Le Lab'ougnat analyse Leinster-Clermont (21-28)
par Pastigo

  • 19 décembre 2012
  • 12


Par Pastigo

Le contexte :

Ahhhhhh l’Irlande. Ces hommes en jupe à carreaux, sa tour de Londres, ses châteaux hantés. Quoi de plus propice au voyage que ces rencontres de H-Cup ? Oublier un temps la saison d’Intervilles, découvrir le charme enjoué et coloré de ces villes anglo-saxonnes, en riant de voir ces clubs du Top-mou partir tête basse en Roumanie pour l’Amlin-Cup minière. Cette invitation à l’exotisme n’est réservée qu’à notre élite (et Biarritz, c’est une tradition) et chaque année elle est l’occasion de belles escapades à vil prix. A vrai dire tout est compris, voyage, hébergement, nourriture, même les branlées punitives sont gracieusement offertes. Et s’il faut avouer que la bouffe n’est pas toujours terrible, l’ami irlandais se montre d’une générosité sans pareille quand il dispense dans une étreinte son amour complice.

Et quand il s’agit de s’épandre contre les reins de sa princesse l’Irlandais attend chaque année le retour de son Auvergnate avec une impatience sans égale. C’est qu’aucune autre ne s’offre aussi bien à ses guenilles sales. Il ne se lasse pas de vanter ses mérites d’ailleurs, c’est toujours un régal d’accueillir Cleûrmonte et son public est toujours exceptionnel. Tu m’étonnes O’Machin, à chaque fois on t’offre un match de gala ou au mieux une victoire de prestige, ce serait un peu malvenu de faire ta précieuse.

D’autant qu’on imagine qu’après le coït de la semaine précédente le rouquin restait sur sa fin. Vous êtes quatre à vous être inquiétés de ne pas trouver de billet à ce sujet, je remercie donc ma mère, mon père, mon autre père et Ovale Masqué. Cependant s’il s’agissait sans conteste d’un bien beau match, j’ai pris le parti de ne parler que de rugby. Et même en répétant quinze fois les mots intensité ou valeurs, en les étirant, en rajoutant des lettres, j’avais pas plus de dix lignes. Alors certes l’Equipe ne s’est pas gênée pour le faire, mais faut les comprendre eux sont payés.

Fort heureusement le match retour en terre brûlée au vent des landes de pierre promettait un fil conducteur nettement plus clair. Il n’est rien de mieux qu’une bonne grosse branlée dans sa gueule pour trouver matière au pamphlet romantique. Tout était écrit, l’hommage à Le O’Cullen programmé avec Le Seigneur des Anneaux en film du week-end, Rougerie au centre, James au drop, Fofana à l’en-avant. Bardy sera même titulaire, avouez que la perspective de jouer à quatorze contre le Leinster au bout d’un quart d’heure avait quelque chose d’épique.

 

Le film du match

Le coup d’envoi est donné par Brock James, dans un élan de positivisme je me dis que c’est peut-être la dernière fois qu’un Auvergnat touche le ballon et le moment est d’une vive émotion. Le vil Irlandais est à la réception et je me prépare à la percée assassine dans les cris de la seule foule qui peut prétendre à un accent plus pourri que le notre. Mais voilà que l’Histoire semble prendre une tournure inattendue, plutôt que de prendre 14 points en 7 minutes voilà que l’Auvergnat semble moins souffrir de l’émotion d’avoir quitté sa ferme. Mieux, ces longues années d’enfilades soumises lui ont fait comprendre qu’il est légalement possible de tenir tête à l’Irlandais. Il suffit de les imaginer en vert, c’est pas dur ce sont les mêmes, et c’est d’autant plus simple que beaucoup de Jaunards se rappellent leur avoir dérouillé le groin avec Marconnet à l’avant. Pour dire à quel point l’état d’esprit ça ne tient pas à grand chose. Les Auvergnats mettent rapidement la pression sur l’adversaire avec une grosse intensité (1 point intensité, il y en aura d’autres) et veulent imposer leurs valeurs (pareil). Parra, comme un Hobbit mais en méchant, montre l’exemple en saisissant fourbement le lacet de Sexton qui commet un en-biarritz et offre la première mêlée du match au Bougnat jovial. Celle-ci clairement à l’avantage du pack jaune, ce qui n’était pas gagné quand on se souvient du match aller, permet à Clermont de déclencher ses attaques qui pour le moment ne donneront pas grand chose, faut pas déconner.

