Le bilan du Lab'ougnat
par Pastigo

  • 04 juillet 2012
  • 19

ASM : back to basics.

Par Pastigo

Après une année 2011 où les fondamentaux qui font toute la renommée et le talent de notre valeureuse équipe jaunarde n'avaient pas été respectés, à savoir faire une saison de folie pour terminer favori et se planter comme un Briviste le jour de paie, l'année 2012 aura renoué avec les traditions séculaires si chères à l'équilibre de tout un peuple. Je ne mentionnerai évidemment pas l'apocalypse de 2010, c'est encore trop frais.
En Auvergne nous avons la mer, le soleil, les filles faciles et largement offertes. Toute la presse peephole s'acharne à vanter nos vies chez nos voisins à la vie terne. Les gens beaux, le plein emploi sans que personne n'ait besoin de travailler d'ailleurs, bref il nous faut un peu de ce qui fait vos vies pourries pour nous rappeler un peu à la détresse de nos semblables. Vous regardez des crève-la-faim au 20h pour vous donner bonne conscience, nous encourageons l'ASM. Ainsi l'idée d'un Sochalien qui éteint son réveil à 5h pour produire son énième véhicule de qualité française nous paraît plus supportable, nous à qui il suffit de quelques esclaves ibériques qui cueillent les pneus aux champs pour nous assurer le train de vie dont vous n'osez rêver. Tiens d'ailleurs à l'instant où je vous écris je fume un billet de banque alors qu'une magnifique blonde scandinave me susurre quelques douceurs qui m'invitent à d'autres occupations.

Scène d'émeute dans une Auvergne qui a peur.

Suite aux désillusions passées c'est donc plein d'espoir que la gaie Auvergne envisageait cette nouvelle saison, et on peut dire sans réserve qu'elle a tenu ses promesses. L'année de la H-Cup, un Brennus à reprendre à des Toulousains pas toujours brillants, un contexte parfait à tous les exploits déjà gravés place de Jaude et laminés le plus tard possible par quelques rouquins qui passent leur temps à prendre des branlées en équipe nationale ou par une équipe locale qu'on aura pris soin de ridiculiser quand ça servait à rien. Merci d'ailleurs aux journalistes qui parlaient de doublé dès le mois d'octobre, sans eux rien n'aurait été possible. Si on apprend plus de nos défaites que des défaites des autres (Monica Seles, philosophe) il est clair qu'en 2012 l'Auvergnat lambda sait pourquoi 42 (pour les autres, wiki+Douglas Adams. Et pour Ovule Musqué, non pas cet Adams là) il peut aussi vous expliquer en quoi le principe de covariance est une niaiserie pour adolescente et est parfaitement capable de trouver une adresse dans Aix en Provence du premier coup et sans plan. (vas-y essaye, j'en ai vu qui tournent depuis 7 ans).

L'angoisse auvergnate, en deuxième position après l'éruption volcanique

Les Tops : 

– La capacité phénoménale et intarissable de la presse, des supporters, des gens qui s'y connaissent comme des gens qui s'en foot, à pouvoir annoncer sur presque une année et ce toutes les 3 heures que l'ASM est favorite d'à peu près tout. H-Cup, Brennus, crise financière ou autre fin de monde, rien ne lui résistera. Même le plus pauvre des Auvergnats, à peine assujetti à l'ISF et forcé de trader de temps en temps pour assurer son misérable train de vie finit par succomber à l'appel du positivisme et aux sirènes de la victoire sur tout le monde connu. Ce fut un élément essentiel à la réussite totale du projet. Là vraiment, chapeau. J'en ai pris plein ma tronche à la Boucherie pour avoir fait de même, j'en connais quelques uns qui n'ont rarement connu coït aussi extrême, d'autres pour qui il serait même temps de se retirer s'il vous plaît ça va finir par souder. 

– La première salve : La défaite in extremis contre le Leinster, car on a quand même eu chaud faut l'avouer, même si il restait l'espoir d'une branlée contre des Irlandais de seconde zone qu'on avait en plus déjà piné en poule. Avouons que ça aurait eu de la gueule, mais gardons cette merveille pour l'an prochain où l'ASM va exploser le Leinster en poule pour se faire engillot-pétrer de 3 points sous la pluie par les mêmes albinos en finale pendant 80 minutes de pick&go. Les Toulousains ont encore des choses à apprendre. 

– La seconde salve : La défaite contre Toulon. On ne pouvait pas mieux espérer là non plus. L'équipe à qui on a mis une grosse chiée chez eux avec l'équipe 3, ceux dont on rigole encore après la visite séante de 2010, et surtout ceux qui auraient le plus à coeur de nous pourrir comme il se doit en cas d'improbable défaite. Mention très spéciale à Nathan Hines, qui sort une très grosse saison et bouffe un essai puis donne la pénalité de la gagne aux Toulonnais sur une relance insensée dans ses 22 à la sirène. Pas de doute, il s'est vite intégré au groupe et au projet et s'est imposé en un an comme une pièce maîtresse. 

