Le jour où j’ai pris une veste
par La Boucherie

  • 14 février 2013
  • 10

Par Pack Dequinz,

Voilà, je suis de retour dans mon cocon perpignanais et vous avez quand même de la chance que mes doigts soient dégelés parce que si j’avais dû compter sur mes orteils, vous auriez certainement attendu le printemps pour lire mon récit.
Je reviens de Paris jusqu’où j’ai fait le déplacement express-24 heures pour assister à France/Galles depuis la loge dédiée aux vainqueurs des concours Cui-Cui du Stade de France. Ça ne partait pas trop mal faut dire : gagner ma place, choisir mon train, prendre une écharpe et une veste.

Une seule veste. Il ne m’aura pas fallu entrer profondément dans les terres françaises pour comprendre de quel bois je n’allais pas me chauffer et que j’aurais mieux fait d’embarquer un bonnet. Mon pays avait froid et les paysages tiraient la gueule sous une couche de neige épaisse comme une défaite contre l’Italie. J’ai choisi de faire fi du rhume à venir et de me détendre pendant mon trajet lorsque, considérant mes co-voyageurs, je remarquais un voisin de marque dans mon wagon : notre Pierre Villegueux, anormalement serein et le Midol à la main. Alignés devant lui, trois casse-croûtes emballés dans du papier d’alu. Sans faillir, l’homme a englouti dans l’ordre le jambon/beurre, puis le pâté/cornichons pour conclure avec je ne sais quel fromage affiné à coeur par les radiateurs de la SNCF thermostatés à fond. Pas gêné par l’odeur une seule seconde (notez le coma gazeux du voisin de banquette), notre bienheureux Pierrot a tôt sombré dans une sieste digne d’un grand épicurien pour enfin éclater la bulle à notre entrée dans la capitale.

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Villegueux en pleine agression olfactive

Paris est une ville qui a le désagréable talent d’angoisser les catalans, même depuis 2009 je veux dire. On a un peu l’impression d’y retrouver notre été d’invasions, sauf qu’il y fait moins beau et même franchement froid en ce week-end de 6 Nations. Comme vous l’a déjà expliqué le copain Mormeck, il n’y a pas le métro à Perpignan et tout un tas de codes particuliers m’échappent dans les souterrains de la capitale. C’est un déplacement que je ne m’autorise qu’en cas de force majeure ou de finale usapiste, c’est à dire encore moins que la fréquence à laquelle j’écris pour Boucherie Ovalie. Aussi, je n’ai pas flâné pour rejoindre la banlieue, oubliant au passage de saluer les bouchers indigènes et de faire une petite visite à Porical perdu tout seul dans la grisaille.

À St Denis, après une rafraîchissante visite de l’extérieur du monumental bâtiment, la sécurité en place a enfin consenti à

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nous laisser entrer au chaud, en direction des loges et du poêle… après que notre charmante hôtesse ait expliqué pendant quinze bonnes minutes qu’il n’y avait rien à craindre de notre part (certains dont moi étions travestis en supporters gallois) et que de toutes façons, Andy Powell ne faisant pas partie de la sélection rouge cette année, les expositions du nouveau sponsor de l’Équipe de France ne risquaient rien.

Le contexte

Est-il vraiment utile de faire un énième point sur la situation des deux équipes avant la rencontre ? Même Télématin a abordé l’épineux sujet de la bipolarité de Ouin-Ouin et de sa phobie des moustachus, ainsi que celui du complexe du gallois après sa déroute face au voisin leprechaun. Alors je vais pas me fatiguer à vous expliquer le pourquoi du comment ces deux formations ont choisi de ne pas changer une équipe qui perd mais juste son capitaine. Vous n’avez qu’à demander à Masqué, il ne risquait pas la grippe à suivre le match depuis Toulouse lui.
Me concernant, tout se présentait au mieux. De la chaleur, à boire, à manger… Costes et Marconnet.

