[TOP 15] 16ème journée
par Copareos

  • 14 janvier 2015
  • 13

 

Par Ketchup Mayol & Copareos, les frères ennemis.

 

 

C’est avec grande tristesse que nous reprenons les comptes-rendus du Top 15 en cette nouvelle année. Vous comprendrez notre émotion, et il y a des fois où notre boulot de blogueurs de supérette paraît bien futile au vu de l’actualité sanglante. Cette semaine en effet, le talent a été cruellement écrasé par une idéologie barbare venue de Syrie. Il nous avait fait rire. Il nous avait fait rêver. Nous avons grandi avec. Oui c’est vrai que parfois on trouvait qu’il allait trop loin et il nous faisait enrager, mais c’est parce qu’il ne nous laissait pas indifférent. C’est pourquoi, nous tous, à la Boucherie Ovalie, nous voudrions clamer haut et fort et sans démagogie aucune :

« Je suis Galthié »

 

Stade Français (1er) – Castres (13ème)

Le premier du classement qui reçoit à domicile l’ex-double finaliste et ex-lanterne rouge pour un match du vendredi soir dans un stade aux trois-quarts vide, il fallait avoir sacrément envie, ou bien être Parisien. Et bizarrement, l’équipe en pleine bourre a pulvérisé l’équipe en plein doute. Histoire de se mettre davantage de pression, le CO a joué en infériorité numérique pendant plus de trente minutes. Franchement, les gars, si vous continuez à vous en foutre comme ça, ça va finir par se voir. Et c’est là qu’on se rend compte que la pièce maîtresse du CO c’était Antonie Claassen, et non pas Rory Kockott, qui doit se demander pourquoi il a refusé un pont d’or pour jouer les doublures de Tillous-Borde. Sergio Parisse a éclaboussé la partie de sa classe avec un triplé, toujours un peu perso, mais bon ça, on peut pas lui reprocher, c’est l’habitude de se taper tout le boulot en équipe nationale.

49-13. 4 points pour le XV du Rose.

 

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Sergio Parisse demande les 15 points.

 

 

Toulon (2ème) – Racing Metro (4ème)

C’est dans sa gestion de l’avant-match qu’on se rend compte du génie de Mourad Boudjellal dans l’organisation d’événements. Le « Monsieur Plus » toulonnais n’a pas lésiné : diffusion de la chanson « Imagine », pancartes « Je suis Charlie », joueurs mélangés avec le même ticheurte et tous prénommés Charlie par la speakerine, minute de silence, d’applaudissements, Marseillaise, Pilou Pilou de circonstance, le tout sous le soleil (dans la gueule du Racing)… Et pourtant, malgré cette profusion, le résultat était étonnamment digne et paradoxalement festif. Nous savons à qui faire appel pour organiser l’événementiel si notre bien-aimé Chaife venait à subir la vindicte d’un joueur comparé à un sciuridé. Entre les terribles guerriers, le retour d’El Mago et Andreu Baggins, l’ambiance était plus à Donjons & Dragons qu’au Top 15. Ce fut aussi spectaculaire que du Peter Jackson : trois essais toulonnais en première mi-temps, Bakkies qui nous a fait un numéro de papédé© en sortant tranquillou pour une fracture ouverte de l’annulaire droit (jour de fête dans la population sanglière varoise) et Andreu « sauvait l’honneur » (dixit Eric Bayle) alors qu’il ne restait plus que 41 minutes à jouer. Le Racing revint quasiment au contact du RCT avant que les Toulonnais ne passent la seconde, juste assez pour montrer qui est le patron (enfin, derrière le Stade Français).

32-23. 4 points pour les armées de Mourador.

 

Oyonnax (8ème) – Montpellier (10ème)

Avouons-le, il n’y a pas spécialement de moment idéal pour visiter Oyonnax, mais il y en a des encore moins idéaux que d’autres. De nuit, en plein mois de janvier, dans la boue et le froid, le match avait un petit côté reconstitution de la bataille de Verdun. La question était bien sûr de savoir si l’effet Jake White persisterait au-delà du sursaut contre le Champion de France et d’Europe la semaine dernière. L’embellie fut de courte durée. A défaut de jouer dans un champ devant cinq personnes et un chien, l’équipe de M. White s’est inclinée devant dix mille personnes et un ours. Silvère Tian ne manqua pas d’ironiser sur la chose en mettant une deuxième couche après le match où il s’est illustré par un doublé. Une petite pensée pour Fabien Galthié, poussé vers la porte, qui a dû malgré tout bien se marrer en regardant la mine déconfite de son président, bien au chaud chez lui devant sa télé. Se faire lourder juste avant le déplacement à Oyo, non, c’est bien joué, Fabien, c’est bien joué.

20-13. 4 points les Fast and Urios.

 

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Bal tragique à l’Altrad Stadium : un licencié

 

 

Bayonne (15ème) – Lyon (12ème)

Si à 18h30, vous étiez en train de regarder ce match alors qu’il y avait Oyo-MHR, UBB-Grenoble ou encore Toulouse-La Rochelle, c’est que vous êtes vraiment fan d’une de ces deux formations et nous ne pouvons rien faire pour vous à part vous exprimer toute notre commisération. L’Aviron Bayonnais l’emporte à domicile, c’est normal, ils ont deux internationaux. Le LOU s’incline d’un point après avoir joué vingt minutes à 14 et c’est bien fait. On veut faire les malins à gagner en infériorité numérique et voilà ce qui arrive quand on ne respecte pas l’adversaire.