– Aironi et Brive, pour bien se rappeler que l'ASM peut planter 3 essais à la minute jusqu'à trouver ça presque chiant, à tous les postes et dans toutes les positions, sans être capable d'en mettre un seul après 40 temps de jeu sur la ligne adverse en demi-fin

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ale. 

Souvenir de vacances, parce que maman me lit. Le centre pittoresque d'Aix en Provence.

Les Flops :

Il faudrait être aussi exigeant qu'une princesse danoise pour émettre quelques critiques tant le résultat est plus que positif. On peut simplement espérer que cette équipe finalement assez jeune a encore du potentiel pour améliorer ses réalisations et sublimer les saisons suivantes. 

Peut-être faire attention à ne pas faire paraître les choses trop faciles quand même, parce que mettre volée sur volée à toutes les équipes du TOP 14 en début de saison avec une équipe de Crabos peut faire un peu perdre en intérêt. Fort heureusement le relâchement en fin de 3ème trimestre a assuré le passage en classe supérieure. 

Les Joueurs de l'année : 

Sur tout le début de saison, bon nombre ont eu de quoi s'exprimer pleinement pour mieux se ramasser sur la fin. Lee Byrne, pour sa 1ère année, a fait une saison remarquable, avec un coup de pied brockjamien et une assurance rare dans les airs. Sivivatu a pris le temps de démarrer mais s'est vite retrouvé indispensable, avec de belles percées à son actif. Fofana est devenu titulaire incontestable ici et ailleurs en une saison. Buttin a pu piquer la place des vieux et a brillé en faisant ce que ces mêmes vieux considéreraient sûrement comme des conneries monumentales avant que ça fonctionne. D'ailleurs il devra confirmer, pour savoir si ses gestes étaient des coups de génie ou des coups de bol. Zirak' a fait un énorme retour, une teigne, qui veut manger son adversaire sur chaque ballon. Rougerie a été aussi bon en Auvergne qu'il a été mauvais en équipe de France, c'est dommage parce qu'il aurait pu améliorer la déception jaune et bleue en fin de saison. Anthony Floch n'a pas été décevant. Skrela a été à la hauteur des espérances avec des KO dignes de ses plus belles années toulousaines. 
Attention à Lapandry qui, en plus de sortir une saison impeccable en toute discrétion, la joue perso en fin d'exercice en refusant d'accepter le décorum de fin d'année. C'est un avertissement, cette envie et ce sacrifice ne doivent plus se reproduire Alexandre.

L'arnaque de l'année : 

Sans doute possible, et après m'être rappelé que l'enlèvement de Nalaga par Fantomas a eu lieu l'année précédente, l'arnaque de l'année c'est d'avoir refourgué Lauaki à Bayonne. Alors certes, les Bayonnais excellent quand il s'agit de s'entourer de joueurs cramés à vil prix, mais là quand même ça vaut bien 2 Rokocoko puisque ce dernier est au moins capable de tenir debout sur un terrain. 

Les joueurs à suivre la saison prochaine : 

Nalagaaaaaaaaaa ! Enfin normalement. On suppose. 

Le moment ImaLOL de la saison : 

Je retiens une déclaration de Buttin, en substance puisqu'elle est introuvable. En fin de match, et après ses premiers exploits, voilà que Canal lui demande ses impressions.

« Oui, ça a été très vite. Je me pose pas trop de questions et on m'aide bien à m'intégrer au groupe pro, je remercie d'ailleurs Anthony (sourire narquois) de m'aider »BAM le vieux ! Regarde comme je te dégage et en plus tu pourras rien dire !

Everything i fail, i fail it for you !

La prochaine saison :

Pour sûr, le défi est grand si l'équipe veut encore faire mieux. Exploser le Leinster en poule puis se faire calotter en finale par cette même équipe sera l'objectif absolu. L'occasion est si rare et nous avons au moins la chance de ne pas tirer régulièrement des équipes italiennes (ou françaises, ou basques). Pour le championnat local l'objectif est plus simple, il s'agit de perdre assez tard contre n'importe qui puisque de toute façon à part quelques rares équipes plus ou moins relégables tous vont offrir le même jeu fermé et désagréable bien servi par un arbitrage toujours plus « professionnel ». 
A la rigueur pour parfaire l'événement on peut imaginer un départ de Vern Cotter vers Toulon en milieu de saison, ce serait assez magique. Une disparition de Nalaga à Noël parce que sa mère a un panaris serait aussi apte à susciter quelques gloires décennales. 
En tout cas j'ai confiance, je connais leur potentiel, et je suis certain de pouvoir profiter du soleil la tête appuyé sur les plus belles fesses du monde dans un hamac (si, ça doit être possible) sans avoir à culpabiliser, mon équipe saura payer cette audace à ma place et me rappeler la chance que j'ai…

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