Et si Jonah Lomu n’avait pas été Jonah Lomu…
par Damien Try

  • 20 novembre 2015
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Par Damien Try

Si le 18 novembre 2015 fut un triste jour pour l’athlétisme néo-zélandais, l’émotion ne s’est pas propagée plus loin, la mort de Jonah Lomu ne sortant pas du microcosme de cette discipline mineure dans un pays où le rugby est roi. Les fans français de rugby n’entendront donc jamais parler de ce sprinteur de l’hémisphère sud.

Pourquoi cela aurait-il été le cas ? Il fut certes un jeune prometteur, grappillant les records de son lycée et les belles prestations aux championnats nationaux, accrochant même quelques sélections internationales, mais sans jamais se révéler au grand public. Sur le tard il s’essaie bien au rugby, incité par l’exemple du champion junior de Nouvelle-Zélande du 100m Doug Howlett, mais ses lacunes techniques sont trop grandes et il n’atteindra même pas un niveau d’un club phocéen de Fédérale 1.

Pas d’impact donc pour les fans français, concentrés sur les premières journées de la dixième Coupe d’Europe. Une compétition largement dominée par les Écossais et les Français, le rugby à XV étant à peine professionnel en Angleterre où la version à XIII focalise toutes les attentions. Bath se déplace donc sans grandes ambitions à Clermont-Ferrand, mais les Auvergnats pourront tout de même se régaler du duel en seconde ligne entre Aurélien Rougerie et Matt Banahan. Les désœuvrés attendent les matchs du week-end devant une petite partie de David Marty Rugby 2011 sur Playstation, seul jeu vidéo de rugby à ce jour.

De son côté, la Nouvelle-Zélande continue de fêter son titre de championne du monde, et si la 3ème place de l’Afrique du Sud est vue dans ce pays comme une petite déception, le pays se console en célébrant le record d’essais marqués en Coupe du monde de Brian Habana. L’ailier bok a profité de la petite finale pour jouer complètement libéré son jubilé international et a marqué un hat trick historique !

Non, vraiment, la seule nouvelle importante pour le monde du rugby est la retraite de l’emblématique capitaine des Blacks, annoncée le même jour. Mais ce dernier sait qu’il ne laisse pas son pays démuni : la dernière Coupe du monde a vu l’avènement de Julian Savea, un joueur au potentiel semble-t-il illimité, que son gabarit inhabituel à son poste l’aura fait surnommé par la presse spécialisée le « Jean-Baptiste Gobelet noir ».