23-22. 2 points pour l’Aviron qui pour le coup, aura sorti les rames.

 

Bordeaux-Bègles (6ème) – Grenoble (5ème)

Le match des ceux-qu’on-aimerait-voir-dans-les-6 à la place traditionnellement dévolue au Castres Olympique et au Racing Metro 92. Visiblement, cette année le CO a décidé de jouer le jeu, et Montpellier semble décidé à laisser sa place aux Alto-Séquanais, donc lâchez-vous, les mecs, c’est jouable ! L’équipe qui recevait s’est imposée grâce à une nette domination des avants (mention au girond talonneur Avei) et au buteur en forme du moment Lionel Beauxis qui enchaîne les pénalités comme autant de bras d’honneur depuis son départ de Toulouse. Pour les Grenoblois, la question se pose de savoir s’ils s’effondrent un peu en avance cette année ou s’il s’agit d’un simple revers. Réponse à Montpellier lors de la prochaine journée.

34-16. 4 points pour le couple Juppé-Mamère.

 

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Landreau, vert, constate avec amertume que le FCG n’est pas tout terrain.

 

 

Clermont-Ferrand (3ème) – Brive-la-Gaillarde (11ème)

Ah, le derby. Des paysans cherchant à se prouver qui est le meilleur, on se serait cru dans l’amour est dans le pré. Après une première mi-temps peu enivrante, les équipes ont haussé le niveau pour faire honneur au Top 15. Pour le reste, le scénario est à peu près ce à quoi on s’attendait : Clermont marque des essais, Brive a été en infériorité numérique, Rado marque un essai tout seul. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Et l’ASM fait le plein avec une équipe remaniée.

44-20. 4 points pour les plus civilisés.

 

Toulouse (7ème) – La Rochelle (14ème)

Quand une équipe du calibre du Stade Toulousain reçoit la lanterne rouge, l’affaire semble pliée d’avance. Seulement voilà, Toulouse est imprévisible et La Rochelle venait avec des ambitions ©. Au terme d’un match serré, Toulouse l’emporte de justesse avec, il faut le souligner, un essai contestable. Ce n’est pas pour autant le vainqueur qui avait l’air le plus heureux, car s’il s’est fait Bézy, blessé pour trois semaines-un mois. Soupe à la grimace pour le Stade Toulousain à la suite de cette victoire étriquée qui ne rassure pas. Avec un Imanol incertain et un Doussain pour le coup inévitable pour le prochain match de Coupe d’Europe, il faudra attendre la rencontre avec Bath pour savoir s’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain.

29-26. 2 points pour le Stade. Ah oui c’est vrai faut préciser : Toulousain.

 

Le point Montaigut-Besse

Toujours pas de match pour le club phare de la périphérie clermontoise. Les joueurs n’ont pour autant pas chômé puisqu’ils ont réalisé un entraînement de lutte. Et quand un joueur de rugby joue à la bagarre, on sait qu’il est heureux. Même pas besoin d’un ballon pour se justifier. Reprise ce week-end.

 

Les points Bouchers : Lyon & Toulon

Qu’est-ce qui est pire que de se prendre un KO de la part d’un adversaire ? Se prendre un KO de la part d’un coéquipier, de sa chaussure plus exactement. C’est ce qui est arrivé à l’ouvreur lyonnais Stephen Brett ce week-end, et tout cela mérite bien un point Boucher, le premier pour le LOU. Après délibération du jury, le RCT gagne un point boucher pour la blessure de Bakkies Botha, l’homme qui rit quand il écope de 14 points de suture sur le visage, quand il se fait péter le pif par un coéquipier et quand il s’arrache un doigt dans un ruck. Le jour de son autopsie (si tant est qu’il soit mortel), je sens qu’on va avoir des surprises.

 

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Comment on dit « Même pas mal » en afrikaans?

 

 

Le classement

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Le Stade Français reste leader du Top 15 grâce à sa victoire sur une équipe castraise qui retrouve les bas-fonds du classement, mais Toulon revient ex-aequo grâce à son deuxième ligne cyborg. Derrière, Clermont-Ferrand est le seul à pouvoir suivre. Toulouse se classe 5ème, ce qui inquiète la Commission Bouchère, qui pensait avoir créé un championnat privilégiant le beau jeu. Heureusement Bordeaux-Bègles est en quatrième position. Montaigut-Besse, qui n’a pas joué cette semaine, se classe 9ème avec deux matches de retard. La Rochelle ferme la marche© avec 16 petits points, soit presque trois fois moins que les Parigots.

 

Le Bâton de Boucher : Benjamin Urdapilleta (Oyonnax)

Rien de nouveau sous le soleil, ou plutôt dans le brouillard oyonnaxien. Apparemment Montpellier était venu dans l’Ain pour gagner, pas pour se bagarrer. Au final, ils n’ont eu ni l’un, ni l’autre. Merci Jake. Au moins avec Fabien, on se marrait.