Le Lab'Hérault analyse Montpellier – Agen (32-15)
par Fufu Bieragogo

  • 05 septembre 2012
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Par Fufu Bieragogo

Cueillis à froid par les Racingmen, puis dénoyautés par les Biarrots, le XV du pruneau continue sa compotisation à Montpellier. Et ça va pas être de la tarte. Les cistes, constipés dans le jeu, entendent bien décoincer tout ça en s'offrant un bon jus de pruneau concentré. Pour cela, l'oncle Droopy nous a concocté un XV de départ affamé avec les titularisations du jeune Artru à l'aile et de Peyras à l'arrière, et la présence de 4 troisième ligne, bien que Gorgodze porte le numéro 5. La rencontre s'annonce… explosive. 18h30 précises : monsieur Pomarède, qui sera le chef d'orchestre de cette nauséabonde symphonie, appuie sur le détonateur.

La première mi-temps : le calme avant la tempête

Le début de rencontre est poussif : les deux équipes se cherchent, les turnovers s'enchaînent, les mêlées s'écroulent, et de facto, les premières déflagrations se font entendre. Paillaugue répond à Barnard, le score est de 3 partout au quart d'heure de jeu. Il ne sort cependant rien de solide… enfin de concret, malgré une percée aussi belle que surprenante de Peyras qui trouve quand même le moyen de gâcher un deux-contre-un d'école avec Nagusa.
Le premier parachutage dans l'en-but intervient à la 27ème minute, avec un passage en force du pilier Jgenti à travers l'orifice défensif agenais. Trinh-Duc transforme, 10-3 pour les troupes de Fulgence Ouedraogo. Une déflagration qui n'est en fait qu'une fausse alerte. Jusqu'à la fin de la première mi-temps, malgré les poussées des deux équipes, on n'arrive pas à lâcher assez de lest pour décoincer cette rencontre qui, au final, reste ironiquement assez chiante.

La percée de Peyras. Comme quoi tout arrive.


La deuxième mi-temps : la libération

Le concert reprend dès le retour des joueurs sur le terrain : chaque mêlée est pénalisée (un peu au hasard) par Monsieur Pomarède, et les artilleurs en profitent pour faire grimper le score. Agen recolle ainsi aux basques des Montpelliérains (heureusement pour eux, ils n'y resteront pas longtemps), et se voit même refuser à juste titre un essai d'Erbani, rentré à la place de son capitaine Monribot, qui a servi de papier-toilette à Gorgodze en première mi-temps. Après une heure sur la cuvette, le score est de 13 à 9 pour les Héraultais.

C'est à partir de là que la voie se dégage pour les Montpelliérains, qui décident de mettre les gaz. Sur une bonne diagonale de Trinh-Duc devant l'en-but, Nagusa, à la retombée, gagne la ballon au pierre-papier-ciseau contre les défenseurs blancs, et offre l'essai à Cacarraro, lancé comme une bombe. Libéré, le MHR continue de pousser et décharge enfin la cargaison : Nagusa débloque son compteur d'essais grâce à une merveille de passe sautée de François Trinh-Duc. Le SUALG essaie de riposter avec les coups de pieds de Barnard, mais le trou est fait. 25-15 à la 72ème minute.

Et comme dans tout bon feu d'artifice, le bouquet final vient bruyamment clore le fétide spectacle. Sur une bonne combinaison en touche, Alexandre Bias sert Gorgodze qui s'infiltre entre les deux blocs de saut. Celui-ci fixe et donne à Julien Tomas qui fait un plouf dans l&#03

azithromycin

9;en-but et inscrit un essai d'école. Le coup de sifflet de M. Pomarède signe la fin de la partition : le MHR s'impose 32 à 15, bonus offensif en poche, et retrouve enfin un jeu plaisant, débridé, malgré quelques imprécisions. Le XV du pruneau, séduisant mais qui pèche dans la finition, peut se mordre les doigts et va devoir serrer les fesses pour sa réception du Stade Toulousain.

« T'as pensé au papier cul? » – « Oh merde. »


Les joueurs :

Côté montpelliérain, beaucoup de mieux : notamment chez Champagne Hape qui s'est montré plus incisif, et chez Peyras qui fut plutôt performant. Bon, il cirera quand même le banc au retour d'Amorosino.
Paillaugue n'a pas forcément facilité le transit de la balle, mais Trinh-Duc, dans un bon jour, a réussi à faire avec.

Le paquet d'avants fut encore une fois très compact. Ladhuie, dans le vent, revient à son meilleur niveau, avec un sans-faute au lancer. Watremez parut complètement à la ramasse en mêlée, mais on l'excuse, puisque même les arbitres ne semblent plus rien y comprendre.
A souligner l'énorme prestation des rouleaux compresseurs Gorgodze et Tulou, qui marchent sur les défenses comme des fakirs sur du charbon.

Alex Tulou, le cigare au bout des lèvres.


Côté agenais, le pack fut trop souvent sur le reculoir, en témoigne la sortie du capitaine Monribot, sonné sur une cartouche du Démon du Caucase. Seul Ross Skeate a su sortir la tête de la cuvette. Barnard, précieux au pied, a permis de coller au score sans pour autant apporter de solution offensive, et Silver Tian fut moins super-héroïque que son patronyme ne le laisse entendre.

L'arbitrage :

Parfaite illustration de cet immense bordel qu'est devenue la mêlée, ce match fut une véritable purge pour les premières lignes des deux équipes, si bien que la première « bonne » mêlée n'est arrivée qu'à la 73ème minute. Tant qu'on y est, autant la remplacer par un combat en cage, au moins y aura du spectacle.

Autre incompréhension : le double carton jaune adressé deux minutes avant la fin du match à Watremez et Agulla, coupables de s'être serrés par le col pour parler judo. Et si les cartons commencent à être distribués comme des coupons de réduc' McDo, les bouchers risquent bien, messieurs et messieurs, de devenir une race en voie d'extinction.

L'œil de Thibaut Privat :

« Ça a été dur, mais on a réussi à déclencher l'étincelle qui a fait déborder le vase ».

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