Le match

Que vais-je bien pouvoir vous raconter de cette partie moi ? Que j’ai goûté à toutes les mignardises de chez LeNôtre et fait honneur au bar ? Que pour tromper l’ennui j’ai pisté Sylvain Marconnet, posé près de lui sur la photo, proposé une tartine au Brie dans l’espoir de l’entendre sortir une vanne d’envergure ? Ouais, je l’ai fait et ça ne l’a pas vraiment fait marrer. À moi non plus du coup. Que je me suis tellement emmerdée que j’ai repris la cigarette après un an d’abstinence, grattant direct dans le paquet du très patient Arnaud Costes, qui par ailleurs n’en a pas allumé une seule… ? Sensible au charme des catalanes (hé ho je le sais hein !) et abattu par le spectacle du terrain, le pauvre bougre m’a bien malgré lui replongée le temps d’un match dans les affres de la dépendance. Un tel manque de volonté de ma part est désespérant. michou

Désespérant comme le jeu de nos bleus, parce que globalement le France/Galles de cette année, c’était quoi ? Deux équipes dans le doute après une défaite gênante pour les uns et une interminable série sans victoire pour les autres. Un match fermé, comme on dit à Canal + comme pour dire poliment que la partie est chiante, qu’on se les gèle et qu’on serait tellement mieux à la maison à siroter une verveine brûlante, avec une larme de Calva si possible. Car ce n’est pas sur cette Équipe de France qu’il fallait compter pour envoyer des degrés, du hot. Avec un maillot sur le dos je veux dire. Sur ce point particulier, je serais ingrate de ne pas remercier Fifi Saint-André de ne pas avoir changé les ailes et l’arrière. C’est toujours ça de gagné. Depuis la peau de panthère rose (oubliée par Ovale de

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Grâce lors du Classico © en octobre dernier) installée par mes soins sur la moquette de la loge et à l’attention particulière de Marconnet, je n’ai pas souvent vu les français approcher l’en-but des hommes de Cambrie. Et je n’ai pas vu Sylvain non plus, ou alors de dos et de loin.

L’ovalie française a du mal à se regarder dans un miroir depuis le week-end dernier. Comme moi, elle a chopé l’état grippal et le seul remède semble en être une victoire à Twickenham ou à Dublin. Espérer les deux serait sévèrement arrogant et dans l’immédiat je vais me contenter d’un bon grog bien tassé et d’un peu d’aspirine. Pour le tournoi, on verra l’an prochain. Après tout, c’est bien pratique une cuillère en bois pour touiller le coq au vin…
Avec le recul je le comprends un peu PSA, surtout quand il n’y comprend plus rien. Qui peut vraiment analyser la déroute des nôtres, les mêmes qui ont croqué les australiens en novembre dernier et qu’on imaginait sans trop se la péter devenir chelemards ? Certainement pas moi et pour tout vous dire je craignais que le PSG nous les pique tant ces garçons-là commençaient à briller dans ma télé, vêtus de Lycra dans quelque bijou de l’automobile allemande… jusqu’à ce qu’une petite turinoise les double en klaxonnant. Je suis de tout coeur avec Philippe quand il trouve que ces joueurs sont trop
sollicités et que Guy pourrait tout de même faire un petit effort pour ne pas trop les fatiguer, ou quand il n’arrive pas à trouver de troisième ligne valable parmi nos rangs français. Laporte, Lapinou et autres Domenech (oui, bon…) savent à quel point est difficile le métier de sélectionneur d’une Équipe de France.

Je ne me souviens pas d’avoir passé meilleure nuit que celle de mon retour en train. Je ne me sentais pas vraiment fière de la piètre prestation de nos poulets mais la grippe et le soulagement de retrouver ma tiède contrée m’ont aidée à trouver un

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sommeil de plomb. Je crois que j’avais surtout envie d’oublier d’autres moments humiliants de la soirée, besoin d’effacer de ma mémoire que je n’avais emporté qu’une seule veste pour finalement rentrer avec deux. J’ai beau me repasser le film du match depuis les hymnes de l’apéro aux sifflets du digeo, j’ai bien peur qu’avec Marconnet je me sois pris un râteau.

sdf