Les mitaines de Brock James passent sur le Grill
par John Pils

  • 06 septembre 2017
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Entretien réalisé le 03/09/2017 par John Pils, ivre.

 

Bonjour, avant tout pouvez-vous vous présenter pour les quelques ignares qui ne vous connaissent pas ?

 

Bonjour à tous. Eh bien nous sommes les mitaines d’un des plus grands ouvreurs du Top 14 : l’Australien Brock James. Nous sommes auprès de lui depuis son arrivée à Clermont en 2006. Nous avons tout partagé avec Brock, c’est une vraie relation de confiance.

 

Le rugby, était-ce une vocation pour vous ?

 

Oh non pas du tout. C’est venu sur le tard. Vous allez vous foutre de nous, mais dans le passé, on a tenté une carrière dans le cinéma. On a fait des petits rôles à droite à gauche. On a même eu notre petit succès quand on a joué les gants de Marvin, le casseur flotteur, dans Maman j’ai raté l’avion. Mais la mode des « mitaines » est vite retombée. Il a donc fallu rebondir.

 

Alors comment avez vous atterri autour des mains d’un rugbyman ?

 

Un jour, on a vu une annonce dans La Montagne : « Jeune Australien exilé cherche gants pour progresser dans le jeu de mains. »
On a d’abord cru à un truc dégueulasse à la Jacky et Michel, mais on était fauchées. Alors on a quand même répondu. On est tombées sur ce beau gosse doué avec ses pieds mais qui ne savait pas faire grand choses de ses mains. Nous ne connaissions rien au rugby, mais le challenge nous a tentées.

 

Et une dizaine d’années plus tard vous êtes toujours ensemble…

 

Et oui, nous le remercions pour ça d’ailleurs. Quand on y pense tout le monde se fout un peu de sa gueule à cause de nous. C’est vrai qu’il a autant le swag qu’un prof de techno à la retraite, mais il y a 10 ans, c’était tendance, les gamins des écoles de rugby voulaient acheter nos jumelles.

 

D’ailleurs, comment expliquez vous la disparition de vos consœurs sur les terrains ?

 

Nous avons effectivement de moins en moins de proches dans le top 14. Mais faut pas en vouloir aux joueurs, le jeu à la main, c’est plus vraiment la priorité dans notre championnat. Et puis l’autre ambassadeur des gants, c’était Yannick Forestier, il n’était pas vraiment vendeur. C’est un peu comme si vous demandiez à Brice Dulin de faire la promotion d’un sac à plaquages.

 

 

Brock et ses ex, en Australie

 

 

À l’aube de la retraite de Brock, quelle est votre plus grande fierté à ses côtés ?

 

Grâce à notre rencontre, on a pu côtoyer tellement de grands noms, de vraies stars. Le casque de David Skrela, les crampons 22mm spécial Rucking de Jamie Cudmore, la casquette de Vern Cotter et même la canne à pêche de Julien Malzieu.

 

Et un regret ?

 

Un regret ? Que Brock n’ait pas voulu allumer Delon Armitage après sa provocation. On serait volontiers allées s’écraser sur son nez. Mais bon, on s’en doutait, on n’était pas aux mains de Thibault Privat…

 

Nous le disions, Brock va bientôt raccrocher les gants, vous avez une idée de ce que vous ferez par la suite ?

 

Pour l’instant, c’est l’inconnu. Mais on se sent encore bien, on est pas prêtes à finir dans un conteneur Le Relais, alors on n’est pas contre une reconversion. Mais bon, faut trouver le bon créneau, si c’est pour finir gants dans les salles de musculation comme des vulgaires Domyos, vous imaginez la honte ?
Sinon on a pensé au vélo, mais on a peur de tomber sur du dopage, on vient d’un sport propre ça serait dommage de salir notre réputation.

 

Eh bien, un grand merci d’avoir accepté de passer sur le grill de La Boucherie et on croise les doigts pour votre après-carrière…

 

Tout le plaisir était pour nous. C’est toujours agréable de filer un coup de main à un blog qui démarre.

 

 

( Interview largement inspirée de l’excellent site sur le cyclimse « Dans la musette » )