Comment battre les All Blacks, LA solution
par La Boucherie

  • 12 octobre 2015
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Texte initialement publié le 27 septembre 2011.

Aujourd’hui, la Boucherie est fière de vous présenter une nouvelle recrue, FééBuse. On aurait bien aimé vous présenter ce fringant quinqua, fidèle supporter de la Section Paloise, mais il le fait bien mieux lui-même, alors on se contentera de citer une partie de son message de bienvenue sur notre forum : « Je suis venu au rugby par quiproquo en fait. Comme je n’aimais pas les femmes je me suis cru homosexuel, le rugby constituait alors une voie naturelle, mais en fait non je n’aime pas les hommes non plus ni les animaux, je n’aime personne tout simplement. »

FééBuse n’aime pas les All Blacks non plus, et c’est suite à la déroute du XV de France contre les tout noirs qu’il a imaginé LA solution pour battre les Blacks et aller chercher le Trophée Webb Ellis dans quelques semaines en finale de Coupe du Monde. Elle nous a parue tellement évidente qu’on voulait absolument la partager avec vous.


Bien sur physiquement ils font très mal ces néozed, chaque fois qu’ils passent on prend des points. On reconnait leur supériorité sans problème.
Aucune surprise quand même, c’est toujours difficile d’arrêter un tramway si on est pas à bord.

Mais pour être honnête avec vous, je les ai trouvé très décevants. Aucun plan de jeu, si ce n’est attendre les fautes en 1 contre 1 en imposant le physique derrière et en trichant devant.
Devant c’est clair, ça triche dès qu’on les laisse faire, c’est à dire partout et tout le temps.

On a senti leur grosse trouille sur la mêlée, ils n’en ont pas joué une correcte. Ils ne respectent pas les commandements, si ils sont pris à l’impact ils s’écroulent, le pilar droit, sûrement un futur géomètre, trace des perpendiculaires assez souvent d’où les toupies, et si rien n’a marché ils se relèvent. Enfin quand ça commence à se voir, le très complaisant Monsieur Rolland nous sanctionne.

Bon pas grand chose à dire, on ne va crier pas au complot, à l’arnarque. On sait bien qu’il n’y a rien de personnel, c’est le business.

Après devant ça joue comme des irlandais qui auraient pris 10 kilos, tout le temps hors jeu, ça se couche ça plonge ça s’entasse, ça libère pas sur les placages, et ça stationne chez toi. Enfin quand je dis stationne, pas vraiment ça continue à jouer. Surtout Richie « invisible man » Mc Caw, lui c’est une véritable hallucination, un mec qui aura réussi à jouer toute une carrière un autre sport que les 29 autres. Pour moi c’est le meilleur joueur du monde, incontestablement !
Je ne sais pas de quel sport par contre.

En plus ils mettent des coups tant qu’ils peuvent, méchants comme des teignes. Mais là encore, je ne vois pas matière à critique, c’est sûr que si on attend au sol avant de les bomber, qu’on fait un détour pour pas rentrer dans les mecs hors jeu ou qu’on regarde où on met les pieds pour pas les abimer, on peut pas se plaindre.

C’est clair que si on continue à jouer au rugby dans les règles, ils auront leur trophée.

Maintenant il faut les battre sur leur terrain. On peut le faire.
Et c’est là qu’on s’aperçoit de la faiblesse de notre préparation. Il faut s’inspirer des méthodes anglo saxonnes.

Un truc saute aux yeux par exemple, notre équipe ne mange pas assez de viande crue.

Il faut mettre en place une stratégie différenciée, celle du « Gros connard »  pour le staff et celle de la « Horde sauvage » pour nos joueurs.

La stratégie du « Gros connard », c’est simple, tout le monde connait c’est l’anglaise.

On commence par faire 2 ou 3 citations pour ce match, ça c’est facile, on va faire un peu de pinaillage sur les broutilles du style placage haut, nombreux sur ce match, ou charge en l’air bien accompagnée sur la colonne au contact du sol. Une main a trainé à un moment sur le visage d’un de nos piliers au sol, c’est léger mais notre joueur doit absolument consulter lundi quitte à se frotter un petit peu la paupiere avec de l’ail aujourd’hui. Le mot « fourchette » ne sera jamais prononcé sauf à quelques journalistes anglophones, « off the record » comme on dit.
Attention à ne jamais avoir l’air de se plaindre du style « pas normal dangereux blablabla », non, ça on s’en fout, on justifiera la requête dans un désir d’éclaircissement de l’arbitrage dans le but d’une plus grande lisibilité de la compétition.

Derrière, il s’agira de dépasser cela en ITW sur le mode « nous avons besoin de précisions sur ces actes dangereux, afin de concentrer nos efforts de management sur les choses réellement importantes que font nos adversaires, comme les hors jeux, les obstructions, les tricheries en mélée, les plongeons, les déblayages sur les rucks » on rajoutera « quasiment toujours illicites mais une grande équipe doit être capable de passer outre et de gérer cela toute seule à ce niveau de compétition »
Ca devrait nous valoir sur une tonne de polémiques sur leur équipe dans la presse, il y a matière.
Et on renouvelle sur les 1/4 et les demies « vous voyez ce qu’on voulait dire… » mais avec la distance qu’impose la neutralité après tout ce n’est pas notre équipe qui joue. Leurs tabloïds feront le reste.

