Le Million Dollar Labo analyse Mont-de-Marsan / Toulon
par Jonny WillKillSoon

  • 03 septembre 2012
  • 14

 

Par Jonny WillKillSoon et Pilou de la Boucherie,

 

Contexte

Peu de joueurs actuels du RCT connaissaient l’existence de Mont-de-Marsan il y a encore 5 ans. Si les salaires du TOP14 sont attractifs, les déplacements ne sont toujours pas des plus glamours. Il ne faut tout de même pas trop plaindre ces pauvres âmes dont le pèlerinage annuel en Corrèze a été annulé. C’est déjà ça. Pourtant, si ces incultes de mercenaires s’intéressaient un minimum au #rugbydavant, ils auraient su que Mont-de-Marsan est bel et bien un club qui marqua l’histoire du rugby avec la légendaire paire Boniface estampillée Valeurs du Rugby ©.

Toujours est-il qu’en plus de ce passé glorieux, Mont-de-Marsan a partagé avec Toulon les affres de la ProD2. Les deux clubs sont remontés en même temps, avec plus ou moins de succès. A une certaine époque, les Toulonnais ont aimé s’exiler sur la côte Landaise : Emmanuelli et la légende des Hachoirs d’Or, Grégory Le Corvec. Aujourd’hui, Laurent Magnaval et l’ailier supersonique au style peu académique Martin Jagr ont pris le chemin inverse. Les rares supporters toulonnais qui s’intéressaient au rugby avant que Wilkinson ne joue au RCT se rappelleront que Martin a grandement contribué à notre maintien en ProD2 et à la remontée. Un match chargé d’émotions donc. En même temps, ça ne devrait pas être trop dur non plus, faut pas déconner.

Après une branlée contre le BO et une prestation convaincante contre Toulouse la semaine dernière, les Montois reçoivent Toulon, le seul club de vrai rugby de France ©, et espèrent décrocher leur première victoire dans ce Top 14 millésime 2012, malgré l’absence de leur charnière habituelle Arrayet/Vignot-Tucquet, intermittents Top14 une année sur deux. Toulon, avec son équipe de mercenaires (nous vous expliquerons comment cette expression est désormais devenue obsolète), se pointe la fleur au fusil, en se disant que de toutes les façons, cogner le promu, ce n’est jamais bien compliqué… Ou pas.

Enfin, dernière précision, Pilou n’est pour rien dans le vol de la statue de Guy Boniface.

 

Film du match

Plutôt un court-métrage, en fait.

Le Stade Montois a pendant plus d’une heure maintenu sous pression des Toulonnais relativement amorphes et spectateurs. Cela a débuté dès la 4ème minute de jeu, avec une position de hors-jeu toulonnaise. Le jeune ouvreur Thibault Duvallet ouvre la marque, 3-0. Courage amis montois, plus que soixante-seize minutes à tenir.
6ème minute, Toulon en mode dilettante récupère la balle sur le renvoi, Botha assomme deux Montois et transperce la défense, avant d’être stoppé à quelques centimètres de la ligne. La balle arrive rapidement sur les extérieurs (comprendre : Wilkinson a fait une passe de 50 mètres) pour atterrir dans les mains d’Armitage. Puisqu’il s’agit d’un ballon d’ailier c’est bien entendu Steffon qui se trouvait à la réception du ballon et qui conclut l’action, heureux tel un Bouddha devant une boutique de friandises. Wilkinson manque la transformation, 3-5.

La suite de la mi-temps sera une succession de pénalités. Carton plein pour Duvallet, très précis dans son jeu au pied, que ce soit dans l'occupation ou dans ses tentatives de but. Se permettant le luxe de présenter un meilleur ratio que son idole anglaise. Pour la peine, Mourad lui a envoyé une proposition d’embauche, avec un gros chèque à la clef. Ses méthodes de recrutement ont fait leurs preuves, puisque ce sont celles du Stade Toulousain et de l’ASM.

