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Un club en rade
par La Boucherie

  • 09 septembre 2016
  • 14

Par Ovale Daron

 

Cette année, il est un club de Top14 où rien ne va plus. Le début de championnat est catastrophique, les défaites s’enchaînent, le président s’agace, le staff est sur la sellette. Et comme à la Boucherie, on ne recule devant aucun sacrifice pour informer nos lecteurs, on a envoyé un reporter chez cet ancien champion de France pour nous éclairer sur la situation.

Départ pour le sud-est donc, où l’on joue aussi au rugby. En tout cas à mon arrivée à la gare tout est pourtant bien calme dans la ville écrasée par la chaleur de l’été. Pas un coin d’ombre. Et, à quelques heures de ce match couperet de-la-peur, aucun signe ne le laisse penser : pas d’affichage, pas de drapeaux, pas de voiture bruyantes avec supporters énervés.

 

Je demande mon chemin. Et je me renseigne un peu plus. J’apprends qu’ici le club est très prestigieux, plus que centenaire, plusieurs fois champion de France. Que le passé récent pas très glorieux en proD2 n’a pas changé la donne : ce club est structuré pour le Top 14 et compte bien y jouer un rôle majeur.
Au siège du club, cette récente défaite en finale, alors que la victoire était presque acquise, a laissé un souvenir amer. Pour tout dire, c’est sûr, c’est un complot des pardessus de la fédé contre le rugby du sud-est, ce mal-aimé. Et bien entendu l’arbitrage est en cause.

 

Bon tout ça c’est douloureux, mais c’est le passé. La saison dernière c’était avant, et maintenant c’est autre chose. Mais ce début de championnat est catastrophique, les défaites s’enchainent, et contre des équipes largement à portée. Et à l’extérieur et à domicile. Du jamais vu par ici.

 

Le recrutement de l’été pourtant est intéressant : qualitatif, en renfort sur les postes-clés. Des Iliens venus ici pour montrer au meilleur championnat du monde © leurs qualités. Dans le même mouvement le club s’est séparé de joueurs en bout de parcours, rattrapés par l’âge, qui n’avaient pas le rendement attendu. Allégement de la masse salariale. Fin de la marche sur la corde raide, on allait pouvoir respirer un peu et ne plus être la cible privilégiée des contrôleurs financiers de la ligue, à la solde d’un concurrent.

 

L’entraineur principal lui aussi est nouveau cette saison. L’ancien parti pour accomplir son Destin. Même s’il est neuf dans le poste et pourrait manquer d’expérience, le président a organisé une très longue période pendant laquelle les deux entraineurs ont été côte à côte, pour que la transition se passe le mieux possible.
L’an dernier la mêlée, une tradition de force et la fierté du club, n’a pas eu le rendement attendu, l’entraineur des avants a donc été lui aussi remplacé. Son successeur est maintenant bien en place.

 

Un joueur emblématique, âme du club, guerrier redoutable, infatigable est de retour, après une trop longue absence difficile à vivre pour tous, pendant laquelle il a marqué l’actualité rugby et hors-rugby par ses facéties sur les réseaux sociaux.

 

Je me suis donc rendu au camp d’entrainement, c’est là que j’ai compris la hauteur des enjeux, l’importance de l’équipe, l’investissement derrière le club dans cette terre de rugby. Des installations superbes, tout a été refait à neuf récemment, amélioré, aménagé. Je suis bien chez un grand de l’ovale français.

 

L’encadrement est à la hauteur. Sur le terrain les t-shirts des membres du staff sont plus nombreux que les chasubles des joueurs. Ah vraiment on les bichonne, tout est fait pour que chacun se sente bien et réussisse. Le buteur, joueur-clef, machine à enquiller les points est tout particulièrement entouré. Faut dire qu’il a fallu lutter pour le faire venir et le garder.

Et pourtant…

Déjà la saison dernière le début de championnat avait été poussif, loin des attentes. La fin de saison marquée par une grosse désillusion après un hiver pourtant prometteur. L’objectif de début de saison pas atteint. Une saison blanche.

Mais cette année c’est bien pire. De mémoire de supporter, la pire entame de championnat qu’on ait connue.

Une mêlée qui recule et ne fait plus peur à personne, trop souvent pénalisée.

Une attaque qui balaye le terrain de droite à gauche et de gauche à droite sans jamais surprendre et encore moins franchir les lignes adverses.

Une absence dans les zones d’affrontement qui fait peine à voir et attire les broncas du public.

Défaite à l’extérieur, défaite à domicile. Le doute s’est installé.

La liste des joueurs indisponibles est tellement longue que le président lui-même s’interroge sur le nombre de joueurs à recruter à chaque poste pour être certain de pouvoir aligner une équipe complète à chaque match.

 

Mais que reste-il donc de l’état d’esprit qui faisait vibrer tout un peuple les saisons passées ? Même les supporters les plus fervents, abonnés depuis toujours, doutent.

Et ce week-end, alors que le championnat commence tout juste, déjà un match capital, la réception du CAB. En temps ordinaire, une petite équipe, un rugby pauvre avec des joueurs anonymes dont les rares sélections en équipe de France relèvent plutôt du gag ou de l’erreur de casting de la part d’un entraineur national imprévisible. Une équipe qui ne survit que par son buteur.

Et pourtant aujourd’hui à quelques heures du coup d’envoi, La défaite est déjà interdite non seulement pour enrayer la spirale négative des mauvaises performances, reprendre de la confiance mais aussi éloigner le spectre de la relégation.

 

Force et Fierté !
Ici, ici c’est Grenoble.