Pour la finale, on se garde au chaud les critiques du nouveau règlement sur le Haka, on montera par voix de presse (française exclusivement, ils trouveront tout seuls), une polémique toute la semaine sur l’intimidation que cela représente et qu’aucune équité sportive n’impose de subir, le déséquilibre dans l’égalité des chances, le règlement anti-français qui lors de leur dernière victoire avaient gagné le Haka en marchant sur les blacks. Etc….

Pour celui de la finale on se met à un mètre quand même, palabres, refus, menaces, 1/4 d’heure de retard sur la mondovision et finalement on part s’échauffer dans nos 22 ou on se regroupe en se tenant par les épaules sous nos poteaux. A ce niveau, on aura effacé les sourires dans les tribunes, les blacks seront passablement énervés par l’outrage et nos joueurs devraient sentir cette bonne grosse hostilité sans laquelle ils ne sont bons à rien. A ce niveau le match est presque gagné.

Il reste maintenant à conclure par le match lui même ce qui est la part la plus facile à réaliser, c’est la stratégie dite de la « Horde Sauvage », certes modernisée mais connue par le passé comme « la Méthode Biterroise ».
L’adversaire doit prendre peur, en se disant « ils sont fous ». C’est là toute la finesse psychologique de la méthode, on a pas peur d’un costaud surtout quand on est encore plus costaud soit même, par contre on a peur d’un fou surtout si il est plus petit car nécessairement il sera vicieux (c’est un axiome petit = vicieux).
On imagine bien dans le couloir Parra ou Yachvili tapoter l’épaule de Thorn en lui disant « tu as fini ta carrière , je vais te crever » dans un grand sourire, les autres se contentant de baver, grogner ou d’éructer, en crachant par terre toutes les 10 secondes. Deux ou trois de nos joueurs ayant sans cesse besoin qu’on les dirige vers le terrain de façon expressive, « Là ! ».
Il doit être bien clair pour nos adversaires qu’il n’y a qu’un cerveau pour les 15 joueurs (Parra ou Yachvili, on l’aura compris)

Peu importe qui sera sur le terrain du moment qu’il aura débranché son cerveau. Coup d’envoi, on en descend un, peu importe qui, mais c’est mieux si il est très costaud, il y a le choix.
Premier hors jeu de McCaw, on lui fait une Narjissi aux genoux qu’il en prenne pour un an à se soigner les croisés. Attention à bien ouvrir les bras pour simuler un placage, il y aura polémique et nécessité d’explication, on n’est pas en France non plus.
Cette phase est très technique, elle devra être travaillée à l’entrainement, quitte à ce que l’agenais soit appelé comme consultant..
Petite générale sur la première mêlée trichée, puis sur la seconde qu’on jouera à 7.
Pourquoi petites ? C’est très important, le but n’est pas de faire le spectacle à grands coups de moulinet, on a les championnats nationaux pour ça, le but est qu’il y en ait un ou deux qui jouent dans la brume toute la mi temps ! Il faudra être précis, efficaces, « sharp » dirait Cantona. Nous prendrons obligatoirement des cartons sur la phase de jeu, les actes devront donc être décisifs.

A la rentrée des cartons, on fera de suite une session de groupés pénétrants sur notre premier ballon. Là encore, attention, le but n’est pas tant de progresser que de pourrir ceux qui seront à terre.
Sur les rucks, on ira contester à plusieurs, liés, bien dans l’axe surtout, mais en marchant sur les joueurs adverses au sol dans notre camp (et il y en aura, il y en a tout le temps), arrivé au contact des vis à vis, c’est là qu’on poussera puissamment, quitte à avoir les pieds qui glissent, pas question de piétiner là encore, l’action doit être limpide, évidente et paraître normale.
On rentre là dans des notions de marketing politique, « plus c’est gros, plus ça passe ».

Néanmoins, certains pourraient considérer la méthode faillible. En effet, j’ai omis de parler de la gestion de l’arbitre tellement c’était évident.

On appliquera une méthode anglaise encore, la méthode dite sensible, « Captain’ Sensible ».

L’arbitre va passer par une phase où il va se dire «  ils vont tous les tuer» et c’est là qu’il va nous sanctionner. Il faut lui faire dépasser ce stade pour l’emmener en phase d’ultra sensibilité, « ils vont me tuer aussi ».
C’est là qu’intervient la méthode Captain’ Sensible, comme dans la chanson «  He say Captain, I say WOT ? »

D’où l’absolue nécessité que notre capitaine soit des plus décérébrés sinon ça ne marche pas bien sur, notre Captain’ devrait répondre Wot à toutes les phrases du referee, voire en l’interrompant, tout en augmentant le volume à chaque répétition

WOT ?

WOT ?

WOT ?

Ah OK !

Ce dernier, très menaçant aura pour but de finir de terroriser l’arbitre (arbitre hahaha rien que le mot m’amuse).

Voilà, si on prend pas trop de points quand on jouera à 13, on les battra sur les 60 mn restantes, de 1 ou 2 points.

Vive le rugby !

FééBuse