Avant la mi-temps, Jocelino Suta recevra son bon-point « Valeurs » avec le chelem du crevard : entrée au casque dans un ruck, coup de tête appuyé et pénalité contre le soutien montois. Un geste de très haut niveau ! Toulon, pourvu d’une réussite qui frise l’indécence, vire ainsi en tête, 12-14, tout en ayant passé cette première mi-temps à regarder les Montois s’épuiser à chercher à passer en force.

A la pause, le demi-dieu landais, André Boniface, déverse son baquet d’urine chaude sur la tête d’un RC Toulon, certes en goguette, mais qui n’en demandait pas tant. On y reviendra à la fin de l'article.

Le début de seconde mi-temps est similaire : des Montois entreprenants, mais pas décisifs pour un sou (ou un point). Seule une pénalité de Duvallet, à la 65ème minute récompense les Landais qui passent à nouveau devant au score, 15-14.
C’est à ce moment que survient le tournant du match : Michalak is back dans le Top14. Au même moment, l’antenne toulousaine de Météo France note une augmentation de près de 200% du taux d’humidité dans l’air. Étrangement, les plus Fadas de la Rade, les premiers à baver sur la tête de ce joueur après son contre assassin au Vélodrome il y a deux ans, sont les premiers à saluer l’entrée en jeu du nouveau chouchou du club. Une preuve indéniable des Valeurs du Rugby ©.

Pour son grand retour au sein du meilleur championnat du monde connu, Michalak a la chance d’affronter le promu, un samedi soir humide, en jouant demi de mêlée, associé à l’un de ses rivaux internationaux, un des meilleurs n°10 de l’histoire du rugby et face à qui, il a perdu deux demi-finales de Coupe du Monde. En prime, il est dirigé par le mec qui l’a banni, pendant un temps, du XV de France. Sinon, Fred, content d’être à Toulon ? À cet instant de la partie, Toulon aligne Michalak, Wilkinson, Giteau et Mermoz. Tom Withford nous l’a confirmé, Bernard Laporte a eu une demi-molle à ce moment-là. Pourtant, malgré ses stars, Toulon est toujours accroché et mené d’un point à 10 minutes de la fin. Wilko redonne l’avantage aux Toulonnais, 15-17. Voyant le score et la fin du match, les joueurs décident enfin de s’y filer. On croirait presque à une victoire de raccrocs, estampillée Stade Toulousain.

73ème minute de jeu, suite à un gros travail de ses avants, avec notamment un excellent ballon porté et une grosse phase de préparation aux abords de la ligne d’en-but adverse, Van Niekerk trouve la faille pour aplatir en se jetant. Dans les tribunes, une Montoise soulève son tee-sh

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irt au moment de la transformation et dévoile un 90D naturel. Perturbé, Wilko se troue et tue deux éperviers. 15-22.

78ème minute, sur une touche à cinq mètres de la ligne montoise, les Toulonnais réalisent le premier lancer correct de cette saison, gros maul puis, bien aidé par ses coéquipiers, Conan aplatit et offre le bonus offensif au RCT. Wilkinson réussit la transformation.

Victoire Bonifaciée des Toulonnais. Défaite à 0 point pour des Montois qui n’ont pourtant jamais manqué d’envie.

 

Les joueurs

Les milliardaires :

Ni nuls, ni étincelants, les joueurs pratiquent un style de jeu entre la fausse torpeur et la décontraction négligée de Keith Richards. Une technique qui endort les adversaires comme le public, mais qui permet de réaliser une belle passe de trois, ce qui n’est pas arrivé depuis un bon bout de temps à ce club.

Les avants : Une première ligne dominatrice en mêlée mais sans plus. Suta nous a rappelé qu’il était le dernier joueur à avoir pris un carton rouge sous les couleurs toulonnaises. Il a aussi apporté une belle densité physique et une nouvelle solution en touche. Botha a été le trois-quart le plus perforant du match. JVN s’est envoyé en défense, Conan a fait très mal dans les pick & go et Armitage a essayé de compenser la relative faiblesse de son frère à l’arrière. Une troisième ligne pour 3 essais, le compte est bon.

