Gloucester – UBB : La conclusion du plan Marti (1/2)
par La Boucherie

  • 05 juin 2015
  • 13

Par Raphaël Ibanesse,

(c’est un nouveau mais ne l’insultez pas dans les commentaires s’il vous plaît : quand vous faites ça ils ne reviennent jamais)

 

La conclusion du plan Marti (partie 1/2)

Les matchs se préparent généralement dans la semaine qui les précède. La préparation de celui-ci a commencé il y a plusieurs mois. Il s’agit de la conclusion d’un plan mûrement réfléchi. Un plan dont j’ai réussi à obtenir tous les détails. Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Je vais vous faire un petit résumé.

Nous sommes en octobre 2014. L’UBB vient d’écraser coup sur coup Clermont et Castres à domicile en inscrivant 110 points et 15 essais en 2 matchs. Elle occupe la 3ème place du championnat après 9 journées, est invaincue à domicile et a en plus été gagner à La Rochelle grâce à une rentrée décisive de Beauxis, qui a fait taire les critiques ne voyant en lui qu’un mec bon à mettre des pénalités de plus de 50 mètres. L’infirmerie est vide, exception faite de Domvo qui aura fait une saison quasi-blanche, et les rumeurs des arrivées d’Ashley-Cooper de de Sekope Kepu commencent à se répandre, en plus des signatures de Loann Goujon et Luke Braid. On peut donc dire que tout va très bien.

Trop bien même. Pierre Bernard est appelé en équipe de France. Laurent Marti, le président de l’UBB (à ne pas confondre avec l’autre Marty, David LE CATALAN ), sait bien que si l’UBB continue comme ça, d’autres joueurs suivront, comme Lesgourgues, Madaule, et évidemment THE CHOSEN ONE, THE ONE OF A KIND : JEFFERSON POIROT (retenez bien ce nom, en même temps c’est pas dur). Or 2015 est une année de Coupe du monde, et Laurent Marti et son staff ne pourront pas se passer d’autant de joueurs pendant le premier quart du championnat et espérer réussir à concilier parcours honorable en Coupe d’Europe et place dans le Top 6. Le staff d’ailleurs est également une source de problème puisque RMC, toujours les numéros 1 de l’information, annonce que Raphael Ibanez, le manager de l’UBB, est le grand favori pour succéder à PSA.

Marti ne peut pas laisser partir ses joueurs et son staff. Il ne pourra pas les retenir s’ils sont appelés par le XV de France. Ils seront appelés si le club continue de jouer à ce niveau. La solution est dure à prendre, mais évidente : il faut enrayer la machine UBB. Il convoque donc les joueurs et le staff pour leur expliquer son plan.

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Manager qui descend au bord du terrain alors qu’on lui a rien demandé, survet pourri : Ibanez aura pourtant tout essayé pour faire comme Guy Novès.

 

Phase 1 : La descente aux enfers

Pour Marti, L’UBB ne doit pas finir dans les 6 mais doit quand même disputer la Champions Cup l’an prochain, ce qui signifie qu’elle doit finir 7ème. Pour cela elle doit baisser son niveau de jeu et sa place au classement pour être oubliée par la fédé, mais pas trop non plus pour ne pas éveiller les soupçons. Tout va être une question de dosage. Le destin va même filer un coup de main puisqu’il va se charger de remplir rapidement l’infirmerie du club et ainsi donner une parfaite excuse pour expliquer sa baisse de régime. Point de vue résultats cela veut dire plus de victoires à l’extérieur, mais quand même des points de bonus défensifs obtenus dans des matchs largement à sa portée face à des adversaires bien plus faibles, comme à Bayonne ou au Racing Métro. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut également perdre à domicile, 3 défaites semblent le chiffre parfait. Marti choisit donc ses trois dates.