L’entame de match est largement dominée des bouseux (une chance sur deux de savoir de qui je parle), Chouly découvre qu’avec du soutien être doué dans ce sport est carrément génial et Parra inscrit les premiers points.

Ce premier quart d’heure nous laisse alors croire que ce sera peut-être un jour sans honte et qu’une défaite avec les honneurs semble envisageable, une vraie petite fête en Auvergne. Étonnement ces 3 points ne suffiront pas et l’Auvergnat continue de gratter des ballons, d’être agressif, pénible, bref d’être irlandais. Ces mêmes Irlandais semblent bien dépourvus, regardent l’arbitre, et ne comprennent pas pourquoi M. Barnes ne siffle pas en leur faveur. Parce que tout d’abord c’est Barnes, et parce que la règle est claire : en cas de ruck, pénalité pour Sexton. Ca a toujours été comme ça, il se passe donc quelque chose de louche. Les choses ne s’arrangent pas, en plus des gros plans sur le O’Cullen voilà que Sextoy a des pannes et que Strauss doit faire remplacer un genou. Le travail est pourtant loin d’être parfait, nombre d’actions sont gâchées de part et d’autre par des fautes, relativisons en admettant que se prendre deux ou trois Leinstermen sur la paillasse n’aide pas à réussir sa chistera. Cependant l’Auvergnat profite lui aussi de chaque erreur pour bouffer une victime au regard apeuré, sans être à l’abri pour autant puisque Sexton ramènera son équipe à hauteur de l’Auvergne (c’est à dire pas bien haut, 3-3) suite à une grosse phase de jeu jusqu’à l’en-but.

Fort heureusement, Heaslip ayant tendance à faire n’importe quoi il redonne l’avantage aux Cotteriens grâce à une pénalité qu’il aurait d’ailleurs pu taper lui-même.

Le match reste indécis, Clermont a la possession du ballon bien aidé par une touche et une mêlée performante mais à chaque instant le Leinster peut se montrer dangereux avec le peu de ballons qu’il touche. Les bourrinages de chaque côté s’annulent malgré quelques beaux temps forts bien répartis et plus ou moins récompensés par les buteurs, au bout de 30 minutes nous en sommes à 6-9 et l’Auvergne se plait à croire que sur un malentendu on pourrait s’en sortir avec un match nul, 37 femmes sont au même moment violées Place de Jaude.

Et soudain, c’est le drame. Défiant les plus anciennes traditions

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et piétinant des décennies d’amitié irlando-auvergnate Fofana s’en va aplatir suite à une belle action de Sivivatu, Byrne et Nalaga bien redynamisée par Parra. Lartot érupte, j’attends cependant d’avoir visionné les dix séquences vidéo avant de m’autoriser un sourire. Et pourtant c’est indéniable, Fofana n’a pas respecté l’en-avant protocolaire et la marine irlandaise est déjà proche des côtes bretonnes. Les 37 Auvergnates sont découpées au taille-haie et leurs membres lancés dans une folle danse tribale.

L’affront à peine encaissé, les Irlandais voient Parra tenter de marquer dans la foulée, mais Barnes conscient de la catastrophe qu’il a lui-même provoquée siffle un en-avant de sécurité et renvoie tout le monde aux vestiaires sur un score improbable de 6 à 16.