Les arrières : La charnière rend une copie propre. Les trois-quarts, peu en vue, n’ont pas vraiment eu matière pour s’exprimer. Et puis on va arrêter de se mentir mais Alain Delon Armitage a un placement aussi approximatif que ceux des rentiers du CAC 40. Constamment en retard en défense, en attaque et toujours lobé par les coups de pieds profonds de Duvallet.

 

Mont de Marsan :

Les avants : Bons en première mi-temps, ils ont manqué de caisse en seconde. Le banc na pas fait la différence (au contraire). Dans son duel avec Botha, Botha n’a pas fait le poids. Ricaud est allé chercher bonheur dans la défense toulonnaise, sa puissance a permis à son équipe d’avancer dans son sillage. Il a également survécu à une tentative de strangulation de Bakkies. À noter que le pilier montois Mailau (n°23) se positionne en favori pour le concours de la coupe de cheveux foireuse de l’année (voir photo).

 

Matt Giteau est encore passé par là

Les arrières : mention très spéciale à Thibault Duvallet, excellent, toujours à 100% au pied après 3 journées et auteur d’un drop avec poteau rentrant sortant. La classe. Chedal, dans un style bien Bastaresque, a tenté de tuer l’ensemble des défenseurs toulonnais avec des charges fringantes. Malheureusement il éteindra un peu plus tard son troisième ligne Britz dans un regroupement. Jagr s’est rappelé aux bons souvenirs de Mourad en étant certainement le trois-quart le plus en vue de la partie. Par contre, faut le prévenir que la nuque longue ne se porte plus en France depuis la retraite sportive de Philippe Candeloro.

 

Les phrases :

Difficile de ne pas parler du monologue de Boniface qui suscite de vives réactions.

(Merci à www.blog-rct.com pour la vidéo)

Nous attendons avec une impatience non feinte celle de MB, même s'il est vrai que, comme dirait JBE, le rugby, c’était mieux avant. C’était sans doute mieux quand le coup d’envoi donnait lieu a une bonne générale de dix minutes, quand les mecs se filaient des coups de genou dans la courge, des coups de pompe dans les côtes ou relevaient les mêlées à grand coups de manchon dans la gueule parce que le pilier avait mangé l’oreille du talonneur adverse. C’était carrément mieux, ouais (heureusement, pour tout ça, il y a encore certains matches de Fédérale et de Séries régionales).

C’était aussi mieux avant quand il n’y avait pas une thune dans ce sport, car il était plus facile de masquer l’incapacité de certains clubs à gérer leur argent, ces mêmes clubs qui aujourd’hui, font le bonheur des championnats de Fédérale et qui, s'ils en avaient les moyens, se paieraient des étrangers de première bourre, au lieu d’acheter les rognons laissés par les gros clubs. Oui, parce que Toulon a beau être un club de milliardaires, il n’est que le cinquième ou sixième plus gros budget du Top14.

Ainsi, si les 100mg viagra deux équipes semblent diamétralement opposées sur le papier, elles ont pour points communs d’avoir accédé au Top14 au cours de la même saison, 2007-2008 et d’avoir joué le maintien, l’année suivante. A ce moment-là, Toulon n’avait pas forcément plus de pognon que les autres et arborait deux superbes charnières Henjack/Pez et Jordaan/Fauqué.

André Boniface a probablement oublié ce point de détail, tout comme il a oublié qu’à Mont de Marsan, il y a des Tchèques, des Australiens, des Sud-Africains et autres Fidjiens.
André Boniface, dernier mohican d’une époque où la vie était sûrement plus belle à l’aile que maintenant, vu qu’aucun film ou vidéo n’existe pour le prouver et que personne ne peut plus en parler, sauf en exagérant des matches vieux de quarante ans, sans doute au moins aussi chiants que celui de samedi soir.

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