Back to the future
par Ovale Masque

  • 13 November 2009
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Les jeunes, c’était mieux avant?

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On entend souvent ici et là, que la professionnalisation du rugby, que le nombre en progression constante d’étrangers dans le Top 14, empêche les jeunes joueurs français d’exprimer leur potentiel et menace l’avenir de l’Equipe de France.

A la veille du match France – Afrique du Sud au Stadium de Toulouse, faisons un petit retour en arrière sur le Championnat du Monde des -21 ans qui s’est déroulé en France en 2006. Au Stade Marcel Michelin de Clermont Ferrand, la finale avait opposé la France d’Emile N’Tamack et Didier Retière à l’Afrique du Sud de Peter de Villiers. Tiens, ça ne vous dit rien ?

Voilà donc l’occasion idéale de faire un parallèle rapide et sans prétentions entre le chemin parcouru par les jeunes français et sud africains, qui eux a priori rencontrent moins d’obstacles puisque les franchises sudafricaines font rarement appel à des joueurs étrangers(Michalak et Hernandez incarnant l’exception qui confirme la règle) et libèrent même souvent de la place pour des jeunes joeurs en laissant partir une tripotée de joueurs plus ou moins confirmés en Europe.

En gras, les joueurs qui ont connu une cape internationale.

  • 1    Heinke van der Merwe
  • 2    Chiliboy Ralepelle (C)
  • 3    Sangoni Mxoli
  • 4    Nikolai Blignaut
  • 5    Wilhelm Steenkamp
  • 6    Pierre Spies
  • 7    Hilton Lobberts
  • 8    Keegan Daniel
  • 9    Jano Vermaak
  • 10    Isma-eel Dollie
  • 11    Cedric Mkhize
  • 12    Bradley Barritt
  • 13    Waylon Murray
  • 14    JP Pietersen
  • 15    Marius Delport
  • 16    Adriaan Strauss (R)
  • 17    Bandise Maku (R)
  • 18    Alistair Hargreaves (R)
  • 19    Pieter Louw (R)
  • 20    Warren Malgas (R)
  • 21    Joey Mongalo (R)
  • 22    Scott Spedding (R)
  • 1    Laurent Cabarry
  • 2    Laurent Sempere
  • 3    Yohan Montès
  • 4    Denis Drozdz
  • 5    Loic Jacquet (C)
  • 6    Fulgence Ouedraogo
  • 7    Fabien Alexandre
  • 8    Damien Chouly
  • 9    Sebastien Tillous-Borde
  • 10    Lionel Beauxis
  • 11    Yann Fior
  • 12    Gregory Puyo
  • 13    Maxime Mermoz
  • 14    Florian Denos
  • 15    Maxime Médard
  • 16    Guilhem Guirado (R)
  • 17    Thomas Domingo (R)
  • 18    Julien Le Devedec (R)
  • 19    Nicolas Bontinck (R)
  • 20    Julien Tomas (R)
  • 21    Thibault Lacroix (R)
  • 22    Mathieu Bourret (R)

Avantage pour les français avec 11 internationaux, contre 8 pour les Springboks. Statistique à relativiser, car beaucoup de joueurs ont eu la chance de porter le maillot frappé du Coq uniquement à l’occasion des “fameuses” Tournées d’Eté se jouant sans les 4 meilleures équipes du Top 14. A prendre aussi en compte, la large revue d’effectif effectuée par le trio Lièvremont/Retière/N’Tamack lors de leur première saison, qui a été
sans suite pour beaucoup de joueurs. Du coté des Boks, même constat: un certain nombre de de joueurs sur ces 8 ne comptent que peu de sélections et n’ont pas réellement convaincus, et Maku et Hargreaves eux ont seulement débuté il y a une semaine face à Leicester. Les seuls véritables piliers du groupe de Peter de Villiers sont Pierre Spies et JP Pietersen, qui comptent aujourd’hui parmi les meilleurs joueurs du monde à leurs postes. A noter qu’ils étaient déjà dans le groupe sudaf champion du monde en 2007, même si Spies a du céder sa place sur blessure. Au niveau des joueurs d’avenir, le folkloriquement nommé Chiliboy Rallepelle, 7 sélections avec les Boks et régulièrement remplaçant au poste de talonneur, et Adrian Strauss – lui aussi talonneur et son principal concurrent – compte lui aussi quelques capes et sera sur le banc ce soir.

Du coté français, il est plus difficile de citer des joueurs bien installés. Mais si il y a un qui sort du lot, c’est sûrement Fulgence Ouedraogo, si il n’est pas une coqueluche des médias (ou même du public, du moins celui d’internet) le capitaine de Montpellier est le joueur le plus utilisé par le nouveau staff français avec Thierry Dusautoir et Lionel Nallet et semble être parti pour durer. Ensuite, Maxime Medard a connu des débuts plutôt réussis, et ses bonnes performances lors de matchs à enjeu semblent lui promettre un bel avenir. Même espérance pour Maxime Mermoz, qui même si lui n’a pas encore vraiment eu l’occasion de briller en bleu s’impose naturellement de part sa classe. Thomas Domingo fait aussi l’unanimité à un poste où il y a peu de concurrence et il devrait succéder à Sylvain Marconnet d’ici 2011. Régulièrement présents dans le groupe, c’est plus difficile pour les Perpignanais Guirado et Chouly, opposés à une forte concurrence, mais ils restent en embuscade.

Joueur emblematique du championnat 2006 (élu meilleur joueur, 24 points en finale) Lionel Beauxis est un cas plus enigmatique. Comme Pietersen il était de la Coupe du Monde 2007. Coup de poker de Bernard Laporte, d’abord destiné à regarder et à apprendre deuis les tribunes, il va se retrouver parachuté titulaire pour les quarts et la demi-finale. Pas vraiment au niveau physiquement, il assure quand même ce qu’on lui demande de faire proprement et étonne par sa résistance à la pression, malgré son jeune
âge. La suite sera plus chaotique, blessures à répétition, concurrence de Skrela puis Hernandez au Stade Français, contre performances en Bleu… celui qu’on surnommait déjà le “Wilko français” doute et semble avoir perdu son sang froid légendaire, mais aussi du terrain sur son concurrent François Trinh-Duc, qui nous rappelle que les jeunes espoirs français ne sont pas tous forcément des champions du monde 2007 (c’est aussi le cas de Morgan Parra, Alexandre Lapandry, Antoine Burban, Matthieu Bastareaud, Yann David, Benjamin Fall, Alexis Palisson, Yohann Maestri…).

Beauxis pourra se consoler en se disant que Isma-eel Dollie, son adversaire direct lors de la finale et meilleur réalisateur de la compétition (mais aussi champion du monde des -19 en 2003 avec les Boks) n’est pas tellement plus avancé, puisque depuis la fin de son contrat avec la Western Province en 2008 et un essai non concluant chez les Brumbies, il semble avoir disparu de la circulation.

Des deux cotés, il est probable que certains de ces joueurs explosent d’ici 2011 mais pour le moment force est de constater que le bilan est relativement équilibré.