Aguiléra analyse BO – Stade Montois
par Aguilera

  • 22 August 2012
  • 5

Par Aguiléra

Premier match de la saison pour le BO, à domicile et contre le promu : j’entends déjà les ricanements malveillants de certains, mais non, Serge Blanco n’a plus aucune mainmise sur le logiciel du calendrier des rencontres, même s’il avait tenté de le voler en quittant la Présidence de la Ligue.    

Match piège, ont répété les entraîneurs durant toute la semaine. Dans les éléments de langage du rugby, ça veut dire que si tu le perds, tu passes pour une grosse bouse pour le reste de la saison. Toutefois, le BO, fidèle à ses excellentes habitudes (suffisance et je m’enfoutisme) a bien failli laisser échapper un point de bonus offensif qui lui était promis par tout amateur de rugby un peu au fait de la différence de niveau entre le Top 14 et la D2. 

Au moment du coup d’envoi, la chaleur était étouffante et le stade s’offrait un lleno habituel en cette période estivale : figurez-vous que les touristes sont persuadés, les pauvres, que le BO est une équipe de rugby genre Toulouse ou Clermont et qu’ils vont voir un spectacle de haut niveau. En tout cas, Biarritz reste un club de réputation internationale (je rigole) puisque mes voisins de stade étaient Russes à ma gauche et Espagnols à ma buy cheapest cialis droite. Bref, un public de connaisseurs. Côté people,  notre ministre des finances, client habituel d’Aguilera en été, avait zappé le dress code : tout vêtu de blanc avec un foulard rouge, il avait visiblement confondu la première journée du championnat avec les fêtes de Bayonne ou de Dax. 

Le match

Le BO démarre en trombe et nous offre vingt minutes d’un excellent rugby (tout arrive) conclu par deux essais de bonne facture (Traille et Balshaw). Les avants avancent (chouette), les arrières déroulent, on sent MdM, qui subit les impacts, au bord de la rupture selon l’expression consacrée par nos excellents commentateurs de la télévision publique. Pause hydratation. C’est ici que je pose la question : que boivent les joueurs pendant cette pause ? En tout cas, au vu de ce qui allait suivre, les Montois ont dû carburer au Red Bull et les Biarrots à la verveine.

En effet, les vingt minutes qui vont suivre verront une révolte de Montois entreprenants et dominateurs en mêlée, devant des Biarrots apathiques, individualistes et visiblement ailleurs. Cette domination ne se concrétise pas toutefois au score (18-3 à la mi-temps), mais le spectre d’une victoire médiocre se dessine. A la reprise, les Montois persistent dans leurs belles intentions de jeu et dominent toujours en mêlée. Un essai de Lauret ne les décourage pas et ils finissent pas marquer en puissance (Ricaud) après cinq ou six pénalités sifflées contre le BO à cinq mètres de sa ligne (phase de jeu où nous avons eu le plaisir de retrouver Dimitriiiii, entré en cours de jeu, en pleine possession de ses moyens rugbystiques : contestation des décisions arbitrales, actes d’anti-jeu et j’en passe).

L’essai est transformé et le score passe à 28-10 à la 78ème minute. Mais surtout, le bonus offensif échappe au BO. Les supporters sont catastrophés et les touristes s’ennuient vaguement, se demandant pourquoi ils ne sont pas restés à la plage ou se bécotant pour passer le temps. Mais il ne faut jamais enterrer trop vite le BO : à la 80ème minute, pénaltouche et superbe essai d’école en première main (Benoît Baby, oui oui). Score final : 35-10. Joie dans le stade d’autant que Bayonne est sur le point de perdre à

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Jean Dauger (le speaker du stade nous a tenus  régulièrement informés de l’évolution du score).  Les touristes se réveillent, photographient et applaudissent à tout rompre Imanol qui ne jouait pas, mais qui s’est bien montré après le match, Dimitriiii  fait une capture d’écran du classement du Top 14 pour la montrer plus tard à ses petits-enfants. Tout baigne, la saison est bien engagée.

Les joueurs

Le BO : 

Equipe prétentieuse qui pensait marquer 50 points au SM en relançant systématiquement de ses 22 et en oubliant le jeu au pied et dans l’axe. Ils ont joué contre nature quoi … 
Devant, Taele a impressionné par sa puissance. Thion … Bon, Thion, quoi La première ligne a peiné (Barcella a décidément du mal à revenir) ce qui pourrait être inquiétant. La troisième ligne toute entière est à  féliciter, notamment un Lakafia en pleine forme.

Derrière : Lesgourgues, excellent éjecteur, dynamise le jeu, mais a montré des lacunes dans la gestion de son équipe au moment où il aurait dû resserrer ses avants. Yach, c’est le contraire : il ralentit le jeu mais à la fin, ça paie. Peyrelongue, impeccable. Barraque a montré toute sa classe au centre puis à l’ouverture (je pense qu’André Boniface a dû apprécier), outre ses qualités de buteur. Les ailiers (l’Américain et le Gallois) ont été bons. En dessous : Balshaw a fait un mauvais match mais je lui pardonne parce que c’est le meilleur ami du mari de la petite-fille préférée de la Reine d’Angleterre et que je suis très snob. Traille beaucoup trop personnel, style je garde le ballon parce que je vais mystifier la défense adverse à moi tout seul. Et bien non … 

Le Stade Montois :

Même si les Biarrots ont joué à l’envers pendant soixante minutes ou presque, on sentait bien que chaque fois qu’ils accéléraient le jeu, les Montois étaient perdus. Ils ont d’ailleurs pris trois cartons jaunes en deuxième période, signe d’une fébrilité certaine. En revanche, dans le secteur du combat et de la mêlée, rien à dire, ils étaient présents. Dans le jeu, bon, on sait jouer au rugby à Mont-de-Marsan et on a assez de panache pour prendre des risques, mais c’est dans la vitesse d’exécution et les impacts que la différence s’est faite. Ce sont les limites de l’équipe promue : d’excellents joueurs de Pro D2 mais trop justes physiquement pour rivaliser (sauf peut-être Ricaud). Et ce n’était que le BO. Le SM est une équipe que j’aime énormément, mais je pense qu’il ne va pas beaucoup gagner cette saison. C’est dommage : Mont-de-Marsan est une de ces rares équipes qui ne tue jamais le jeu et qui mourra les armes à la main au nom d’une certaine philosophie du rugby. Ils ne sont pas pour rien les héritiers des frères Boniface. Et ne leur parlez pas avec commisération de leur budget ridicule,  il vous répondront en riant que l’argent n’est pour rien dans leur belle aventure et que c’est déjà sensationnel de gagner 4.000 € par mois pour vivre sa passion. Vive le rugby landais.

Et la semaine prochaine, le BO se fait poliment dégager de la première place : 

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