La Lab'ougnat analyse Grenoble-Clermont (10-17)
par Pastigo

  • 25 février 2013
  • 11

Par Pastigo

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Je n'avais pas forcément prévu de parler d'un match à Grenoble, riche d'un lot d'excuses valables à fournir au chef. C'est bientôt Noël, je ne savais pas qu'on était le week-end, je ne vois pas pourquoi je me taperais du Top14 alors que tu passes ton temps dans des boîtes toulousaines… seulement j'ai noté avec effroi cette phrase de Canal+ au coup d'envoi : « L'affiche de ce week-end ». Elle résonne encore, tenace, me forçant à faire face à mon ignorance.

Car, jusque-là, un match de Grenoble m'inspirait autant qu'un fond de ligue celte ou qu'une tranche de jambon blanc. Ce genre d'équipe dont il faut absolument reconnaître le talent, louer l'effort, admirer l'exploit. Un peu comme l'handisport aux JO, une sorte de cause noble, chacun se scandalisant de voir que les autres ne s'y intéressent pas non plus.
Mais c'est l'affiche. C'est comme ça, les oracles en ont décidé ainsi. Pourtant le même jour avait lieu un match de Toulouse, les slips de Médard étant plus médiatisés que la moitié du championnat, il était donc facile de se tromper.

Bref, puisqu'il faut parler de Grenoble et bien parlons-en, vous n'êtes cependant pas obligés de lire si vous avez du bois à rentrer ou une truite à vider, enfin vous trouverez bien une excuse pour ne pas le faire.

Grenoble est une ville en montagne, comme Clermont, dont tout le monde se fout, comme Clermont, avec une équipe de rugby, comme Clermont, où jouent des vieilles stars toulousaines, comme Clermont, mais où on n'est pas foutu de produire un pneu correctement.

Il s'agit tout de même de la 16e ville de France, comme son classement présumé à l'avant saison. Seulement voilà qu'à l'instar d'un vulgaire Racing ou d'un drôle de Castres en leurs temps, Grenoble vient jouer les trublions en haut du classement devant l'USAP (ahah), le Stade Français (AHAH) ou même Biarritz (bon…).

L'équipe se targue même d'une belle série d'invincibilité à domicile, ce qui a de quoi impressionner les jeunes Clermontois qui viennent tout juste de se sortir des griffes du terrible Mont de Marsan.

Clermont doit pourtant croire en ses chances, une victoire lui permettant de recoller au leader Toulonnais défait la veille dans le Tarn. Certes, on peut remercier l'arbitre, mais Mourad aussi. Celui-ci lui offrant l'occasion d'une bien belle intervention qui lui permet de reprendre la tête du buzz ranking devant le mariage gay et la démission du pape. Petite forme cependant. Certes, l'arbitrage était une cible évidente, mais il aurait pu préciser que la Ligue avantage sérieusement Clermont en lui opposant Mont de Marsan puis Grenoble alors que Toulon se déplace à Castres. C'est dégueulasse.
Pourquoi je parle de Toulon ? Parce que parler de Grenoble invite machinalement à parler d'autre chose.

Dès le début du match, on comprend pourquoi Grenoble s'est invité dans la première moitié du Top14. Ils ont appris, ont récupéré les points forts des autres équipes à leur avantage, de sorte qu'ils arrivent même à améliorer les stats en touche de Toulouse sur ce match. C'est assez impressionnant cette rapidité à se mettre au niveau, du coup Clermont n'hésite pas à taper en touche dès que possible avec l'assurance de récupérer la balle sur le lancer adverse.

Du coup c'est presque malgré eux que les Auvergnats monopolisent le ballon, bien aidés encore par une étonnante faculté grenobloise. Appelons ça le ruck-réflexe, dès qu'un Alpin se met à quatre pattes une demi-douzaine de ses compatriotes vient s'empaler dans son cul et ce quel que soit l'endroit. Le ballon étant deux mètres à gauche, un Auvergnat se sert et court tout seul. Il y a sûrement un plan certain derrière tout ça, peut-être de la déstabilisation, je ne saurais dire je ne suis pas stratège.

Pour le moment les résultats peinent à poindre, et malgré ces techniques novatrices l'ASM impose son rythme et ce avec Senio et Skrela à la charnière. Ce même Senio qui est plutôt bon d'ailleurs, comme quoi jouer une fois tous les 5 ans permet de conserver une certaine fraîcheur. C'est un mystère ce Senio, on ne peut pas dire qu'il joue mal mais on ne peut pas dire qu'il est bon non plus en le faisant jouer deux matches toutes les années bissextiles lors de rencontres à branlées, si ça se trouve on a le meilleur 9 du monde et on ne le sait pas. Faudrait l'essayer sur un match perdu d'avance, en demi de Top14 ou de H-Cup par exemple, j'envoie un mail à Vern.
Tout ceci nous amène cependant face à l'inexorable, un essai fidjien sous la neige. Et c'est

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Nalaga qui plantera le premier sur une superbe action de Monsieur Berdos. Ce dernier fut la pièce maîtresse auvergnate de cette première mi-temps, conscient que les maladresses auvergnates restaient malheureusement stériles malgré une possession évidente. Du coup l'ASM marque sur son action la plus vilaine alors que d'autres auraient tout de même eu droit à un bonus artistique. Après cette belle prestation, Monsieur

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Berdos, sans doute épuisé, décrochera un peu de la partie en sifflant un en-avant de Sivivatu qui lui n'existait pas. On ne lui reprochera pas cependant ne pas avoir accepté l'essai grenoblois en raison d'une fofanade pas évidente lui ayant déjà octroyé le rang de héros.

La seconde mi-temps verra les Grenoblois revenir (un peu). Plus assurés, moins maladroits, et surtout moins ProD2 ils arrivent à enchaîner quelques temps forts cependant bien maravés par une défense auvergnate à la Bardy. C'était sans compter sur la neige qui permet aux Fidjiens, dans leur élément, de briller encore. Avec une paire Stanley-Rougerie brillante exploitant les erreurs iséroises (en gros l'ASM attend gentiment les conneries de Grenoble, à raison) Sivivatu est lancé pour le second essai auvergnat en coin.

Ça fait la tronche en montagne, d'autant que l'Auvergnat jovial impose de longues séquences à Grenoble qui perd dix ans d'espérance de vie par tranche de dix minutes.
Le match étant plié, c'est le moment préféré des Auvergnats pour se remettre en danger et laisser passer Pélissié (qui n'est pas fidjien, enfin je ne crois pas) qui vient perforer une non-défense à la bayonnaise.

Quelques relances plus tard, les espoirs grenoblois se perdent à la sirène dans un traditionnel en-avant et Clermont s'impose à la coule chez le miracle isérois qui prend un coup dans la tronche et n'est donc plus imbattable chez lui.

En route vers la réception de Toulouse ! Malheureusement, Grenoble jouant le même jour ce ne sera pas l'affiche du moment, mais ça peut être sympa quand même.

Les joueurs clermontois

Les Fidjiens, qui sont parfois All-Blacks aussi, ont fait leur boulot de Fidjiens en courant de manière complètement fidjienne. La défense a été très efficace, sauf sur l'essai grenoblois mais c'est assez normal pour Clermont. Rougerie et Stanley ont été brillants, Sénio a été vu à la télé. Les avants ont dominé leurs adversaires.

Les joueurs grenoblois

Sowerby a été bon. En fait je dis ça parce que c'est le seul que je connais.

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