Présentation Taupe14 : FC Grenoble
par Damien Try

  • 07 août 2012
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Par Damien Try

La devise :

« Force et fierté ». C'est récent il me semble. La division com' voulait mettre « Senatus Populusque Grenoblus », mais dans SPQG y a PQ et ça rendait pas bien.

Le logo :

Les trois roses. Si vous jouez longtemps au rugby, avec autant d’assiduité dans la troisième que pendant les deux premières mi-temps, vous pourrez passer dans l'équipe vétéran du FCG, nommée les « six roses ».

L’histoire :

Le Football Club Grenoble Alpes Rugby a été fondé en 1892, soit 15 ans avant notre ère (la création du Stade Toulousain), par des élèves du lycée Champollion. Aujourd’hui, leur passe-temps c’est plutôt de bloquer le lycée, mais les jeunes, c’est plus ce que c’était. Au XXème siècle, le club a connu des hauts et des bas, mais en étant généralement en haut. Les premières très grandes années grenobloises furent les années 50, avec le premier Brennus contre Cognac. Après un bon coup de mou ensuite, les belles heures reviennent à la fin des années 80 (ce qui correspond à la naissance d’Ovale Masqué), avec le premier titre de Challenge Yves du Manoir en 1988. Jacques Fouroux prend alors les rênes comme un roi, et les bons résultats s’enchaînent pendant la décennie 90, le summum étant le titre contre Castres en 1993.

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Après un passage en ProD2 en 2001, Jacques Delmas réussit l’exploit de tenir plus de 6 mois à la tête d’une équipe, et permet le retour direct en Top16. Retour de courte durée, puisqu’en juin 2005, le passage au Top14 est fatal aux Grenoblois qui doivent descendre. Foutu pour foutu, autant faire les choses bien, Serge Kampf, le généreux mécène de Grenoble (et Biarritz), s’agace un peu en apprenant la coutume locale de taper dans la caisse du club et se retire : rétrogradation administrative, direction la Fédérale 1. Depuis la remontée en ProD2 l’année suivante, le FCG végétait dans l’antichambre de l’élite, pour enfin la retrouver et découvrir le Top14 cette année.
Grenoble, c’est aussi un club qui a vu passer de très grands joueurs dans les années 60, tels que Jean de Grégorio ou Sylvain Marconnet. C’est le club qui a importé dans le championnat français les cultissimes Brian Liebenberg et Jamie Cudmore, qui a révélé la fratrie Lakafia (si si, il y en a deux), terre d’accueil du Nouméen Will Taofifénua (le père de Romain et Sébastien). Et bien sûr, le club formateur de Vincent Clerc…  

La ville :

Capitale des Alpes, pionnière de la Houille Blanche, ville olympique en 1968 que même ils en parlent dans Rasta-Rocket, aujourd’hui Grenoble est surtout la ville des ingénieurs et des étudiants, portée par l’attrait de la proximité des montagnes. C’est peut-être la ville la plus plate de France, mais en 30 minutes depuis la place Grenette on se retrouve skis aux pieds en bas des remontées. Enfin, si ces connards de Lyonnais sont pas sur la route, puisqu’un 69 ne sait pas conduire en montagne. Et ne me lancez pas sur les Parisiens.
Grenoble c’est aussi -20° en hiver, et +40° et les pics d’ozone en été, la ville étant emmurée par les montagnes, ce qui empêche toute circulation d’air.

Le stade :

Pouvant contenir jusqu’à 15 000 spectateurs, grâce principalement à la tribune principale. En face c’est sympa aussi si t’es pas derrière un pilier (qui soutient le toit), ou un seconde ligne (qui soutient une des deux équipes).
Pendant les deux premières mi-temps, vous aurez le plaisir de voir la Chartreuse, et pendant la troisième, vous pourrez la goûter.

