Dimitri Y. revient sur le derby basque
par Aguilera

  • 28 mars 2011
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Nous avons reçu ce matin un petit billet signé Dimitri Y. Nous ne connaissons pas cette personne… mais nous avons trouvé son récit du match Biarritz – Bayonne assez intéressant, et nous avons donc décidé de vous le faire partager. Nous déconseillons toutefois sa lecture aux supporters l’Aviron: on ne sait jamais.

« Certains vont encore écrire que le Bo se sublime à Anoeta, qu’il y remporte ses plus belles victoires, l’âme basque, la fierté et toutes ces fadaises. Peanuts. La vérité c’est que nous savons tous, nous les joueurs, que perdre un derby c’est l’assurance de vivre une saison pourrie. Ici, nous n’avons pas à nous plaindre : les supporters, les partenaires et les dirigeants nous pardonnent tout : notre jeu basique, nos défaites sans gloire, nos victoires ric rac. Mais perdre contre Bayonne, c’est l’assurance que le lendemain, ta boulangère va te faire la gueule, ton boucher va te refiler une chuleta à la Contador, que le pédiatre va refuser de soigner tes enfants et que Serge va nous jouer une tragédie en trois actes dans les vestiaires. Pénible.

Alors j’ai un peu calculé la semaine qui a précédé le match (vous avez dû remarquer que je suis un demi de mêlée cérébral à défaut d’être rapide). Bon, on va jouer un quart de H Cup, on va peut-être battre les Toulousains, mais après on sait bien ce qui nous attend en Irlande. Donc, côté Hcup, c’est râpé. Côté championnat, au mieux un match de barrage. Alors, pas question de déconner avec le derby à Anoeta. J’en ai discuté avec Imanol, Jérôme, Damien et Julien. On a décidé d’assurer sur les fondamentauix, ce qui nous réussit d’ailleurs le mieux. En gros, on les presse devant, on occupe au pied, et si un ballon traîne, on le donne à Zee. Simple et efficace, et ça devrait passer. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que les Bleus avaient décidé de nous aider à atteindre notre objectif. Et pas qu’un peu. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais avec Imanol, on n’a pas arrêté de se bidonner sur le terrain. Même l’arbitre se marrait. Ils nous ont tout fait : glissades, en avants, essais tout faits lamentablement foirés. Des poulets sans têtes. Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé ça.

Du coup, on s’est enhardi, on a exploité les contres. Je suis personnellement satisfait de ma prestation. L’essai d’Imanol, ça, c’est ma marque de fabrique. Un essai sur une passe au pied derrière un regroupement où j’ai mis trois heures à sortir le ballon. Bon, Imanol nous l’a joué un peu NBA avec son changement de main dans l’en but, mais ç’est passé. L’essai de Zee m’a bien fait marrer aussi. On aurait dit un gamin dans la cour d’une maison de retraite. Enfin, merci les bleus. La prochaine fois, évitez ce maillot de footeux et ça passera peut-être. C’est la Real Sociedad qui doit être fière de ses couleurs. Nous, on est champion du Pays Basque et ça suffit à notre bonheur. »