Le bilan du Catalabo
par Gregory Le Mormeck

  • 28 juin 2012
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Par Gregory Le Mormeck

Comme vous l’avez sûrement remarqué, le Catalabo a su se faire discret depuis la fin de la saison. En effet, cette longue saison a laissé des traces à tout le monde. Meurtris par la pauvreté de notre jeu, l’inexistence de système, le peu d’engouement des joueurs, la place au classement, les corps ont chargé. Je dis « les » mais c’est surtout du mien dont je parle. Mon toubib est formel, si l’USAP ne joue pas le haut du tableau cette saison, je vais au devant de gros problèmes de santé. Il m’a parlé en termes graves et souvent incompréhensibles, de GAMMA super GTi, de triglycérine, et autre charabia bagnole dont je ne me souviens plus.

Ce que mon docteur ne sait pas, c’est tout ce qu’il m’aura fallu endurer pour supporter l’USAP cette saison. Jacques Delmas, les défaites, Goutta et Manas au pouvoir, l’annonce des différentes retraites, les mains et le cerveau de Jean-Pierre Perez, la barbamêlée, Jacques Delmas, bref, j’en ai eu gros sur la patate cette année. Alors, oui, certains diront que l’alcool n’est pas une solution, mais à coup sûr ils n’ont pas supporté les Catalans cette saison.

La saison, parlons-en.

Les flops

– Le choix du coach fut sans aucun doute la plus grosse erreur du président. Le départ de Jacques Brunel avait laissé un grand vide à Aimé-Giral et lui trouver un successeur n'allait pas être pas chose facile, tout le monde le savait. Paul Goze et son équipe ont porté leur choix sur Jacques Delmas. Mal aimé par la quasi totalité des clubs par lesquels il est passé, le pari était risqué, et il fut perdant.

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« Si j’aurais su j’aurais pas venu »

Il aura fallu moins de 5 mois pour que ses désaccords avec le staff et les joueurs, ainsi que la place de l’équipe au classement, n’aient raison de sa place. Il est licencié au mois de novembre et c’est le duo Goutta-Manas qui prend la tête de l’équipe. Il réclame aujourd’hui 300 000€ au titre de dommages et intérêts, quel talent. L’incompétence se paye, cher apparemment. (Étrange qu'Ovale Masqué soit toujours aussi pauvre, du coup…)

– Pareil. Le choix de donner les clefs du camion à Bernard et Bianca était tout aussi risqué, mais facile. La facilité, voilà sans doute ce qui a motivé la décision du président Goze. Hélas la dégringolade au classement n’a fait que s’accroître et le fond de jeu de l’équipe n’a séduit personne. Il faudra toute la motivation et la fougue des vieux pour sauver l’Usap.

– Le recrutement inexistant n’a pas renouvelé le groupe et n’aura pas réussi à créer une émulation.

– Les maillots. Comment passer pour des charlots ? Remettez le col italien sur des maillots moches, ajoutez un manque d’imagination criant de la marque et le tour est joué.

Les Tops

Le recrutement de James Hook : arrivé après la coupe du monde, il a été le souffle nouveau dont l’USAP avait besoin. Ce type est un génie qui sait tout faire. Il n’a pas le physique d’un Magalie Steur mais crée des brèches dans la défense, joue de façon toujours très juste, bute très bien et ne se laisse jamais dépasser en défense, un maître à jouer, LA bonne pioche de l’intersaison.

La mise en place de Sylvain Deroeux comme directeur général a coïncidé avec le retour des valeurs de l’Usap. Coïncidence ou pas, l’ancien capitaine a réussi à insuffler une envie nouvelle aux joueurs et remettre de l’ordre dans la maison. Engagé pour être le « Monsieur casse-couilles » de l’équipe, il réussit à imposer sa vision.

La révolte des vieux aura été le tournant de la saison. Dans le sillage des Grégory Le Corvec, Perry Freshwater, Rimas Alvares Kairelis, Marius Tincu, Olivier Olibeau ou encore Nicolas Mas, l’équipe a su se ressaisir et revenir jusqu’au maintien.

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« Viens me chercher sale jeune »

Les joueurs de l’année

Damien Chouly a réalisé une saison pleine. Une performance qui aura eu le mérite d’être constante tout au long de la saison. Des essais, de belles courses, du combat, un bon mec qui se bourre aussi la gueule.