N’ayez pas peur des grillages partout, c’est la configuration pour quand les pousse-citrouilles venaient squatter le stade (source : stades.ch)

Quelques dates sont aussi prévues au Stade des Alpes, vestige d’une lubie de la mairie avec des appuis japonais, qui a dépensé une centaine de millions d’euros pour avoir un stade et l’équipe de foot qui va avec. Equipe qui évolue aujourd’hui en CFA (division 4).

Les joueurs clefs :

Lucas Dupont, ailier. Petit gabarit (1m78, 82 kg), grosse vitesse. A seulement 22 ans, il a su s’imposer comme deuxième meilleur marqueur d’essais de ProD2, avec 10 réalisations. Deux sélections et autant d’essais marqués en équipe de France -20ans pour le jeune issu de l’AL Echirolles, ville frontalière de Grenoble, et dont son père est le président.
Valentin Courrent a fait beaucoup de bien à l’équipe depuis son arrivée d’Agen en janvier dernier, mais on peut supposer qu’il devra faire face à la concurrence de Laharrague à l’ouverture. Le capitaine australien Andrew Farley devra faire parler son mètre 98 et ses 110 kg pour s’imposer dans le Top14. Il retrouvera un compatriote pour compléter la seconde ligne en la personne de Ben Hand, fraîchement débarqué des Brumbies. 

Les recrues :

Le président Chérèque l’affirmait il y a un peu plus d’un an, « il n'y a pas d'avenir durable pour le FCG en Pro D2 ». L’investissement a été donc conséquent dès l’année dernière et la cruelle désillusion en demi-finale de ProD2, mais pas non plus en troquant toute l’équipe contre du second couteau international qui n’a aucun repère, mais je ne vise personne, (Ly)on n’est pas mesquin à Grenoble, et je ne voudrais pas enfoncer le cLOU. Le FCG a donc misé sur le staff au sens large, ainsi qu’un recrutement ciblé. On not

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era donc les arrivées de Anthony Hegarty des Brumbies, Sowerby (ST), Faure (BO), Coetzee et le frère Laharrague de l’USAP (pas celui que les clubs se refilent chaque année comme une maladie vénérienne), et Tuculet, l’Argentin de Sale, très en vue lors des test-matchs de juin. 

Le boucher :

Pas de véritable boucher pour l’instant dans l’équipe, mais Naude Beukes est issu d’une recette de cuisine dauphinoise qui pourrait s’avérer un peu épicée. La voici :
– Prenez cent vingt kilogrammes (deux mètres linéaires) de seconde ligne d’origine sud-africaine.
– Faites-la mariner dans le rugby semi-amateur français pendant 5 ans.
– Quand la viande est bien imprégnée (3 cartons jaunes en une saison), faites-la gratiner en Top14.
– Dégustez, avec des marrons par exemple. Attention, c’est un peu chaud.

Le joueur au nom imprononçable :

Kenan Mutapcic et l’alphabet bosnien devraient jouer des tours à bien des journalistes, mais Aloisioi Butonidualevu et Viliame Waqaseduadua useront de leur îlianisme pour relever le défi.

Le staff :

Marc Chérèque, président du club. Pas originaire du coin, mais ancien ingénieur, diplômé d’une école grenobloise. Fabrice Landreau a quitté en 2009 le Stade Français pour retrouver son club du milieu des années 90. Malheureusement, il a visiblement retrouvé son baladeur K7 de l’époque, se distinguant lors de la célébration après la victoire contre La Rochelle par une reprise de Benny B. « Mais vous êtes fous, oh oui ».

Il est entouré de Sylvain Bégon et Franck Corrihons, deux anciens joueurs du club. Cette année le club s'étoffe aussi par le retour du préparateur physique Gareth Adamson après une parenthèse aux Harlequins, et l'arrivée de l'ex-talonneur du Leinster Bernard Jackman qui s'occupera de la défense.

Les objectifs :

L’objectif indéniable est le maintien. Dans un Top14 qui renvoie chaque année à la case ProD2 un promu sur deux (en incluant les années RCT et RM92), l’Isère prie pour que Grenoble prenne la relève du CSBJ dans l’élite. Nan je déconne, les deux clubs ne peuvent pas se saquer. Enfin au moins, les meilleurs Rhônalpins ne seront pas lyonnais cette année, c’est toujours ça de pris. En ce qui concerne la Amlin Cup, l’objectif sera de la jouer avec le moins d’engagement possible, sans que ça ne se remarque trop et que le club prenne une sanction européenne.

