Le Catalabo analyse USA Perpignan – Stade Toulousain
par l'Affreux Gnafron

  • 10 avril 2013
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Par L'Affreux Gnafron,

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Contextualisation de l’événement relaté ci-après : 

Affrontement catalo-français pour ce quart d’Amlin Cup entre Perpignan et Toulouse. Mais qu’est-ce que l’Amlin Cup me direz-vous ?

L’Amlin Cup est une compétition européenne opposant des clubs de rugby professionnels (et les Basques de Gernika, Bayonne et Biarritz) qui se déroule en marge de la grande H Cup (où l’on retrouve le Stade Toulousain et le Leinster). La loi Evin nous interdisant de mentionner le nom du sponsor (célèbre brasseur néerlandais à ne pas confondre avec le danois Carlsberg), il ne sera aucunement question dans cet article de la moindre mention à Heineken. 

L’Amlin Cup, c’est un peu le challenge Chapi-Chapo que ton équipe est obligée de disputer quand tu n’as pas été capable de te qualifier pour les phases finales du championnat. Selon les comités, il porte plusieurs noms : Challenge Banania© (où le vainqueur gagne son poids en chocolat en poudre), Challenge Cochonou© (pareil mais en saucissons) ou  Challenge Crédit Agricole© (le pire de tous car tu ne gagnes rien hormis un jeu de maillots immonde et une coupe que même Benjamin Lapeyre refuserait d’arborer).

Mais gardons-nous de galvauder une compétition qui a été remportée par des clubs aussi prestigieux que Bourgoin, Colomiers ou même Clermont (à 2 reprises). Oui, vous avez bien lu Clermont, ce qui achève définitivement de décrédibiliser cette coupe.

Le contexte sportif : 

Côté toulousain : donner du temps de jeu à Grégory Lamboley, permettre à des jeunes comme Baille, Nicolas ou Tolofua de taper dans l’œil d’un recruteur de ProD2 (ou de Bayonne, ce qui revient au même), prouver que le doublé est impossible.

Côté catalan : goûter de nouveau au parfum de phases finales et tenter de remporter le titre pour obtenir un ticket en H Cup l’an prochain, sésame pour la survie du club. Rappelons que sans cette qualification européenne, l’Usap sera reléguée en 4ème Série et, pire encore, avec Jacques Delmas en tant qu’entraîneur.

Côté France Télévision : tester le sang-froid et le professionnalisme de Jérôme Cazalbou en lui imposant un commentateur ivre à ses côtés. S’il franchit cette épreuve, il passera à Sylvain Marconnet puis affrontera le boss final, Matthieu Lartot. Courage Jérôme !

3 défaites contre Perpignan la même année, c'est dur, d'accord. Mais c’est pas une raison pour plus vous laver les joues, vous êtes malade ou quoi ?
3 défaites contre Perpignan la même année, c'est dur, d'accord. Mais c’est pas une raison pour plus vous laver les joues, vous êtes malade ou quoi ?

Les équipes :

Derrière Niko Lamas (frère de l’inoubliable interprète du Rebelle), Guy Rado (frère de l’ouvreur clermontois) et Petit Tao (frère du Grand) on retrouve les Princes du Pacifique Tao-Vaha et une troisième ligne 100% catalane Leo-Tuilagi-Strokosch. Hook fait toujours office de tuteur à Cazenave alors que le poussin Piou-Piukala et Mafi occupent le centre. Le public aura les yeux de Chimène pour Sid, Planté à l’aile. Monsieur Hume officiera à l’arrière, au four, au moulin et à la buvette.Côté toulousain, Maître Guy a désigné une horde de jeunes inconnus pour cette mission suicide : Poux, Kakovin, Millo-Chlusky, Lamboley, Galan, Burgess, Beauxis, Fickou, Fritz, Donguy, Matanavou ou Médard seront donc encadrés par Maka et Nicolas.  Il paraît que Servat avait laissé son poste de talonneur à un obscur géorgien mais comme il finira à Tournefeuille ou Castanet l’an prochain, on s’en tape. 

Le match : 

Il démarre par l’hommage rendu à Samueli Naulu, ancien troisième ligne reconverti ailier, tragiquement disparu dans un accident de voiture. L’occasion de saluer également la mémoire de Jean-Baptiste Gobelet, évoluant aux mêmes postes et disparu depuis dans un accident de rugby à Sète. 

Si vous avez suivi le match sur France4, vous n’ignorez plus rien des mensurations des joueurs sur la pelouse mais vous vous demandez sans doute pourquoi Laurent Bellet s’est obstiné à prononcer l’acronyme USA Perpignan comme s’il s’agissait des Etats-Unis. Nul ne le sait, et comme il a peut-être désaoulé depuis, il ne s’en souvient plus lui-même.

Les Catalans offrent une entame de rêve à leurs supporters. Hook enquille une pénalité dès la première minute. Tuilagi, bouffi, multiplie les charges. Les temps de jeu s’enchaînent comme sur des roulettes, Grégory Lent Boulet (non,il ne s’agit pas de Grégory Le Mormeck ) commet faute sur faute. Un maul catalan emporte la défense toulousaine

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sur plus de 35 mètres et, après plusieurs temps de jeu, petit Tao aplatit en coin. Il en profite pour éparpiller l’ensemble des défenseurs stadistes façon puzzle. Aimé Giral chavire de bonheur et l’Usap mène 10-0.

