Faut-il sélectionner Brock James ? » de faire une remontée spectaculaire sur le forum des CyberVulcans. Farrell, lui, ne rate pas son coup de pied après une nouvelle faute de Dusautoir. Les Français ont peut-être laissé passer l'occasion d'enfoncer le clou, et le coup du sort intervient à la 54ème minute : après une chandelle de Farrell, le ballon est cafouillé et finit par atterrir dans les mains de Manu Tuilagi après un beau coup de billard à trois bandes. Le joueur de Leicester n'a plus qu'à courir vers l'en-but pour marquer l'essai assassin. Sur cette action vous noterez aussi la remarquable tentative de retour de Vincent Clerc, dont l'accélération sur 10m semble être devenue au moins aussi fulgurante que celle de Jean-Baptiste Gobelet (qu'on salue d'ailleurs car il nous aime bien, et il a bien raison). Au ralenti on découvre aussi que l'essai n'est pas valable, mais comme il était quasiment impossible de le voir à vitesse réelle on ne blâmera pas celui-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom-mais-c'est-le-même-qu'un-patineur-célèbre.

Les choses ne s'arrangent pas pour les Bleus puisque le coaching de Ouin-Ouin se montre particulièrement inefficace, alors qu'il décide de remplacer ses joueurs cramés par d'autres joueurs cramés. De leur côté, les Anglais ont un banc qui a pas mal de gueule : Tom Youngs, Vunipola, Haskell, puis Care et Flood font leur entrée. Avoir une charnière de rechange sur le banc quasiment au même niveau que celle qui est titulaire est quand même un luxe que peu d'équipes peuvent s'offrir. Entré du côté Bleu, Michalak se démène pourtant : il passe d'abord une pénalité pour ramener son équipe à 17-13, puis il passe pas loin d'offrir un caviar à Fofana après un petit coup de pied par-dessus qu'il parvient à récupérer. Bon, le problème c'est que ce seront ses deux seules bonnes inspirations du match. Malgré les bonnes charges de Picamoles, qui semble plus que jamais seul au monde dans cette équipe, les Anglais remettent la main sur le match. Tuilagi continue de jouer aux auto-tamponneuses avec les défenseurs français, Care et Flood gèrent tranquillement le jeu, le public entonne « Swing Low », Debaty se fait démonter en mêlée, bref tout ça commence à sentir aussi bon que la mémé victime d'Alzheimer dans « Amour ». Les Bleus sentent le match leur échapper et décident donc de faire n'importe quoi, histoire de rendre la victoire anglaise plus éclatante, et ça c'est sacrément fair-play. Michalak, qui comme tous les grands génies est un peu autiste, joue désormais tout seul. Ou bien parfois avec les Anglais comme quand il offre une superbe passe sautée dans les bras de Robshaw. Il est comme ça Freddie, libre, il bande quand il a envie de bander et il joue avec qui il a envie de jouer. Flood profite des fautes des Français, qui ne savent décidément pas s'adapter à l'arbitrage – ou en tout cas c'est ce qu'on dit pour rester politiquement correct quand visiblement l'arbitre nous a dans le nez – pour faire gonfler le score. Dans un élan de solidarité, Ouin-Ouin décide de faire entrer Claassens et Fritz pour les 10 dernières minutes, juste pour qu'ils puissent se faire défoncer dans le Midol du lendemain eux aussi. La seule belle action française de cette fin de match est à créditer à Yoann Huget qui va réussir un cadrage débordement, de dos, dans son propre en-but, sur un joueur anglais. Clément Poitrenaud lui aurait eu la politesse de lâcher le ballon dans son en-but. Tant pis, le match se termine sur le score de 23 à 13 pour les Anglais. La cuillère de bois devient un rêve désormais accessible.

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Fais pas le con Fred, lâche ce ballon avant de blesser quelqu'un ! 