Les pronostics vont bon train pour savoir comment l’ASM va finir à la traditionnelle seconde place de sa poule, et on s’attend à une seconde mi-temps irlandaise en guise de représailles. Pourtant le fier Auvergnat revient avec la même envie, et Ross avec la même misère ce qui permet à Parra de rajouter d’entrée 3 points suite à une mêlée.

Le Leinster semble inquiet et ne cherche même plus les touches malgré le retard au score, Sextoy doit le rattraper à coup de 3 points. L’Irlandais fait moins le mariole et se fait de plus en plus sanctionner, il finit même par se laisser un peu emporter par l’émotion quand O’Brien déboîte Sivivatu sans ballon et sort 10 minutes alors que Bardy le regarde en ricanant. Parra en profite pour rajouter 3 points, et à 9-22 les plus innocents s’autorisent à croire à une victoire. Barnes commence à paniquer, il siffle tout ce qu’il peut même quand il ne le peut pas, à voir son regard on sent qu’il ne maîtrise plus la victoire des

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siens. Fort heureusement l’essai auvergnat suivant prend la forme du traditionnel tas de gros qui sert à rien et il peut le refuser sans trop de difficulté. La mêlée clermontoise commence à faire vraiment mal à l’adversaire, c’est un peu jouissif même si l’arbitre prend soin de siffler avant de permettre un lancement de jeu et en ignorant tant que possible De Pénalité qui attend de pouvoir entrer. Impeccable dans sa gestion du 3ème essai auvergnat, il fait appel à la vidéo afin de l’annuler comme il se doit. Il n’y a plus de mêlée en Irlande et l’Auvergne de devant s’amuse, Parra ajoute encore 3 points et porte le score à 9-25. C’est évidemment quand ça semble plié que les affreux reprennent du poil du Cullen et s’en vont marquer un essai bien pénible à la 67ème. On se dit que ces salauds ont fait d’énormes progrès en matière de scénario et vont finir pour nous la mettre dans une séquence hollywoodienne. Parra rassure cependant en ajoutant 3 points et un 16-28 qui fait du bien à l’envie de se pisser dessus, il ratera même un drop pour rappeler à Brock que ce n’est pas toujours de sa faute. On approche de la fin et ça sent bon le fromage à croûte, et ce n’est qu’à la 75ème que Bardy prend un jaune. Rendez-vous compte, c’est énorme ! C’est comme si Baumgartner avait sauté de Neptune ! Jusqu’au bout le Leinster mettra le feu à mon slip, avec un essai à la 79ème de McFadden suite à une belle erreur generic flagyl clermontoise, qui rend d’ailleurs le bonus défensif aux Irlandais bien qu’il soit peu probable que cela suffise à apaiser les tensions désormais vives entre nos deux contrées.

C’est donc une sacrée belle victoire, sur laquelle seuls quelques intégristes dégénérés auraient parié avant-match. On pourrait presque se dire qu’en la jouant pas feignasse, et sans Dark Barnes, y avait de quoi finir avec un bonus offensif. Faudra quand même faire mieux la prochaine fois les gars.

Du coup, avec Clermont en tête de sa poule, Toulon qui a décalotté de l’Anglais le lendemain et Toulouse qui s’est facilement débarrassé d’un adversaire moins impressionnant (AHAH !) les joutes européennes à venir risquent d’avoir un bel accent local.

Les joueurs :

Clermont

Enorme travail de la mêlée, avec du très bon Chaume notamment, et une 3ème ligne magnifique. On peut s’amuser des paris-carton de Bardy, il participe grandement à épuiser l’adversaire. Parra a très bien dynamisé le jeu et les séances de full contact sur son punching Machenaud portent leurs fruits.
Nalaga a retrouvé toute sa puissance et permet à son soutien de briller en monopolisant 3 défenseurs, Sivivatu est clairement à son meilleur niveau.

Leinster

On s’en fout, ils sont presque éliminés et je ne vais pas apprendre les noms de joueurs de seconde zone.