Agen – Bath : WAHOU
par Capitaine

  • 24 octobre 2012
  • 2

Mal

gré les efforts des autres équipes, le RCT garde le trophé coupe de cheveux.

Challenge Européen. 2nd round.

La proD2 européenne.

Agen, Bath. Une affiche qui évoque plus un crunch France Angleterre des années 90 qu’un match de Amlin Cup. Le match pourrait faire rêver un admirateur de combat de boue ou encore un adorateur du jeu à l’ancienne et au vu des équipes, on a effectivement peur de voir autant de passes que dans une compil’ de David Marty.

Les forces en présence :

Agen, 12ème du top14, à 3pts de la zone rouge, n’a gagné que difficilement contre les 2 promus de cette année et celui de l’année dernière. Un bien piètre début de saison malgré deux premiers matchs accrochés contre le Racing et le BO. Mais la première journée européenne aura à moitié souri aux Agenais qui se sont difficilement imposés sur la pelouse italienne de Calvisano 31-36. Une prestation digne d’un redressement fiscal mené par Bernard Laporte. Vous l’aurez compris, le SUA commence le match à -12 points.

Bath, 7ème d’Angleterre,se maintient dans le ventre mou de ces pochetrons de cochon anglais. Et fort de quatre défaites d’affilée (Northampton, Sale, London Irish et Gloucester), les Bathois, Bathiens, Bathistes, Bassites (?), ne sont pas très sereins. Le premier match européen aura été une promenade de santé à Bucharest donc aucun intérêt de prendre en compte ce match ; c’est comme si Toulouse se déplaçait chez le 11ème de Celtique Ligue, une formalité. Mais comme on sait qu’une formalité peut en fait coûter une coupe d’Europe, on dira que Bath arrive en tant que favori avec + 15 points.

Ce qui fait des Français les outsiders, et comme les français jouent mieux quand on dit que ce sont des grosses merdes ça leur fait donc un bonus de +7 points.

Après on regarde les effectifs des deux équipes et on remarque qu’Agen aligne les espoirs ; les cons ont du intervertir les bus. On vérifie et non, ils ont bien aligné une bonne dizaine de joueurs espoirs. Et en face ils alignent l’équipe type, blindée de cap internationale et de joueurs expérimentés. C’est alors qu’on voit poindre au loin une grosse fessée, en mode j’te viole avec des graviers, pour les puceaux d’Agen.

On surprend Ollie Philippe dans une veste quelque peu particulière puisque j’aurais pu faire la même avec les rideaux de ma grand mère et des pots de peinture. Et en plus il parle. On comprend vite qu’il a pris des cours de français avec Byron Kellher : « Ils ont venous pour gagner » et on prie pour qu’il ne parle pas trop.

Le coup d’envoi est donné et les Agenais font preuve d’agressivité. Dès le départ ils emballent le jeu et après avoir utilisés les avants, c’est le jeune demi d’ouveture Lagarde qui sert un coup de pied par dessus à son second centre Petre qui n’a plus qu’à tomber dans l’en-but. Ollie Phillips nous gratifie d’un commentaire tout à fait exquis, à propos du second centre de Bath qui s’est fait devancer sous le ballon : « Il est déçou de pas avoir reçou le ballon. » Non mais sans déconner ! 3 minutes de jeu et un essai agenais. Quoi de mieux pour énerver les Saxons ? Je sors le pop corn, les rucks vont certainement devenir intéressants.

Le jeu s’étalonne un peu plus et alors que les Anglais rentrent en mêlée comme des sauvages et que l’arbitre ne dit rien, le talonneur Telefoni se blesse à l’impact. Pour un mec qui revenait de blessure, sortir au bout de 7 minutes, c’est un peu coupler une Benjamin Fall et une Skrela en une action, on applaudit la performance. Il sort donc, remplacé par un nouveau puceau.

Contre toute attente, en ce début de match, ce sont les avants agenais qui dominent, avançant sur chaque ballon autour des rucks. A la manette un demi de mêlée qui gére ce beau monde et envoie du jeu quand il faut et le SUA remonte le terrain face au vent. Mais c’est sans compter sur la sournoiserie anglaise et leur talent à pourrir les matchs où il y a un peu de jeu. Effectivement, ils renvoient aussi sec les Français dans leur 22 en une passe et un coup de pied. De quoi démoraliser les petits puceaux mais ils reviennent comme des affamés, toujours en mettant à mal les Anglais qui n’ont pas l’air de vouloir les retenir autour des rucks. Bien plus agressifs sur les extérieurs, les saxons ont l’air de vouloir laisser passer la première mi-temps et enterrer les Français au physique. A cause du vent, les petits jeunes ont peur de faire une performance au pied Skrelasque et préfèrent relancer des 22, pleins de fougue et d’audace, toujours menés par leur Capitaine qui enflamme cette première période. La fin de la première mi-temps sera très brouillonne, un concours de pénalité ayant apparemment été organisé entre les deux groupes d’avants. Les organismes sont fatigués et ça se sent.

Avant la pause, rien n’est fait, le score est serré malgré une belle première mi-temps des Agenais et une domination incontestable, si ce n’est en mêlée où l’expérience fait le boulot et les Anglais ont très bien assuré dans ce secteur. Le vent très fort qui pousse les Anglais leur permet de revenir facilement sur le terrain et les Agenais ne réussissent à finir le travail. L’essai anglais est digne d’eux même, un ballon perdu dans l’en-but et aplati par le numéro 9 Classens, très en jambe ce soir. On notera que l’arbitre ne laisse pas le jeu se dérouler car il n’y a pas d’avantage. Il sacrifie donc le SUA à 5m de leur ligne pour une mêlée qu’ils auraient de toute manière fait capoter. Merci qui ?

Merci l'arbitre.
Merci l’arbitre!

Au retour du vestiaire, alors que le SUA mène 10 à 8, le vent continue de souffler et cette fois-ci pour les Français. Le pack de pruneaux continue de dominer les rosbeefs, avançant sur les impacts, travaillant au ras des rucks… Mais c’est sans compter sur la sévérité du mec en jaune qui pénalisera le soutien agenais.

Derrière, Lagarde utilise deux armes : son pied et Benjamin Petre. Dans un style très Fritzien, le centre agenais aime les courses droites et tente à maintes reprises de faire la différence.

Mais les Anglais jouent maintenant au ballon et après deux placages manqués, la balle est écartée et, en bout de ligne, l’ailier de Bath n’a plus qu’à déposer le deuxième ligne qui lui fait face. L’arnaque de cette deuxième mi-temps: Steven Donald. Cet homme est désormais une arnaque vivante, un expert en la matière : après avoir gagné une coupe du monde en ayant joué 10 minutes, Steven Donald revient à Bath comme deuxième numéro 10. Devenu premier après le départ de Barkley au Racing, Steven Donald réussit une transformation en coin online pharmacy no prescription avec le vent de profil. Et puis se permet de mettre un essai. Inexplicable.

Le reste de la deuxième mi-temps ne sera pas très emballant, les Agenais vont peiner à rester dans le match, craquant physiquement, tentant d’occuper le terrain tant bien que mal. Mais c’est un essai à 25 secondes de la fin qui vient crucifier Agen. Trop fragile en mêlée, manquant de réalisme parfois et agrémenté d’erreurs que les Anglais savent bien exploiter, le SUA sera trop court. Malgré une jeune garde qui aura fait une belle prestation, à l’image du numéro 9, les espoirs du SUA ne seront pas passés loin d’un petit exploit.

Mais on aura droit à l’action du match pour se réconforter : le carton jaune de l’Anglais pour coup de poing… dans le vide.