Mais ce remake de la finale de H Cup de 2003 va pousser plus loin le mimétisme. Dans le rôle de la blessure de l’arbitre Chris White à la 12ème minute, on retrouve Nicolas Mas qui se flingue un genou et laisse sa place à Kisi Pulu, moins jovial que Monsieur Spreadbury. 

A peine le temps d’apprendre que Florian Fritz est un joueur qu’on connaît peu, que Grégory Le Corvec joue désormais à Carquerannes, en ProD2 et quelques‘Woooooo’ plus tard, le Stade mène 12-10 à l’aide de la botte de Beauxis, qualifié de ‘buteur naturel’. A l’image des Toulousains, l’inénarrable Laurent Bellet est dans son match.

Matanavou nous offre un sympathique intermède comique en échouant dans une série de dribbling et annihile une bonne occasion d’essai. Mais les avants catalans mettent la main sur le ballon, et leurs adversaires au supplice par la même occasion sur une série de mauls et de percussions. 

Une bonne prise en touche accouche d’une mêlée spontanée monstrueuse et Mafi, d’une jolie biscouette envoie l’indispensable Sid dans l’en-but. Hook ne se prive pas de transformer et la mi-temps est atteinte sur le score de 17 à 12 pour les hommes de Delpoux.

La seconde période commence comme la première pour les catalans. Dans le sillage de Grand Tao, le handballeur, les individualités perpignanaises prennent le dessus sur leurs homologues toulousaines. Même Leo y va de sa percée monumentale et une séance de pilonnage de la ligne toulousaine se met en place. Opportunément exilé sur l’aile, Vaahamahina bénéficie d’une longue passe sautée de Hook et s’affale dans l’en-but, à peine importuné par la tentative de défense de Médard. Voir Wolverine tenter d’atteindre le haut du corps du jeune seconde ligne pour lui bloquer les bras (et peut être même le retourner) restera comme un grand moment du match pour les supporters catalans. 

Perpignan mène alors 24/12, nous jouons la 45ème minute et rien ne semble pouvoir infléchir la destinée de ce match. Mais il faut toujours se méfier du jeu à la toulousaine, à base d’en-avants non sifflés et de décisions arbitrales litigieuses. L’essai de Maka, initié par une bonne relance de Médard et un gros travail de Jauzion, récemment entré en jeu, est ainsi entaché d’un en-avant si grossier qu’il en devient vulgaire. Le score passe à 24-19 et Toulouse entrevoit le bonus défensif.

L’entrée de Tolofua et sa première touche redonnent du baume au cœur des catalans. Deux lancers pas droits plus tard (mais un seul sanctionné) et Dan Leo décide de corriger les problèmes de vue du jeune talonneur stadiste. A l’aide d’une manchette. Mais comme dit la chanson de Rolland : placage de Dan

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Dan Leo, haut haut haut, Dan Dan Leo, au au frigo !

Dan Leo qui est un troisième ligne de 119kg avec un bras droit.. et un bras gauche (merci Laurent, mille fois merci !) récolte donc un carton rouge alors qu’il reste un quart d’heure à jouer. L’Usap à 14 souffre, une succession de mêlées à 5 mètres met le pack catalan au supplice et sans Luke Burgess, l’essai était acquis. Mais l’Australien, fidèle à sa légende, nous offre une fulgurance dont il a le secret et, bien aidé par Farid Sid, parvient à éviter l’égalisation stadiste.

LE moment où Maître Luke succombe au petit côté obscur.
LE moment où Maître Luke succombe au petit côté obscur.

David Mélé prend alors les clés du camion, multiplie judicieusement les coups de pied et profitant de l’excellente fin de match de Grégory Lamboley, l’Usap récolte deux pénalités transformées en autant de réussites de James Hook. Le rugby, ça se vit nous annonce Laurent et il a bien raison.Perpignan s’est donc imposé pour la 3ème fois de la saison face à Toulouse. On aurait vu Guy Novès consulter marabouts, magnétiseurs et rebouteux afin d’éviter à tout prix la qualification catalane pour les barrages du Top14. 

L’homme du match :

Sans conteste Laurent Bellet : il aura réussi l’exploit de nous faire regretter Christian Jeanpierre et Pierre Salviac. L’alcool n’excuse pas tout comme on dit chez Marc de Rougemont. Entre obsession pondérale digne d’un magazine féminin à l’approche de l’été, onomatopées innombrables à base de ‘Woooooo’ et sentences approximatives, le commentateur nous aura régalé tout au long du match.

Laissons-lui d’ailleurs le mot de la fin : ‘L’USAP, ça c’est un mot qui existe dans le rugby’. Chapeau, l’artiste !

Laurent Bellet, habitué des gamelles en direct.
Laurent Bellet, habitué des gamelles en direct.
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