Scénario idéal :

Grâce à un calendrier favorable en début de saison, la spirale positive s’embraye, et Grenoble passe les fêtes à une encourageante 9ème place. Pendant le tournoi, le FCG profite de la réception de Clermont privé de ses internationaux par le doublon, et fait le gros coup de gagner à Colombes contre un Racing en pleine révolte contre ce putain d’Argentin qu’on comprend pas et qui en plus pique les plus jolies gonzesses. La qualification en quart se gagne in extremis, bien aidée par les matchs contre Toulouse et Toulon déjà qualifiés en demi. En quart, Grenoble se défait difficilement de Montpellier qui jouait sans Ouedraogo blessé et Trin-Dhuc qui boude dans sa chambre, avant de disposer de Toulouse qui ne voyait la demi que comme un échauffement pour la finale de H-Cup, et remerciera ses sparring-partners isérois.
En finale, le FCG retrouve l’ennemi castrais, vainqueur de Toulon grâce à Masoe, l’agent infiltré (chez l’ennemi, et aux genoux). Menés de peu au score tout le match par la botte de Robocop, les Grenoblois tentent le tout pour le tout après la sirène avec un coup de pied rasant dans l’en-but. Malheureusement, c’est Marc Andreu qui est le plus vif, et qui plonge pour aplatir dans son en-but, avant de se relever en levant les bras, ivre de bonheur pour cette victoire. Christophe Berdos ne siffle pourtant pas, ayant cru qu’un enfant avait envahi le terrain pour toucher le ballon, et Lucas Dupont en profite pour marquer l’essai de la gagne ! Revol concède qu’avec les 10 ans d’intérêts, Grenoble devrait aussi s’imposer l’année suivante. Nallet et Chabal se la jouent Bonnie and Clyde et partent avec la caisse du LOU, ce qui pousse la Ligue à interdire à la ville de Lyon d’avoir un club de rugby pro pour les 50 prochaines années, mettant fin à cette hérésie. Vincent Clerc rentre à la maison.

Scénario catastrophe :

La saison commence plutôt bien pour les Grenoblois qui s’accrochent dans une lutte féroce pour le maintien. En novembre lors d’un match de poule de Challenge Européen galvaudé, la victoire in-extremis au stade Lesdiguières des London Welsh est l’occasion pour Gavin Henson de faire ressortir les traits de caractère qu’il avait réussis à refouler au plus profond de lui pendant quelques mois. A 5h du matin, il quitte la ville de Grenoble en flammes. Il est intercepté au péage de Voreppe par les forces de l’ordre, au volant d’une golfette. La ville ne pourra se relever après l’incendie, et le club est contraint de déposer le bilan en décembre, avec retour en fédérale 3. Le LOU remonte en Top14.

Pronostic :

Recrutement intelligent, staff sérieux, projet à long terme, après une année à survoler la ProD2 (titre obtenu à 3 journées de la fin), le FCG peut espérer finir dans les 12, laissant la place du promu qui descend au Stade Montois. Un club basque parviendra à prendre l’autre place, sinon les Perpignanais dégarnis s’annoncent en victimes toute trouvée.

Appel aux bonnes volontés :

Bien qu’ayant passé 20 ans à Grenoble, je suis désormais reporter de guerre au milieu des combats urbains à Toulouse. Mes comptes-rendus des matchs du FCG seront donc encore moins pertinents que mes méfaits habituels pour le Lab’Occitan. Donc si tu sais que Chaille n’est pas une ville, que l’U2 n’est pas un groupe de rock, que tu connais le chanteur de rue Kamel, et que quelque part t’as déjà vu un ballon ovale, n’hésite pas à envoyer tes textes à contributions@boucherie-ovalie.com.

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