Les casques à pointe mouchetées :

Yoann Huget a encore signé un beau match à l'arrière, avec de l'envie, des relances et quelques belles interventions défensives. Son sang-froid face à cette petite pute d'Owen Farrell est également à souligner. Vincent Clerc et Benjamin Fall ont assurés sous les chandelles anglaises, et n'ont servi à rien en attaque, comme dans leurs clubs respectifs finalement. Mention spéciale aux deux plaquages ratés et aux deux ballons perdus de Jean Dridéal, l'homme qui aimait courir de travers. Mathieu Bastareaud a avancé sur quelques charges et a même réussi à faire jouer derrière lui (4 off-loads, tout de même) mais il a globalement perdu son duel d'esthète face à Tuilagi, qu'il n'est pas parvenu à plaquer à plusieurs reprises. Wesley Fofana a marqué un essai Menu Best of Maradona (c'est à dire en traversant tout le terrain puis en marquant avec la main), a fait quelques bons plaquages et a arraché un ballon dans un ruck, mais il a un peu disparu en seconde période. François Trinh-Duc profite de l'effet Michalak : ce dernier a tellement été catastrophique qu'on a l'impression qu'en comparaison, FTD a été bon. Mais si on y regarde de plus près, on retrouve le François qu'on connait que trop bien, qui joue comme un centre et pète tout droit la plupart du temps, quand il ne tape pas des coups de pied foireux. Clara Morgan Parra a lui sorti un gros match, notamment en défense avec 9 plaquages et un sauvetage sur Tuilagi. Il a aussi correctement animé le jeu et nous a offert une simulation dont il a le secret. Seul bémol, les 6 points loupés au pied au pire moment.

Dusautoir a fait son match défensivement, comme d'habitude, mais à chaque fois qu'il voit le ballon on dirait qu'il découvre ce que c'est. Nyanga a également été actif dans le domaine défensif (au point de faire un peu doublon) et a essayé d'apporter un peu en attaque, sans grands résultats. Picachu le tractopelle a encore été le meilleur français, il a marché sur la gueule de tout le monde et a même réussi à faire des passes aujourd'hui. Malheureusement dans le XV de France le soutien est souvent absent (sans même parler du soutien scolaire qu'on devrait vite envoyer à Yoann Huget, vu la qualité de son orthographe sur Twitter). Samson a fait un bon match en défense et a volé un ballon en touche. Par contre, on ne l'a pas trop vu mettre la tête dans les rucks, au contraire de Maestri, toujours aussi rudoyant. Domingo et Mas ont fait le job en mêlée, mais le joueur du MHR a malheureusement fait quelques fautes idiotes. Kayser a été propre et pourtant ce n'est pas lui qui fait de la pub pour le savon Dove Men Care.

Les remplaçants : Michalak a essayé d'apporter du dynamisme et n'a pas fait que de mauvaises choses (un sauvetage sur Tuilagi pour lui aussi). Mais dès qu'il touche le ballon on ne peut s'empêcher d'imaginer un mec entrain de jongler avec la TNT sur un monocycle. C'est encore lui qui va prendre pour tout le monde et c'est dommage, car quand il n'est pas en roue libre et installé dans un cadre de jeu un peu plus structuré (par exemple comme en Afrique du Sud) il est aussi capable d'être plus sobre et efficace. Machenaud et ses gros biceps semblent être en voie de Tillous-Bordisation : après 3-4 matchs enthousiasmants, on commence à se rendre compte qu'il est quand même un peu limité. L'entrée de Debaty a coïncidé avec la domination anglaise en mêlée. Claassen et Fritz n'ont eu que 10 minutes de jeu, le temps de faire une faute chacun. Sur 3 ballons touchés, Fritz a quand même réussi à avancer et à faire des passes. Il aurait peut-être été bon de le faire rentrer plus tôt. Szarzeweski, Ducalcon et Suta : je voulais juste écrire leurs noms pour être exhaustif.

