Bernard Laporte, la biographie interdite
par Ovale de Grace

  • 09 novembre 2011
  • 21

Bernard Laporte en compagnie d’un grand ponte de la mafia toulonnaise

 

Par Ovale de Grace,

On connaît de lui ce front haut qui lui donne l’air intelligent, ce sourire enjôleur, ses rôles dignes de l’actor’s studio dans des films d’auteur comme « le jambon madrange », mais sait-on vraiment qui est Bernard Laporte?

 

Bernard Laporte, la biographie interdite:

Bernard Laporte est né en 1964 à Rodez… ça fait 47 ans qu’il essaye d’en sortir. Rodez, ville de remparts dont rien ne sort, même pas sur l’enfance du pourtant truculent Bernard Laporte.

Ce qu’on sait néanmoins, c’est qu’il est déjà chauve à sa naissance, et qu’il a été mouillé dans une sombre histoire de paris sur des parties de billes à la maternelle. A 18 ans, il rate son baccalauréat après que le marchand de bootlegs à la sauvette lui promet les sujets de l’examen si il lui prête sa copine pendant une soirée. Le malheureux Bernard ne verra jamais les sujets, pas davantage qu’il ne reverra le négociant providentiel ou sa petite amie.

 

La carrière de rugbyman

Quand on pense « Bernard Laporte » on le figure rarement portant un ballon ovale, sauf sur ses épaules, bien sûr.
Pas très habile, Bernard décide d’exploiter à fond sa silhouette d’ailier fidjien famélique lorsqu’il débarque à Gaillac.

Il se laisse pousser l’afro et tente de se faire surnommer Laportafo, paragoge qui fera florès tout au long de sa carrière. Un peu branleur, Laporte a un très grave accident de voiture à 20 ans auquel il survit par miracle après un coma de plusieurs mois. Cet événement a probablement été déterminant dans le destin de celui qui aura 1000 vies (et c’est pas fini!).

Il signe ensuite à Bordeaux-Bègles où il rencontre le trio Vincent Moscato, Serge Simon et Philippe Gimbert. Jusque là grand dadais, notre ami Bernard acquiert un tout nouveau vocabulaire, particulièrement fleuri, qui fera son succès lors de son passage au secrétariat d’Etat au Sport.

C’est à cette période qu’il voyage pour la première fois dans le Var, où il apprend à remplacer les billes par des jetons de casino. C’est aussi là qu’il entre, avec ses amis gladiateurs en compagnie desquels il devient champion de France en 1991, dans la légende du beau verbe ovale:



 

Bernard l’entraîneur :

Laporte n’est pas encore le personnage charismatique touche-à-tout (et à toutes?) que nous connaissons aujourd’hui, et lorsque Max Guazzini fait appel à lui en 1995, il végète dans les alentours bordelais.

On est au début des 90’s, Bernard Laporte se découvre un mentor dont il copiera le look,

appliquera les préceptes et emprunte au texte philosophique son tout nouveau surnom de « Bernie le dingue ».
Le mantra fonctionne tellement bien, qu’il devient effectivement le plus fort, fait grimper le club d’une division chaque année et l’amène à la victoire du championnat la toute première année de sa présence dans l’élite. C’est en vertu de cette dette indélébile que le club de la capitale le recueillera lors de son expulsion bayonnaise des années plus tard.

Il prend rapidement la tête de la tête du XV de France où il s’illustre par ses coups de gueule, un indéniable charisme et une perversité sans limite qui l’amène à faire lire à ses coéquipiers, juste avant un match, au seul joueur de gauche du XV de France la dernière marotte sarkozyste, la lettre de Guy Moquet allant se faire fusiller.


 

L’homme politique :

Depuis longtemps, Bernard aime la politique.

Par fidélité, par amitié, il choisit la droite et plus particulièrement Nicolas Sarkozy au service duquel il met quelques connaissances ovales.

Après la coupe du Monde 2007, entre deux pubs, Bernard Laporte occupera un joli bureau lambrissé comme secrétaire national au Sport, sous la tutelle de la très experte en la matière, Roselyne Bachelot.
La carrière de Bernie au gouvernement se terminera en 2009 comme elle avait commencé: à cause d’une blague. Sarkozy avait voulu faire entrer ce type sympa un peu naïf pour emmerder les énarques pontifiants qui composaient le reste du gouvernement, une blague diversement appréciée. C’est la succession de bourdes et de mots moyennement bons, notamment sur la paternité de l’enfant de Rachida Dati qui coûtera à Bernard son poste au gouvernement.

Le Mal Aimé:

Entre 2009 et 2010, pas grand chose. Bernard, redevient un pauvre entrepreneur un peu laborieux et fait péniblement prospérer sa modeste entreprise de quelques casinos, plusieurs campings, des dizaines d’immeubles, des sites de paris en ligne, des restaurants, des contrats télé… Il n’a plus de nouvelles ni de Rachida, ni de Nicolas.
On le voit souvent à la télé, il a à peu près autant de temps d’antenne que Roland Courbis sur RMC, et quand il n’y est pas, c’est Nicolas Canteloup qui l’imite. D’ailleurs, pour l’imiter, c’est pas bien compliqué: on prend l’accent du Sud-Ouest et on case dans des ordres variables les mots: « collectif », « valeurs » et « amour du maillot ».
Bernard, c’est un affectif, le pognon il s’en fout (sisisi), l’ovale lui manque, et il entame la tournée des potes et des popottes. Il cherche désespérément un poste d’entraîneur, et propose de suppléer les petites équipes en difficultés

En décembre 2010, il atterrit à Bayonne où on attend de lui qu’il remette l’ordre dont on le sait capable dans ce joyeux bordel. Trois mois après, Laporte a fait exactement ce qu’on pouvait attendre de lui et va continuer son oeuvre au Stade Français.

Autant dire, que cet épisode marque l’apogée de la carrière de Bernard Laporte qui démontre son sens aigu des affaires et du bon sens puisqu’en moins de deux mois: il ruine le club, met à la retraite anticipée des joueurs « phares » comme Mauro Bergamasco, engage une guerre des nerfs grotesque avec Matthieu Bastareaud, crée un scandale transcontinental auquel Interpol doit se mêler, oblige le Président Eternel, Max Guazzini à quitter le club et pire que tout… case Byron Kelleher au Stade Français qui n’avait pas besoin d’une catastrophe supplémentaire!
Après ce qu’on peut considérer comme son chef d’oeuvre, Bernard prend des vacances bien méritées, et… contre toute attente, il est recruté comme entraîneur pour succéder à Philippe Saint André promis à un destin national, par celui-là même qui hier dénonçait l’odeur de soufre qu’il répandait et son affairisme, le Président du Rugby Club Toulonnais, Mourad Boudjellal.

Accueilli comme un véritable héros national à son arrivée, après avoir coaché l’équipe depuis les studios Canal, ce qui a offert un sas de décompression au traqué Mathieu Bastareaud qui retrouve son ancien tortionnaire, gageons que Bernard ne désespère pas de poursuivre sa progression sur la rade, après son passage réussi dans la capitale!