La première est la réception de Toulouse. Plusieurs raisons motivent ce choix : Toulouse est un gros club, donc perdre ce match n’aura rien de suspect, et en plus Talebula, Guitoune, Tuifua et Toetu sont retenus pour les test-matchs de novembre, ce qui permet au staff d’intégrer Benjamin Sa pour sa seule feuille de match de la saison. Cela ne semble pas important au premier coup d’œil mais on parle là quand même du seul pilier du Top 14 à être capable de se faire écraser par la mêlée toulousaine. Malgré tous les efforts fournis, l’UBB se retrouve avec la balle de match quand Bernard n’a plus qu’à inscrire une transformation largement dans ses cordes à 2 minutes de la fin pour faire gagner son équipe. Il faudra un gros effort de l’ouvreur pour rater ce coup de pied et permettre à Toulouse de continuer à penser qu’ils sont toujours meilleurs que nous. Du grand art.

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Pierre « Yvain » Bernard confie qu’il est trop gavé d’avoir raté cette pénalité.

 

La deuxième est le match face à Toulon. Là aussi réception d’une grosse équipe, mais en plus les absences chez les lignes arrières entraînent la titularisation de Beauxis en 15 et celle de Talebula au centre. Le début de match se déroule comme prévu, avec succession de air-plaquages et de mauvais choix pour l’UBB et une nette domination au score pour Toulon (20-9). Seulement voilà, Toulon commence à se relâcher et donne un essai gag à l’UBB juste avant la mi-temps. Le RCT ne parviendra pas à vraiment re-rentrer dans le match et l’UBB s’impose malgré elle 28-23. Il faut vite que Laurent Marti trouve une autre date ou le plan tombe à l’eau !

La troisième date initialement prévue correspond à la venue du Stade-Français. Le plan est le même que face à Toulon, mais cette fois-ci l’UBB parvient à perdre assez sereinement, même si le spectre de la victoire face à Toulon ressurgit lorsque Beauxis échoue à échouer face aux perches et permet à l’UBB de mener de 2 points à 1 minute à la fin. Heureusement, Yoyo se rattrape en rendant vite le ballon au Stade Français, et autorise de ce fait Plisson à inscrire le drop de la victoire.

Laurent Marti trouve finalement la date qu’il lui manque avec la venue de La Rochelle. Même s’il ne peut pas parler de grosse équipe en face, il trouve 2 raisons pour justifier la future défaite de son club : la revanche d’une équipe battue de manière frustrante chez elle au match aller, et surtout le fait qu’il s’agisse d’un © DERBY (de l’Atlantique, dont tout le monde se fout mais là n’est pas la question), et comme chacun sait tout est possible dans ce genre de match. L’UBB parvient à perdre la rencontre et se permet même de commencer à parler de la menace de la relégation. Plus personne ne pense à sélectionner des joueurs de l’équipe avec le XV de France et Novès est finalement déclaré nouveau favori dans la course au poste de sélectionneur. Le plan dépasse toutes les espérances du président. Il est temps de lancer la phase 2.

 

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 « Putain je suis quand même pas mauvais moi. »

 

Phase 2 : La remontée

L’UBB distancée dans la course au top 6 peut commencer à rehausser son niveau de jeu. Là aussi il s’agit de la jouer fine pour ne pas trop attirer les regards. Il faut donc trouver des raisons pour justifier le renouveau de l’équipe. Le retour de certains blessés, les bonnes performances des jokers peu utilisés jusque-là et l’éclosion de Marco Tauleigne sont avancés pour expliquer la soudaine bonne passe du club. Ce dernier remonte tranquillement au classement jusqu’à se retrouver en position idéale pour accrocher la 7ème place avant la dernière journée, puisqu’il lui suffit de ramener un point de son déplacement à Toulouse pour s’assurer de disputer les barrages.

Mais comme au match aller, il faudra un énorme raté volontaire du buteur de l’UBB, cette fois-ci Beauxis, dans les derniers instants du match pour éviter une victoire et une place dans les 6 premiers. Les supporters toulousains se permettront même certaines piques envers Yoyo en disant qu’il s’agit là de son meilleur match à Ernest-Wallon. Ils rigoleront moins quand l’an prochain l’UBB et le Stade seront dans la même poule en Champions Cup et qu’il marquera le drop de la victoire qui qualifiera l’UBB en quart de finale à place de Toulouse.

Malgré tout il restait encore à gagner le barrage face à Gloucester. Là aussi Laurent Marti avait un plan. Mais il mérite un article à lui entier et je ne me permettrais pas de le résumer en quelques lignes. Je vous le décrirai donc prochainement.