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« Tu as vu comme ils sont gros mes bras, Vern ? »

– L’éclosion de Romain Taofifenua a fait rêver les vieux et pleurer les défenses. Ce jeune joueur est arrivé sur la pointe des

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(grands) pieds au sein du groupe pro et a pu s’imposer à plusieurs reprises comme une alternative à Tchalé Watchou (tchou-tchou) plus que crédible en seconde barre. Ce joueur est un monstre physique qui fait très mal à l’impact et qui sait également faire jouer ses partenaires autour de lui, tout en ayant des stats défensives impressionnantes pour sa taille, à suivre.

James Hook, non rien.

– Nicolas Mas, le captain courage a (encore) fait une superbe saison. Revenu de la Coupe du Monde avec une paire de boules énorme et une envie de jouer digne d’un Fidjien en vacances (normal), il a su retrouver son niveau au bon moment pour sauver la baraque (pas Jean-Pascal).

L’arnaque de l’année

– Le recrutement du pilier Danie Thiart ne fut pas la meilleure idée. Il n’a jamais réussi à s’imposer au sein du pack même pendant l’absence de Mas. Le staff lui a préféré Benoit Bourrust qui a réalisé de bonnes rentrées.

Les joueurs à suivre la saison prochaine

Geoffrey Michel a lui aussi réalisé une superbe saison, tout comme Adrien Planté, to be continued. Les deux joueurs les plus prometteurs sont Romain Taofifenua et Sébastien Vahaamahina. Respectivement nés en 1990 et 1991, ils constituent LES valeurs montantes de l’USAP, du fait de leur physique et de leurs qualités individuelles.

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« Il est jeune, solide, met des crêpes et sait tricher, la relève est là »

– A suivre également, plusieurs jeunes, comme le frère de Romain, Sébastien Taofifenua, solide pilier international – de 20, blessé à la Coupe du Monde, qui devrait revenir d’ici quelques mois et essayer d’intégrer le groupe. Tom Ecochard, demi de mêlée international et capitaine des – de 20 ans, pétri de talent et très bon buteur.

Les moments IMALOL de la saison

Pêle-mêle, il y a la transformation de David Marty en champion du monde du coup de pied rasant qui sert à rien, la tenue en mêlée de Jérôme Schuster, le temps de jeu de Jérôme Porical qui doit avoisiner celui de Nicolas Laharrague, la coiffure de Jacques Delmas (et sa nomination bien sûr), les mains en mousse de Jean-Pierre Perez, le retour de Kévin Boulogne qui met deux essais, et l’accolade entre Le Corvec et Cudmore, bref on s’est aussi bien marré cette saison.

« LE geste de la saison »

L’espoir

La saison 2012-2013 DOIT être meilleure. Une équipe championne de France en 2009, finaliste en 2010, avec l’effectif dont elle dispose ne DOIT pas revivre le spectre de la ProD2.

Le recrutement de cette année est un des plus complet depuis de nombreuses saisons. Il n’a pas vraiment l’accent catalan, mais le rugby nous l’impose. En tronche Jérémie Castex arrive en provenance des Wasps (ne riez pas) ainsi qu’un des meilleurs marqueurs du Super rugby : Sona Taumalolo. Le talonneur Romain Terrain arrive en provenance de Biarritz pour apporter toute son expérience. Ensuite c’est du solide avec les arrivées du seconde ligne international gallois Luke Charteris et Daniel Leo de l'UBB, du flanker écossais Alastair Strocosch, et du numéro huit anglais Luke Narraway. Derrière, les choses aussi s’accélèrent, Sofiane Guitoune, qui arrive d’Albi, va venir apporter ce qu’il peut avec Lifeimi Mafi du Munster.

Du côté du staff, la sensation s’appelle Marc Delpoux. L’ancien troisième pompe de l’USAP revient au club auréolé du beau jeu qu’il a su créer à l’UBB. Viennent avec lui Patrick Arlettaz, encore un ancien de la maison, et l’Italien Giampiero De Carli.

« Un gros gabarit qui en plus sait se servir de sa tête »

Notons qu’à l’heure où j’écris ce torchon, Dan Carter n’a toujours pas donné son accord pour (re)venir au club. (Attention, blague de supporter usapiste exclusivement)

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« Une brillante chez Panini »

Bref, mon foie mérite du repos, laissez-moi tranquille.
Mais que vois-je ? Les entraînements ont déjà repris, et le premier match amical est dans un mois, bon, on se retrouve d’ici peu alors.

La bise.

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