Les moches :

Manu Tuilagi a été le meilleur derrière en avançant sur tous les ballons et en battant plusieurs défenseurs. On l'aurait même vu faire des passes deux trois fois. Le sud-af Barritt est un joueur étrange : on ne le voit pas du match, on est incapable de se souvenir de sa gueule et pourtant c'est toujours lui qui termine avec les meilleures stats de plaquages. En l'occurrence, 13 sur ce match. Une performance digne du meilleur de Florian Fritz. Pas-Andy-Goode a été sûr sous les ballons et bon au pied, tandis que Mike Brown a réussi à créer le danger en ne touchant que deux ballons du match. Ashton, lui, ne sert à rien à part avoir une tête de con et justifier la haine légitime que l'on voue aux anglais. Match correct de la charnière Youngs/Farrell, même si ce dernier a raté pas mal de choses et semblait au moins aussi nerveuse qu'une serveuse néo-zélandaise enfermée dans une chambre d'hôtel avec Ashton, Hartley et Haskell. L'autre duo Care/Flood a également bien fait le job sur les 20 dernières minutes.

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Quel homme ce Robshaw, en plus ce n'est jamais le dernier pour faire la vaisselle. 

Chris Robshaw : 10 plaquages, 36 mètres parcourus avec le ballon (le meilleur total derrière Goode et Tuilagi), impeccable sous les ballons hauts et en touche, leader charismatique malgré son regard qui lui permettrait presque de défiler au salon de l'agriculture cette année, Robshaw est une sorte de clone anglais de Julien Bonnaire. Elu homme du match pour la deuxième fois en trois rencontres (oui, en Angleterre, on ne donne pas le talent d'or à celui qui marque l'essai). Son compère de la troisième ligne Wood a également réussi un gros match à un poste inhabituel pour lui. Lawes en 6, par contre, c'était bien une idée de merde. La preuve avec cette statistique qui fait mal : 9 plaquages réussis et 4 ratés rien qu'en en première mi-temps. Dont un sur l'essai de Fofana. Ah c'est sûr que c'est plus facile d'envoyer des coups de genou à Ledesma quand il est au sol. Haskell, rentré à sa place, a été bien meilleur défenseur et n'a fait aucune faute stupide, ce qui est assez décevant de sa part. La seconde ligne Parling/Launchbury prouve encore qu'elle est très complémentaire (un qui assure dans les airs, l'autre qui plaque et qui gratte comme un taré). En première ligne, le punk à chiens Marler a un peu mangé contre Mas en mêlée, mais ça aurait pu être pire. Il est remplacé par Vunipola, plus à l'aise dans l'exercice. Dylan Hartley a fait un match solide et n'a essayé de mordre personne, ce qui là encore, est un peu décevant. Où est l'équipe qui nous avait fait rêver lors de la Coupe du monde 2011 ?

L'arbitre : Bon, on ne voulait pas s'en prendre à lui, mais il y a quand même de fortes chances qu'il se soit fait piquer sa meuf par un étudiant français quand il était à la fac. Mais c'est pas non plus une raison pour être nuls.

Conclusion :

On saluera pour une fois la régularité de cette équipe, qui depuis le début du Tournoi fait presque toujours le même match : pas de jeu et une attaque qui ne se repose que sur les exploits de Picamoles et Fofana, des remplaçants qui n'apportent rien et une équipe qui dès la 50ème minute paraît aussi essoufflée que Sylvain Marconnet quand il remonte ses courses chez lui. A qui la faute ? Ouin-Ouin ? Le Top 14 ? La Ligue ? La FFR ? Le calendrier ? Les doublons ? Ne disposant pas d'éditorialistes du talent de Jacques Verdier et Richard Escot, qui ne savent d'ailleurs plus quoi nous dire depuis le coup du « C'est la faute à Lièvremont », nous ne nous prononcerons pas sur le sujet. En attendant on souhaite aux Anglais de se ramasser lors de la dernière journée face au Pays de Galles, parce qu'il n’y a pas de raison que des trucs comme ça n'arrivent qu'à nous.

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Good game.

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