Le Festival de Cannes de la Boucherie
par Aguilera

  • 16 mai 2012
  • 12

Par Aguiléra,

(avec l'assistance d'Ovale Masqué)

A l’issue de la saison régulière du Top 14, riche en émotions diverses et variées, la  Boucherie a décidé d’organiser son festival avec un vrai palmarès. Après tout, le  Festival de Cannes, c’est maintenant. Donc, récompensons les équipes, les matchs, les entraîneurs et les  joueurs.

  • Palme d'or

C'est le prix le plus prestigieux du Festival de la Boucherie, décerné au meilleur match de la saison. Il est bien entendu attribué en fonction des qualités artistiques, mais aussi, il faut bien l’avouer, de certaines pressions extérieures au jury. En gros, si on ne le décerne pas à Toulouse chaque année, le lobby des supporters capitolistiques fera en sorte que le Festival de la Boucherie soit annulé à jamais pour défaut de patriotisme et atteinte au moral de la nation et Guy Novès nous attendra un soir dans le parking, dissimulé derrière un masque de vampire avec une machette à la main. Donc, n’écoutant que notre courage, et après en avoir délibéré, la Palme d’or de la Boucherie est attribuée au match Toulouse-Racing ou Toulouse-Montpellier ou tout autre match où Toulouse a laminé les quinze pauvres mortels qu’ils affrontaient (Bon, heureusement que le prix ne concerne pas la HCup, parce que là, même avec des menaces, on aurait eu de mal).

Privilège du meilleur joueur du monde : Thierry Dusautoir gagne le droit de se taper la Princesse Leïa et sa soeur.

  • Palme d'or du court-métrage

Habituel mal-aimé du public, le court-métrage est pourtant un exercice difficile. Le jury, dans son immense mansuétude, décide de décerner ce prix à l’Aviron Bayonnais qui, sur vingt-six matchs, n’a réellement joué que les quatre derniers dont deux à l’extérieur, a empoché quatorze points et a réussi à se maintenir in extremis. Bravo à eux. Mais attention, le court-métrage, c’est bien, mais à condition d’en sortir. Et le BO n’ira pas toujours jouer un match amical à Jean Dauger.

Mike Phillips interprétant « le mec torturé qui a le regard perdu dans l'horizon » (meilleur rôle de Sean Penn)

  • Grand prix du jury

Le Grand prix du jury est le second prix le plus prestigieux du Festival. Il est attribué à Clermont, parce qu’après Toulouse, bon, y’a plus vraiment le choix.

  • Prix du jury

Le Prix du jury est remis à une équipe appréciée globalement par le jury. En gros, un succès d’estime.

Plusieurs critères sont pris en considération : la qualité du jeu, le fair-play des joueurs, la discrétion du président et de l’entraîneur, le faible nombre de cartons rouges et jaunes et de sanctions disciplinaires, l’élégance des supporters. Donc, tout ce qui fait de ce sport un concentré des valeurs sportives. Le Noble Game, quoi. Mais voilà, on a eu beau chercher, on n’a pas trouvé d’équipe de Top 14 répondant à ces critères. Donc, par défaut, le prix est attribué conjointement à l’US Dax et à la Rochelle, parce que le Top 14, c’est qu’une bande de chacals. Puis finalement on fait un peu comme à Cannes quand ils remettent un prix à un film tourné dans un pays du tiers monde histoire de se donner bonne conscience.

« La ProD2 c'est rien que de l'amour ! » (Patrick Sébastien, cheapest cialis

000; text-decoration: underline; »>réalisateur de cinéma)

  • Prix international

A l’unanimité, ce prix est décerné à Toulon qui a réussi en Top 14 à ne jamais aligner une équipe comprenant moins de 98 % de joueurs étrangers. Le Festival se devait d’honorer  une équipe qui a réussi à intégrer des joueurs venant de tous horizons dans le respect de leurs différences et de leurs particularités capillaires.

  • Prix d'interprétation masculine 

Ce prix récompense le meilleur acteur de l'année. A l’unanimité également, il est attribué à Mourad Boudjellal dont les tirades enflammées ont séduit le grand public, même s’il a été boudé par la critique. Mourad a impressionné les foules par la qualité de ses réparties et son vocabulaire fleuri et imagé. Un immense acteur est né.

Son meilleur rôle, ça reste Gollum dans le Seigneur des Anneaux.

  • Prix d'interprétation féminine

Co-décerné à Fabien Galthié,  Guy Novès et Pierre Berbizier pour leurs touchantes prestations de Petits Choses accablés par les éléments contraires : la Coupe du Monde et le Tournoi, les doublons, l’arbitrage non-professionnel, la Ligue et la Fédé. Ils ont su faire pleurer dans les chaumières, exercice plus difficile qu’on ne le croit. Ils ont certes agacé la critique par une certaine facilité et leur capacité à constamment sur-jouer les situations, mais c’est du cinéma populaire de bon aloi.

Guy Novès, une tragédienne dans la droite lignée d'Isabelle Adjani.

  • Le Prix de la mise en scène

Ce prix récompense le meilleur réalisateur de l'année.  Il est attribué à Rodrigo Roncero  et à Sylvain Marconnet qui ont réussi à nous faire croire le temps d’une fin de saison que ce sont de chics types que le monde du rugby et leurs adversaires regretteront toujours.

Ne vous méprenez pas : Sylvain Marconnet pleure car il a vu Damien Traille tenter une passée sautée.

  • Le Prix du scénario

Encore un doublon.  Ce prix est décerné à :

1) Brive, qui a réussi à descendre sans avoir jamais été en position de relégable avant la fin du championnat

2) Biarritz, qui a passé les trois quarts de la saison en position de relégable, en attendant, les doigts de pied en éventail, que Yachvili leur sauve la mise.

  • Prix de la première œuvre

Attribué à l’unanimité à L’Union Bègles Bordeaux qui a prouvé que sans moyens financiers, sans un Président ou un entraîneur grande gueule, sans mettre la pression sur les arbitres ou sur les médias et en pratiquant un rugby agréable, on peut se maintenir dans le championnat le plus racaille du monde. Chapeau l’artiste.

Par contre, tenter de pécho avec le sweat tout pourri de l'UBB sur la Croisette, ça c'est un autre défi.

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