Le Lab’Hérault analyse Montpellier – Toulouse (25-45)
par La Boucherie

  • 30 décembre 2011
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Suite à notre campagne de recrutement, voici l’une des premières contributions reçues, elle nous vient d’un certain Yannis, alias Fufu Bieragogo, qui était présent vendredi dernier à Yves-Du-Manoir, pour voir Fabien Galthié définitivement tomber en dépression. Il nous raconte son match depuis les tribunes.

Si comme notre apprenti boucher, vous désirez suivre votre équipe favorite du Taupe 14, passez par là.

 

Samedi soir, 21h, Stade Yves-Du-Manoir, Montpellier. Le nez coulant, une bière à la main, je lance à mon pote Pilou : « Ce soir, on va se régaler! ». C’est vrai que tous les ingrédients étaient réunis pour un spectacle rugbystique de haute qualité : les deux finalistes de la saison dernière, un enjeu (enfin sauf pour Toulouse, qui doit prendre un télescope pour apercevoir la dernière place qualificative), des grands joueurs de ballon comme Gorgodze, Privat ou Martin… Bref, un beau match à suspense comme on en fait plus qu’en phase finale de H Cup, et encore.
Sauf que, non. Autant vous énoncer la règle tout de suite : Montpellier – Ouedraogo = Défaite. Résultat : 45 – 25 pour Toulouse. Même pas marrant.

Tellement pas marrant qu’au bout d’une demi-heure, mon copain Pilou pleurait toutes les larmes de son corps et noyait son chagrin dans la bière. Faut dire que pour un supporter montpelliérain, le spectacle proposé se rapprochait plus de Roméo et Juliette que de la Cage aux folles. Quand est venu le temps de l’entracte, le match était déjà plié : Toulouse mène 26 à 6 après deux essais de Médard et Burgess. Et comme Toulouse, c’est pas Northampton, remonter 20 points, c’était Mission Impossible, avec Benoit Paillaugue dans le rôle de Tom Cruise.

Direction donc la buvette pour se consoler avec des pintes à 7€ (parce qu’à Montpellier, on paie les cautions pour les gobelets. C’est pour acheter des rasoirs à Jgenti et Privat). Ambiance de cimetière, où les consternés écoutent les râleurs pester contre l’arbitrage, certains affirment même avoir vu M. Garcès descendre du bus des toulousains… Après un passage aux toilettes, une petite bière pour la route, et Pilou et moi regagnons nos places tant bien que mal.

Pour être honnête, je ne me souviens de la deuxième mi-temps qu’à moitié. Mais en gros, ça a donné ça : essai du MHR, pénalités de Beauxis, essai du MHR, pénalités de Beauxis. Et ce, jusqu’à ce moment tragique, ce genre de moment qui marque une vie, comme la mort de la mère de Bambi ou une passe de Yannick Jauzion. 71 minutes après le coup d’envoi, la gonfle est portée en terre promise par Louis Picamoles. Le troisième ligne centre, formé au MHR, qui a tenté le rêve américain en partant pour Toulouse, OSE marquer contre l’équipe qui l’a révélé. « Traitre! », « Collabo! » entend-on alors dans les travées de Du-Manoir. Réalisant son énorme erreur, le gros Louis fait grise mine, regagne son camp sans broncher, et prie pour que les supporters le pardonnent, ce que bien entendu, l’on ne fera pas. Imbibé d’alcool, j’assiste à la fin de ce triste match, conclu malgré tout par un essai d’Audrin, juste pour dire qu’on s’est pas pris 30 points, juste 20.

Bon, il y a quand même eu quelques trucs intéressants, je vous rassure. En premier lieu, la performance de Lionel Beauxis, le demi d’ouverture au gabarit de talonneur, qui s’est souvenu de l’existence de son pied droit. Bilan : 3 drops, une passe au pied pour Médard qui n’a plus qu’à aplatir, et des pénalités en veux-tu en voilà… Après être venu à bout de 2 litres de bière, j’aurais juré avoir aperçu le fantôme de Damien Traille flotter au-dessus du petit Lionel. Autant vous dire qu’en face, notre pauvre Trinh-Duc n’en menait pas large, et a réalisé qu’il devra s’accrocher s’il veut rester le remplaçant de Parra en équipe de France.

Autre fait marquant de la partie, le carton jaune adressé à Vincent Clerc, alias Jean Dridéal, qui n’avait visiblement pas la même interprétation de la philosophie Kantienne que Mamuka Gorgodze. 10 minutes plus tard, Gorgodzilla revient sur la pelouse, et c’est Thibaut Privat, qui, après un magnifique coup de la corde à linge (et par derrière s’il-vous-plait) sur Human, reçoit la précieuse biscotte. La course au carton est lancée entre les deux hommes, qui auront sans nul doute leur place au Hall of Fame de la Boucherie. Enfin, à la 56ème minute, après Clerc, c’est notre bûche de Noël préférée, William Servat, qui gagne un ticket aller-retour pour le frigo, après un coup de poing vengeur sur ce diable de Privat (un hommage à un certain commentateur de talent est dissimulé dans cette phrase, saurez-vous le reconnaître?). Une atmosphère houleuse donc, qui se prolongera dans le bureau du proviseur le 11 janvier prochain pour la bûche et le troll auvergnat.

Enfin, parce que chez nous on est pas mauvais perdant, Pilou et moi, dans la queue pour aller pisser, avons malgré tout trouvé quelques motifs de satisfaction. En premier lieu la citation de Servat, juste parce que ça fait ch**r Guy Novès. Également, le retour de Mamuka, le vrai, le belliqueux poète au poing baladeur, qui commençait presque à se faire discret. Mais le point positif du match est sans aucun doute la performance de Rassie Van Vuuren (le premier qui dit « A vos souhaits » a perdu), le talonneur sud-africain au nom de vieux druide scandinave, qui a réussi à être élu Homme du match en ayant joué moins d’une mi-temps, marquant au passage deux essais.

Le Montpellier Héros Rugby, (c’est pas moi, c’est les journalistes de L’Equipe) n’est donc pas sorti de l’auberge et devra obligatoirement s’imposer samedi contre les banlieusards du Racing Metro 92 pour espérer recoller aux places qualificatives et échapper à Heinekid Cup et aux voyages en Roumanie ou en Espagne la saison prochaine…

BONUS : Les perles des tribunes, entendues au stade

  • « C’est qui ? C’est Servat? Ah non, c’est Beauxis. » Un physionomiste.
  • « Beauxis, rentre le ventre ! Tu vois même pas le ballon! » Un jeune homme inspiré, pendant une pénalité toulousaine.
  • « Picamoles, t’y es un collabo! On va te raser la tête! » Un nostalgique de Vichy.
  • « VINCENT JE T’AIME! » Un admirateur de Jean Dridéal. Un de plus.
  • « Non mais Trinh-Duc il sait pas taper, en finale il l’a pas mis de 50 mètres en face des poteaux… ». Sans doute un homme qui tape bien aux barres.